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K ; V... -
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fvt-^H H', v.f ^J-
hUSTÔIRE-
DES DICS
.OMTES DE CHAMPAGNE
1152- MSI
n. b'AilBOlS DE JUIlillV'VlUE.
PARIS
•
HISTOIRE
DES DUCS
DES COMTES DE CHAMPAGNE.
V
HISTOIRE
DES DUCS
DES COMTES DE CHAMPAGNE.
HISTOIRE
DES DUCS
ET
DES COMTES DE CHAMPAGNE
TOME III
^^52-^^8^
PAB
H. D'ARBOIS DE JUBAINVILLE.
PARIS
ADG. DUBAND, LIBRAIRB, 7, BUE DES GHÉS.
a l> CGC LXI.
AL
V.3
PRÉFACE.
Le volume que nous livrons au public comprend
d'abord Thistoire du grand comte Henri P' dit le
Libéral, et un tableau de Fadministralion de la
Champagne sous son règne. Nous avons placé
ensuite un catalogue chronologique d'actes éma-
nés de ce prince, de Marie de France, sa femme,
d'Henri H, son fils aine, catalogue où sont in-
sérés quelques actes concernant l'administration
d'Henri I*', de Marie et d'Henri H, mais émanés
d'autres persf^nnes. Vient en dernier lieu le texte
des chartes qui servent de pièces justificatives tant
à notre second volume qu'à celui-ci. Ces chartes
sont presque toutes complètement inédites. Quel-
ques-unes seulement ont été avant nous publiées
— 6 —
par extrait. Plus nous nous rapprochons des temps
modernes, plus le nombre des documents inédits
que renferment nos bibliothèques et nos archives
va croissant; peu à peu même, la richesse de ces
collections devient telle, qu'au premier abord elle
semble presque aussi enibarrassante que la pénu-
rie des premiers siècles.
Notre Catalogue des actes d'Henri le Libéral
donne en quelque sorte le bilan de ce que nous
devons pour le régne de ce prince aux différents
dépôts que nous avons consultés. Nous sommes
heureux d'associer dans notre souvenir aux noms
des villes et des départements les noms des per-
: sonnes dont le bienveillant accueil a facilité nos
recherches : à la Bibliothèque Impériale, MM. de
Wailly, Delisle et Michelant; aux Archives de
l'Empire, *MM. Boutaric et Jules Tardif; à Pro-
vins, MM. de Boulogne, Bourquelot, Lefévre,
M. Michelin, dont l'inépuisable cabinet a été pour
nous une mine si précieuse ; à Meaux, MM. de
Vendeuvre et Garro ; à Châlons, pour les archives
de la Marne, M. Hatat; à Dijon, pour les archives
de la Côle^d'Or, M. Rossignol ; à Chaumont, pour
celles de la Haute-Marne, MM. Baudouin, Gautier,
Robert! ; à Bar-sur-Âube, M. Gabroy;'à Troyes,
M. Argence, maire de la ville, M. Harmand, bi-
bliothécaire, et M. le docteur Garteron^Cortier ;
— 7 —
h Rciims» }lk- Loriquet. Nous boi^ f^n.Qvi/S; w r%
pxoche de ne pas rappeler ce que,, pour nos rar
chetchiss sm, arahl^^s de l'Aube, uqu^ d^voASiai)^
travaux de MM. Yallet de Vimille et Guign^vdi, oq»
prédécesseurs.
Parmi les ouvrages modemesi, ceux qui iious
ont. été le plus utU^es sont le CartuAain^ de TFonne
de M-. Quanlin, VHist(we de Provins^ de M. Bo^^
quelot» le CarPkiiaire de la liéprçserie de Tvoye$t,
publié par M^ Harmand dans les Mmoir^s dfi
la Sodéié d'AgricullMre de l'Aube. Il y a un
livre diont nous avons également tiré, bon p^ti,
mais qui nous aurait r^da plus de services 9'il
eût paru quelques mois plus tôt., c'es^ le Diocè^
ancien de Châlons-sur-Marne, par M. E. de Bar-
thélémy : nous y puiserons pour notre prochain
volume une foule de renseignements précieux;
mais l'impression de celui-ci était déjà très-avan-
cée quand est parvenu entre nos mains l'ouvrage
de M. E. de Barthélémy.
Nous devons d'importantes communications à
MM. L. Delisle et A. de Barthélémy.
Mais notre principal créancier, celui envers le-
quel surtout, quoi que nous* fassions, quoi qu'il
arrive, notre dette, nous en sommes certain, ne
sera jamais acquittée, c'est M. L. Pigeotte. Nous
devons à sa collaboration, signée ou anonyme,
— 8 —
notre ouvrage sur les Abbayes cisterciennes, notre
Histoire de Bar-sur-Aube, noire Répertoire archéo-
logique, les trois volumes parus de notre Histoire
des Ducs et des Comtes de Champagne. C'est Tap-
pui de sa persévérance qui, dans notre solitaire
labeur, a été notre force contre le découragement;
c'est son concours qui a fait depuis cinq ans notre
apparente activité. Nous lui en devons surtout de
la reconnaissance depuis que, privé de ses loisirs
par les occupations si graves dont l'a chargé la
confiance de ses concitoyens, il se refuse le repos
demandé par des fatigues nouvelles, et, quand le
temps manquerait à tout autre, ne cesse de trouver
du temps pour nos communs travaux.
LIVRE VI.
HISTOIRE D'HENRI I" LE LIBÉRAL
Diras SA IIAIS8ARCS JCSQu'a SON AJÈKOlSin AU COMTÉ
DK CHAIIPAGRK.
CHAPITRE I.
%9m wnnmÊÊèrem nméen CHearl^ — «a première erelsade.
Henri le Libéral, fils aîné de Thibaut II et de
Mathilde de Garinthie, naquit en 1127 (1). II est
question de lui pour la première fois en 1132, dans
une charte donnée par son père au prieuré de Sainte-
Foy de Coulommiers (2). Le rédacteur de cette pièce
(1) Cette date est donnée par son épitaphe :
Annos millenos eentenos terque novenos
ImpleraSf Christe^ quando datus est dator iste,
(Camuzat, Promptuariuint f^ 329 V*.) Cette date s'accorde bien
avec celle où il fut armé chevalier, ce qui eut lieu dans les derniers
mois de Tannée 1147, Henri ayant par conséquent de vingt à vingt
et un ans.
(2) Voir notre Tome II, p. 307.
— 10 [1132-1143.]
termiDe en constatant l'approbation donnée par
Henri en présence d'Etienne ^ son précepteur (1).
En 1134, se trouvant à Troyes, Henri assiste à un
jugement rendu par son père, et en signe de consen-
tement fait de sa main une croix sur la charte, qui
existe encore en original aux archives de TAube (2).
En 1139 DOttS le rencontrons à Isle-Anmont, et une
charte de Thibaut H, datée de ce lieu, se termine
par ces mots : Signum Henricij a seing d'Henri, »
suivis d'une croix que la main du jeune prince a
tracée comme précédemment. La pièce originale se
trouve aux archives de la Hante-Marne (3). Henri
est à Troyes en 11 40, et approuve les libéralités de
son père en faveur de Tabbaye de Montiéramey (4).
A Sézanne, en 1142, il approuve une donation de
Thibaut à l'abbaye du Val-Chrétien (5). L'année sui-
vante, une charte de Thibaut, donnée à Bar-sur-
Aube en faveur de l'abbaye de Clairvaux, est munie
de la croix du jeune Henri ; on peut encore la voir
aux archives de l'Aube.
(i) Champollion-Figeac, Documents historiques inédits tirés de
la Bibliothèque Royale, II, i* partie, p. 17.
(2) Fonds de Saint-Martin-ès-Aires. Cette pièce a été publiée par
M. Vallet de Viriville (Archives historiques de l'Auhe, p. 595-396).
Voir notre Tome II, p. 311.
(3) Fonds de Monlier-en-Der. Une copie de cette pièce , par
Lévesque de La Ravallière, se trouve dans la Collection de Cham-
pagne, tome 136, p. 194H5. Elle y a été, par erreur, datée de
1138.
(4) Original, Archives de l'Aube, fonds de Montiéramey; Collec-
tion de Champagne, t. 136, p. 194. (Voir notre Tome II, p.338-
339.)
(5) Ann, Prxm., Il, dcxxviu. (Voir notre Tome II, p. 383.)
IU45-U40.) — H —
C'est en iiâ6 qye nous loi trouvons un sceau
pour la première fois : Anselme de Trainel, s'étant
désisté d'pne plainte formée contre l'abbaye de
Saint-Loup, fait dreiiser un acte de ce désisten^enti
et obtieqt que « le comte Thibaut, homme de bonne
» renommée, et que son fils, le seigneur Henri, en-
j» core jeune alors, le confirment de leurs sceaux (1). »
léSi plus ancienne charte qui à notre connaissance
soit émanée d'Henri date de cette année. Le jeune
prince y remercie les moines de Montier-la-Celle
d'avoir consenti au mariage d'un de leurs serfs avec
la sœur de Gobaud, son sergent ; et, de l'aveu du
comte Tbibaut, il consent à ce que la moitié des
enfiants à naître appartienne à l'abbaye (2). La mêipe
année, se trouvant à Laferlé-sur-Aube, il approuve
une donation de son père à l'abbaye de Clairvaux (3);
l'année suivante, llAG, il est témoin dans une charte
de Thibaut pour l'abbaye du Paraclet (h).
Nqiis avons ()éjà parlé du mariage qui fut projeté
en liiiS entre Henri et Lauréte, fille de Thierry
(1) Cartul. de Saint-Loup, appartenant à M. de Laporte de
Bérulles, f 41.
(2) Archives de VAuhe, Inventaire de Montier-la-Celle, f* 65 v*.
Cette charte était, comme la précédente, scellée du sceau d'Henri,
^'on admettait qu'il n'eût commencé à avoir de sceau qu'à vingt
eton ans (Du Gange, au mot Sigillum, éd. Henschel, t.VI, p. 243,
coi. 3), on en concluerait qu'il a dû naître en 1124, et non en 1127,
comme il est généralement admis. On se rappelle que son père et
sa mère étaient déjà mariés en 1123. (Voir notre Tome II, p. 264.)
(3) Cart. de Clairvaux, Comiium Campante V.
(4) Bibliothèque de Troyes, ms. n» 2284 (Cartul. du Paraclet),
charte n^ 141.
18 [ii45-li47.J
d'Alsace, comte de Flandre (1). Ce projet ne fut
pas réalisé, soit qu'une des conditions de la paiî
conclue entre Louis VII et Thibaut II eût été la re-
nonciation d'Henri à cette alliance, soit que, confor-
mément aux prétentions du roi, ce mariage eût été
défendu par le pape pour cause de parenté (2).
Au lieu de cette alliance, Henri en forma une qui
semblait devoir être fort brillante : il s'agissait de
Marie de France, fille aînée de Louis VII et d'Eléo-
nore de Guienne. Eléonore, alors mariée depuis neuf
ans, n'ayant pas d'enfant mâle, Marie était héritière
présomptive de la Guienne et du Poitou : aussi était*
elle fort recherchée. II avait été tout récemment ques-
tion de la fiancer à Henri Plantagenet, fils de Geof-
froy V, comte d'Anjou, et de Mathilde d'Angleterre,
duchesse de Normandie ; mais saint Bernard s'était
opposé à ce projet, à la réalisation duquel un em-
pdchement de consanguinité faisait obstacle (3), et
que Louis VII abandonna. Marie fut fiancée à Henri
(1) V(.ir notre Tome II, p. 361. 376 et 377.
(8) La fiancde d'Henri épousa Ivain , comte d'Alost , Raoul le
Vaillant, comte de Vermandois (Art de vérifier les dates, III, 10),
Henri II, duc de Limbourg (Art de vérifier les dates, III, lU),
et llouri II, l'Aveugle, comte de Namur et de Luxembourg (Art de
vérifier les dates, III, 116; Cf. II, 706-707). Louis Vil disait
qu'elle était parente de notre comte Henri au troisième degré (Hui-
mannus Tornaccnsis , Historia restauratœ s. Martini ecclesiœ,
ap. [). Douquct, Xlll, 400-401).
(3) N. Bernardi epistola 371, ap. Mabill., S. Bernardi opéra,
édition (îaume, l, 672-673. Cette lettre fut écrite en 1147, ou,
plua exactement, apK^s que Louis VII eut pris la croix et avant son
départ pour la croisade, comme le prouve une note de Mabillon sur
cette lettre.
[1146-1147.] — 13 — •
le Libéral, qui ne devait l'épouser que beaucoup
plus tard (1).
En attendant, Henri partit pour la Palestine.
Edesse, une des conquêtes de la première croisade,
un des boulevards du petit royaume de Jérusalem,
venait de tomber entre les mains des Musulmans :
désastre immense, menace plus grande encore. La
chrétienté émue se leva à la voix de saint Bernard ;
les archevêques, les évêques, les abbés, les barons
du royaume de France, convoqués par le roi, se
réunirent en grand nombre à Vézelay pour la fête
de Pâques, 31 mars llii6. L'éloquence de Bernard,
celle des évêques qui joignirent leurs prédications
aux siennes, enflammèrent les courages ; Louis prit
(1) Les fiançailles d'Henri et de Marie sont antérieures au départ
d'Henri pour la croisade ; ce fait est prouvé par un passage du
Gesta Ludovici VU régis, chap. 18, ap. Duchesne, IV» 403-404.
L'auteur énumère les personnes présentes à la cour plénière tenue
en Palestine le 20 mai 1148. Parmi elles il signale < Henricus,
> filiusTheohaldi veteris, comHisCampaniœ, homojuvenis, largus
9 et sapiens, corde magnanimus. Hic desponsaverat filiam régis
• Franct^nomin^J/anam.» Guillaume de Tyr,ap.Bongars,p.910,
va plus loin, et à la même date qualifie Henri de gendre du roi.
Cependant il était impossible que le mariage d'Henri et de Marie
fût consommé à cette date : celui de Louis VII et d'Eléonore ayant
eu lieu vers le commencement d'août 1137 (voir notre Tome II,
p. 331 ; Cf. Chronicon Gaufredi Vosiensis, ap. D. Bouquet, XIII,
435B), Marie avait dû naître au plus tôt vers la fin d'avril ou
au commencement de mai 1138, elle avait par conséquent dix ans
au plus le 20 mai 1148. D'ailleurs, une charte d'Henri le Libéral
pour l'abbaye de Coincy, donnée en 1153, établit qu'à l'époque où
elle fut rédigée Henri n'était encore que fiancé à Marie. (Sur cette
charte, voir Art de vérifier les dates, II, p. 620; Gall. Christ.,
IX, 391 B.)
^ — 14 [1146-1147.]
Ifl nrtwier la croix ; Eléonore, sa femme, Timita, et
cet exemple fut suivi par une grande partie des as-
«ûiMls, entre autres par le fils de Thibaut, par Go-
dékûi% évéque de Langres, par Anseau et Garnier
de TrailtcJ^ deux des principaux vassaux du comté
de l'^lMmP^S''^ (^)' ^^^ préparatifs durèrent plus
J'ttM mi^9 Louis VII ne sortit de Paris qbe la se-
iMmodo la Pentecôte li&7; cette fôte avait eu lieu
Honri n'avait point encore été armé chevalier : il
^4^1 Mturcl que cette cérémonie précédât son pre-
^^^1^ ivmbat avec les Sarrasins. Quelle main illustre
nirvAÎI éteindre Tépée au fils du comte de Cham-
l^no ot rélever ainsi au premier grade de l'armée
Ij^hUIo? Les circonstances firent songer à Tempe-
v^ir de Gonstantinople, qui était alors Manuel Com-
n^io (2).
Henri partit avec une lettre, adressée par saint
Rornard au monarque bysantin pour le prier de
it^idro ce service au jeune prince champenois.
« Au sublime et glorieux Manuel, empereur de
a Oonstantinople, frère Bernard, dit abbé de Clair-
D vaux, offre ses salutations et ses prières. »
(f Si j'ose écrire à une si grande majesté, ce n'est
0 pas l'insolence de la témérité qui me conduit,
» mais la confiance de la charité. Qui suis-je en effet,
n on quelle est la maison de mon père en Israël,
» pour me permettre d'adresser de mon chef cette
(1) Hist, glorioii régis Ludovici VII, ap. D. Bouquet, XII,
126 âC ; Chronicon Maurinia^eme, ibid., 88 CD.
(2) 11 régna de 1143 à 1180.
[H4T.] — 16 —
» lettre à un empereur d'aussi grand renom, moi
0 pauvre et sans noblesse, moi qu'un si long espace
» de terre et qu'une mer -encore plus yaste sépare
9 de la présence de votre sublimité ? Quel rapport
» donc entre une dignité si haute et mon humble
» personne, si je ne mettais ma confiance en l'hu-
9 milité du Christ qui est la gloire des princes et des
yi juges, des rois de la terre et de tous les peuples?
9 Car elle est parvenue jusqu'à nous celte magnifia
0 cence glorieuse de votre nom qui s'est répandue
» au loin sur la terre : aussi, je fléchis le genou de-
9 vaut le père des esprits, qui a donné son nom à
9 toute paternité au ciel et sur la terre, et je le sup-
» plie de daigner vous transférer de votre royaume
9 au sien, à ce royaume qui est celui de tous les
9 siècles. 9
(c C'est donc sans pouvoir m'autoriser d'aucun
9 mérite personnel que j'ose envoyer aux pieds du
9 trône de votre gloire le porteur des présentes,
» jeune homme de grande noblesse, en vous priant
9 de lui faire prêter le serment de chevalier et de
9 lui ceindre l'épée contre les ennemis de la croix
9 qui ont levé la tête pour menacer le Christ. De
9 nobles palais étaient ouverts à ce jeune prince ;
9 mais, élevant nos pensées plus haut, nous l'adres-
9 sons à la gloire unique de votre empire, afin que
9 tous les jours de sa vie il se rappelle qui l'aura
9 élevé à la dignité et soumis aux devoirs de la che-
9 Valérie. Jamais je ne vous aurais fait cette prière,
9 si le Christ n'était en cause, le Christ pour lequel
9 il a entrepris un voyage si long et si laborieux.
9 Vous pourrez considérer comme rendu à moi
9 tout service qu'il aura reçu de vous. 9
"-"**— [1147.]
« Da reste, Empereur très-glorieux, voici le mo-
ment de montrer et de développer les trésors de
Totre cœur. La terre s'est émue et a tremblé parce
que le roi do ciel a perdu son domaine et le sol
qu'ont fonlé ses pieds. Bientôt les ennemis du
Seigneur vont se précipiter sur sa cité^ et même
snr ce glorieux sépulcre où la fleur sortie du sein
virginal de Marie fut embaumée avec des parfums
dans un Imceul, et d'où se leva, revenue à la vie,
cette fleur, la première et la plus grande de toutes
celles qui apparurent dans notre monde. Aussi, à
Tordre du seigneur pape et d'après nos humbles
exhortations, le roi des Français et une multitude
innombrable de princes, de chevaliers, de gens du
peuple, vont traverser votre empire pour gagner
la cité du Dieu vivant. Vous saurez les recevoir
avec honneur et agir à leur égard d'une manière
qui réponde aux fonctions que vous occupez, à la
puissance que vous avez reçue, à la dignité où
vous Ctes élevé, aux richesses dont vous abondez.
Vous ferez ce que demande la majesté impériale,
l'honneur de votre personne, le salut de votre
àmo, dans l'éternité et dans les siècles des siècles.»
« Parmi ces guerriers, nous vous recommandons,
avant tous et avec une sollicitude toute spéciale,
lo fils de très-illustre prince le comte Thibaut : il
OBt jeune, il est noble; c'est une bonne nature; ce
n'est pas au mal, mais à la justice qu'il a consacré
ses débuts dans la carrière des armes; il est fils
d'un homme que son amour de la vérité, sa dou-
ct^ur et sa droiture font aimer et honorer parmi les
princes do la terre. »
0 Reconnaissant par avance de vos bienfaits, nous
[1147.] 17
» TOUS faisons participer aax avantages des actes
» méritoires qui ont eu ou qui auront lieu dans notre
» maison, afin que Tépoux de l'Eglise, le fils de Ma-
x> rie, le seigneur notre Dieu vous donne la vic-
D toire sur la terre, et la gloire dans les cieux (1). »
Les croisés prirent la route de terre par TAlle-
magne. Le rendez-vous de l'armée française était à
Metz : elle traversa le diocèse de Trêves ; et, recon-
naissant de Taccueil qu'il avait reçu de Louis VII et
de Thibaut II, dans un voyage à Paris, peu de temps
auparavant, l'archevêque Âdalbéron envoya au roi
de France et au fils de Thibaut de magnifiques pré-
sents (2).
Les deux princes étaient précédés par l'empereur
d'Allemagne, qui gagna le premier Constantinople
et l'Asie-Mineure, où son armée périt presque toute
entière. Manuel les accueillit parfaitement, et, mal-
gré le silence des historiens, on doit admettre qu'il
n'hésita pas à armer chevalier le jeune Henri. Le
Bosphore passé, les croisés français résolurent de se
rendre en Palestine en suivant les côtes. Ce fut sur
les bords du Méandre qu'ils rencontrèrent les Turcs
pour la première fois. Enhardis par leurs victoires
sur les Allemands, les ennemis du nom chrétien
étaient assemblés sur la rive opposée du fleuve, prêts
à en disputer le passage. Mais les chevaliers se pré-
cipitèrent dans l'eau, qu'ils traversèrent sous une
(1) S.Bemardi epUtola 424; ap. D. Bouquet, XV, G07-G08.
(2) Vita AdaWeronis Trevirensis archiepiicopi, ap. D. Bouquet,
XIV, 357 E. (Voir notre Tome II, p. 394.)
— 18 — [1147^148.]
pluie de flèches; et par leur choc, impétueux
« comme la tempête, » dit un contemporain, mi-
rent les Turcs en fuite. On remarqua au premier
rang Henri, fils du comte Thibaut ; Thierry, comte
de Flandre, et Guillaume^ comte de Màcon (i).
La suite de la campagne ne répondit pas aux dé-
buts : sur la route de la Palestine, Louis vit périr ou
abandonna une grande partie de son armée ; arrivé
à Ântioche, il perdit dans les plaisirs un temps pré-
cieux. Enfin cependant il se rendit à Jérusalem. Mais
ce fut le vingt mai seulement, c'est-à-dire près d'un
an après son départ de Paris, que put s'ouvrir le
conseil de guerre où l'on discuta le plan de la cam-
pagne projetée pour la défense de la Terre-Sainte.
Ce conseil se tint à Acre. On y vit l'empereur Con-
rad, les rois de France, de Jérusalem, et un grand
nombre de barons et de prélats allemands, français
et orientaux, et parmi eux « Henri, fils de Thibaut
» le Vieux, comte de Champagne, homme jeune,
.. 0 libéral , sage et au cœur magnanime (2). » Le
siège de Damas y fut résolu ; mais l'entreprise
échoua ; Henri n'en rapporta que de la gloire et
l'estime du roi comme nous l'apprend une lettre
de ce dernier à Thibaut, pubUée dans notre pré-
(1) Eudes de Deuil, De Ludovici VII Francorum régis profec-
Hone in Orientem, lib. VI, ap. Chiinel, S. Bernardi genus illustre
aiserium, p. 60; et D. Bouquet, XV, 502 n. Oo remarquera
qu'Eudes de Deuil faisait partie de cette expédition.
(2) Gesia Ludovici VII régis, cap. 18, ap. Duchesne, IV, 403-
404; Cf. Guillaume de Tyr, lib. XVII, cap. 1-2, ap. Bon^rs, I,
910; Historiens occideniaux des croisades, II, 759.
[lf4ê*H49.] — ifif — •
cèdent volame (1). Henri rentra en France quel-
ques mois avant Louis VII, c'est-à-dire, dans les
derniers Biois de Tannée 1148, ou au commence-
ment de l'année llii9 (2).|
Au milieu des dangers de ce périlleux voyage « la
crainte de la mort » lui avait fait faire un vœu, il
avait promis à Dieu et à saint Nicolas d'établir trois
chanoines dans Féglise de Pougy (3). Une charte de
l'évoque de Troyes nous apprend que, cinq ans plus
tard, cet engagement était réalisé : une rente de
quinze livres d'argent et de trois muids de grain
était affectée à l'entretien des chanoines ; les seigneurs
de Pougy avaient doté deux autres chanoines ; en
sorte que le chapitre se composait de cinq mem-
bres (4).
A son retourj'tlenri, en qualité de chevalier, re-
çut de son père une part d'héritage (5), la seigneurie
(1) P. 390-391.
(2) Henri revint avant Louis VII. Cela résulte d'une lettre de
saint Benaard (Epist, 376) qui sera reproduite plus loin, et que
saint Bernard écrivit i Suger, encore régent du royaume, pour le
prier d'empêcher un tournois projeté par Henri et par Robert,
frère du roi. Ce tournois devait avoir lieu après la fête de Pâques,
c esi-à-dire après le 3 avril 1149 (D. Bouquet, XV, 612 C).
(3) Pougy, Aube, arrondissement d'Ârcis-sur-Aube, canton de
Ramerupt.
(4) La charte est imprimée dans Camuzat, Promptuorium ,
?30v«, 3iro.
(5) On lit dans les Etablissements de saint Louis, Itv. I, c. 19 :
• Se gentils faons marie son fils , il H doit donner le tiers de sa
■ tecre» et siui quand il est chefriiersi •
— 20 — fli49.]
de Bar-sur-Âube (1), et probablement aussi celle de
Vitry (2).
Un de ses premiers actes fut de confirmer les
moines de Saint-Claude dans la possession de leurs
prieurés deSermaize, Bar-sur-Aube, Gunfin, LaFerté-
sur-Aube, Silvarouvre et des dépendances de ces
prieurés (3). La charte, accordée sur la demande de
saint Bernard, est datée de Vitry, ii/i9 (6). La même
(1) Une charte d'Henri, en 1150, se termine ainsi : Cum jam
tenerem dominium Barri et totius terre Barrensis traditum tnichi
a pâtre mtRO, (Original, Archives de VAuhe, fonds de Clairvaux.)
(2) Il existe aux archives de la Marne, fonds de Trois-Fontaines,
une charte par laquelle Henri confirme aux moines de ce lieu la
propriété de tout ce qu'ils possèdent dans son fief, in feodo meo,
notamment l'abbaye de Trois-Fontaines et la grange qui en dépend.
Nous avons vu plus haut que l'abbaye de Trois-Fontaines faisait
partie du comté de Vitry. (Voir notre Tome II, p. 120, 156, 163,
165.)
Le Chronicon Mauriniacense, en énumérant les noms de ceux
qui se croisèrent à Vézelay en 1146, donne par anticipation à
Henri le nom de comte de Meaux, Meldensis cornes Henrictis
(Duchesne, IV, 389 Â; D. Bouquet, XII, 88 D), on en a conclu
qu'Henri était comte de Meaux dès cette époque (Art de vérifier les
dates, II, 618, col. 1). Mais c'est inadmissible : d'une part, Henri
ne prend le titre de comte dans aucun document diplomatique
antérieur à la mort de son père; de l'autre, nous ne voyons pas
qu'avant la mort de son père il ait exercé aucun acte d'autorité
dans le comté de Meaux.
(3) Sermaize, Marne, arr. de Vitry, canton de Thiéblemont;
Cunfin, Aube, arr. de Bar-sur-Seine, cant. d'Essoyes ; La Ferté-
8ur-Âube, Haute-Marne, arr. de Chaumont, cant. de Châteauvil-
lain ; Silvarouvre, ibid.
(4) Archives de la Haute-Marne, fonds du prieuré de La Ferté-
8ur- Aube ; Archives de l'Aube, fonds des prieurés de Bar-sur-Aube ;
Habiilon, Ann.Bened.^Vl, 723; Blampignon, Histoire de sainte
rU49.] 21 —
année, nous le trouvons à Saint-Florentin, où il ap-
prouve une charte de son père (1).
Mais son activité belliqueuse, que les guerres de
TAsie-Mineure et de la Palestine n'avaient point sa-
tisfaite^ restait sans objet au milieu de ces occupa-
tions pacifiques. Alors, dans les temps de paix, ces
combats simulés, qu'on appelait tournois, étaient le
passe-temps et l'exercice des jeunes membres de l'a-
ristocratie féodale : jeux redoutables où plus d'une
fois un homme paya le plaisir au prix de la vie; on
sait que plus tard ils devaient compter un roi de
France parmi leurs victimes. Aussi l'Eglise les avait-
elle condamnés. En 1131, un concile, tenu à Reims
par le pape Innocent II, avait promulgué le canon
suivant :
« Ces détestables fêtes ou foires où les chevaliers
» ont coutume de se donner rendez-vous^ et livrent
» des batailles pour faire montre de leur force et de
» leur audace téméraire, d'où il se suit souvent mort
» des hommes et péril des âmes, sont par nous for-
» mellement interdites. Si quelqu'un y meure, on
» pourra, sur sa demande, l'admettre à la pénitence
D et lui donner le viatique; mais la sépulture ecclé-
» siastique lui sera refusée (2). »
Ce canon avait été renouvelé en 1139, au deu-
xième concile général de Latran (3).
Germaine, 203; Cf. Jolibois, la Haute-Marne, p. 13, 150. 289;
Carnandet, Géographie de la Haute-Marne, p. 348.
(1) Quantin, Cartulaire de l'Yonne, I, 447.
(2) Canon XII, ap. Labbe, ConciL, X. 985-986.
(3) Canon XIV, ap. Concïl, X, 1006.
-A
— 88 — [u^.]
Un projet de tournois était donc an projet de ré-
volte contre l'Egli^ç. Saint Bernard vit, avec indi-
gnation, qu'à peine revenu de la guerre sainte le
fils de son bien-aimé Thibaut allait, pour ainsi dire,
lever contre la loi de Dieu une épée qui venait de
combattre pour la défense de la chrétienté et du
tombeau de Jésus-Christ. Affligées des malheurs de
la croisade, les populations s'étaient répandues en
plaintes et en reproches contre Péloquent promo-
teur de cette expédition désastreuse. Mais si la ma-
' lédiction de Dieu s'était appesantie sur l'armée de
la croix, la cause n'en était-elle pa$ dans les dispo-
sitions indignes où se trouvaient à leur départ et
où restaient à leur retour les princes et les soldats?
Saint Bernard, voulant prévenir le mal quand il
était encore temps, s'adressa au régent du royaume,
au célèbre Suger :
(c A vénérable père et seigneur, Suger, par la
0 grâce de Dieu, abbé de Saint-Denis. Frère Ber-
» nard, dit abbé de Clairvaux, le salue et prie pour
» lui. »
« Il est à propos, il est même nécessaire que vous
» saisissiez le glaive de l'esprit, qui est la parole de
» Dieu, et que vous vous en armiez contre les fîc-
» tions diaboliques qui de nouveau s'efforcent de jeter
» leurs germes au milieu de nous. Car ces hommes
0 qui sont revenus ont fixé leur réunion maudite
» après les fêtes de Pâques (1). Le seigneur Henri,
0 fils du comte, et le seigneur Robert, frère du roi,
» ont décidé que, laissant flotter les rênes sur le
(1) 3 avril 1149.
[UéB,l — «3 —
» cou de Jenrs dievaux, ils se précipiteront Tun
» contre l'autre et se tueront. Voyez dans quelles
» dispositions ont entrepris le voyage de Jérusalem
» des gens qui en rapportent ces belles intentions !
» Cooune on peut bien dire en parlant d'eux : Nos
» soinê donnés à Babylone ne Vont pas guérie; ils ont
» été frappéSy mais ils ne se soni pas repentis ; ils ont
x> été meurtrisy et ils ont refusé de se soumettre : et cela
o après tant de travaux, après tant de dangers où
» ils ont été tourmentés par le fléau des méchants
» et par la douleur ! «
a Le royaume est en paix ; mais le seigneur roi
» est absent, et ces deux hommes peuvent agii^
» énormément et même troubler le pays. Puisque
» vous êtes le premier des princes du royaume, je
» vous supplie et je conseille à votre sublimité de
» vous opposer de toute votre puissance, soit par
» vos bons avis, soit par la force, à l'exécution de ce
o projet. C'est ce que demandent l'honneur de votre
» personne, de notre pays, et l'intérêt de l'Eglise de
» Dieu. Ce que j'appelle force, c'est l'action de la
» discipline ecclésiastique. y>
« J'écris dans le même sens au seigneur de Reims,
» au seigneur de Sens^ au seigneur de Soissons, au
x> seigneur d'Âuxerre (1), au comte Thibaut^ au
» comte Raoul. Opposez-vous à de si grands maux,
» et à cause du seigneur roi et à cause du seigneur
» pape, à quiappartient la garde du royaume (3). »
(1) Par seigneur, saint Bernard entend les archevêques et les
évoques.
(2) S. Bernardi episL ai6, ap. D. Bouquet, XV, 612-^13.
Les derniers mots de cette letU;^ {ont allusion au privil^ par le-
— 24 — [ii4»-ii5i.]
Les efforts de saint Bernard furent inutiles : le
tonmois eut lieu ; ni Henri ni Robert n*y furent tués;
mais Anséric de Montréal, vassal du comté deCham-
pa^e , y fut fait prisonnier par Rainaud de Pom-
ponne, vassal de Suger. Nous avons encore une
lettre qu'à cette occasion Henri écrivit à l'abbé de
Saint- Denis. Voulant négocier la mise en liberté
d'Anséric, il recommande à Suger de ne pas man-
quer à un rendez- vous pris à Meaux pour cet ob-
jet (1).
L'année suivante, 1150, nous trouvons Henri à
Rosnay, où il approuve une donation faite à l'abbaye
de Trois-Fontaines par Letard de Bar (2).
Nous le rencontrons aussi à Perrecin (3), où il rend
un jugement en faveur de l'abbaye de Glairvaux
contre les habitants de Longchamps (&).
En 1151, Henri, sa mère et ses frères, mettent
leur seing à une charte de Thibaut H, en faveur de
l'abbaye du Val-Secret, et on y append le sceau
d'Henri (5) qui, à Bar-sur-Aube, en présence de son
quel les biens des croisés étaient placés sous la protection spéciale
du Saint-Siège. Ce privilège est donc plus ancien que les décrets du
quatrième concile de Latran et du premier concile général de Lyon
cités par Du Gange, au mot Crucis privilegium, édition Henschel,
II, 681, col. 1.
(1) D.Bouquet, XV, 511AB,
(2) Archives de la Marne, fonds de Trois-Fontaines, charte
originale.
(3) Perrecin, village détruit entre Bar-sur-Aube et Glairvaux.
(4) Gartulaire de Glairvaux, Comitum Campanie, IX.
(5) Ann. PrœmonsL, II, dcxliy.
[4151.1 — 26 —
père et de saint Bernard^ rend, la même année, un
jugement entre le prieuré de Sainte-Germaine et le
maire Belin (1), et qui à Troyes et à Saint-Florentin
donne son approbation à des chartes de son père (2).
Peu après, la mort de Thibaut appela Henri au
comté de Champagne.
(1) Blampignon, Histoire de sainte Germaine, p. 205.
(2) Arch, de fAube, Cartulaire de Clairvaux, Fenis, III; Car-
tulaire de Larivour.
— 26 — [lUiMiar.]
CHAPITRE II.
OhëerwtMmsm «vr les dfptteies d'nearl le i^béml, mtérfoors
à 0OB •▼ènemeiit an eenité de Chamygme.
Antérieurement à son avènement au comté de
Champagne, Henri ne prend nulle part le titre de
comte : il se dit simplement fils du comte Thibaut,
Ego Henricus, filius comtUs Teobaldù
Dès l'année il/i9, Henri avait un chancelier
nommé Guillaume (1), probablement le môme que
celui que nous lui voyons après son avènement au
comté de Champagne. Une des fonctions de ce chan-
celier était de faire remise de la charte aux par-
ties (2). Henri avait aussi un maréchal nommé Geof-
froi (3), sjins doute Geoffroi de Chartres, que nous
retrouverons plus tard et qu'il ne faut pas confondre
(1) Histoire de sainte Germaine, p. 205. Dans une charte de
Tannée 1151 , ibid., 206, ce chancelier figure encore.
(2) C'est ce qui résulte (Tune des formules finales de trois chartes
d'Henri : 1^ 11^19, data Vitriaco per manum Guillelmi cancellarii
(Histoire de sainte Germaine, p. 205); 2° 1150, hec carta per
manum Guillelmi^ cancellarii domini Henridt Rosniaci tradita est
(Archives de la Marne, fonds de Trois-Fontaines, charte originale);
3^ 1151, signum Guillelmi cancellarii, manu cujus tradita est
Barri super Albam {Histoire de sainte Germaine, p. 206).
(3) Charte de Tannée 1151, Histoire de sainte Germaine,
p. 206.
rii4Mi5Q. — 27 —
avec Geoffroi III dit le Vieux ou le Gro$, sire de Join*
ville, sénéchal de Champagne (1).
Deux prévôts se trouvaient sous les ordres d'Henri,
celui de Vitry, nommé Pierre (2), et celui de Bar-
sur-Âube, nommé Eudes (3). Un chapelain était at-
taché à sa personne, il se nommait Martin, et l'avait
accompagné en Terre-Sainte (4).
Parmi les chevaliers qu'on voit se grouper au-
tour d'Henri dans ses diplômes antérieurs à son avè-
nement, nous remarquerons Arnoul, comte de Rey-
nel (5); Hugues, vicomte ; Eudes de Montaimé, près
de Vertus (6); Hilduin de Vendeuvre; Josbert de La
Ferté (7); Pierre Bursaud, dont il sera question
plus loin (8); Evrard de Bricon (9) ; Rainaud de
(1) Geoffiroi de Joinvilie figure parmi les témoins d'une charte
SJBS date d'Henri , antérieure à son avènement et conservée en
original aux archives de la Marne, fonds de Trois-Fontaines. 11 n'y
est pas qualifié de sénéchal.
(2) Archives de la Marne^ fonds de Trois-Fontaines, charte ori-
ginale sans date.
(5) HUloire de sainte Germaine, p. 206.
(4) Cart. de l'abbaye de Toussaints-en-HsIe, p. 27-28 (Archives
de la Marne); Cf. ColL de Champagne, i, 135, p. 61.
(5) Cartulaire de Clairvaux, Comitum Campanie, IX.
(6) 1149, Histoire de sainte Germaine, p. 205.
(7) 1150, Cartulaire de Clairvaux, Comitum Campanie, IX.
(8) 1151, Histoire de sainte Germaine, p. 206.
(9) Signum Evvrardi deBrecun. Bricqn, Haute-Marne, arr. de
Chaumont, cant. de Châteauvillain.
— 28 — [ii45-li5«.]
Poogy (1); Foulques de Doulevent (3); Robert de
Flammerécourt (3) et Geoffroi de JoinviUe que nous
avons déjà nommé (à).
Les sceaux d'Henri, avant son avènement, sont
de cire blanche un peu brunie par le temps, de
forme circulaire, sans contre-sceau; diamètre 61 mil-
limètres; dans le champ un cavalier coiffé du heaume,
tenant de la main gauche un écu fort allongé, de la
droite une lance ornée d'une flamme; légende : Si-
gillum Henrici filii cotnilts Teobdldi. Ce sceau était or-
dinairement suspendu par une courroie de cuir.
Nous en connaissons trois exemplaires, un, détaché
de la charte, aux archives de l'Aube, deux dans
celles de la Marne, fonds de Trois-Fontaines. De ces
trois exemplaires, le seul qui ait date certaine est
appendu à une charte de l'année 1150. Mais on peut
supposer qu'Henri se servit de ce sceau depuis l'an-
née ll/i5, date des premières chartes où, à notre
connaissance, on trouve l'annonce de son sceau, jus-
qu'à l'année 1152, où devenu comte de Champagne
il en changea.
(1) Signum Rainaudi de Poge. Pougy, Aube, arr. d'Arcis-sur-
Aube, cant. de Ramerupt.
(2) Signum Palconis de Domlevenz. Doulevent, Haute-Marne,
arr. de Wassy, chef-lieu de canton.
(3) Signum Roberti de Plammereycurt. Flammerécourt, Haute-
Marne, arr. de Vassy, cant. de Doulevent.
(4) Voir aux Archives de la Marne, fonds de Trois-Fontaines,
plusieurs chartes, sans date, d'Henri, fils de Thibaut.
[iiSt.]
LIVRE VIL
fflSTOIRE POLITIQUE D'HENRI V LE LIBÉRAL
DEPUIS soif AYÈNBIRNT AU COMTÉ DB CHAMPAGNE
jusqu'à sa mort.
*—*
CHAPITRE I.
Snerrec de I«oiil« 'Vn, roi de Vranee, contre Hearl
— marUice d'Ettenne de Mancerre. — AlTalre
de Wéméimj, — AaoemMée f e flolMMUM*
4452-4464.
Un des premiers actes politiques d'Henri le Libé-
ral, fut de prendre parti pour le roi Louis VU dans
la guerre que ce prince entreprit en 1152 contre
Henri Plantagenet, alors comte d'Anjou, duc de Nor-
mandie et futur roi d'Angleterre. Aux vastes posses-
sions dont Henri Plantagenet jouissait déjà, et que ses
espérances rendaient plus redoutables, son mariage
avec Eléonore, épouse répudiée de Louis VII (1)^
(1) Ce mariage avait été annulé pour cause de consanguinité
(voir Histaria Francorum, ap. D. Bouquet, XII» 117 Â). Nous
— 30 — P152.]
venait de joindre le Poitou et la Guienne. Cette
union, régulière au point de vue canonique, avait
été formée en violation d'un principe du droit féo-
dal suivant lequel la femme, propriétaire d*un Qef,
devait, à peine de confiscation de ce fief, obtenir
avant de se marier l'agrément du suzerain ; cet agré-
ment n'ayant été ni demandé ni obtenu, Louis VU,
suzerain de l'Aquitaine et du Poitou, était fondé à
faire déclarer, par sa cour, Henri Plantagenet et sa
femme déchus de tous droits sur l'Aquitaine et le
Poitou. II fit citer le jeune duc qui refusa de se pré-
senter(l) et qui fut condamné par défaut ; la sentence
déclarait confisqués les biens qu'il tenait du roi de
France,
Dans Louis VU, outre le suzerain, le père était
blessé : Marie , sa fille, héritière présomptive de la
Guienne et du Poitou, devait perdre tout droit à cette
succession opulente, si du nouveau mariage d'Eléo-
nore il naissait un enfant mâle (2); rien donc d'é-
tonnant si en maintenant les droits de la préroga-
tive royale il témoigna de l'animosité contre le duc
de Normandie.
Dans la guerre que Louis allait entreprendre pour
faire exécuter la décision de son tribunal, un pre-
mier allit^. lui était assuré, c'était le fiancé de sa fille
Marie, c'était notre comte de Champagne. Une cir-
avons traduit dans notre Tome II, p. 376, me lettre de saint
Bernard écrite en 1143, où ce vice du mariage de Louis VII est
déjà signalé.
(1) Gesta Ludovici VU, ap. D. Bouquet. XII, 127 n.
(i) Robertus de Mont0, ap. D. Bouquet, XIU, 293 D.
[U»l — 31 —
constance augm^itait encore l'intérêt qu'Henri le
Libéral devait prendre à cette guerre. Nous ne vou-
lons point parler d'une des lois fondamentales de la
féodalité qui obligeait les vassaux membres de la
cour de leur suzerain à défendre par les armes les
arrêts de cette cour. Mais Henri Plantagenet avait
fait au comte de Champagne une injure presque
personnelle : il devait pour la ville de Tours, à Thi-
baut, comte de Blois, frère et vassal de notre comte,
un hommage qu'il avait refusé de rendre (i) ; de
concert avec lui, Sulpice d'Âmboise, son vassal,
mais qui tenait en même temps Chaumont-sur-Loire
du comte de Blois (2), avait fait au comte de Blois
le même refus, c'est-à-dire le même outrage (3).
Henri le Libéral avait donc au nom de son frère une
double injure à venger.
A Louis et au comte de Champagne se joignirent
l'ennemi naturel d'Henri Plantagenet, Eustache IV,
comte de Boulogne, fils d'Etienne, roi d'Angleterre ;
Robert, frère du roi, comte de Dreux, et alors aussi
comte du Perche par son mariage avec Arvise, veuve
de Ko trou H (&); enfin, Geoffroi d'Anjou, frère du
duc de Normandie, et depuis comte de Nantes, mais
alors fort mécontent de la petite part qu'il avait eue
(1) Gesla Ambanensium dominorum, ap. D. Bouquet, XII,
514 D. Sur cet hommage, voir notre Tome I, p. 368-371, et notre
Tome II, p. 427.
(2) Voir notre Tome I, p. 382, et notre Tome II, p. 427.
(3) Gesta Ambariermum dominorum, ap. D. Bouquet, XII,
514 DE.
(4) Art de vérifier les dates, II, 670, 883.
— 32 -^ [1451^154.]
dans la succession de son père (1). Ils prirent les
armes aussitôt après la Saint-Jean, 1152; ils savaient
qu'Henri Plantagenet allait faire un voyage en An-
gleterre, et qu'il était à Barfleur sur le point de s'em-
barquer; ils comptaient profiter de son absence pour
le dépouiller de tous ses états, qu'ils projetaient,
dit-on, de partager entre eux cinq; ils voulaient
commencer par la conquête de la Normandie et de
l'Anjou. Geoffroi se chargea de cette dernière pro-
vince ; Louis et les trois autres marchèrent sur la
Normandie, et vinrent mettre le siège devant Neuf-
Marché (2). Mais la place se défendit fort bien ; le duc
de Normandie, prévenu à temps, ajourna son em-
barquement, et se mit en route le 16 juillet pour ve-
nir au secours des assiégés. Louis, Eus tache, Ro-
bert et notre comte, qui ne s'étaient pas attendu à
une résistance aussi sérieuse, crurent prudent de
se retirer après avoir accordé une trêve. Vers la fin
d'août, le duc put quitter la Normandie pacifiée et
aller en Anjou contraindre son frère à la paix (3).
Louis reprit les armes l'année suivante, s'empara
de Vernon et de Neuf-Marché, puis consentit à une
paix dont une condition fut la restitution de ces
deux places au duc de Normandie. Ce traité fut con-
clu en 115/i : la même année, la mort d'Etienne de
(1) Art de vérifier les daUs, II, 854, 898.
(2) Neuf-Marché, Seine-Inférieure, arr. de Neuchâtel, cant. de
Gournay.
(3) Robertusde Monte, ap. D. Bouquet, XIII, 293 D -294 A;
Cf. Radulfus de Diceto, Imaginée hietoriarum^ ap. D. Bouquet,
XIU, 184 B.
[iija.] — 33 —
Boulogne faisait monter Henri Plantagenet sur le
trône d'Angleterre, et préparait à la France des
siècles d'innombrables désastres.
Aucun texte ne nous dit qu'Henri le Libéral ait
pris part à cette seconde campagne, et la môme an-
née une circonstance imprévue l'entraîna dans une
autre guerre. Parmi les nombreux barons dont les
fie& touchaient les siens, se trouvait Geoffroi HI,
seigneur de Donzy, Gien, Cosne, Saint-Aignan, Chà-
tel-Censoir, et d'une partie d'OuIchy et de Neuilly-
Saint*Front (1). Geoffroi avait une fille (2). Grâce à
(1) Voir sur ce baron VArt de vérifier les dates^ II, 585. On a
pu voir, dans notre Tome II, qu'une partie de ces seigneuries,
savoir : Saint-Aignan , Châtel-Censoir, Oulchy et Neuilly-Saint-
Front relevaient du comté de Champagne.
(2) L'Art de vérifier les dates, II, 407 et 585, l'appelle Herme-
sende, d'après Lévesque de La Ravaliière ; mais c'est le résultat
d'une fausse interprétation de la déposition de Gui Gasteblé, dont
il sera question plus loin. Ce nom d'Hermesende, en latin Hermen-
sendis, est celui que Gui donne à la femme d'Anseau de Traînel.
Il ne faut pas confondre Hermesende avec Hélisende, femme d'An-
selme de Traînel, mère d'Anseau, de Garnier, seigneur de Marigny,
et de Milon, quatrième abbé de Saint-Marien d'Auxerre, laquelle
mourut religieuse de Fontcvrault (Chron. S. Mariani Autissiod.^
ap. D. Bouquet, XVIII, 268. Voir aussi dans le Cartulaire de saint
Loup, appartenant à M. de La Porte, f* 41, une charte de l'année
1145, où elle figure avec son mari et ses fils Anseau et Garnier). Mais
Hermesende est peut-être la même qu'Isabelle de Bar-sur-Seine,
fille de Gui, comte de Bar-sur-Seine, sœur de Milon II et de Ma-
nassès, successivement comtes de Bar-sur-Seine (Art de vérifier
les dates, II, 590). Isabelle, veuve d'Anseau, épousa en secondes
noces Thibaut I, comte de Bar-le-Duc (Albéric, ap. D. Bouquet,
XIII, 712 n). Toutefois, Isabelle peut avoir été la seconde femme
d'Anseau, et Hermesende la première. Dans tous les cas, ni l'une
ni l'autre n'a jamais épousé Etienne de Sancerre.
— 34 — [uw.]
rintervention da jeune comte de Champagne^ il la
fiança à Anseau de Traînel, que nous avons vu plus
haut accompagner Henri le Libéral à la croisade^
qui fut dès-lors un des familiers de ce prince, son
compagnon habituel, le témoin ordinaire de ses di-
plômes, et qui reçut de lui la charge de bouteillier.
Les fiançailles se célébrèrent à Donzy, un vendredi,
en 1153, à ce que l'on suppose. Geoffroi de Donzy
donna en mariage à sa fille le château de Neuilly,
les autres biens qu'il possédait dans cette localité et
ce qu'il avait à Oulchy, c'est-à-dire, la moitié du
bourg et de lateeigneurie, déduction faite du château
qui appartenait au comte de Champagne. Anseau, en
reconnaissance de cette libéralité, paya à Geofiroi
'une somme considérable, cinq cents livres au moins,
dit-on ; et, pour assurer l'exécution de cette conven-
tion, Henri le Libéral, comme suzerain, la ratifia.
Mais parce que sans doute la fiancée était trop jeune,
ou pour toute autre raison, la consommation du ma-
riage fut renvoyée à une époque ultérieure, et An-
seau repartit pour Trainel. Pendant son absence, qui
probablement parut un peu longue, Etienne, comte
de Sancerre, frère d'Henri le Libéral, vint deman-
der la main de la jeune fille. Oubliant les engage-
ments pris avec Anseau, Geoffroi l'accorda et donna
en mariage à sa fille, non plus cette fois des proprié-
tés éloignées et peu importantes comme celles qu'il
avait à Neuilly et à Oulchy, mais un fief beaucoup
plus considérable, beaucoup plus rapproché de ses
autres possessions; il lui donna la seigneurie de
Saint-Aignan ; d'autres disent celle de Gien, c'est à
tort. Par là, il fit deux mécontents : Anseau de Trai-
nel qui se voyait enlever sa femme, et qui était me-
[MM,] — d6 —
nacé d'en perdre la dot^ alla se plaindre au comte
Henri ; Hervé, fils atné de Geoffroi, dont ces libé-
ralités réduisaient l'héritage outre mesure, s'adressa
au roi et lui demanda justice contre un père dont les
largesses outrepassaient la quotité laissée disponible
par les lois féodales. Henri le Libéral , de son côté,
était personnellement outragé par la violation d'une
convention dont il avait lui-même garanti l'exécu-
tion, et son affection particulière pour Anseau de
Traînel lui rendait cette injure plus sensible. Il alla
comme Hervé, demander justice au roi, qui consen-
tit à se joindre à eux. Une armée commandée par
Louis Vn^ et où se trouvaient réunis le comte de
Chaoïpagne et le fils du seigneur de Donzy, vint as-
siéger Saint-Aignan et s'en empara. Les vainqueurs
ne consentirent à rendre cette place qu'à une con-
dition, c'est que Geoffroi de Donzy renoncerait à
toute prétention sur Neuilly et sur Oulchy, et qu'il
céderait ses droits sur ces deux seigneuries à Anseau
de Trainel, comme dommages et intérêts, à cause
tant de la somme d'argent versée par Anseau, que
de l'insulte qu'on lui avait faite en lui enlevant sa
fiancée.
Ce traité fut exécuté, et Anseau de Trainel mis en
possessipn des biens de Geoffroi de Donzy à Neuilly-
Saint-Front et à Oulchy, dont il jouit quinze ans en-
viron, après lesquels il les céda au comte de Cham-
pagne en échange de la moitié du péage de Pont-
sur-Seine et des portes de Provins (1).
(1) Sur ces faits, on peut consulter un passage de YHistoria
glorioti régis Ludovici VII (ap. D. Bouquet, XII, 128 BC), et
surtout la déposition de Gui Gasteblé, reçue en 1217 par Eudes III,
— 36 — [1153.]
Nous avons encore une lettre adressée par saint
Bernard à Mathilde^ comtesse de Blois, veuve de Thi-
baut IV, qui est notre Thibaut II, comte de Cham-
pagne. L'illustre abbé cherche à consoler Mathilde
des chagrins que lui cause son fils ; ce 61s est évidem-
ment Etienne, comte de Sancerre (1), et les torts
duc de Bourgogne, et par Gaucher de Châtillon, comte de Saint-
Pol ; elle se trouve dans le Cartulaire de la comtesse Blanche ,
P XXXVIII r« et v». D'après le Liber prindpumf P» 83 v**, elle a
été copiée dans les 500 de Colbert , Registrum principum , I ,
182 f* V»; dans la Collection de Champagne, 1. 136, p. 168 ; et
imprimée par Duchesne, Histoire de la Maison de Vergy, preuves,
p. 101 ; Martène, Anecdota, l, 864 ; Lévesque de La Ravallière,
Mémoires de r Académie des Inscriptions , XXVI , 695-699, et
D. Bouquet, XII, 128 n. Il y a d'assez notables dififérences entre
le récit de Gui Gasteblé, dont Lévesque de la Ravallière s'est fait
l'avocat {Mémoires de VAcadémie des Inscriptions, XXVI, 683-
688), et celui du moine auteur de VHistoria gloriosi régis Ludo-
vici VU, dont les Bénédictins ont pris naturellement la défense
(D. Bouquet. XII, 128 n; Cf. Art de vérifier les dates, II, 407,
585). L'autorité de Gui Gasteblé, témoin oculaire d'une partie des
événements dont il s'agit, nous a semblé supérieure à celle d'un
historien qui vivait au loin et renfermé dans un monastère; mais
nous avons admis comme vrais tous les faits, rapportés par cet his-
torien, qui nous ont semblé conciliables avec la narration de Gui
Gasteblé.
Les modernes s'accordent pour dater cette affaire de 1153; mais
cette date est approximative, comme on peut s'en assurer en se
reportant au texte de YHistoria gloriosi régis Ludovid VII.
Lebeuf, Mémoires concernant l'Histoire civile et ecclésiastique
i'Auxerre, l'« édition. II, 85-86, 2« édition, III. 87-88, suppose
une certaine relation entre cette affaire et les démêlés de Geoffroi
de Donzy avec Guillaume III, comte de Nevers (Cf. Art de vérifier
les dates, 562-563). Mais, si cette relation est possible, son exis-
tence nous semble purement hypothétique.
(1) Lévesque de La Ravallière, Mémoire cité plus haut.
[ii5t-H53,] — 37 —
qu'Etienne aurait eus envers sa mère peuvent avoir
consisté à épouser, malgré ses conseils, la fille du
seigneur de Donzy (1).
Une afiaire contemporaine de ce mariage, mais
qui de nos jours a eu plus de retentissement, ce
sont les démêlés des habitants de Vézelay avec leur
abbé ; elle doit cette bonne fortune un peu à la por-
tée historique qu'elle a eu, et beaucoup à la plume
éloquente du grand écrivain qui s'en est fait l'his-
torien (2); Henri le Libéral s'y est trouvé indirecte-
ment mêlé. Au début de l'insurrection des habitants
contre leur abbé, le pape, prenant le parti de ce der-
nier, frappa des censures pontificales les bourgeois
révoltés, et fit appel au glaive séculier par la lettre
suivante, adressée au duc de Bourgogne, au comte
de Champagne et à plusieurs de leurs principaux
vassaux.
<x Eugène, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu,
» à ses très-chers fils les nobles hommes Eudes, duc
A de Bourgogne (8); Henri, comte (6);Ârchambaud
(1) S.Bemardi epistolaSOO, ap.Mabillon, S.Bernardi opéra,
édition Gaume, I, 582-583. On remarquera que dans cette lettre
il n'est pas question de Thibaut, père d'Etienne, comte de San-
cerre; que, par conséquent, elle doit être postérieure au décès de
.Thibaut, c'est-à-dire au 10 janvier 1152. D'autre part, saint Ber-
nard étant mort le 20 août 1153, cette lettre a été écrite au plus
tard en août 1153; sa date, renfermée dans ces limites, peut
être postérieure à la date du mariage d'Etienne.
(2) Lettres sur XExzioire de France, XXII, XXIII, XXIV,
(3) Eudes II, duc de Bourgogne, 1142-1162 {Art de vérifier
le$ dates, II, 501-502).
(4) Henri le Libéral.
— 3S — [iuâw]
x> de Bourbon (i); Guillaume, comte de Chàlon-
» sur-Saône (9); Baimond, frère du duc (S); Bai-
» naud, comte de Joigny (6); Geoffroy de Donzy (5);
» B. de Bougemont (6); Dalmace de Luzy (7); An-
» série de Montréal (8); Salon, vicomte de Sens, et
x> ses fils Gamier et Bouchard (9); G..., vicomte de
» Chàteau-Landon ; Gui de Vergy ; Eudes de Thil ;
0 Hugues de Mont-Saint-Jean, salut et bénédiction
» apostolique. »
» Nous ne croyons pas que votre noblesse ignore
» la présomption immodérée et l'obstination into-
» lérable des perfides bourgeois de Vézelay qui.
u^
(1) Ârchambaud VII, 1137-1171 (Art de <vérifier la dates, II,
412), vassal d'Henri le Libéral (Voir notre Tome II, p. x, art. 113).
(%) Guillaume 1, 1113-1168 (Art de vérifier les dates. II, 529).
(3) Raimond, fils d'Hugues II, surnommé Borel elle Pacifique,
duc de Bourgogne, et de Mathilde de Turenne, époux d'Agnès de
Thiern, dame de Montpensier (Art de vérifier les dates» II, SOI).
(4) Rainaud IV, 1154-1179 (Art de véHfier les dates. II, 596).
11 était vassal du comte de Champagne (Voir notre Tome II, p. ix,
art. 98).
(5) Vassal du comte de Champagne, comme nous l'avons dit plus
haut, p. 33.
(6) Au commencement du xiu* siècle, Rougemont était un fief de
Champagne ; seulement, le comte de Champagne en faisait hom-
mage au duc de Bourgogne (Voir notre Tome II, p. xx, art. 354).
(7) Luzy était, au commencement du xui^ siècle, un fief rele-
vant du comté de Champagne (Voir notre Tome II, p. xx, art. 256).
(8) Le seigneur de Montréal était, au commencement du xni^
siècle, vassal du comte de Champagne pour Isle-sur-le-Serein et
pour Chablis (Voir notre Tome H, p. xv, art. 217).
(9) Le vicomte de Sens était vassal d'Henri le Libéral (Voir
notre Tome II, p. vii, art. 59).
[il8HiS5.] — 39 —
» oubliant lear devoir de vassaux et violant ie ser-
» ment qu'ils ont fait à Tabbé leur seigneur, pré-
» tendent, par une criminelle hardiesse , le chasser
» de son monastère et (vains efforts I ) nous dépouil-
» 1er de nos droits sur ce lieu qui, dès le principe de
» sa fondation et jusqu'aujourd'hui, a notoirement
» fait partie du patrimoine de Saint-Pierre. Des
» hommes puissants et nobles, qui sont dévoués au
x> prince des apôtres, ne doivent pas laisser impunie
o une si présomptueuse audace : aussi, par les pré-
» sentes, nous invitons votre noblesse à interdire
n toutes les foires de votre terre aux susdits bour-
n geois jusqu'à ce qu'ils viennent à résipiscence et
» fassent une digne et humble satisfaction. De plus,
» veuillez ordonner d'arrêter comme parjures, trai-
» très et excommuniés, et de dépouiller de leurs biens
» tous ceux de ces bourgeois que vos hommes ren-
» contreront. »
« Donné à Saint-Pierre, le quatorze des kalendes
» de janvier (1). »
L'année suivante, Anastase IV, successeur d'Eu-
gène III, adressa aux mêmes destinataires une lettre
dont les termes seuls différent un peu, et qui con-
tient les mêmes recommandations (2).
Il ne parait pas que ces deux missives aient exercé
à Vézelay une grande influence sur la marche de la
révolution communale qui fut arrêtée, en 1155, par
une sentence de la cour Louis VII; car, pour rétablir
(1) 19 décembre 1152. D. Bouquet, XV, 478 CD.
(2) D. Bouquet, XY, 658 D. Cette lettre fut écrite en 1153.
— 40 — [1155.]
raatorité de Tabbé, it ne fallut rien moins qae l'in-
tervention royale (1).
La même année, le 10 juin, il se tint à Soissons,
sous la présidence du roi Louis VII, une grande as-
semblée ou étaient réunis les archevêques de Reims,
de Sens et leurs suffragants, Thierry d'Alsace, comte
de Flandre; notre comte Henri; Guillaume II, comte
de Nevers; Eudes II, duc de Bourgogne, et un grand
nombre d*autres membres de l'aristocratie féodale.
Dans cette assemblée, le roi s' étant préalablement
assuré du consentement des évêques et des barons
présents, rendit une ordonnance importante. Déjà
depuis plus d'un siècle l'Eglise faisait de grands
efforts pour adoucir les effets désastreux du droit de
guerre privée, elle avait apporté à ce droit des res-
trictions nombreuses par diverses décisions, d'où
résultait ce qu'on appelait la trêve de Dieu (2). A ces
efforts, Louis apporta le concours de son autorité
par le règlement suivant :
« Nous avons ordonné que de Pâques prochain,
» en un an, les églises du royaume et l'universalité
x> de leurs possessions, les agriculteurs avec leur
» grand et petit bétail aient tous paix entière et
x> pleine sécurité, tant qu'ils seront prêts à ester en
» justice devant les juges à la juridiction desquels
» ils sont soumis (3). Sous la même condition, la
(1) HistoriaVi%eliacensis manasterii» ap. D. Bouquet, XII,
326-327 ; Cf. Lettres sur l'Histoire de France, XXIII, XXIV.
(2) Voir notre Tome II, p. 324, note 2; Ducange, au mot
Treva Dei. et D. Bouquet, XIV, 389-394.
(3) Le concile de Clermont, en 1095, avait déjà décidé la même
[4155] — 41 —
» paix est assurée à tous marchands et à tous hommes
» quelsconques, sur les chemins qui sont dans la
» sauve-garde du roi et des seigneurs (1). »
« En présence de tous les prélats et de tous les
» seigneurs venus à l'assemblée, » dit un acte offi-
ciel a Louis donna sa parole de roi, qu'il obser-
» verait cette paix, et que, si elle était violée, il fe-
» rait selon son pouvoir justice des infracteurs; le
» même engagement fut pris sous la foi du serment
» par le duc de Bourgogne, par le comte Henri, par
9 le comte de Nevers, par le comte de Soissons et
o par les autres membres du baronnage présents; le
o clergé les incita, et, sous les yeux de l'assemblée,
o les archevêques, les évêques, les abbés, debout
» devant des reliques, promirent aussi d'observer
» personnellement cette paix de toutes leurs forces ;
0 ils promirent de venir en aide au roi et aux barons
» suivant leur pouvoir pour le châtiment des vio-
0 lences faites au mépris de cette paix, et ils décla-
» rérent que cette promesse serait observée avec
chose, comme on le voit dans Orderic; mais la décision du concile
de Clermont n'avait pour sanction que des peines canoniques.
L'ordonnance de Louis Vil est un de ces nombreux actes législa-
tifs qui, punissant de peines civiles des actes que jusque-là les lois
pénales civiles ne prévoyaient pas, ont si largement étendu la ju-
ridiction des tribunaux laïcs.
(1) Nous avons cru devoir traduire par cette périphrase les mots
assecuriialis caminm, mot à mot : chemin d'assurément. Sur la pro-
tection donnée aux marchands qui parcouraient les chemins royaux,
voir notre Tome II, p. 386-388. Il allait de soi que le roi et les
seigneurs devaient protection aux voyageurs qui avaient acquitté
les droits de péage. Ainsi, sous ce point de vue, l'ordonnance de
Soissons, 1155, n'établit aucun droit nouveau.
4
— * 42 — [iiMj
» rinviolable fermeté 4' une bouche consacrée à
» Dieu (1). »
Dans la même assemblée, notre comte fjfit un des
arbitres que Louis s'adjoignit pour juger une con-
testation pendante entre Tévéque et le chapitre de
Soissons. Les chanoines prétendaient que, lorsqu'on
refusait de leur faire justice, ils avaient le droit de
suspendre la célébration du service divin dans la ca-
thédrale, et qu'alors l'exemple donné par la cathé-
drale devait être suivi par le reste de la ville; c'était
la coutume, disaient-ils. L'évéque refusait de recon-
naître cette coutume ; il les avait cités devant son tri-
bunal, où ils avaient perdu leur procès au posses-
soire, à ce qu'il parait; mais eux en avaient appelé au
pape. Telle était la situation quand Louis était arrivé
à Soissons. Louis s'efforça de concilier les parties et
obtint que les chanoines, se désistant de leur appel,
s'en rapporteraient à la décision d'un tribunal com-
posé du roi et des arbitres que le roi choisirait.
Henri fut du nombre des arbitres que Louis s'adjoi-
gnit. La sentence mit à néant le jugement rendu par
la cour épiscopale ; déclara les chanoines en posses-
sion du droit contesté; mais décida que le jugement
de la cause au fond appartiendrait au tribunal de
l'évoque, que les chanoines se présenteraient devant
ce tribunal quand ils en seraient sommés, et ne pour-
raient appeler de la sentence rendue par lui (2).
A partir de cette époque, cinq années s'écoulent
(1) Diplôme de Louis VII, ap. D. Bouquet, XIV, 387-388.
(2) Lettre du roi Louis VU aux papes Adrien IV et Alexandre 111,
ap. D. Bouquet, XVI, 14, XV, 876.
[1457-1459.] 43 —
sans qu'on voie notre comte se mêler aux affaires gé-
nérales de la France. On peut supposer qu'il y eut
pendant ce temps un refroidissement entre lui et le
roi dont il n'épousait toujours pas la fille, quoiqu'il
en fût le fiancé depuis il47. Ce qu'il y a de certain,
c'est que durant cet espace de temps il se fit un
rapprochement entre Thibaut V de Blois, frère de
notre comte, et le roi d'Angleterre. Au mois de dé-
cembre 1458, il se conclut entre eux un traité par
lequel Thibaut cédait au monarque anglais Am-
boise et Fréteval. Ces conventions avaient été arrê-
tées par la médiation de Louis VH (1), momentané-
ment réconcilié avec le- roi d'Angleterre, depuis que
le 31 août 1157, dans une entrevue sur TEpte, entre
Gisors et Neuf-Marché, il avait promis de faire épou-
ser sa fille Marguerite, âgée de six mois, à Henri, dit
plus tard CourtMantel, fils du prince anglais et alors
âgé de trois ans (2); mais ce bon accord des deux
souverains ne pouvait durer. En 1159, le roi d'An-
gleterre, reprenant contre Toulouse Iç projet où
Louis VII avait échoué en 1161 (3), et voulant, en
vertu des droits fondés ou non d'Eléonore de
Guienne, dépouiller à son profit le comte Rai-
mond V, fit dés la mi-carême sommer ses vassaux
(1 ) Roberlus de Monte, ap. D. Bouquet, XIll, 301 C ; cf. ibid.,
300 n.
(2) Robertus de Monte, ap. D. Bouquet, XIII, 300B (cf-
ibid., n); Lambertus Waterlosius, ibid., 516A; Elinandus, ap.
Albéric, ibid., 704 C; Historia gloriosi régis Ludovici VU» ap.
D. Bouquet, XII, 128 AB; Chronicon Gaufredi Vosiensis, ibid.,
437 E; Chronicon Fiscanense, ibid., 778 C.
(3) Voir notre Tome II, p. 332-334.
— 44 11159-1160.]
de se trouver en armes, l'été suivant, dans la ville
d'Âgen (1). Thibaut, comte de Blois, prit part à
>] cette expÀlition. Or, Louis VII, par suite d'un se-
cond mariage de Constance, sa sœur, veuve de
Eustache de Boulogne, était beau-frère de Rai-
mond (2). Après avoir fait d'inutiles efforts pour
dissuader le roi d'Angleterre de mettre à exécution
ses projets, il alla se jeter dans les murs de Toulouse.
Le prince anglais n'osa faire le siège d'une place
défendue par son suzerain, mais s'empara de Ca-
hors, ravagea toute la province et envoya Thibaut
attaquer le domaine royal (3).
Le comte de Blois se racommoda bientôt avec
Louis, car, au mois de mai 1160, la paix se fit entre
les rois de France et d'Angleterre (6). Nous avons
encore le texte du traité qui ne parle pas de Thi-
baut, mais Henri le Libéral est un des témoins (5).
. Il est évident que Thibaut y était tacitement com-
pris (6), et bientôt une circonstance imprévue fit
des fils de Thibaud II, comte de Champagne, les al-
liés naturels de Louis VII. La reine Constance mou-
rut le 4 octobre 1160 (7). Louis n'avait pas d'en-
(1) Chronicon Ricardi Pictaviensis, ap. D. Bouquet, XII,
417 D; Anofiymi Chronicon, ibid.,121ED ; Robertus de Monte,
ap. D. Bouquet, XIII. 303 Â.
(2) Robertus de Monte, ap. D. Bouquet, 303 C; Cf. Art de
vérifier les dates, II, 297.
(3) Robertus de Monte, ap. D. Bouquet. XIll. 303D-304A.
(4) Robertus de Monte, ap. D. Bouquet. XIII, 305 A.
(5) D. Bouquet. XVI, 21-23.
(6) Robertus de Monte, ap. D. Bouquet. XIII. 305 A.
(7) Lambertus Waterlosius, ap. D. Bouquet, XIII, 517 E.
[1160.J — 45 —
fants màles, le désir d'un héritier l'emporta chez lui
sur la douleur, et peu après, quinze jours à peine,
dit-on (1), il épousa Adèle, sœur d'Henri, comte de
Champagne, et de Thibaut, comte de Blois.
Dans l'intervalle qui avait séparé la mort de Cons-
tance de ce nouveau mariage, il avait renouvelé
avec le roi d'Angleterre son traité du mois de mai
précédent, et avait reçu pour la Normandie Thom-
mage de son futur gendre, du fils de son rival, d'Henri
Court-Mantel (2). Mais le monarque Anglais, effrayé
des redoutables appuis que donnait au roi de France
sa nouvelle union, et craignant d'avoir à combattre à
la fois les forces combinées du roi, de notre comte
Henri et du comte de Blois, crut devoir prévenir ce
danger par un acte d'immédiate agression. Il fit cé-
lébrer le mariage de son fils Henri alors âgé de six
ans et de Marguerite ,de France qui en avait trois, et
se mit en possession de la dot promise qui, d'après
les conventions, ne devait lui être livrée qu'au mo-
ment où Marguerite serait nubile (3). C'était une dé-
claration de guerre.
Louis, Henri le Libéral, et ses frères Thibaut et
Etienne, firent des préparatifs d'attaque. Pour s'as-
surer une solide base d'opérations, les trois comtes
commencèrent des travaux additionnels de fortifica-
(1) Radulfus de Diceto, Imagines historiarum, ap. D. Bou-
quet, XIII. 186 A; Cf. Robertus de Monte, ibid., 305C; Rober-
tus Waterlosius, ibid., 51 7 E. Voir aussi D. Bouquet, XII, 129 n.
(2) Robertus de Honte, ap. D. Bouquet, XIII, 305 G.
(3) Guillelmus Neubrigensis, ap. D. Bouquet, XIII, 111 G;
Radulfus de Diceto, ibid., 186 A; Rogerus de Hoveden, ibid.,
206 G; Robertus de Monte, ibid., 305 G.
46 — [1160-1161.]
tion au château de Ghaumont-sur-Loire, qui relevait
du comté de Blois, mais qui était limitrophe de la
Touraine, et qui, par conséquent, pouvait servir de
place de retraite à une armée employée à la conquôte
de cette province. On se rappelle que Ghaumont-
sur-Loire appartenait à la maison d'Amboise, vassale
du comté d'Anjou pour Amboise. Hugues d*Am-
boise, chef de cette maison, était dans le parti du
roi d'Angleterre qui, prétextant sans doute l'inten-
tion de remettre Hugues en possession de Ghau-
mont, marcha aussitôt sur cette place. Henri le Li-
béral et ses frères voulurent éviter une bataille et se
retirèrent, laissant une garnison de trente-cinq che-
valiers et quatre-vingts sergents. Le roi anglais s'em-
para de la place en quelques jours, fit la garnison
prisonnière, mit Hugues en possession, puis, ayant
par précaution laissé des munitions et des soldats à
Amboise et à Fréteval, alla passer la fête de Noël au
Mans.
Ge fut seulement après Pâques (16 avril 1161)
que le roi Louis VH commença la guerre, mais il n'y
eut qu'une suite d'escarmouches d'abord en Vexin,
ensuite en Danois ; elle se termina par une trêve,
quelques jours après la Saint-Jean (1).
(1) Robertusde Monte, ap. D. Bouquet, XIII, 305-306; cf.
Guillelmus Neubrigensis , ibid., 108C et HIC; Radulfus de
Diceto, Imagines histariarum, ibid., 186 AB; Rogerus de Ho-
veden, ibid, 20dD ; Chronicon Lobiense, ibid., 584Â.
[4IW.] — 47 —
CHAPITRE II.
liirtte #■ pApe AlezMidre m e«iitre renverem* Frédérte
BarberouMie* — Bdie 4u> Jane Henri le libéral.
4459-4477.
Louis VII, roi de France, et Henri II, roi d'An-
gleterre, devaient être en lutte toute leur vie; mais
leurs guerres n'ont jamais eu beaucoup d'impor-
tance : la grande affaire alors était ecclésiastique.
La vieille lutte du sacerdoce et de l'Empire conti-
nuait sous la forme que nous lui avons déjà vu
revêtir : autel contre autel, schisme allemand op-
posé au pape légitime que soutiennent la France et
l'Italie.
Adrien IV était mort le 1*' septembre 1159. La
majorité des cardinaux (tous à l'exception de trois)
lui donna pour successeur, le 7 du même mois, Ro-
land, cardinal de Saint-Marc, chancelier de l'Eglise
romaine, qui prit le nom d'Alexandre III. Les trois
dissidents lui opposèrent un d'entre eux, Octavien,
cardinal de Sainte-Cécile, dit Victor IV, parent
d'Henri le Libéral (1). Victor, soutenu par l'empe-
reur, l'emporta d'abord et contraignit son rival à
(1) Hugo Pictavinus, Historia Vizeliaeensis monasterii, ap.
D. Bouquet, XII, 330 E. L'antipape Victor était sans doute parent
d'Henri par Mathilde de Carintbie, mère de ce prince (D. Bou-
quet, XVI, 26 n).
— 48 [ii62.]
chercher un asile en France. Alexandre débarqua à
Maguelone le mercredi de Pâques, li avril 1162 (i).
Le roi Louis VII envoya au-devant de lui deux am-
bassadeurs, Thibaut, abbé de Saint-Germain -des-
Prés, et Gadurque, un des clercs attachés à sa chan-
cellerie. Mais, par une raison qui nous est inconnue,
le pape les reçut fort mal (2). La conduite du pon-
tife mécontenta le roi, que l'empereur sollicitait très-
vivement de se mettre du côté de Victor IV, et qui
alors se demanda s'il ne ferait pas bien d'embrasser
ce parti (3).
Louis chargea Manassès, évêque d'Orléans, d'al-
ler trouver de sa part Henri le Libéral, pour le
prier de négocier une entrevue de l'empereur et du
roi de France. Manassès, qui comme Henri penchait
pour Victor, fit rédiger, sceller du sceau du roi et
porta au comte de Ghampagne une lettre où Louis,
témoignant son mécontentement de la réception faite
par le pape à ses envoyés, invitait Henri à se rendre
près de l'empereur Frédéric, et à traiter de la réunion
d'une conférence qui jugerait de la validité des élec-
(1) Aragonius, Acta pontificatus Alexandri papœ IIL ap. D.
Bouquet, XIII, 665 D ; Cf. Jaffé, Regesta pontificum romanorum,
685.
(2) Voir à ce sujet D. Bouquet, XII, 329, note b. Nous hasar-
derons une supposition. Un des ambassadeurs porte le même nom
que le concurrent de Pierre de La Châtre à l'archevêché de Bourges
en 1141 (Voir notre Tome II, p. 345). L'ambassadeur et le candi-
dat à l'évêché sont-ils le même homme? ou Alexandre aura-t-il
cru que c'était le même hdmme? telle est Thypothèse que nous
livrons au lecteur.
(3) Histaria Vizeliacensis monasterii, ap. D. Bouquet, XIII,
329 CD.
[1162.] — 49 —
tioDs pontificales. Dans cette dépêche le roi don-
nait au comte les plus amples pouvoirs; il promet-
tait de ratifier tous les arrangements que le comte
prendrait (1). Henri, muni de cette lettre, alla trou-
ver l'empereur qui se trouvait en Lombardie (2).
On prétend qu'il avait eu préalablement avec lui une
entrevue dans laquelle avait été préparé le rôle
qu'il voulait jouer au profit de l'antipape Victor, en
abusant de la simplicité du roi de France, « homme
pieux et d'une simplicité de colombe, » dit un con-
temporain (3).
Henri, agissant donc au nom du roi, convint
qu'une conférence se tiendrait sur la limite de l'Em-
pire et de la France à Saint-Jean-de-Losne, le jour
* de la Décollation de SaintJean-Baptiste, 29 août
\ 1162 (4). A cette conférence se trouveront, disait le
traité, les deux souverains, les évéques, les abbés et
les grands seigneurs de leur royaume, Alexandre et
Victor. Des arbitres choisis dans le clergé et dans le
baronnage, tant français qu'allemands, seront juges
de la validité de l'élection des deux papes. Si l'élec-
tion de Roland est reconnue valable, celle d'Opta-
vien sera cassée, et l'empereur tombera aux pieds
(1) Historia Vizeliacensis monasterii, ap. D. Bouquet, XII,
330 D.
(2] Historia Vizeliacensis monasterii, ap. D. Bouquet, XII,
329 D; Jeta ponti/icatus Alexandri III, ap. D. Bouquet, XIII,
667 B.
* (3) Acta parUificatus Alexandri III, ap. D. Bouquet, XIII,
666 D.
(4) Lettre de Frédéric à Héraclius, archevêque de Lyon, ap.
D. Bouquet, XVI, 690 E.
— BO — [!««.]
de Roland ; mais si c'est l'élection d'Octavien qui est
déclarée régulière, celle de Roland sera annulée, et
le roi se jettera aux pieds d'Octavien. Si Octavien
fait défaut, Tempereur l'abandonnera et fera sa sou-
mission à Roland; mais, si au contraire c'est Ro-
land qui fait défaut, il perdra son procès et le roi
embrassera le parti d'Octavien. Ces conventions ne
seront obligatoires pour le roi que s'il les ratifie;
mais le comte Henri se porte caution de cette ratifi-
cation ; si le roi refuse de l'accorder ou de se sou-
mettre au jugement des arbitres, le comte Henri de-
vra se livrer personnellement comme otage à l'empe-
reur; et dans le cas où le roi ne voudrait définitive-
ment pas céder, Tempereur pourrait garder le comte
prisonnier jusqu'au moment où ce dernier lui ferait
hommage des fiefs qu'il tient du roi de France.
Henri s'engagea sous la foi du serment à observer
ces dernières clauses (1).
Ce traité fut conclu à la fin de mai 1162.
Aussitôt Henri partit pour la France, et se rendit
auprès du roi Louis VH. Il était porteur de la lettre
suivante :
(( Frédéric, par la grâce de Dieu, empereur des
» Romains et toujours auguste, à son cher cousin
o Louis, roi illustre des Francs, salut et sincère af-
» fection. d
0 Nous avons reçu avec la joie que nous* devions
» les lettres et l'envoyé de ta noblesse, et nous
(1) Historia Vizeliacensis monasierii, ap. D. Bouquet, XII,
330 RC, 331 A. Il faut comparer à ce texte la déposition de Girard
l'Eventé, ibid., 331 n, et dans notre Tome II, p. xvii, art. 233 bis,
où nous avons donné un texte meilleur.
[iiflî.] — 51 —
n avons ouvert avec bonté nos oreilles impériales
» aox propositions que nous adressait ta sincérité.
» Il plait donc à notre sublimité qu'entre nous,
» comme cousins, et entre nos royaumes pour ainsi
9 dire parents, tout nuage de rancune étant balayé,
» on voie briller la splendeur d'une amitié sincère,
» et qu'un traité d'amitié, faisant en quelque sorte
» de nos deux états un seul, conserve à jamais un
» indissoluble amour. Avec notre cher cousin ton
» vassal Henri, comte de Troyes, nous avons amica-
D lement et complètement réglé tout ce qui est né-
» cessaire pour conserver entre nous l'intégrité d'un
» attachement réciproque, et nous aurons soin d'in-
» violablement observer nos engagements. »
« Donné à Pavie, après la destruction de Milan, le
» deux des kalendes de juin (i). »
Henri remit au roi cette lettre et un exemplaire du
traité. Mais cet exemplaire ne contenait pas les
clauses finales : il n'y était question ni de la garantie
promise par le comte, ni du serment qu'il avait fait,
ni enfin de l'hommage qu'il avait conditionnelle-
ment promis (2). Louis annonça donc le projet de se
rendre à Saint-Jean-de-Losne le jour convenu : le
bruit s'en répandit aussitôt en Italie et en France,
et l'inquiétude agita tous les esprits (3). L'antipape
Victor écrivit aux consuls romains que le roi de
(1) D. Bouquet, XVI, 30 A B.
(2) Nous induisons ceci de la surprise témoignée plus tard par le
roi quand plus tard il fut informé de ces clauses {Historia Vizelia-
eensis monaslerii, ap. D. Bouquet, XII, 330 C).
(3) Acta ponUficatus Alexandri III, ap. D. Bouquet, XIII,
667 B.
— B2 — [iiw.]
France était entré dans son parti, et que le comte
Henri l'avait assuré à l'empereur sous la foi du ser-
ment (1). Au môme moment, l'empereur adressait à
l'archevêque de Reims une lettre où l'audace le dis-
pute à l'hypocrisie.
a Bien des tempêtes et des orages redoutables ont
» depuis longtemps agité le navire du bienheureux
» Pierre; bien des persécutions diverses ont affligé
» et tourmenté la sainte Eglise de Dieu. Mais enfin
» le vrai médiateur de Dieu et des hommes, Jésus,
» homme et Christ en môme temps, qui, faisant de
» l'Eglise son unique épouse, l'a marquée du glo-
» rieux caractère de son sang précieux, et qui par ce
» sang l'a rachetée, lui a donné cette grâce de la con-
» solation que, montant au ciel, il a promis à ses
» fidèles lorsqu'il leur disait : Je ne vous laisserai
» pas orphelins, et je suis avec vous tous les jours jus-
» qu'ocla consommation du siècle. Il le manifeste au-
» jourd'hui par des signes évidents. Lui-même, en
» effet, semblable à l'étoile du matin qui surgit
» à l'horizon au milieu d'un nuage, il a, toujours
» plein de bonté pour son Eglise, jeté les yeux sur
» elle dans la Iribulation : il s'est levé, il a commandé
0 aux vents et à la mer, et alors un grand calme s'est
» fait. »
« Il y avait depuis longtemps dissentiment entre
» nous et le roi des Francs au sujet du schisme de
0 l'Eglise romaine, quand a soufflé sur nous cette
» grâce de l'Esprit-Saint, qui fait habiter la concorde
» dans la maison de Dieu ; et par la médiation d'am-
(1) Ramanorum consulum ad Ludovicum epistola, ap. D.
Bouquet, XVI. 33 Â.
[ii6i.] ' — 53 — •
» bassadeurs envoyés de Tune et de l'autre part,
i> unis enfin dans la môme volonté, et d'un consen-
» tement unanime, nous sommes convenus qu'avec
o les archevêques, évêques, abbés orthodoxes, reli-
» gieux, barons et tous lés princes des deux royau-
» mes, nous tiendrions une assemblée générale et
jo solennelle le quatre des kalendes de septembre,
» jour de la Décollation de saint Jean-Baptiste, sur
» la rivière de Saône^ dans le diocèse de Besançon.
» Dans cette assemblée, le roi des Francs, notre
» cher cousin, avec tous ses archevêques et évèques,
» avec tous les princes de son royaume et toute
» TEglise gallicane, recevra pour successeur de l'a-
» pôtre et pour pontife de l'universelle et sainte
0 Eglise de Dieu, comme il a été réglé d'avance et
» garanti par des serments et de sûres cautions,
» notre révérend père et notre seigneur le pape au-
» quel il donnera les marques du respect qu'il lui
» doit. Mais une affaire aussi ardue, aussi utile, aussi
» nécessaire, puisqu'il s'agit de la réconciliation de la
tt sainte Eglise et du salut commun de toute la chré-
» tienté, ne doit ni ne peut se consommer sans la
» présence de ta discrétion, sans celle des autres
» princes et des fidèles du Christ. Ainsi, arj^nom de
» la fidélité que tu dois à VEmpire^ à la sainte Eglise
» de Dieu et aux intérêts de ton àme, nous te prions
A et te requérons de te rendre à Besançon, quatre
0 jours avant le terme indiqué, accompagné de per-
A sonnes sages, des plus capables et des plus lettrées
» de ton diocèse, sans prétexter aucun empêche-
» ment. Après être venu au-devant de nous, comme
0 un des conseillers qui composeront notre cour,
» tu te rendras avec nous à l'assemblée; c'est là que,
— 54 — £iie*.]
0 par la grâce de Dieu, toute l'affaire du pape Victor
» se terminera honorablement pour la gloire de
» Dieu, pour la paix et l'unité de la sainte Eglise, et
» sans préjudice pour la dignité de l'Empire (i). »
Vainqueur de Milan, Frédéric se croyait maître
du monde et en droit de régenter partout avec un
égal despotisme les personnes et les consciences.
Hais la principale impression que cette lettre produi-
sit sur le destinataire fut l'étonnement. L'arche-
vêque de Reims se serait sans doute borné à en rire,
s'il n'eût craint que le roi de France ne se fût laissé
entraîner dans le parti de l'antipape comme l'empe-
reur le semblait dire. Il envoya à Louis copie de la
dépêche impériale en lui demandant s'il était \rai
que, comme le bruit s'en répandait, le comte Henri,
agissant au nom du roi, eût sous la foi du serment
et en donnant d'autres sûretés, promis à l'empereur
que le roi et l'Eglise gallicane, reconnaîtraient Octa-
vien pour pape. « Dans de si grandes difficultés, o
ajoutait-il, « soyez prudent et circonspect, car je
)> crains que les fils des ténèbres ne fassent subir à
» votre innocence l'épouvantable naufrage de Tàme
» et du corps (2). »
Les consuls romains envoyèrent aussi une lettre à
Louis pour le prévenir de ce que leur avait écrit
Octavien, « ce serpent tortueux. » Dans cette lettre,
ils l'assurent de leur dévouement à Alexandre, et lui
demandent une réponse qui calme les inquiétudes
que la dépêche d'Octavien leur a fait concevoir (3).
(1) D. Bouquel, XVI. 30-31.
(2) D. Bouquet. XVI. 31 C.
(3) D. Bouquet. XVI, 32-33.
y
fl46f.] — 55 —
Cependant le 29 août approchait ; Louis se mit en
route, alla trouver Alexandre à Souvigny (i), et le
pria de Tacconoipagner à l'assemblée. Il s'en entre-
tint avec lui pendant deux jours. Alexandre avait
deux motifs de ne pas se rendre : l'un était la crainte
de tomber entre les mains de l'empereur, l'autre
l'inconvenance de soumettre à un jugement, et au
jugement d'un tribunal ainsi composé, une élection
dont la validité canonique était si évidente. A la se-
conde de ces raisons on ne pouvait répondre ; mais
Louis parait s'y être peu arrêté : il se préoccupait
surtout des dangers qu'aurait pu courir la personne
du pape. « Si vous n'osez aller jusqu'à Saint-Jean-
de-Losne, » lui disait-il, « accompagnez-moi au moins
x> jusqu'à Vergy, où vous pourrez m'attendre en
9 sûreté : c'est un château inexpugnable. » Alexandre
rejeta cette offre. « Je prendrai, » dit le roi, « pour
» votre sûreté et pour celle de votre cortège, les
» mêmes précautions et les mêmes garanties que
» pour moi-même, je vous en donne ma parole, d
Alexandre le remercia. « Je m'étonne, « répondit
Louis, « qu'ayant la conscience de votre bon droit,
» vous évitiez l'occasion d'établir ce droit par le
» témoignage et par l'exposé public de votre cause.»
Et il partit (2). Il était accompagné de quatre cardi-
naux envoyés par Alexandre pour soutenir officieuse-
(i) Souvigny, prieuré de l'ordre de Cluny, aujourd'hui dans le
département de rAIIler, arrondissement de Moulins» chef-lieu de
canton.
(2) Historia Vizeliacensis monasterii, ap. D. Bouquet, XII,
33 Â; Acta pontificatus Alexandti III, ap. D. Bouquet, XIII,
667 BC.
— 66 — [1161]
ment ses intérêts, mais sans pouvoirs pour accepter
un jugement; en môme temps, Alexandre se retirait
à Déols (1). Le roi arriva à Dijon (2). Le comte de
Champagne y vint à sa rencontre, et remarquant
l'absence d'Alexandre signala pour la première fois
les conséquences qui devaient se suivre de cette ab-
sence, d'après les clauses finales du traité conclu
entre l'empereur et le roi.
En s'en tenant aux termes de l'exemplaire in-
complet remis à Louis par notre comte, le monarque
français n'avait contracté aucunement l'obligation
de se soumettre au jugement de la conférence qui
allait se réunir. Dans cet exemplaire il n'était pas
question du serment fait par Henri de porter son
hommage à l'empereur, si Louis ne se soumettait pas
à la décision de l'assemblée. Or, Alexandre faisant dé-
faut, il résultait des termes même du traité que cette
décision serait rendue en faveur de l'antipape.
a D'après les conventions arrêtées, » dit Henri
au roi, « tu dois, puisqu' Alexandre est défaillant^ te
» tourner du côté d'Octavien. Si ta majesté ne veut
» pas se conformer à cette convention, je suis lié par
» un serment qui m'oblige à me mettre du côté de
(1) Déols, ou Bourg-Dieu, Indre, arr. et cant. de Châteauroux.
11 s'y trouvait une abbaye de Tordre de Saint-Benoît, nommée en
latin Dolum. C'est par une faute d'impression que M. de Cherrier,
dans son Histoire de la lutte des papes et des empereurs, 2* édi-
tion, I. 145, traduit Dôle. Dôle (Jura, chef-lieu d'arrondissement)
dépendait de l'empire, était même une résidence impériale , et
Alexandre n'y aurait pas élé en sûrelé.
(2) Acta pontificattis àlexandri III, ap. D. Bouquet, XIII,
6670.
[iêm.1 — B7 —
» Frédérie ; et^ liYranl à l'empereur tous les fiefs
o que je tieas du roi^ c'est de l'empereur que dé-
» tonnais je les tiendrai, o Louis fut stupéfait,
a D'où te viens, » dit*il, « tant de confiance en toî^
9 mémpe, qu'à mon insçu et sans me consulter, tu
1» aies fait «n pareil traité ?» « Roi, » répondit le
comte, « c'est toi-même qui m'as adressé mes pou-
9 TOfri par l'entremise de Manassés, évéque d'Or-
9 léans. )) L'érêque se trouyait là; Louis lui de-
manda des eiplications, et Manassés, embarrassé,don-
natl une réponse évasive, qvand Henri présenta au
roi la lettre qu'il avait reçue et qui lui conférait des
poavoirsilliimtés; il ajouta que s'il n'avait pas fait
plos tôt comiattre au roi les dernières clauses du
traité, c'est que l'empereur l'avait forcé à jurer
d'en garder le secret jusqu'au jour de la conférence.
Cependant le 39 août était arrivé; l'empereur et
rantipaf)e se présentèrem avant le jour sur le pont
de Saint-Jean-de*Losne, el, n'ayant trouvé personne,
86 felirérent aussitôt comme s'ils eussent satisfait à
leur» engagements. De son côté, Louis s'approcha
dfii bourg en équipage de chasse, et, se tenant à quel-
que distance, envoya fur le pont l'archevêque de
Tours, révéque de Paris, l'abbé de Vézelay et quel-
ques «litres grands personnages de son royaume,
entre autres le comte Henri. Ils y trouvèrent les en-
voyés de l'empereur. Le comte Henri, chargé de
porter la parole, demanda un délai au nom du mo-
narque français : a Le roi, » dit-il, « ne peut prendre
» part à une conférence dont it n'a pas connu à l'a-
» vance les préliminaires. Il est très-grave qu'il n'ait
» pas élé instruit plus tôt du serment prêté ; et quand
» Ù s'agit (f une affaire aussi sérieuse, il n'est pas con-
5
— B8 — [1162.]
x> venable de prendre une décision si précipitée. » Les
envoyés impériaux répondirent qu'ils ne pouvaient
accorder aucun délai. Alors Louis se retira à Dijon,
où il alla loger au palais ducal ; les cardinaux qui,
sur Tordre d'Alexandre, s'étaient joints au cortège
royal, prirent la route de Vézelay : tout semblait
terminé.
Hais le comte Henri était allé trouver Frédéric au
palais impérial de Dôle; le lendemain, de très-bon
matin, il arrivait à Dijon dans le palais du duc de
Bourgogne, et s'adressant au roi : « Tu n'es pas libre
» de tes engagements, » lui dit-il, « et si tu t'en tiens
» là, je serai obligé, comme je l'ai promis, de me re-
» tirer de toi, de me livrer à l'empereur, bientôt
)) môme de lui livrer ma terre pour recevoir de lui
» l'investiture des fiefs que j'ai tenus de toi jusqu'ici
» et pour lui en faire hommage. Cependant, o ajou-
ta-t-il, « pour t'ôtre agréable, j'ai obtenu de l'em-
» pereur un délai de trois semaines. Mais voici,
» ô roi, les conditions, et tu donneras des cautions
» de leur exécution : tu promettras à l'empereur de
» te rendre à Saint-Jean-de-Losne au jour qui se
» trouvera ainsi fixé, tu amèneras Alexandre avec
» toi, tu entendras plaider la cause des deux préten-
» dants à la papauté, et tu te soumettras au jugement
» des hommes sages de l'empire et de ton royaume,
0 sinon tu te livreras toi-même prisonnier entre les
» mains de l'empereur à Besançon. » Louis VII ac-
cepta ces propositions et donna pour caution le duc
de Bourgogne, le comte de Flandres et le comte de
Ne vers (1).
(1) HistoriaVixeliacensis monasterii, ap. D. Bouquet, Xll,
[nw.) — B9 —
On comprend la désolation du clergé français.
Loais VII envoya aussitôt des ambassadeurs à
Alexandre pour lui faire connaître le traité conclu
et pour l'inviter à venir immédiatement prés de
loi. Le pape et ses conseillers tombèrent dans une
inquiétude mortelle : soumettre la cause pontifi-
cale au tribunal formé par l'empereur, c'était sa-
crifier la liberté de l'Eglise ; refuser de se rendre à
Saint-Jean-de-Losne, c'était réduire à la dernière
extrémité le roi de France qui allait, lui, le presque
unique soutien du siège de Saint-Pierre, se trouver
captif et à la merci de Frédéric. Tout bien considé-
ré, Alexandre refusa de quitter Déols (1). D'une
part, ses devoirs de pontife devaient l'emporter sur
toute autre considération ; de l'autre, on prévoyait
que la mauvaise foi de l'empereur fournirait à Louis
un suflSsant motif de guerre, et que de cette guerre
le prince français sortirait heureux comme son
père (2). Alexandre l'espérait d'autant plus qu'il
comptait donner au roi de France le roi d'Angleterre
pour allié (â).
330-331; Actapontificatus Alexandri III, ap. D. Bouquet, XIII,
667 DE.
(1) Il resta à Déols jusqu'au 24 septembre (JaiTé, Regestapon-
tificum romanorum. p. 687-688). Or, la seconde assemblée de
Saint-Jean-de-Losne semble avoir été fixée au 22 du même mois ;
c'est en effet le 30 août qu'il fut convenu qu'elle aurait lieu dans
UQ délai de trois semaines, et pour ces trois semaines nous comp-
tons vingt et un jours francs.
(2) Voir notre Tome II, p. 134, 266-267.
(3) Acta pontificaius Alexandri III, ap. D. Bouquet, XIII,
668 B. Lettre d'Alexandre III à Louis VII, ap. D. Bouquet, XV,
784.
— 60 — (itat.]
C9peiidant Frédériq était fort embarrassé, il n'a-
vait pas d'approvisionnements, et l'armée nombreuse
qa'U avait amenée eut bientôt épuisé tout ce que
Ton pouvait se procurer de vivres aux environs de
Saintrlean-de-Losne; il craignit que si la conférence
traînait en langueur, ses soldats ne se débandassent
en le laissant presque seul en face des troupes con-
sidérables qu'avait réunies le roi de France. Il voulut
se tirer d'affaire par un acte d'autorité.
Louis arriva sur le pont de Saint-Jean-de-Losne
le jour convenu, c'est4i-dire le 32 septembre, à neuf
bQur^ du naatin,et attendit à cheval jusqu'à midi (l)j
mais l'empereur ne vint pas seul, son chancelier Be«
naud, archevêque de Cologne, se présenta. Louis
lui rappela les termes du traité conclu en dernier
lieu par l'intervention du comte Henri; Renaud ré-
pondit que les paroles de son souverain n'avaient pas
été bien rendues, u Voici, i> dit-il, « ce que yous
m piande le seigneur Frédéric, empereur des Romain^
)> et spécial avoué de l'Eglise romaine : les prélats
» soumis à l'empire romain ont seuls qualité pour
» être juges de la validité de Télection du pape; la
>) raison et la justice veulent doac quç vou^^ ^e»
» évêques et votre clergé, vous vous présentiez ici à
» tiUe seulement d'amis et d'alliés pour entendre la
« sentence que l'on prononcera. »
A ces mots, un léger sourire égaya les lèvres du
roi. « Pour un homme sage, » répondit-il, a votre
(1) Ces indications d'heure sont données par Helmoldus (D.
Bouquet, XII, 331 n], qui les applique à la conférence du 29 août;
mais les détails qu'il donne, rapprochés du texte de YHistoria
liacensis monasierii, prouvent qu'il s'agit du 22 septembre.
[i4W.l — 61 —
D maiire ne s'accorde guère avec loi-même et aveb
D la véritéé Ne sait-il pas que notre seigtieur Jésûs-
9 Christ, quand il était sur la terre, a confié ses bre-
» bis à paître à saint Pierre et à ses successeurs ? Si
» tu nCaimes^ Pierre, disait-il, pais mes brebis. Dans
» ce texte, Jésus-Christ a-t~il excepté les ^ois de
)i France et les évéques de mon royaume (i) ? » Et
se tournant vers le comte Henri : a Répète-moi, »
lui dit-il, « les clauses de la convention qu*en der-
x> nier lieu j'ai, sur ta proposition, conclue avec l'em-
D pereur. » Henri fit ce que lui demandait le i^oi.
« Eh bienl » reprit Louis, « l'empereur qui, comme
» ta le diS) devait se trouver ici est absent, et ses en-»
» voyés modifient les termes du traité ; tu es pré-
x> sent, tu en es témoin. » (4 C'est vrai, » dit le comte.
« Ne suis-je donc pas à celte heure libre de tout en-
» gagement ? a s'écria le roi. « Oui, » répondit Hehri.
Louis s'adressa aux grands du royaume, aux évê-
queS) aux abbés présents : « Vous avez entendu et
9 vu tous comment, sans rien obtenir de l'empe-
» reur^ j'ai accompli tout ce que j'avais à faire;
» dites, s'il Vous semble que je sois encore lié pai*
n le traité. » Tous répondirent :'« Vous avez dé-
9 gagé votre parole. » Alors le roi, jetant aux en-
voyés impériaux un regard de mépris, fait faire
volte-face à son cheval et reprend la routé de Dijon.
Les Allemands confus le suivent en le suppliant
de revenir, promettant que l'empereur se conforme-
ra aux conditions du traité ^ telle» que le comte
(1) Act9 pontificafàs Atexmiri III, sip. D. Bouqoel, Xtll,
666 B&
— 62 — fiiet.]
Henri les avait énoncées. Leurs efforts restèrent
inutiles. « J'ai fait ce que je devais faire, » répondit
Louis, et il repoussa leurs avances (1).
On pouvait reprocher à Louis un peu de précipi-
tation. Avant de dire que l'empereur avait manqué
au rendez-vous, il eût été à propos d'attendre la fin
de la journée. Toutefois, il y a tout lieu de penser
qu'on l'aurait inutilement attendu, et d'autre part
on comprend que le monarque français n'ait pas
cru de sa dignité de faire, comme on dit vulgaire-
ment, pied de grue, pendant plus de trois heures.
Quand le soir fut venu, l'empereur arriva, et, ne
trouvant plus le roi sur le pont, envoya des ambas-
sadeurs le chercher à Dijon. Louis ne voulut pas les
écouter (2). Alors Frédéric, déclarant ses engage-
ments remplis et ceux du roi violés, fit des menaces
de guerre et somma le comte Henri de tenir le ser-
ment qu'il avait fait en Lombardie. Les menaces de
guerre n'eurent pas de résultats, mais le comte
Henri, se croyant lié et conservant peut-être au fond
du cœur un secret attachement pour la cause de l'an-
tipape, alla, comme il était convenu, se livrer pri-
sonnier à l'empereur. Captif, il fit sommer Louis de
mettre à exécution le traité, et, sur le refus du mo-
narque français, il fit à Frédéric hommage de neuf
châteaux mouvant du comté de Champagne, savoir :
Bourmont(3), Dampierre-le-Chàteau, Possesse, Rey-
(1) Hist. Vizeliacensis monasterii, ap. D. Bouquet, XII, 331.
(2) Helmoldus, Chronieon Slavcrum, ap. D. Bouquet, XII,
331n. etXIU, 740B.
(3) Dans notre Tome 11, p. xvn, art. 233 biê, nous avons la
Bourlémont ; nous croyons avoir fait erreur, c'est avec raison que
[u«.] — 63 —
nel, La Fauche, Gondrecourt, Cernay-en-Dormois,
Baucourt et Belrain (1). Puis il obtint sa liberté; nous
ne croyons pas que sa captivité eût duré longtemps,
car plusieurs documents nous le montrent dans dif-
férentes villes de France, notamment dans ses états
en 1163.
Son hommage à Tempereur ne parait pas avoir
causé de mésintelligence grave entre Louis VII et
lui; en 1163 nous les trouvons ensemble à Ghà-
Ions*sur-Marne (2). Vers la même époque Henri
sert d'intermédiaire entre Frédéric et Louis dans
Taffaire du duché de Bourgogne.
Eudes II, duc de Bourgogne, était mort au mois
de septembre 1162, laissant sous la tutelle de Marie,
sa femme, sœur d'Henri le Libéral, Hugues III, son
fils alors mineur (3). Devenu majeur, Hugues III
prit possession de son duchés et môme du douaire
de Marie qui demanda justice au roi de France :
le texte original porte Burmont, Bourmont. Cette petite ville rele-
vait de la Champagne sous Hugues (Voir notre Tome II, p. 158);
et si l'histoire moderne nous présente Bourmont comme une dépen-
dance du duché de Lorraine, si les appels de Bourmont ne se por-
taient pas au parlement de Paris, les faits dont il vient d*étre
question sont la cause de ce changement.
(1) Ce fait est porté à notre connaissance par le second registre
du Peada Campaniœ (Voir notre Tome II, p. xvii, art. 233 et
233 bit: D. Bouquet, XII, 331 n).
(2) Note sur le passage de Louis VU à Châlons, par H . Edouard
de Barthélémy, publiée par la Société d'Agriculture, du Commerce,
Sciences et Arts du département de la Marne, Travaux divers de
1855, et citée dans la Bibliothèque de Vécole des Chartes, i^
série, t. III, p. 91.
(3) Art de vérifier les daUs, II, 502.
— 6* — [416S.J
« On m'a chassée, et je suis en exil, ^ disait-elie.
« Autrefois ricbe, maintenant presque mendiante;
D autrefois duchesse, et maintenant conservant à
» peine un débris de pouvoir, je me prosterne sup-
» pliante et humiliée aux pieds de Votre royale Ma-
» jesté; plongée dans le malheur et les larmes, je
)> vous supplie d'avoir pitié de moi (1). »
Hugues, menacé de guerre par Louis VII, recou-
rut à l'allianee de l'empereur. Frédéric pria Henri le
Libéral d'intervenir comme médiateur auprès du
roi. Voici la lettre de Frédéric, remarquable par le
ton d'autorité qui s'y produit à l'endroit de la
France :
(( Frédéric, par la grâce de Dieu, empereur des
0 Romains et toujours auguste, à son cher vassal
)) Henri, comte illustre de Troyes, qu'il assure de
» ses bonnes grâces et auquel il souhaite toute
» sorte de prospérité. »
(c Nous avons entendu dire, avec beaucoup de
» peine et de regret, que le roi de France compte à
» la Saint-Jean prochaine entrer en ennemi et por-
» ter la destruction dans la terre du duc de Dijon,
» notre ami et notre allié. Or, nous ne pouvons
» ni ne devons le souffrir pour aucun motif. Met-
» tant pleine confiance dans ton amitié, nous te sol-
» licitons affectueusement et nous te prions vive-
» ment de t'interposer par amour pour nous auprès
» du roi, pour le faire renoncer à ce projet. Fais en
» sorte de ne causer, ni par toi ni par les tiens, au-
)» cun préjudice au duc, et plutôt que de nuire au
(1) D. Bouquet, XVI, 68 a
[iâ«MiM.) — 65 —
x> duc, retire aa roi ton conseil et ton aide. Si le roi
ù ne Teut pas renoncer à ses intentions hostiles, ou
n surseoir à leur réalisation, sache et tiens pour cer-
n tain que nous ne le souffrirons pas ni ne le sup-
» porterons; et pour lui résister, pour soutenir et
» défendre notre ami le duc, nous ferons agir toutes
» les forces de notre empire. En effet, si entre le duc
» et sa mère il s'est présenté ou se présente à l'ave-
n nir quelque sujet de discorde, nous suffisons par-
)) faitement et au-delà , nous et toi , pour arranger
» l'affaire (1). »
Nous ne supposons pas que les menaces de Fré-
déric aient produit grand effet, mais il parait que
Hugues III et sa mère se raccommodèrent, et ren-
dirent par conséquent inutile Tintervention armée
do roi.
Ces événements se passaient vers Tannée 1163 (3).
En bons termes avec le roi, Henri n'était pas de-
venu pour cela partisan d'Alexandre. Alexandre était
alors son voisin : il habita Sens du 30 octobre 1163
au à avril 1165 (3) : Henri refusa de l'aller voir (A).
Cependant, à cette époque, les raisons de famille qui
attachaient le comte de Champagne au parti d'Octa-
vien durent cesser d'influer sur sa conduite. Octavien
mourut le 22 avril 116&. Mais Henri se crut sans
(1) D. Bouquet, XVI, 691 D-692 A.
(2) Vdr les notes de Brial, ap. D. Boaqiiet, XVI, 68.
(3) JafTé, Regesta pontificum romanarum, 695-703.
(4) Lettre adressée à Thomas, archevêque de Contorbéry, par
un anonyme quo ce prélat avait eavoyé en missioa pré» du pipe
(ap. D. Bouquet, XVI, 218 B).
— 66 — [ii0i^i65.]
doute trop avancé pour reculer, et il parait avoir
compté parmi les adhérents de Gui de Crème, donné
pour successeur à Octavien , sous le nom de Pas-
cal III. Ses relations avec l'empereur continuèrent :
nous voyons Frédéric, probablement vers la fin de
l'année ii6/i, lui demander un entretien, voulant
sans doute reprendre, sur de nouvelles bases, la
négociation qui avait échoué à Saint-Jean-de-Losne.
Henri fît le voyage de Paris pour en conférer avec le
roi. On ne nous a pas conservé la réponse de Louis,
mais il ne parait pas qu'elle ait été favorable à la
cause du schisme (1). Frédéric dut renoncer à l'es-
pérance d'entraîner le monarque et le clergé français
dans le parti du nouvel antipape, qu'il aurait voulu
faire reconnaitre solennellement par toute la chré-
tienté. (( Voyant, » disait-il, « le roi de France as-
» socié avec Roland, ennemi public de notre empire,
» et avec ses sectateurs pour nous enlever notre
» honneur impérial , lui ayant adressé beaucoup
» d'admonitions inutiles, et comprenant que sa
0 détermination était irrévocable, » Frédéric se
contenta de faire proclamer, dans un concile alle-
mand, la validité de l'élection de son antipape. Ce
concile se tint à Wurtzbourg, la semaine qui précéda
la Pentecôte, 23 mai 1165. Après avoir invoqué
TEsprit-Saint, l'empereur jura, la main sur des re-
liques, que jamais il ne reconnaîtrait pour pape le
schismatique Roland ni le successeur que son parti
lui donnerait; il jura qu'il soutiendrait toujours le
(1) Lettre d'un anonyme à Thomas de Cantorbéry, ap. D. Bou-
quet, XVI, 221 C.
[H65.] — 67 —
seigneur Pascal, P^P^^ ^^ ^u'îl lui donnerait toujours
les marques d'obéissance, d'honneur et de respect
dus au père de la catholicité et au pontife universel;
qu'enfin il ne quitterait son parti qu'avec la vie.
Après lui, les archevêques et les évêques, la main
sur l'Evangile, prêtèrent le même serment. Ensuite
vinrent les barons de l'empire, le duc de Saxe en
tête, qui jurèrent, la main sur des reliques. Puis le
samedi des Quatre-Temps (22 mai), Frédéric fit sa-
crer tous les évéques élus qui n'avaient pas encore
reçu l'onction sainte. Peu après arrivèrent à Wurtz-
bourg des ambassadeurs du roi d'Angleterre, alors en
lutte avec Thomas Becket, archevêque de Cantor-
béry, et mécontent d'Alexandre, qui soutenait Tho-
mas. Ces ambassadeurs , agissant au nom de leur
souverain, prêtèrent le même serment que l'empe-
reur et ses barons. Nous avons encore la lettre par
laquelle Frédéric notifie tous ces faits à son cher
vassal et cousin Henri, comte de Troyes ; elle est
datée de Wurtzbourg et du i* juillet (i). Ce docu-
ment fit grand bruit; on en répandit des copies.
Jean de Salisbury, depuis évêque de Chartres, en
reçut une, dont il parle dans une lettre adressée à
Jean, évêque de Poitiers; il s'excuse de ne pas lui
envoyer cette pièce qu'il avait fait passer à l'arche-
vêque de Cantorbéry (2).
Mais, à part l'inquiétude causée par l'alliance du
roi d'Angleterre et de l'empereur, la dépêche impé-
riale ne semble pas avoir produit en France l'effet
(1) D. Bouquet, XVI. 692-693.
(2) D. Bouquet, XVI, 524 A.
— 68 — [H«6.]
que Frédéric avait sans doute en vue* Nous ne sa-
chons pas qu'elle ait donné à Tantipape un seul par-
tisan de plus. Au contraire, Henri le Libéral paraît
avoir à cette époque reconnu la légitimité du pape
Alexandre IlL
Dans sa fureur contre le saint archevêque de Can^
torbéry qui alors habitait l'abbaye cistercienne de
Pontigny, le roi d'Angleterre menaça de saisir tous
les biens de l'ordre de Citeaux en Angleterre, en
Normandie, en Anjou, en Poitou et en Guienne, si
Thomas n'était pas expulsé de son asile. Les lettres
du monarque anglais furent lues à Citeaux, dans une
séance du chapitre général qui s'ouvrit le 13 sep-
tembre 1166, et Thomas fut obligé de se retirer à
l'abbaye de Sainte-Colombe de Sens, le 11 novem-
bre suivant (1).
Le roi de France témoigna dans cette circonstance
une très- vive sympathie à l'archevêque exilé ; notre
comte paraît avoir agi de même, et à cette occasion
il reçut d'Alexandre III la lettre que voici :
« Parmi les actes où se manifeste l'opération di-
9 vine, il en est un que nous considérons comme
» trés-agréable à Dieu et à nous, c'est que, dans les
» angoisses et les anxiétés de notre vénérable frère
» l'archevêque de Cantorbéry, vous l'avez regardé
» avec un visage serein, et qu'avec votre bonté or-
» dinaire vous lui avez donné les consolations de
(1) Gervasius Dorobernensis, Chronicon de regibus Anglicœ,
ap. D. Bouquet, XIII, 129-130; Radulfus de Dicoto, Imagines
historiarum, ibid., 187 C; Rogerus de Hoveden, Annales, ibid.,
208AB.
[«i66>4168.] ' — 69 —
» Tos bonnes gr&ces et de votre faveur. Maintenant,
» surtout , il a besoin de secours et de conseils.
» Aussi, nous adressons à votre magnificence, par
» ces lettres apostoliques, une prière, un avertisse-
» ment et une exhortation dans le Seigneur : Pour
» la rémission de vos péchés, nous vous enjoignons
» de donner à lui et aux siens des marques d'hon-
» neur et d'affection par amour pour Dieu, par res-
» pect pour saint Pierre et pour nous, et en consi-
» dération de la piété et du caractère de ce prélat.
» Accordez-leur dans leurs adversités le soulage-
» ment de votre appui, et vous obtiendrez du Dieu
o tout-puissant une récompense éternelle. Quant à
x> nous, considérant vos bienfaits comme reçus par
» nous-même, nous devrons à Votre Grandeur des
» grâces abondantes (i). »
Cependant Henri n'avait pas rompu avec l'empe-
reur. L'année suivante, c'est-à-dire pendant l'hiver
1167-1168, Frédéric, après s'être emparé de Rome
et avoir été obligé par la maladie et la désertion à
battre en retraite vers le nord de l'Italie, se trouva
presque sans soldats en face d'une armée de 20,000
Lombards, qui faillit le faire prisonnier et l'obligea
de regagner l'Allemagne. Il avait avec lui, dans ce
moment de détresse, des ambassadeurs du comte
Henri fS). Ces ambassadeurs avaient été envoyés, à
ce qu'il semble, pour négocier le mariage du jeune
fils de Louis, c'est-à-dire de Philippe-Auguste, alors
(1) D. Bouquet, XVI, 37(>DE.
(2) Epistola Joahnis Saresberiensis ad Baldevvirium Exo*
niensem archidiaconum, ap. D. Bouquet, XVI, 582 D.
— 70 — [1168.]
âgé d'un peu plus de deux ans (1), avec Sophie, fille
de Frédéric. Henri prenait fort à cœur la réalisation
de ce projet que les hommes dévoués aux intérêts de
l'Eglise voyaient avec une vive inquiétude et dont ils
redoutèrent un instant le succès. Jean de Salisbury
l'écrivait à maitre Lombard, un des compagnons de
Thomas Becket : « Je crains, » dit-il, « que le roi
» très-chrétien n'ait pris la résolution irrévocable de
» se rendre aux prières de l'empereur et qu'un ma-
0 riage ne se conclue entre les enfants des deux sou*
» verains; c'est le comte Henri qui négocie cette
» union et il espère en venir à ses fins (2). » Nous
avons encore une lettre adressée par notre comte à
Louis Vn et qui est, ce nous semble, relative à cette
affaire. Il parle au roi d'ambassadeurs et d'une dé-
pêche qu'il a reçue de l'empereur, et lui annonce
l'envoi de cette dépêche (3). Les espérances d'Henri
(1) Il était né le 22 août 1165.
(2) D. Bouquet, XVI, 592 C.
(3) D. Bouquet, XVI, 68 C. Cette lettre est la 215<' du registre
de Louis VII; Téditeur la date de 1163, mais de la note d il ré-
sulte qu'on peut la dater aussi de 1168. En effet, il est dans cette
lettre question d une expédition lointaine qu'allait entreprendre
Guillaume IV, comte de Nevers. Ces expressions peuvent s'appli-
quer soit au pèlerinage que Guillaume fit à Notre-Dame-du-Puy
en 1163, soit à son voyage en Terre-Sainte qui date de 1168.
Nous rejetons la première hypothèse pour deux raisons : la pre-
mière, c'est que dans la suscription de cette lettre le comte Henri
traite Louis VII de père; or, il ne devint que l'année suivante
gendre de ce prince; la seconde raison est que les termes employés
dans le texte, expeditionem longinquam, nous paraissent beaucoup
plus appliquâmes à un voyage en Terre-Sainte qu'à une promenade
au Puy.
[1171-4177.] — 71 —
forent trompées, et ce projet, repris cinq ans pins
tard, échoua définitivement (i).
Nous ne savons pas si Henri fut pour quelque
chose dans ces dernières négociations. La dernière
fois que nous le voyons en rapport avec l'empereur,
c'est en 1171 ou 1172, lors d'une entrevue que Fré-
déric eut avec le roi de France, entre Toul et Vau-
couleurs. Les deux monarques prirent l'engagement
de chasser de leurs terres et des terres de leurs ba-
rons, situées entre le Rhin, les Alpes et la ville de
Paris, tous les soldats mercenaires connus sous le
nom de brabançons ou coteraux. Ils exceptèrent
seulement ceux qui s'étaient mariés dans le pays ou
qui avaient, préalablement au traité, contracté avec
un baron un engagement à vie. Parmi les nom-
breux seigneurs présents, ce fut le comte Henri que
le roi choisit pour jurer en son nom l'observation
du traité (2). Frédéric était encore séparé de la com-
munion du pape Alexandre, où il n'entra qu'en
1177 (3).
(1) Episiola Alexandri III, papx, ad Henricwn Remensem
archiepiscopum, ap. D. Bouquet, XV, 938 ÂBC.
(2) D.Bouqoet, XVI. 697D.
(3) Sur la lutte d'Alexandre et de Frédéric, voir M. de Cherrier :
Histoire de la luUe des papes et des empereurs, 2* édition, t. I,
p. 134-178.
"ïi — t4i«t-ltê».J
CHAPITRE m.
■.«ne émoÊM* le libérât *Tée hCytoeofUt cl
4462-4472.
Les tendances hostiles de notre comte eâters le
pontife qne fe clergé français toat entier recon-
naissait comme chef suprême de TEgfise eurent utt
contre-coup fâcheux dans les relations de ce prince
avec les évoques de ses états et les évêques voisins.
Il était mal vu d'eux ; à son tour H avait pour en
peu de sympathie.
Il attaquait, comme irréguliére^ l'élection du
pape légitime Alexandre; il attaqua celle de Gui de
Dampierre, élu en 1162 à Tévéché de Châlons-sur-
Marne, et qui mourut l'année suivante, safts aVdir
pu être sacré (1).
Il eut des contestations d'intérêt avec Godefroy,
évêque de Langres, et avec Gautier, successeur de
Godefroy. Gautier porta plainte au roi Louis VII.
« Tout le monde dans nos environs, » écrivait-il,
« sait comment du temps de notre prédécesseur
D le comte Henri s'est conduit envers l'Eglise de
x> Langres, et nous croyons que vous avez dû en
x> être informé. Aujourd'hui ses sentiments sont
0 les mêmes : il ne cesse d'inquiéter nous et notre
(1) GdUw Chrisliana. IX, 88 E. 89 A, 882 CD.
[1165.] — T3 —
)> Eglise, usurpant avec violence nos terres et nos
» possessions. Il vient de piller notre village de Ge-
» vrolles(l), et il a reçu pour unfiefrelevantdenotre
» évêché, pour le village de Condes (2), Thommage
» de Rainaud de Monlsaugeon (3). Votre discrétion
» comprend, sans peine, combien cet acte est peu
» honnête de sa part et préjudiciable à notre Eglise.
« Nous avons entendu dire que le susdit comte
» irait vous trouver avec les envoyés de ce perfide
» Rainaud. Craignant que leurs fausses suggestions
» ne préviennent contre nous votre Majesté, nous
» avons chargé le porteur de cette lettre ^e prému-
» nir votre sagesse contre des assertions erronées.
)> Sachez que les choses sont comme nous le disons,
» et s'ils prétendent le contraire, tenez-les pour de
I) perfides menteurs et ne les croyez point. Vous
» pourrez donner pleine confiance au porteur des
» présentes, qui vous fera un complet exposé de
» notre affaire (û). »
Louis allait avoir avec le roi d'Angleterre une con-
férence qui devait se tenir à Gisors, et commencer le
dimanche de Quasimodo 11 avril 11G5. Un nombre
considérable de barons devait s'y trouver. Louis
pensa que l'occasion serait favorable pour rendre un
jugement solennel entre le comte de Champagne et
(1) Govroîl(^s, CôtiMl'Or, air. de Chiltillon-siir-Seino, canton de
Monlignysnr-Aube.
(2) Cil. (lo, Haute--y]anie, arr. et canton de Chaumonten Bassi-
gny.
(3) Woulsaiig'on, Hante-Marne, arr. de Langres, cant. de Prau-
tlioy.
(4) D. Bouquet, XVI. 119 CD.
6
— 74 — [4166.]
l'évéque de Langres, et il fît sommer les deux par-
ties d'y comparaître. Voici la réponse d'Henri :
(( A Louis, par la grâce de Dieu, roi des Francs,
» son Seigneur et son père très-chéri, Henri, comte
x> de Troyes, salut :
« Vous m'avez signifié que je devais venir à votre
» conférence de Gisors. Mais je considère l'affaire
» qui y sera traitée comme assez importante pour
D croire indispensable de prendre l'avis de mes ba-
» rons avant de vous répondre. Or, quand j'ai reçu
D votre sommation, mes barons étaient absents : je
» leur ai mandé de venir me trouver à Pâques pro-
0 chain. A cette date, je les consulterai sur la ques-
» tion de savoir si je dois ou non me rendre à la
» conférence dont il s'agit, et le jeudi de Pâques, un
» ambassadeur envoyé par moi vous fera connaître
0 la résolution à laquelle je me serai arrêté.
» Portez-vous bien (1). »
Nous ne savons pas comment fut vidée la ques-
tion.
A la même époque, Henri eut une contestation
avec l'évéque de Meaux : nous ignorons à quel pro-
pos. Et pour porter préjudice à cet évoque contre
lequel il était fort irrité^ il fit fabriquer en métal de
bas aloi des deniers semblables à ceux de la ville
de Meaux, où le droit de frapper monnaie apparte-
nait au prélat. Grâce à la différence de prix qui exis-
(1) Les deux lettres sont imprimées dans D. Bouquet, XVI, 119.
Dans la collection des lettres de Louis VII elles portent les n"365,
366. Le texte que nous y avons joint est un commentaire en partie
justifié par un passage de Robert du Mont, qui est cité en note à
la même page de D. Bouquet,
tii65.] — 75 —•
tait entre l'argent en lingot et l'argent monnayé; il
était de règle, au moyen âge, que le droit de frapper
monnaie fût pour les hauts barons une source im-
portante de revenu. La fabrication des monnaies était
donc une des branches de recette de l'évoque de
Meaux; mais quand les deniers* faux frappés par
ordre du comte de Champagne se furent répandus,
et que leur existence fut de notoriété publique,
toutes les personnes auxquelles on offrait des de-
niers de Meaux, soit que ces deniers eussent été
frappés par les officiers de l'évêque ou par ceux du
comte, craignirent de recevoir des pièces de mon-
naie sans valeur, et refusèrent de les accepter, ou
ne les acceptèrent qu'à un cours inférieur au cours
primitif. Cependant l'illustre faux monnayeur re-
connut ses torts, et, la main sur les reliques, il jura
de respecter à l'avenir les droits de l'évoque.
a A l'avenir, » dit-il, « je ne ferai faire, ni laisse-
D rai faire par mes sujets, ni bonne, ni fausse mon-
» naie de Meaux ; je ne me permettrai, ni ne per-
» mettrai à personne, autant qu'il sera en moi,
ô aucun acte qui puisse la déprécier, et autant que
» j'en aurai le pouvoir, elle aura le même cours que
» les monnaies de Provins et de Troyes. Si quel-
» qu'un imite la monnaie de Meaux, en bon ou en
» mauvais métal, ou altère celle qui est déjà frap-
» pée, j'en ferai justice comme s'il s'agissait des
}} monnaies de Troyes ou de Provins. Il y a deux
o choses surtout que je tiens à rendre manifestes :
» c'est que je ne puis pas changer la monnaie de
)) Meaux ni la rendre plus légère, et c'est que je
» dois faire en sorte (selon mon pouvoir s'entend),
x> que, dans le comté de Provins et de Troyes, elle
— 76 — [f 165-1 167.]
» ail cours comme étant de même aloi et de même
n poids que mes monnaies susdites, et qu'elle y soit
» acceptée sans change. »
Sur l'ordre d'Henri, trois de ses barons confir-
mèrent ce serment par un autre; ces barons étaient
Anseau de Trainel, bouteillier; Hugues de Plancy,
et Eudes de Pougy, connétable. Ils jurèrent que rien
de contraire aux engagements pris par le comte ne
se ferait avec leur consentement, a si même, » ajou-
taient-ils, « nous pressentions qu'il eût le projet de
» violer sa promesse, nous ne négligerions ni les
» exhortations ni les prières les plus vives pour
)) l'en empêcher (4). »
Ce fut surtout avec l'archevêque de Reims que
notre comte eut une lutte ardente. L'archevêque de
Reims était alors Henri de France, ancien moine de
Clairvaux, et comme tel un des partisans les plus ar-
dents du pape légitime; frère du roi Louis VH, il
avait exercé dans le conseil de ce prince une in-
fluence visible en faveur d'Alexandre. Le comte et
l'archevêque se voyaient donc d'assez mauvais œil,
quand les habitants de Reims, mécontents d'une
taxe nouvelle que le prélat venait d'établir, se sou-
levèrent contre lui, s'emparèrent de toutes les posi-
tions fortifiées qui se trouvaient dans la ville, et je*
tèrent hors des murs les officiers et les amis de l'ar-
chevêque. Celui-ci s'adressa à son frère, qui se mon-
tra tout disposé à lui venir en aide. Alors, après des
(1) Cartulaire de l'église de Meaux. ^ \\ (Bibliotht>(]ue impé-
riale, ms. ancien fonds lalin, 5185 F); Marlt^ne, AmpUssima
collectio, I, 873; Brnssel, p. 193; D. Bouquet, XVI, 702 B CD;
Cf. Ducange, au mot Alleviare, édition Henschel, 1, 188.
[1167-1172.] — 77 —
démarchés inutiles pour calmer la colore du pon-
tife, les chefs des rebelles se réfugièrent auprès du
comte Henri, dont probablement ils espéraient le
concours armé. Ils durent sans doute lui proposer
de lui livrer leur ville qu'autrefois le comte Eudes I
avait possédée un instant (1). Mais Henri crut pru-
dent de ne pas écouter leurs offres, et il leur donna
le conseil de se rendre à discrétion au roi qui, entrant
à Reims, fit par manière de châtiment abattre cin-
quante maisons (3). Ces événements se passaient en
li67.
Quelques années plus tard, notre comte se crut
tenu à moins de réserve. L'archevêque s'occupait
beaucoup de l'administration temporelle de son dio-
cèse, et notamment de la police des grands chemins,
qui était alors fort négligée en France. La route de
Reims à Chàlons, surtout, était infestée par des bri-
gands qui avaient leur retraite dans la forteresse de
Sempigny. L'archevêque fit marcher une armée
contre cette forteresse, qui fut prise et détruite; et
pour assurer à l'avenir la circulation sur la route, il
éleva une citadelle non loin de là , dans le village
de Sept-Saulx (3). Le village de Sept-Saulx dépen-
dait de l'abbaye de Saint-Remi de Reims. Pierre de
Celles, abbé de Saint-Remi, donna son consentement
à l'établissement de la citadelle archiépiscopale (à);
(1) Voir notre Tome I, p. 249.
(2) Epistola Joannis Saresberiensis ad Joannem Pictaven"
êem episcapum, ap. D. Bouquet, XVI, 568 G.
(3) Sept-Saulx, Marne, arr. de Reims, cant. de Verzy.
(4) Charte de Pierre de Celle, in2(Ga//fa ChrisUana. IX,
Inslr., col. 47); Cf. D. Bouquet, XVI, 195», et XV, 910».
— 78 — [iiTj.,
mais notre comte prétendit que rarchevêqoe n'avait
pas le droit d'élever une construction militaire si
prés des domaines et des fiefs du comté de Cham-
pagne. Au même moment, Tarchevêque, pour une
raison qui nous est inconnue, menaça de guerre un
des vassaux d'Henri, Guermond de Chàtillon-sur-
Marne.
Il y eut alors entre notre comte et l'archevêque
des négociations : on ne nous a conservé qu'une
pièce de la correspondance échangée entre les par-
ties.
« Â son seigneur et ami très-cher Henri, par la
» grâce de Dieu vénérable archevêque de Reims,
» Henri, comte de Troyes, salut.
« J'ai appris que vous avez détruit Sempigny :
)) j'en suis très-content. On m'a aussi rapporté que
» vous voulez faire du mal à Guermond de Châtillon ;
» mais il est avec moi, et je ne pense ni ne crois qu'il
» ait eu- aucun tort envers vous : dans le cas con-
» traire, je vous ferai faire réparation à votre bon
» plaisir. Veuillez donc, je vous prie, observer la
» paix à l'égard de ses biens. Portez-vous bien (i).»
Cette dépêche fut inutile, à ce qu'il semble, car
aussitôt nous voyons la guerre commencée. Nous
ignorons de quel côté était partie la provocation.
Le comte fit plus tard soutenir devant le pape que
les hommes de l'archevêque avaient les premiers
franchi la frontière, et que si les siens avaient envahi
la terre de l'archevêque, c'était en poursuivant l'ar-
mée du prélat, vaincue et mise en fuite après avoir,
(1) D. Bouquet, XVI, 195 C.
£1171] — 79 —
la première, donné l'exemple de l'agression. Ce qu'il
y a de certain , c'est que des chevaliers et des pré-
vôts du comte, accompagnés de ces soldats merce-
naires que l'on appelait cotereaux, pénétrèrent dans
les domaines de l'archevêché, les livrèrent au pil-
lage, tuant les hommes et les femmes, ou les faisant
prisonniers pour ne les mettre en liberté que moyen-
nant rançon. Une église fut brûlée avec trente-six
malheureux qui s'y étaient renfermés.
L'archevêque répondit à ces excès par une sen-
tence d'excommunication qu'il lança contre le comte;
mais il ne la fît pas publier. Alors le comte proposa
une trêve que l'archevêque accepta à trois condi-
tions : 1® qu'elle n'entraînerait pas la levée de
l'excommunication, 2^ que le statu quo serait main-
tenu, â^ que le butin enlevé serait rendu. La trêve
expirée, le butin n'avait pas encore été restitué. Le
prélat irrité fît publier l'excommunication dans toutes
les églises de l'archevêché, et invita ses suffragans à
faire exécuter dans les églises de leurs diocèses cette
lugubre cérémonie (i). Le comte s'adressa au pape
et lui demanda la réformation de la décision archié-
piscopale : il envoya en Italie deux ambassadeurs
pour défendre ses intérêts. Ses ambassadeurs sou-
tinrent que l'excommunication était nulle, parce que
préalablement à sa prononciation, le comte avait
notifié, disait-il, son intention d'en appeler au pape.
Les envoyés de l'archevêque reconnurent que la sen-
tence attaquée avait été précédée de la notification
(1) Nous avons la lettre d'Henri à ses suffragants (D. Bouquet,
XVI, 194-195).
80 [ii78.]
d'appel ; mais ils prétendirent que cette notification
d'appel était nulle, parce que le comte avait fait
postérieurement acte d'hostilité. Ils parlèrent de l'é-
glise brûlée, des hommes tués, des prisonniers faits,
et reprochèrent surtout au comte d'avoir refusé de
mettre ces derniers en liberté sans rançon, quoique
l'archevêque les réclamât. Les ambassadeurs du
comte répliquèrent que l'invasion faite sur les terres
de l'archevêché avait eu lieu à l'insu du comte, que
du reste cet acte d'hostilité était justifié par une
provocation, qu'enfin il était faux que l'archevêque
eût réclamé les prisonniers.
Le pape, voyant les parties en désaccord sur les
faits, chargea l'archevêque de Tours et l'évêque
d'Autun de faire une enquête et de ; ' ' l'af-
faire (1); et comme elle se compliquait »• ques-
tion féodale, savoir, si l'archevêque avait jiô dans
son droit en construisant le château de Sept-Saulx,
Alexandre pria le roi de France de juger ou de faire
juger cette question (2). Enfin, il écrivit à l'arche-
vêque de Reims pour l'inviter à s'en rapporter à la
médiation amicale du roi, ou à se soumettre à la sen-
tence que le roi ou les juges désignés par le roi pro-
nonceraient (3). Nous n'avons aucun renseignement
ultérieur sur cette affaire qui sans doute se termina
par l'intervention de Louis VII, de l'archevêque de
(1) Sa lettre est dans D. Bouquet, XV. 909-910.
(2) La lettre d'Alexandre à Louis se trouve dans D. Bouquet,
XV. 910.
(3) La lettre d'Alexandre à l'archevêque se trouve dans D. Bou-
quet, XV, 906-907.
[1172.] 81
Tours et de Tévêque d'Âutun, comme le désirait
Alexandre. On était alors en 1171 ou 1172.
Notre comte n'était pas en meilleure intelligence
avec Mathieu, évoque de Troyes (1). La conduite
d'Henri à Tégard de cet évéque soulève Tindigna-
lion d'un chroniqueur. Cet écrivain commence par
faire du prince champenois un magnifique éloge,
tt Alors, » dit-il, « florissait en France Henri, comte
0 palatin de Champagne, ou, pour mieux dire, la
» France florissait par lui, et on peut se demander
o lequel des deux chez lui était le plus noble, ou la
» naissance ou le cœur..., mais la douleur nous ar-
» rache un cri. Comment ajouter que la gloire si
» grande de ce prince fut ternie dans l'opinion pu-
» blique par un fléau importun et empesté donl le
» bruit sonne encore à nos oreilles ? Il est vrai qu'il a
» fait pénitence; mais sa pénitence n'a pas été imitée
» par beaucoup d'hommes que son exemple et ses
» actes avaient détourné de la voie droite : témoin
» le procès que Mathieu, évoque de Troyes, soutint
ù contre ce prince devant le pape (2). >> Nous igno-
rons quel fut le sujet de cette contestation qui com-
plète le tableau des mauvais rapports qu'Henri eut
avec le haut clergé, à commencer par le pape et
pour continuer par l'archevêque de Reims, les évo-
ques de Chàlons, de Langres, de Meaux et de
Troyes.
(1) Elu en H69, mort en tl80(ea//ta Christiana. XII, 501-
502).
(2) Albéric, an. ii63, édition Leibnitz, II, 340-341.
— 82 —
[ilM.j
CHAPITRE IV.
Blmnase d'Henri le libéral. » Seeonde Aftolre de Yémelay. —
Monvelle* t|u<Mrrca entre le rel de Vrnnee et le roi d^jLngle-
ierre.
4 4 64-4 4 7S.
Au milieu de toutes ces luttes, Henri s'était enâu
marié; il s'était uni, en il6&, à Marie de France,
fille de Louis VII, à laquelle il était fiancé depuis si
longtemps (i); son frère Thibaut V, comte de Blois,
'^i, avait presqu'en même temps épousé Alix, sœur de
Marie (2). Nous n'avons aucun détail sur la manière
dont furent célébrés ces deux mariages ; ce que nous
savons, c'est qu'Henri n^assista pas à celui de son
frère (3). Nous avons trois lettres adressées par notre
comte à Louis VII depuis cette époque, et le roi y
reçoit d'Henri le titre de père (U) ; la suivante a été
(1) II paraît lui avoir donné en douaire les châtellenies de Jouy
et de Coulommiers. Voir les chartes cotées 174, 210, 211, dans
nuti'e Catahgue des Actes d'Henri,
(2) Voir à la fin du chapitre, p. 96, la note A.
(3) Lettre de Thibaut V à Louis VII, qui est la 378« du re-
gistre de ce dernier (D. Bouquet, XVI, 103 D).
(4) Nous avons donné plus haut, p. 74, la traduction d'une de
C68 lettres qui paraît se rapporter à l'année 1165 (D. Bouquet, XVI,
119BC). Nous en avons cité, p. 70, une autre que D. Bouquet,
ibid., 68C, date à tort, suivant nous, de l'année 1163, et qui serait
en réalité de l'année 1168. Nous ne saurions quelle date donner
à la troisième qui se trouve dans D. Bouquet, ibid., 115 AB.
[iie4.] — 83 —
écrite pour recommander un homme coupable d'un
délit qui n^est pas spécifié.
« A Louis, par la grâce de Dieu^ roi des Francs,
» son très-cher seigneur et père, Henri, comte de
» Troyes, salut et amour. »
« Hugues de Sens, mon hôte (i), m'a servi long-
» temps et avec beaucoup de zèle par respect pour
» vous et pour vous faire honneur. Maintenant je
» supplie avec ardeur votre paternelle bonté de
D consentir par amour pour Dieu et pour moi à cal-
» mer votre colère envers lui, et à lui pardonner à
o cause de nous la faute dont vous exigez la répara-
» tion. Si vous me l'accordez, j'en rendrai grâce à
» votre Majesté, quand je me trouverai en sa pré-
o sence. Dans le cas où il ne vous plairait pas de
» faire immédiatement ce que je vous demande,
o veuillez, avant de prendre une décision, attendre
» que nous ayons eu un entretien à ce sujet (2). »
La môme requête était adressée en môme temps à
Louis VII, par sa fille la comtesse Marie, dont la
lettre nous a été également conservée (3).
Quelque temps après son mariage, Henri dut s'oc-
cuper de nouveau de la lutte de l'abbaye de Vézelay
avec le comte de Nevers. Le comte n'éts^^ plus
celui qu'on avait vu, en li5/i, venir en aide aux
bourgeois de Vézelay révoltés : Guillaume III était
(1) On appelait ainsi certains vassaux roturiers qui n'étaient point
serfis, et qui payaient des redevances, non pour leur corps, mais
pour leurs propriétés.
(2) D. Bouquet. XVI. 115 AB.
(3) D, Bouquet, XVI, 115 BC.
84 [1165.]
mort (1), laissant pour successeur un fils de même
nom; et un nouvel abbé, Guillaume de Mello, avait
succédé à celui qui avait si énergiquement tenu tête
à Guillaume III (2). Mais les hommes avaient beau
changer, les passions et les causes do rivalité subsis»
taient. Les violences exercées à plusieurs reprises
contre l'abbaye par Guillaume IV, avec le concours
d'Ida, sa mère, firent lancer contre le comte et la
comtesse une sentence d'excommunication. Ils vou-
lurent se venger : le jeudi 25 novembre 1165 (3),
prétextant un droit de procuration, c'est-à-dire, le
droit de se faire gratuitement loger et nourrir dans
le monastère, ils entrèrent à Vézelay, à la tête d*une
armée, et saisirent les biens et les revenus de l'ab-
baye. Les moines, effrayés et dépouillés de tout,
sortirent de leur monastère au nombre de près de
soixante, et envoyèrent en avant à Paris leur prieur,
qui fit prévenir le roi par Hugues VI, abbé de Saint-
Germaindes-Prés. Us arrivèrent eux-mêmes à Paris
dans la soirée du second dimanche de l'Avent, c'est-
à-dire, le 5 décembre suivant. Toute la ville se mil
en mouvement, il y avait une foule immense dans
les rues pour les voir passer; ils se rendirent d'abord
(1) En 1161 , le 21 novembre (Art de vérifier les dates, II,
563).
(2) GalL Christ, nova, IV, 471. Ponce de iMontboissier était
mort le 14 octobre 1161.
(3) Le texte de Yllistoria Vizeliacensis monasterii, ap. D.
Bouquet, XII. 236 A, porte que cet événement eut lieu le 26 no-
vembre; mais il va évidemment là une faute du copiste : on aurait
dû écrire 25, puisque l'auteur ajouteque c'était le jeudi. En 1165, le
26 novembre était un vendredi.
[1165.] — 8B —
à la cathédrale, et de là au palais. Louis VII vint au-
devant d'eux jusqu'en haut de l'escalier. Les voyant
se jeter à ses pieds tout en larmes, il se prosterna
lui-même, et ne consentit à se relever qu'à la condi-
tion qu'ils se relèveraient en même temps. Alors ils
firent leur plainte. « Sachez, » répondit Louis VII,
« que si, outre sa terre, le comte en possédait autant
» que le roi anglais, cela ne m'empêcherait pas
» d'en tirer vengeance. » Après l'avoir remercié,
les moines sortirent du palais, prirent la route de
Saint-Germain-des-Prés, et reçus à la porte par les
religieux, entrèrent deux à deux dans l'église, où ils
firent leur prière. De là, ils passèrent dans la maison
de l'abbé, où ils se mirent à table. Ils devaient res-
ter trois jours dans le monastère. Le lendemain de
leur arrivée, l'abbé de Vézelay, accompagné de celui
de Saint-Germain-des-Prés, se rendit au palais avec
quelques-uns de ses moines. Le roi était assis avec
ses frères, Henri, archevêque de Reims; Robert,
comte de Dreux, et Pierre de Courtenay ; près d'eux,
siégeaient d'autres barons, conseillers ordinaires de
la couronne. Un des moines prit la parole et exposa
les faits ; il y avait là un représentant du comte de
Nevers qui soutint que le comte avait exercé à Vé-
zelay un droit qui lui appartenait, que de plus le
comte n'avait pas chassé les moines, mais qu'eux
s'étaient retirés de leur plein gré pour lui faire in-
sulte. Les moines répliquèrent que tous leurs biens
étant saisis par suite de l'occupation à main armée
faite par le comte, il leur était impossible de vivre
dans leur abbaye. Le jugment de la cour leur fut fa-
vorable, et ils se retirèrent à Moret pour attendre
l'exécution de cette décision.
— 86 — 11165-1166.]
Louis VII envoya des sergents au comte de Ne-
vers, pour l'inviter à se soumettre à la sentence. Ils
n'obtinrent de Guillaume que des injures et des me-
naces; ils fallait donc recourir à la force. Louis fit
rédiger par ses notaires et expédier des lettres par
lesquelles il sommait ses vassaux de se trouver réu-
nis en armes le vingtième jour après Noël, c'est-à-
dire, le iU janvier 1166.
Les affaires en étaient là, lorsque le comte Henri
et son frère Thibaut voulurent intervenir comme
médiateurs. Après avoir obtenu avec beaucoup de
peine l'aveu du roi, ils allèrent trouver le comte de
Nevers, lui reprochèrent ses torts, lui firent pro-
mettre de se soumettre à la sentence que rendrait le
roi après un nouvel examen, et le conduisirent à
Sens, où se trouvait Louis. On était alors au com-
mencement de janvier. A ce moment môme, l'abbé
de Vézelay se trouvait à Sens. L'archevêque de cette
ville et l'évéque de Meaux cherchaient, mais en
vain, à conclure un arrangement entre la comtesse
de Nevers et lui. L'abbé avait fixé son départ au jour
suivant, quand lui arriva, le soir, un envoyé du
comte Thibaut qui demandait un entretien pour le len-
demain. L'abbé resta donc, et le lendemain, comme
il se rendait au palais, le comte Henri et le comte
Thibaut vinrent au-devant de lui. Ils lui deman-
dèrent de faire avec son adversaire une transaction ;
mais l'abbé refusa. « J'ai mis, » dit-il, « ma cause
» entre les mains du seigneur pape et du seigneur
» roi^ et aucune concession ne m'est possible sans
» leur consentement. » Puis les deux comtes en-
trant seuls dans la pièce où était le roi, lui exposèrent
leur projet de transaction en le priant de l'adopter.
[1166.] — 87 —
Louis les écouta et fit appeler l'abbé. Celui-ci, à
peine entré, entendit plusieurs des assistants lui par-
ler dans le même sens qu'Henri et que Thibaut, et,
voyant que le roi seul lui témoignait une bienveil-
lance entière, que du reste sans l'appui du roi il
n'arriverait à rien, il fit acte de diplomate achevé.
« Je confie, x> lui dit-il, « tous mes intérêts à votre
» prudence, je me soumettrai à votre décision , quelle
» qu'elle soit, et ainsi je dégagerai complètement ma
» responsabilité. » Le comte de Nevers n'était pas
présent : Louis, indigné de sa conduite, ne voulait
ni lui parler, ni même le voir; mais il était repré-
senté par des avocats. « Le comte veut -il, comme
» l'abbé, s'en rapporter à ma décision ? » leur de-
manda le roi. Ils répondirent que non. « Comment
» donc, » s'écria le roi irrité, « l'abbé auquel on a
0 fait tort et qui n'est mon sujet qu'à demi, se livre
» entièrement à ma discrétion, et le comte qui a tous
» les torts, qui m'a fait hommage comme vassal,
» qui ne peut contester mon droit de justice, refuse
») de se soumettre à ma décision et à celle de ma
0 cour? Que l'abbé ne se laisse pas tromper par les
» conseils qu'on lui donne ! jamais mon aide ne lui
9 fera défaut. »
On discuta longtemps. Enfin, on convint des
termes d'un arrangement. Le roi fit appeler le comte
de Nevers qui, la main dans celle du monarque,
promit de remettre les moines en possession de tous
les biens dont ils étaient en jouissance avant leur
départ, et de les indemniser du tort qu'il venait de
leur faire en les dépossédant. Mais le montant de
l'indemnité devait être ultérieurement fixé, sur les
preuves que les moines fourniraient ; pour en assu-
— 88 — [1166.]
rer le paiement, le comte donna quatre cautions,
entre autres, Ânseau et Garnier de Traîne! ; ces
quatre cautions, mettant la main dans celle du
comte de Blois, déclarèrent que, si quarante jours
après les preuves faites, le comte de Nevers refusait
de payer Tindemnilé, Tabbé de Vézelay serait en
droit de leur adresser une sommation, et que, dans
les quinze jours de la sommation, ils se rendraient à
Sens, d'où ils ne sortiraient pas avant que satisfaction
n'eût été donnée à l'abbé, soit par le comte de Ne-
vers, soit par eux-mêmes.
Aussitôt cette convention conclue, Tabbé, accom-
pagné du roi, prit la roule de Vézelay, où il arriva
assez tôt pour célébrer la fête de T Epiphanie. Mais sa
querelle avec le comte de Nevers n'était point en-
core terminée, puisque le trailé ne tranchait pas la
question de droit soulevée par les faits : à savoir en
quoi consistait le droit de procuration prétendu par
le comte de Nevers. Le comte de Champagne, le
comte de Blois et Anseau de Traînel, se proposèrent
pour médiateurs, et eurent une conférence avec le
comte de Nevers et Tabbé de Vézelay à Auxerre, un
jour du carême de Tannée 1166. On s'entendait sur
un point, c'est qu'il était dû au comte de Nevers
deux procurations par an; les trois médiateurs pro-
posèrent que chaque fois les prostations en nature
fussent remplacées par une somme fixe de soixante
livres, qui ne serait payée au comte que lorsqu'il se
présenterait en personne. Ils ajoutèrent que, pour
obtenir cette transformation de sa dette, l'abbé
verserait une somme de 700 livres ; mais ce dernier
offrait seulement 50 livres par procuration et 600
une fois payées. Le comte de Nevers, de son côté,
[1186.] — 89 —
demandait 80 livres par procuration et iOOO livres
une fois payées ; en sorte que, le soir venu, on se sé-
para sans avoir rien fait.
L'abbé prévint le roi de ce qui s'était passé; et,
sur sa demande, Louis adressa au comte Henri des
félicitations, le priant de ne pas se décourager e^ de
faire de nouveaux efforts pour concilier les deux
parties. Au reçu de cette lettre, le comte Henri
donna à l'abbé rendez-vous à Troyes le Lundi-
Saint 18 avril ; en môme temps, il envoya un mes-
sager au comte de Nevers, et lui fit dire que, comme
parent, il le priait de vouloir bien se rendre à Troyes
le même jour pour s'arranger avec l'abbé. « Si vous
avez à me parler, venez vous-même à Âuxerre, » lui
fit répondre le comte de Nevers qui, étant aussi
comte d'Âuxerre, avait dans cette ville un palais.
Cette (iére parole blessa fort le comte Henri qui en
écrivit au roi et à l'abbé. Ce dernier voyait trom-
pées les espérances que lui avait données la bonne
volonté du comte de Champagne ; il résolut de faire
on nouvel appel à la justice du roi, et se mit en route
pour l'aller trouver. Ce prince était à Orléans; l'abbé
y arriva le Jeudi-Saint, 21 avril, et fit sa plainte
à laquelle le roi répondit en envoyant au comte de
Nevers l'ordre de comparaître devant lui à Moret,
le mercredi de Pâques 27 avril. Au jour dit, le roi,
le comte et l'abbé, accompagnés chacun de leurs
gens, se rencontrèrent dans la forêt qui dominait la
ville de Moret. Cette entrevue ne produisit aucun ré-
sultat ; une seconde, le lendemain, fut également inu-
tile, et pendant ce temps les hommes du comte, en-
trant dans les terres de l'abbaye, y enlevaient une
quantité considérable de butin. Ce nouvel excès
— 90 — [iM.]
comblait la mesure. Le roi, irrité, fit convoquer son
armée k Sens pour le dimanche 17 j^iillet, et k
comte, effrayé, lui envoya Guillaume I* de Dann*
pierre, connétable de Champagne, par lequel il lui
fît promettre qu'il se soumettrait à sa décision. Une
nouvelle conférence se tint à Morel, et le roi, après
avoir entendu les deux parties^ nomma pour les ju-
ger deux arbitres : Henri, archevêque de Reims,
son frère, et Henri, comte de Champagne. Le comte
de Nevers, mettant la main dans celle de Pierre,
comte de Dreux, autre frère du roi, jura qu'il se
soumettrait à la sentence, et l'abbé donna sa parole
qu'il ferait de môme. Le roi se réservait de fixer le
jour où les arbitres entendraient et jugeraient; mais il
annonça que ce serait aux environs de la Saint-Denis,
9 octobre. Dans l'intervalle, le roi voulait faire une
expédition contre le comte de Chalon-sur-Saône.
Aussitôt, l'abbé se rendit à Troyes pour y voir le
comte Henri ; mais il ne parait pas qu'en définitive
on ait eu recours au ministère du prince champenois.
Différentes circonstances avaient fait remettre le ju-
gement au il novembre, quand la veille l'abbé de
Vézelay et le comte, de Nevers, réunis à Paris en
présence du roi, terminèrent leur longue querelle
par un traité qui d'ennemis acharnés les fit, dit-on,
intimes amis (i).
L'année suivante, une lutte armée recommença
entre le roi de France et celui d'Angleterre ; les deux
princes se brûlèrent réciproquement plusieurs places.
(1) HUlùrié ViMeliacenris numasterii, ap. D. Bouquet, XII,
336-342.
[1197*1188.] — 91 —
Cetteguerrc avait diverses causes, notamment les pré-
tentions du roi d'Angleterre sur l'Auvergne^ la ques-
tion de savoir par les envoyés duquel des deux
princes devait être porté à Jérusalem le produit
d'une quête faite à Tours (i), et enfin l'appui donné
par Louis à l'archevêque de Gantorbéry toujours
exilé en France (2). Une trêve fut conclue au mois
d'août, elle devait durer jusqu'à Pâques suivant (3).
Pendant cette trêve, le comte Henri fit des efforts
multipliés pour négocier entre son beau-pére et le
monarque anglais une paix définitive. Mais comme
notre comte et le prince anglais cherchaient, disait-
on, à se surpasser l'un et l'autre en astuce (/i), notre
comte se donna longtemps une peine inutile.
Ce dernier et le roi d'Angleterre s'envoyaient
courriers sur courriers (5). Enfin, le roi d'Angle-
terre consentit à proposer au roi de France un pro-
jet de traité dont l'analyse nous a été conservée :
il devait rentrer dans l'hommage du roi de France,
et jurer qu'il lui ferait à l'avenir le service auquel
il était obligé comme duc dé Normandie. Quant
aux comtés d'Anjou et du Maine, il consentait à
les céder à son fils Henri Court-Mantel, qui devait
en £aire hommage au roi de France, en lui pro-
(1) Robertus de Monte, ap. D. Bouquet, XIII, 312 G.
(2) Gervasius Dorobernensis, ap. D. Bouquet, XIII, 130 B.
(3) Robertus de Monte, ap. D. Bouquet, XIII, 310 E.
(4) Johannis Saresberiensis episiolaSS, ap. D.Bouquet,XVI,
577 G. Gette lettre date du mois de décembre 1167.
(5) Johannis Saresberiensis epistola 75, ap. D. Bouquet, XVI,
587 D. Gette lettre fut écrite en 1168.
92 [ii68-4i69.]
mettant fidélité contre tous, môme contre son père.
Le duché d'Aquitaine passait aux mêmes conditions
à Richard, frère puiné d'Henri Gourt-Mantel, et Ri-
chard épousait, comme son frère, une fille du roi de
France. Une dernière clause prescrivait des deux cô-
tés la mise en liberté des prisonniers.
Henri le Libéral, comte de Champagne, et Phi-
lippe, comte de Flandre, qui s'était associé à lui
dans cette circonstance, présentèrent ce projet au
roi français dans une assemblée tenue à Soissons
en 1168, un peu avant Pâques. Louis l'accepta.
Pour rendre le traité définitif, une seule formalité
était nécessaire, c'était la ratification du roi d'An-
gleterre. Le comte Henri se mit en route pour aller
chercher cette ratification; mais le roi d'Angleterre
lui fit dire de ne pas se déranger, qu'il partait pour
une expédition dans le Poitou, et il chargea trois am-
bassadeurs de continuer les négociations. A cette
nouvelle, le roi de France furieux et se croyant
joué, déclara que rien n'était fait et reprit ses pro-
jets de guerre (1). L'année se passa en négociations
et en escarmouches ; ce fut seulement à Noël que les
comtes de Champagne et de Flandre parvinrent à
obtenir le résultat qu'ils désiraient : les préliminaires
de la paix furent arrêtés. Peu après, le jour de l'Epi-
phanie 1169, les deux rois de France et d'Angle-
terre eurent à Montmirail une entrevue où ils se ré-
concilièrent, et où tout fut réglé conformément au
(1) Johannis Saresheriensis epistola 74, ap. D. Bouquet, XVI,
585AB.
[1169-1173.] — 93
projet présenté par les deux comtes à l'assemblée de
SoissoDs (i).
Cette paix ne devait pas durer longtemps. Dés la
Saint-Jean de Tannée suivante, Louis entrait en enne-
mi sur les terres de son rival (2), et les deux rois se
trouvèrent de nouveau complètement brouillés en
il73.
Henri Gourt-Mantel et sa femme Marguerite, fille du
roi de France, avaient été successivement couronnés
comme roi et comme reine d'Angleterre (3). Louis
suggéra à son gendre de demander à son père l'An-
gleterre ou la Normandie, prétextant qu'un roi ne
pouvait se contenter d'un aussi petit fief que le
Maine et l'Anjou. Le jeune prince, mal reçu par son
père, se réfugia auprès du roi de France, qui réunit
les barons et les prélats français en assemblée solen-
nelle à Paris. Le roi y jura, la main sur l'Evangile,
qu'il aiderait de tout son pouvoir le jeune prince à
faire la guerre à son père et à s'emparer du royaume
d'Angleterre. 11 fit prêter le même serment aux ba-
rons présents, parmi lesquels notre comte se trou-
vait (À). Cette assemblée se tint aux fêtes de Pâques
1173 (5).
(1) Gervasius Dorobernensis , Chronicon de regibus Anglix,
ap. D. Bouquet, XIII, 131 DE, 132 A.«
(2) Benedictus Petroburgensis, ap. D. Bouquet, XIU, 183 B;
Hovedenus, ibid., n.
(3) Henri, le 14 juin 1170; Marguerite, le 28 août 1172.
(4) Benedictus Petroburgensis, ap. D. Bouquet, XIII, 150 E,
151 A.
(5) Gervasius Dorobernensis, ap. D. Bouquet, XIII, 137 B.
— 94 — [1173.1
Trois mois après^ c'est-à-dire à l'octave de la
Saint-Pierre et de la Saint-Paul, Tarmée française
était réunie et marchait à la coaquéte de la Norman-
die. Notre comte et son frère Thibaut faisaient par-
tie de l'expédition. On commença par le siège de
Verneuil. Les bourgeois résistèrent courageusement
pendant plus de trois semaines aux assaillants et à
leurs machines de guerre; puis, voyant que les
vivres manquaient, ils demandèrent un armistice de
trois jours pour aller solliciter le secours du roi
d'Angleterre. Ils promettaient que, si le secours ne
venait pas dans les trois jours qui suivraient l'expi-
ration de l'armistice, ils rendraient la place. Le roi
de France accepta leurs propositions ; ils lui don-
nèrent des otages, et lui, en les recevant, jura que ^
si Verneuil était livré au jour convenu , les otages
seraient restitués, et la ville ne subirait aucun dom-
mage. Robert, comte de Dreux ; Henri, comte de
Champagne; Thibaut, comte de Blois; Guillaume,
archevêque de Sens, donnèrent leur parole que cette
convention serait observée : on était alors au com-
mencement d'août. Le jour fixé pour la reddition de
la place était le 9 de ce mois : le roi d'Angleterre
arriva le 8, se laissa amuser par des négociations
fallacieuses, vit prendre et brûler Verneuil devant
lui, mais contraignit son adversaire à une retraite
précipitée (1). t
L'année suivante, notre comte prit part à une
(1) Benedictus Petroburgensis, ap. D. Bouquet, XIII, 135-155;
^dvMwsdeTiiceio, Imagines historiarum.\h\d.,l9iE, 193 ABC.
Si le premier de ces auteurs dit que la résistance de Verneuil dura
un mofi^ c'est qu'il y comprend les six jours qui ont suivi la conclu-
[«74-li75.] 95 —
nouvelle tentative du roi de France en Normandie.
Le roi d'Angleterre était absent. L'armée française
arriva sous les murs de Rouen le 22 juillet, et en fît
le siège jusqu'au 14 août, jour où l'approche du roi
d'Angleterre et le défaut de vivres la contraignit à
se retirer (1). Soit à l'aller, soit au retour, Henri le
Libéral, passant à Pontoise, data de cette ville une
charte donnée à Mathieu de Beaumont (2).
Cette déplorable guerre, où un fils armé contre
son père était soutenu par le roi et par les barons
français, finit la même année. Quelques mois après,
le 1^ avril 1175, Henri Court-Mantel, se jetant tout
en larmes aux pieds de son père, lui faisait hom-
mage, lui jurait fidélité, donnait pour garants de sa
conduite à venir plusieurs évêques et barons pré-
sents, et promettait en outre le cautionnement du roi
de France et de divers barons français, entre autres
du comte Henri (3). Sept ans plus tard, le jeune
prince, oubliant son serment, se révoltait de nouveau,
et bientôt après il mourait rebelle ; mais le roi de
France et notre comte n'en furent pas témoins, ils
étaient déjà l'un et l'autre descendus dans le tom-
beau.
8Îon de l'armistice ; autrement, le siège aurait duré trente-six jours,
ce qui est impossible puisqu'il fut levé le 9 août, et que la cam-
pagne n'avait commencé que le 6 juillet.
(1) Chroniean Rothomagense, ap. D. Bouquet, XII, 786 B;
Guillelmus Neubrigensis, ap. D. Bouquet, XIII, 116-117; Radul-
ftis de Diceto, Imagines hisiorianim, ibid., 195-196.
{%) Cari, de la e(mtesse Blanche, f^ vi^n r.
(3) Henrici //, Angliœ régis, episiola 63, ap. D. Bouquet,
XVI, 652 D ; Bened. Petroburgensis, ap. D. Bouquet, XIII, 162 C ;
BadoUus de Diceto, Imagines histariamm^ ibid., 198 B.
— 96 — [iist.)
IVete A (voir plus haut, p. 82).
(1) Ce double mariage est signalé par une fouie d'auteurs [Gesta
Ltèdovici VII régis, ap. Duchesne, IV, 411; Historia Ludovid
VIL ap. D. Bouquet, XII, 128 A ; Grandes Chroniques de France,
ibid., 202 C; Abrégé de l'Histoire des rois de France, ibid.,
229 B; Bernardus Guide, De Origine regum Francorum, ibid.,
231 B ; Fragmentum Historicum, ibid, 286 B ; Chronicon CofniL
Pictav., ibid., 410 C; Chronicon Turonense, ibid, 471 D; Guil-
lelmus Neubrigensis, ap. D. Bouquet, XIII, 102 A; Radulfus
Coggeshale, ibid., 218 D; Andraeas Marcianensis, ibid.,420D).
Mais un seul auteur nous donne une date, c'est Robert du Mont
(ap. D. Bouquet, XIII, 308-309) qui, sous l'année 1164, s'exprime
en ces termes : Cornes Camotensis Theohaldus despondit filiam
Ludovid régis Frafwiœ ; et rex ei concessit dapiferatum Fran-
cix, quem cornes Andegavensis antiquitus habebat : unde etiam
nostris temporibus pro eo serviebat, et, inde homagium ei fa-
ciens, ut dominum fwtwrabat. Henricus autem frater ejus pri"
mogenitus, cornes Trecensis, iterum assumpsit filiam Ludovid
régis, quam prius dimiserat.
Ce texte renferme deux erreurs : la première est de fixer à l'année
1164 l'élévation de Thibaut V, comte de Blois et de Chartres, à la
dignité de grand sénéchal, ou dapifer. Cette erreur, reproduite
par Y Art de vérifier les dates, II, 620, col. 2, mais qu'ont évité
Anselme (Histoire généalogique, II. 845) et Mabiilon {De re di-
plomatica, 122 DE), nous a semblé mériter une démonstration
qui complétera les renseignements réunis sur le^ sénéchaux de
France au xii« siècle dans notre Tome II, p. 270-275, et 287-
289 notes.
Un relevé fait par nous des diplômes du roi Louis VII, de 1152
à 1 163, nous a donné les résultats suivants :
\\ 1152, Ampliss. colL I. 823. S. Radulfi,Viromandorum
comitis, dapiferi nostri.
2». 1152, Regni XVL GalL Christ., VII. 511. Signum
régis loco dapiferi, qui tune nuUus in palaUo.
1 .
[li5S-1163.] 97
Z\ 1153, Gall. Christ.. VII, Instr, 335. Sine dapifero tune
eramus.
4«. 1153, Ordonnances, XI, 199. Sine dapifero tune erat
domus nostra.
5®. 1153, Histoire de la Maison de Dretuo, p. 234. Il n'est
pas question de dapifer, les autres grands offi-
ciers sont nommés.
6\ 1153, D'Achery, XI, 335-338. Môme observation que
pour la charte précédente.
1^. 1153, Félibien. Histoire de l'abbaye de Saint-Denis,
p. 109. Domus nostra sine dapifero tune erat.
S\ 1154, Ann. Bened..\l 725. S. Theohaldi. eomitis Ble-
sensis, dapiferi nostri.
9^ 1155, Ann. Bened., VI, 552. S. eomitis Theobaldi. dor
piferi nostri.
10<». 1 155. Gall. Chnst.. X, 123. Signum eomitis Theobaldi.
dapiferi nostri.
11». 1155, Ordonn., XI, 200. Comitis Theobaudi. dapiferi
nostri.
12^ 1156, Gall. Christ.. XII, 41-42. S. Blesensis comitis
Theobaudi, dapiferi nostri.
13^ 1156. Gall. Christ., VI. 299. S. comitis Blesensium
Theobaldi, dapiferi nostri.
U\ 1157. Gall. Christ., VI, 42-43. S. comitis Blesensium
Theobaudi, dapiferi nostri.
15^ 1158, Ordonn.. III. 303. S. Comitis Theobaldi, dapi-
feri nostri.
160. 1159^ Gall. Christ., VII, 69-79. S. comitis Theobaldi
dapiferi.
1 7®. 1159, Ordonn., XI, 204. 11 n'est pas question de dapifer,
les autres grands officiers sont nommés.
18®. 1160. ]'rhibaut, comte de Blois. continue à remplir les
- / mômes fonctions. (Voir les autorités citées par
19*>. llbl. > ^ De\[^\Q^ Catalogue des actes de Philippe-
20®. 1162. ) Auguste, p. 4, n. 4.)
SI*». 1163, Eludes sur les abbayes cisterciennes, 382-384.
S. comitis Theobaldi, dapiferi nostri.
— 98 — [iin-iiei.]
La charte i)"* 1 établit que Raoai I , comte de Vermandois, dit
ailleurs Kaoul de Péronne, était encore sénéehal au commencemeot
de l'année 1152, c'est-à-dire au momeot de sa Biort {Ari de Wrt-
fier les dates, II, 706, les savants auteurs ont tort d'hésiter,
pour la date de cet événement, entre l'année 1151 et l'année 1152).
Après la mort de Raoul, la charge de sénéchal fut vacante pen-
dant dix-huit mois ou deux ans. Ce fait est établi par les chartes
n" 2, 3, 4, 5, 6. 7. En 1154, Thibaut V, comte de Blois, en fut
investi (charte n*8). En 1159» ayant quitté le parti du roi de France
et fait hommage au roi d'Angleterre (Robertus de Monte, ap. D.
Bouquet, XIII, 302 n, 2* col.), comme nous l'avons vu plus haut,
il fut momentanément dépouillé de ses fonctions qui ne furent don-
nées h personne (charte n? 17); il les reprit les années suivantes
(n°* 18, 19, 20 et 21). On peut supposer que Thibaut, comme ses
prédécesseurs (Hugo de Cleeriis, De majoratuetsenescalcia Frat^
ciœ, ap. D. Bouquet, XII, 494 A), a tenu la sénéchaussée de France
en fief du comte d'Anjou qui, à cette époque, était le même homme
que le roi d'Angleterre. Aussi voyons-nous, en 1158, le roi d'An-
gleterre exercer les fonctions de sénéchal de France (Gervasius
Dorobernensis , Chronicon de regibus Anglisp, ap. D. Bouquet,
XIII, 126 E); et plus tard, en 1169, Thibaut conservant la charge
de sénéchal, Henri Court-Mantal, fils du roi d'Angleterre, faire
hommage au roi de France de la sénéchaussée de France, en même
temps que du comté d'Anjou (Robertus de Monte, ap. D. Bouquet,
XIII. 312 E).
Quoiqu'il en soit, si nous revenons au texte de Robert du Mont,
qui nous a servi de point de départ, nous trouvons que Thibaut,
comte de Blois et de Chartres, était, nonobstant ce texte, sénéchal
de France dix ans avant l'année 1164. Mais on peut entendre ce
texte en ce sens que Thibaut aura été fiancé à Alix de France en
1154, qu'il aura été fait sénéchal en conséquence, et que le ma^
riage aura eu lieu dix ans plus tard.
La seconde erreur de Robert du Mont se trouve dans les dernières
lignes du texte cité, où il nous fait entendre qu'après avoir épousé
Marie de France et s'être séparé d'elle, le comte Henri l'aurait re-
prise en 1164. Suivant nous, Robert du Mont a pris pour un ma-
riage les fiançailles célébrées en 1147, et pour une réconciliation
entre époux le mariage d'Henri réalisé enfin, en 1164, avec une
fiancée longtemps négligée. Il nous paraît difficilement admissible
tii«4.3 — 99 —
qu'une séparation de corps ait pu avoir lieu entre Henri et sa
femme, sans qu'il nous soit resté trace de la procédure ecclésias-
tique à laquelle une si grande affaire aurait donné lieu. D'ailleurs,
aucune des lettres où Henri donne à Louis VII le titre de père n'est
antérieure à Tannée 1164. Nous avons démontré plus haut (p. 70]
l'erreur des continuateurs de D. Bouquet (XVI, 68 C] sur la date de la
lettre 215* du registre de Louis VU; enfin, c'est en 1165 ou 1166
qu'a dû naître le fils aîné d'Henri le Libéral et de Marie, Henri II,
comte de Champagne, qui devint majeur en 1186 ou 1187.
— 100 — [im]
CHAPITRE V.
I«éseiiile d^Anne Miuiiiler. — Secomle erolMide el mort d'Henri.
4475-4 481.
L'année 1175 est la date probable d'un événe-
ment dont les chroniqueurs ne parlent pas, mais
dont le souvenir nous a été conservé par la tradi-
tion et par un espèce de chant de triomphe de date
incertaine que nous allons reproduire en l'abré-
geant.
Trois chevaliers mécontents se révoltèrent contre
leur seigneur et voulurent le tuer, mais alors vivait
une femme nommée Anne, qui savait gouverner sa
famille et mener sa maison. Anne comprit la pensée
des traîtres ; elle vit qu'il s'agissait de porter la main
sur le comte Henri, et qu'une mort certaine lui était
réservée. Entrée dans son oratoire, elle se prosterna
contre terre, et se mit à prier Dieu qu'il dirigeât ses
pas et qu'il l'aidât à délivrer le prince. Lorsqu'elle
eut cessé de crier au Seigneur, elle se leva, et cei-
gnant un glaive, elle partit pour le lieu où se trou-
vaient les traîtres. Or, ils étaient à table, buvant et
mangeant comme un jour de fête. Anne dit au chef
des conjurés : J'ai à te parler en secret. Il se leva
aussitôt et sortit avec elle, laissant tous ceux qui
l'entouraient. Alors elle étendit la main, et, tirant son
poignard de sa cuisse, elle l'enfonça dans le ventre
du conspirateur avec tant de force que le fer entra
[H75]. 101
dans la plaie jusqu'à la garde : lui, frappé à mort,
tomba et expira; il était étendu aux pieds d'Anne.
Lorsque les conjurés virent leur chef baigné dans le
sang, la crainte descendit sur eux, ils perdirent l'es-
prit et le conseil. Et il s'éleva une clameur incom-
parable au sein de la cité : chaque homme saisit ses
armes; ils sortirent avec un grand bruit et des cris
effrayants; ils coururent vers Anne, depuis le plus
petit jusqu'au plus grand; ils ne laissèrent passer
personne, aucun des conjurés ne put s'évader. Anne
leur raconta le complot des conjurés : ils se saisirent
d'eux, les chargèrent de chaînes, et mirent à leur
complices des menottes de fer. Les coupables, après
avoir subi la torture (1), avouèrent leur crime; le
comte Henri les fît conduire à la mort, et chacun
d'eux fut suspendu au gibet. Henri dit à Anne : « On
A t'appellera la noble femme forte, que ton mari soit
o noble aussi au milieu des cours, qu'il prenne rang
» parmi les grands de la terre. Rédigez-donc les
» lettres sous telle forme qu'il vous plaira, voici
0 mon anneau pour les signer (2). » La gloire du nom
d'Anne croissait chaque jour de bouche en bouche.
De ce jour-là son mari devint pour jamais grand
devant le peuple, car il était convive du prince et
honoré par dessus tous ses amis (3).
(1) La torture est un moyen d'information relativement moderne
subtitué au duel judiciaire par une procédure plus savante que celle
du xn* siècle. Il y a donc là un anachronisme.
(2) Il y a encore là un autre anachronisme, Henri ne scellait pas
avec son anneau.
(3) Bourquelot, ap. BibL de V école des Chartes, \^ série, I,
293-504.
— 102 — [liTij
Cette pièce est imitée do Uvre de Judith.
La tradition de Troyes, telle qu'elle eit rapportée
par Courtalon à la fin du siècle dernier, fait d'Amie
Musnter une héroïne beaucoup moins biblique^
Dans sa Topographie à l'article des Noëi (1), il s'es-
prime en ces termes :
0 Ce village a donné naissance à Anne Husmery
» qui, étant la plus belle femme de son temps, de-
0 vîtft fnaflrèsse d'Henri P% comte de Champagne.
» Ce prince lui dut la conservation de ses jours,
o Trois scélérats, ayant projeté d'attenter à sa vie,
0 s'introduisirent dans son palais, armés de pd-
)> gnards cachés sur leur manteaux. Anne Musnier
x> s'en aperçut, se jeta sur l'un de ces assassins, le
» tua, désarma les deux autres, appela du secours;
x> ils forent arrêtés et peu de temps après tirés à
» quatre chevaux. Pour la récompenser d'un si
» grand service, Henri lui accorda la noblesse poor
» elle, pour ses père et mère, son mari et toute leur
0 postérité, même faisant métier et profession de
» dérogeance. » - ^
Il est faux qu'Henri ait annobli Anne et sa famille,
il ne lui accorda que des privilèges roturiers ; mais
si le fait de la concession de ce privilège est cer-
tain (2), on doit considérer comme douteux la cause
donnée à cette concession et les détails dont cette
histoire a été embellie (3).
(1) Tome III, p. 11.
(2) Voir plus bas» Caêaloffue des actes d'Henri h Libéral,
no 248.
(3) Le but das inventeurs de cette iégende a été de motiver le
privilège excessif auquel prétendaient les descendants d'Anne
[Iâ69-4n7.] — 103
Peu après Henri se croisa pour la seconde fois. La
siluation du royaume de Jérusalem, toujours pré-
caire, le devenait de plus en plus. Déjà, en 1169,
les barons orientaux, redoutant de prochains et
terribles dangers, avaient envoyé en Europe une
ambassade avec des lettres adressées à différents
princes d'occident, entre autres à notre comte. Mais
cette tentative était restée inutile (1). Le pape
Alexandre III la renouvela. Nous avons encore une
lettre que, le 29 janvier 1176, il adressait à son légat
en France, Pierre, cardinal-prêtre du titre de Saint-
Chrysogone : il le charge d'inviter le roi, les barons
et le reste des fidèles de France, à prendre part à
une croisade que l'empereur avait promis d'entre-
prendre (3). Pour obtenir ce résultat, il fallait au
préalable triompher d'un grand obstacle : la guerre
avait recommencé entre les rois de France et d'An-
gleterre, il fallait faire conclure la paix. Les dé-
marches du légat dans ce but ne demeurèrent pas
inutiles; ie 25 septembre 1177, les deux rois eurent
une conférence où ils se promirent une mutuelle ami-
tié. Le traité qui fut rédigé en déclarait le motif.
« Hoi Louis, roi des Francs, et moi Henri, roi
» d'Angleterre, voulons faire connaître à tous, qu'à
» l'inspiration de Dieu, nous avons promis et juré
Musnier: Nous voulons parler do cette noblesse utérine dont
M. A. de Barthélémy» dans un récent numéro de la Bibliothèque
de l'école des chartes, a si bien démontré Tabsurdité.
(t) Goillaume de Tyr, livre XX, chap. 13, ap^ Bongars, 981-
982; Historiens occidentaux des croisades, t. II, p. 960; D,
Bouquet. XV, 819 n.
(2) D. Bouquet, XV, 952-953.
— 104 — [U77-4I78.J
» que nous irons ensemble au service de la cbré-
» tienté, et que nous prendrons la croix pour nous
» rendre à Jérusalem (1). » Mais ni Tun ni l'autre
n'exécuta ce projet. Quelques barons seulement le
réalisèrent. Philippe, comte de Flandre, était parti
pour la Palestine quelques mois auparavant (2).
Les exhortations de Tabbé de Clairvaux, chargé par
le pape de prêcher la croisade, entraînèrent Henri à
imiter cet exemple.
Nous ne savons pas exactement à quelle date notre
comte forma cette grande résolution; ce fut en 1177
ou en 1178 (3). Il prit la croix dans une assem-
blée solennelle tenue à cet effet, et à laquelle l'abbé
de Clairvaux était invité. Ce devait être pourPabbé
un grand triomphe, et cependant, craignant qu'au
dernier moment le comte ne reculât, il n'osa pas s'y
rendre, et ainsi ne put jouir du spectacle de son suc-
cès (&). Mais quand il en eut la nouvelle, il écrivit
au pape la lettre suivante :
(f Vous moissonnerez dans la joie et l'allégresse,
» Père saint, le grain que votre pieuse sollicitude a
(1) Un texte de ce traité se trouve dans D. Bouquet, XIII, 171 n,
et une rédaction plus abrégée, ibid., XV, 953 n.
(2) Atuitarium Aquicinctinum, ap. D. Bouquet, XIII, 281 B.
(3) La date 1177 est donnée par YAuctarium Aquicinctinum,
ap. D. Bouquet, XIII, 282 A, et celle de 1178 par Âlbéric, ap. D.
Bouquet, XIII, 713C. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'en 1178
Henri était croisé ; il nous le dit lui-même dans une charte de
cette année. (Voir notre Catalogue des actes d'Henri le Libéral,
no 281.
(4) Lettre d'Henri, abbé de Clairvaux, à Louis VII, dans les
Epistolœ régis Ludovici VII, ap. D. Bouquet, XVI, 166 A.
rii78.] — 105 —
o semé. Car, sachez-le, la mission que nous a confié
» votre autorité apostolique a, par le mérite de
» votre foi, donné naissance à quelques fruits suaves
)» et agréables à Dieu. Aussi, nous nous réjouissons
» de voir une bonne œuvre accomplie, et vous ne
» devez pas regretter une décision qui a produit de
»> si utiles et si salutaires résultats. En effet, l'illustre
» comte Henri, le prince auquel nous sommes spé-
>3 cialement soumis, le seigneur de la terre de notre
o pèlerinage, touché et inspiré par Dieu, a le pre-
» mier saisi le signe du salut, et, offrant au Trés-
» Haut le digne sacrifice d*une oblation spontanée,
D il a donné l'exemple du zèle, et s'est offert pour
» chef de cette pieuse entreprise. Déjà, dans le jardin
» de son cœur, les germes joyeux se multiplient,
» déjà de verts rameaux annoncent le bonheur de
» sa future fertilité. Sentant en lui la bonne odeur
» de l'espérance, nous tressaillons d'allégresse en
') lui. C'est un peu avant Noël dernier qu'avec une
» pieuse dévotion, recevant de la main de votre légat
» le signe vivifiant de la croix, il a prévenu par la
» fête inopinée de cet heureux événement l'univer-
» selle joie de la solennité sainte. Aussi avait-on deux
0 justes motifs à la fois pour chanter : Gloire à Dieu
o au plus haut des deux, et paix sur la terre aux hom-
a mes de bonne volonté. »
« Aujourd'hui, humblement prosternés à vos pieds
D et unissant à votre égard le dévouement à Taffec-
D tion la plus profonde, nous vous adressons une
o prière en son nom. Il a, avec une confiance sans
» limites, confié sa terre à votre patronage. N'ou-
«> bliez pas, nous vous en supplions, de la protéger
» comme il convient par le rempart de votre auto-
8
— 106 — [1178^171]
» rite apostolique; et ainsi quiconque oserait,en l'ab-
» sence du prince, machiner quelqu* entreprise dan-
» gereuse, ne pourra douter qu'il n'encourre votre
m indignation. Car, si la bienveillance de votre aspcfs-
» tolat sacré est assuré à quelqu'un, n'est-ce pai
0 d'abord à celui qui, prenant la croix, et ne se his*
» sant pas arrêter par tant de dangers sur mer et sur
») terre, imite le Seigneur crucifié (i)? »
Henri était encore à Troyes le dimanche âpres
l'Ascension, 13 mai il79. Il y eut une entrevue avec
Baudouin V, dit le Courageux, comte de Hainaut et
depuis comte de Flandre (2). Baudouin avait épousé
Marguerite, sœur et plus tard héritière de Philippe
d'Alsace, comte de Flandre. Dés Tannée ii7i, Phi-
lippe, dans une conférence avec notre comte, était
convenu que le fils atné de ce dernier épouserait
Elisabeth, fille de Baudouin et de Marguerite, et que
le fils de Baudouin et de Marguerite épouserait Marie,
fille de notre comte (3). Le fils aine d'Henri avait, en
1171, cinq à six ans (Â); les enfants de Baudouin et
de Marguerite étaient âgés, l'un d'un an, et l'autre
de deux (5) .
(i) D. Bouquet. XV, 966-967.
(2) Art de vérifier les dates, III, 15-14. 30-32.
(3) Gisleherti Montensis Hannoniœ Chronicon, ap. D. Bou-
quet, XIII, 571 D.
(4) Henri II, fils aîné d'Henri le Libéral, naquit, à ce que nous
pensons, vers la lin de l'année 1165 ou au commencement de
l'année 1166, car il devint majeur vers la On de l'année 1186 ou
au œmmencement de l'année 1187.
^5) Baudouin V, comte de Hainaut, avait épousé on 1169 Mar-
guerite, sœur de Philippe d'Alsace.
im.] — 107 —
Le comte Hainaut, se rendant à Troyes en ii79,
ivait pour but de confirmer les arrangements faits
»tFe le comte de Flandre et le comte de Cham-
Mgne. Il jura que sa fille Elisabeth épouserait
Senri II, fils de notre comte, et que de même son
3ropre fils Baudouin VI épouserait Marie, fille du
prince champenois (1). Le dernier de ces mariages
levait se réaliser quelques années plus tard ; mais il
a*en fat pas de même du premier : Elisabeth devint
femme dn roi Philippe Auguste (2).
Henri ne se mit en route qu'après cette entrevue.
Le nombre des croisés était considérable (3), mais il
Y avait parmi eux peu de grands seigneurs. On ne
cite que Pierre de Courtenay, fils du roi Louis VI (4);
Philippe, évêque de Beauvais, fils de Robert de
France, comte de Dreux (5); Henri III, dit Walfard
ou Wafllard (6), comte de Grandpré, et Geoffroi de
Balan^ frère de ce dernier (7). Le comte de Cham-
pagne fut naturellement chef de l'expédition.
(1) GisUberti MonUnsis Hannonix ChronicoUy ap. D. Bou-
quet» XIH. 579 A B.
(21 Gisleberii Moniensis Hannonix Chronicon, ap. D. Bou-
quet,'XIII, 580 BD.
(3) Auctarium Aquicinctinum, ap. D. Bouquet, XIII, 28!2Â.
(4) Chronicm S. Petn Vivi, ap. D. Bouquet, XII, 285 B.
(5) Guillaume de Tyr, Ub. XXI, c. 30.
(6) C'est la forme que nous trouvons dans Gisleherti Montensis
Hitnnoniee Chronicon, ap. D. Bouquet, XIII, 555 C.
(7) Albéric, ap. D. Bouquet, XIII, 713 C. Les données fournies
par Gislebert et par Albëric ne s'accordent point avec la généalogie
des comtes de Grandpré, telle qu'on la trouve dans VArt de véri-
fier les dates. II, 633-634. Henri III, comte de Grandpré, dont il
— 108 — [H79^iao.]
De Troyes il prit la route du Midi, passa par Ghà-
tillon-sur-Seine (1) et Dijon où il visita l'abbaye de
Saint-Bénigne (2). On peut supposer qu'il alla s'em-
barquer à Marseille. Ce qu'il y a de certain, c'est
que, dans sa route, il rencontra à Brindes le fameax
archevêque et chroniqueur Guillaume de Tyr, et
qu'il débarqua au port d'Acre.
Au moment de son arrivée, Saladin mettait le
siège devant la forteresse de Tibériade. Baudouin IV,
roi de Jérusalem, réunit les barons de la Terre-
Sainte aux croisés, et marcha au secours de la
place; mais ses opérations trop lentes furent inu-
tiles, et Tibériade tomba aux mains des Sarrasins (3).
Ainsi, au point de vue militaire, l'expédition d'Henri
resta sans résultat. Il visita les principaux sanctuaires
de la Palestine, Jérusalem {à), Hébron (5), Sébaste,
s'agit ici , aurait eu , suivant Y Art de vérifier les dates, dd
successeur dès l'année 1176, et son frère paraît être resté in-
connu aux savants auteurs. Henri , comte de Grandpré, et Geof-
froi de Balan, sont tous deux témoins de la charte donnée par le
comte de Champagne, à Château-Thierry, en faveur de l'abbaye de
Prémontré, l'année 1178 [Calai, des actes d* Henri, n«281), et
de la charte accordée au chapitre d'Hébron par le même comte eo
1179 < dans la ville sainte de Jérusalem > (ibid., n<^ 314). Geofiroi
de Balan était seigneur de Château-Porcien, et avait un fils nommé
Raoul, sur lequel on peut voir le Feoda Campante, n^' 116 et 347,
dans notre Tome II, p. x et xxvi.
(1) Catalogue des actes d'Henri, n*312.
(2) Catalogue des actes d*Henri, n° 313.
(3) Guillaume de Tyr, lib. XXI. c. 30, ap. Bongars, 1015;
Hist, occid, des Croisades, II, 1058-1059.
(4) Catal, des actes d* Henri, n<> 314.
(5) Ibid,, môme numéro.
[1179-1181.] — 109 *—
autrefois Samarie (1), Nazareth (2), leur fit diverses
libéralités (3), puis donna Tordre du départ.
La route qu'il suivit fut celle de terre, par TAsie-
Mineure, et en traversant ces contrées inhospitalières,
il tomba entre les mains des Turcs qui le firent pri-
sonnier; une partie de ses compagnons eurent le
même sort; presque tous les autres furent tués; et
les bagages pillés. Ne voyant d'espérance que dans
le ciel, il s'engagea par vœu à donner à la cathé-
drale de Langres, dont le patron saint Mammès était
mort à peu de distance, une rente de trente livres sur
les foires de Bar-sur-Aube (4). Dieu Texauça : l'em-
pereur grec lui fit obtenir la liberté, et il put gagner
Constantinople, où il fut un des témoins du testa-
ment d'Aldebert V, comte de la Marche, mort dans
cette ville, en se rendant en Palestine, le 29 août
1180. Ensuite prenant la voie de terre, il traversa
riUyrie, et revint en France (5), où il arriva vers la
fin de février 1181 (6).
(1) Catal. des actes d'Henri^ n^ 315.
(2) Ibid,, n» 303.
(3) Ibid.. n»-» 314, 315.
(4) Charte de Guillaume, archevêque de Reims, 1182, dans
Martène, Anecd,, I, 619; charte de )a comtesse Marie, donnée la
même année (Archives de la Haute-Marne , Cart. du chapitre de
Langres, f° 46 v", 47 r^).
(5) Clironic, Turonense, ap. Martène, Ampliss, Coll., V,
1023 CD; Aiwtarium Aquicinctinum, ap. D. Bouquet, XIII,
282 E ; Chron. Gattfwiifli Vosiensis, ap. D. Bouquet, XII, 448 B.
Sur Aldebert, voir aussi Art de vérifier les dates, II, 380-381.
(6) Au commencement du carême (Ann. Aquidnct,, ap. D.
Bouquet, XVUl, 534).
— 110 — [IIM.1
Une de ses premières visites fut pour son jeune
suzerain Philippe Auguste, qui avait succédé à
Louis VII le 18 septembre précédent, et qui en ce
moment résidait à Sens (1). Philippe, qui était nevea
d'Henri, l'accueillit avec honneur, et sans doute reçut
son hommage. Le jeune prince projetait alors une
grande guerre, et pour répondre aux sollicitations du
roi d'Angleterre, songeait à envahir l'Allemagne,
sous prétexte de venger Henri le Lion, duc de Ba-
vière et de Saxe, qui venait d'ôtre dépouillé par l'em-
pereur. Le comte de Champagne l'en dissuada, a 11
» n'esta » disait-il, « ni avantageux ni juste d'attaquer
» un souverain qui n'a jamais fait de tort, ni à votre
» père, ni à vous (2), »
De Sens, Henri gagna Troyes. A peine arrivé, il
était atteint d'une maladie mortelle (3). Il eut le
temps de reconnaître son vœu, mais non celui de
faire rédiger la charte qui en devait conserver le sou-
venir (&); son mal l'emporta dans la semaine même
où iPétait rentré dans sa capitale (5); il mourut dans
(i) Dclisie, CataL des actes de Philippe- Auguste^ p. 5-6,
n»» 15-17.
(2) AnnaL Aquicinctinensis monasterii, ap. D. Bouquet, XVIIL
534. Dans le rëcil que nous venons de faire, ce que Ton peut con-
tester, c'est que l'entrevue du comte et du roi ait eu lieu à Sens ;
mais il est constant que Philippe-Auguste a sëjourné dans cette
ville vers l'époque dont il s'agit. On peut admettre qu'Henri, à son
retour de Terre-Mainte, sei*a passé par Sens avant de se rendre à
Troves.
(3) Calai, des actes d'Henri, n<» 319. «HO.
(4) Voir les chartes de 1182, déjà citées p. 109, n. 4.
(5) Annal. Aquicinctinensis monasterii, ap. D.Bouquet» XVIII,
534 D,
[iiat.] -^111 —
la soirée du 16 mars, qui était alors le londi ap«*ès le
quatrième dimanche de carême. En comptant les
jours d'après le mode ecclésiastique, on a sou-
vent depuis daté son décès du lendemain, i7 mars
1181 (1).
(1) Ce jour était celui où se célébrait son anniversaire à Saint-
Etienne de Troyes (Necrologium S. Siephani Trecencis, Bibl. de
Troyes, manuscrit 1079; Carauzat, Protnptuarium, f"328v<»;
Courtalon. Topographie, II, 139-140), dans la cathédrale de la
môme ville (Bréviaire de l'église de Troyes, appartenant à M. Bre-
tagne, à Nancy, XVII KaL aprilis obilus Henrici comitis : an-
nuale), dans l'abbaye de Rebais {Nécrologe de Rebais , ap.Toussaints
du Plessis, Histoire de l* église de Meaux, II, 475), à la cathédrale
de Meaux (Nécrologe du chapitre de Mcaux, ap, Toussaints du
Plessis, II, 456). La même date était indiquée par l'inscription
suivante d'un vitrail de l'église Saint-Etienne de Troyes :
L'an de grâce mit neuf vingt ans î 1180, vieux style)
Du mois de mars le dix-sept jour
Henri, comte, fondateur de céans,
Lors trespassa sans plus faire de séjour.
Mais la date exacte nous a été conservée par les vers suivants
écrits sur le tombeau de notre comte :
Bis déni deerant de Christi mille ducentis
Annis, cum médius Mars os clausit morientis ;
Crastina post idus Martis, feriœ que secundœ
Fespere, sole tuofecit egere diem.
(Camuzat, Promptuarium, (^ 329 v«.)
Le nécrologe de l'abbaye de Châge (Du Plessis, Histoire de
Féglise de Meaux, II, 459) qui fait mourir Henri le 12 mars, et
celui de Faremoutier (Bibl. du séminaire de Meaux, manuscrit du
commencement du \iW siècle, et Du Plessis, II, 465) qui le fait
mourir le vingt-trois mars, nous montrent combien il est souvent
indispensable de n'accepter qu'avec réserve les documents de ce
genre. Nous ne mentionnons que pour mémoire le passage de Geof-
froi de Vigeois, qui fixe au mois de février la date du décès d'Henri
(D.Bouquet, Xn, 448B).
— It2 — 11181.)
Agé d'environ cinquante -quatre ans, il laissait
quatre enfants, tous mineurs, sous la tutelle de Ma-
rie, sa veuve.
Henri, son fils aine, avait environ quinze ans;
Thibaut, le second, n'en avait pas encore deux : nous
les verrons successivement régner sur le comté de
Champagne. Les deux autres enfants de notre comte
étaient des filles : Scholastique, qui épousa Guil-
laume V, comte de Vienne et de Màcon, et Marie,
depuis comtesse de Flandre et de Hainaut.
LIVRE VIII.
ADMINISTRATION DE LA CHAMPAGNE
socs HENRI LE LIBERAL.
fêt
CHAPITRE I.
ConsIdérattOB* sénéralefli aur l'VbitoIre admlntotnitlve de I»
Champagne.
L'histoire de France, depuis la conquête des Bar-
bares et surtout depuis les débuts de la féodalité
jusqu'à nos jours, peut être considérée comme un
long travail consacré à la préparation et à l'établisse-
ment de cette unité nationale dont l'état présent de
la société nous donne le spectacle. Avant la réunion
des différentes provinces sous le sceptre des Capé-
tiens, ce travail s'est exécuté isolément dans chaque
partie de la monarchie, sous l'action plus ou moins
énergique des dynasties locales, comme plus tard
il s'est poursuivi uniformément dans toute la France
par l'action régulière de la royauté. Cette grande
révolution peut se considérer sous deux aspects :
— 114 —
1*^ l'esprit d'agrandissement territorial, qui est de
tous les temps; 2® le système particulier d'organisa-
tion sociale, qui est le caractère propre de notre civi-
lisation.
I.
L'esprit d'agrandissement, qui n'est autre chose
que Tesprit du progrès, est une des conditions de
l'existence de toutes les intelligences puissantes qui
dominent et conduisent le genre humain.
il n'y a ni talent, ni génie dans les lettres, dans
l'érudition, dans les sciences, dans les arts, sans
efforts pour agrandir et les facultés naturelles de
l'individu et le domaine traditionnel de la littérature,
de l'érudition, des sciences et des arts. Cette loi qui
régit les talents et les génies littéraires, scientifiques,
artistiques, s'impose aux talents et aux génies poli-
tiques avec la même et irrésistible énergie. 11 n'y a
pas de grand prince, de grand administrateur qui
n'ait cherché à augmenter sa puissance, soit au-de-
dans, soit au dehors de l'état qu'il gouvernait. U
n'y a pas de grand peuple qui n'ait été conquérant.
Nous ne connaissons pas de lieu commun plus
rebattu que les effets désastreux de la manie des
conquêtes; nous ne songeons pas à contester les dé-
plorables résultats que produit la guerre dans ie
malheureux pays qu'elle dévaste ou qu'elle décime.
Cependant la guerre est le moyen nécessaire qu'ço)-
ploient les conquérants, et c'est à des conquêtes
qu'est due la formation des grands états auxquels
nous devons la plupart des grandes choses qu'a
faites l'humanité. Les conquêtes qu'il faut regr^l-
— 115 —
ter^ ce sont celles qui, entreprises prématurément
comme le plus grand nombre de celles d'Alexandre,
ont été perdues aussi vite qu'on les avait acquises
et n'ont en rien servi la cause de l'unité sociale.
Les comtes de Champagne de la maison de Blois
ont donc obéi à une loi générale quand ils ont tra-
vaillé à l'agrandissement de leurs Etats.
Dans l'histoire des efforts qu'ils ont faits pour
obtenir cet agrandissement, il y a deux périodes à
distinguer. Dans la première, qu'on pourrait appeler
la période barbare, aucune condition de convenance
topographique ne semble les préoccuper. Il y a
une singulière analogie entre les états d'Eudes P%
comte de Champagne, et ceux que nous voyons se
constituer par les partages faits sous les premiers rois
mérovingiens. A ces deux époques, en effet, per-
sonne ne sentait le besoin de cette unité qui est la
condition d'existence de tout bon gouvernement. Des
villes^ des bourgs, des villages juxta-posés les uns aux
autres, telle était la France des deux premières races.
Mais sous la troisième, par l'action des institutions
féodales, on voit peu à peu l'identité de gouverne*
ment et le rapprochement topographique des popu-
lations produire entre les sujets du même grand baron
une certaine communauté d'idées qui, jointe à l'ha-
bitude de la même direction politique et administra-
tive, donne naissance à l'unité provinciale. Soumis au
mouvement général des esprits, les comtes de Cham-
pagne, dans la deuxième période de leur histoire
géographique, s'attachèrent à grouper leurs domaines
les uns auprès des autres, abandonnant complète*
ment ou cédant à charge d'hommage les domaines
les plus éloignés. C'est ainsi que fut créée la Cham-
— 116 —
pagne. La province a été la transition entre l'indi-
vidualisme local et l'unité française. Sans cette tran-
sition, qui a manqué à Gharlemagne, les efforts des
Capétiens auraient échoué comme ceux du grand
prince Carlovingien.
Ce que nous disons ici sera un paradoxe aux
yeux de quelques-uns : nous avons été habitués à
entendre considérer l'esprit provincial comme la
négation de l'unité française; et la résistance d'une
province n'est-elle pas au point de vue militaire un
danger bien plus grand que celle de villes, de bourgs,
de villages isolés? Mais pour fonder une institution
qui dure, il ne suffit pas de prendre des villes et de
remporter des victoires sur des armées; ce qu'il faut
prendre d'assaut, c'est l'intelligence humaine; ce
qu'il faut vaincre, c'est Topinion. Des populations
qui n'ont pas senti les avantages de Tunité provin-
ciale ne comprendront pas à quoi sert l'unité d'un
grand état, et trouveront, un jour ou l'autre, moyen
de s'en délivrer. Dans un pays qui n'a pas élevé
d'administrateurs provinciaux, on ne pourra pas for-
mer le corps administratif nécessaire pour organiser
et conduire le gouvernement d'un grand état, et des
mains incapables ne sauront ni continuer, ni conser-
ver Toeuvre d'un homme de génie. Voilà pourquoi
l'empire de Charlemagne est tombé si vite en dis-
solution. Au contraire, l'œuvre de Richelieu et de
Louis XIV s'est maintenue et s'est développée parce
que, dans l'intervalle qui sépare Charlemagne de Ri-
chelieu et de Louis XIV, une grande révolution s'é-
tait produite. Cette révolution, c'était la constitution
des provinces, création féodale devenue inutile de-
puis, et supprimée comme un obstacle à des progrès
— 117 —
nouveaux. Après une étape, une autre; que seront
dans quelques siècles les grands états d'Europe?
La fondation du comté de Champagne par la mai
son de Blois a donc sa place marquée dans cette
logique succession de grands événements qui cons-
titue rhistoire politique du monde. Que de gens qui
se croient philosophes et qui haussent les épaules
quand ils nous voient constater minutieusement
l'exactitude d'un fait ! Leur mépris ne prouve que
leur ignorance ou leur légèreté.
En 10/16, le chef de la maison de Blois perd le do-
maine de Tours qu'il est obligé d'inféoder; il inféode
en 1152 toutes ses autres possessions au sud et à
l'ouest de Paris, et, en 1167, la seigneurie de Savi-
gnies (Oise); en 1226, il cède à Louis VIII la mou-
vance de Breteuil et de Romorantin ; en 1236, il
transporte à Louis IX la mouvance de Blois de
Chartres et de Sancerre, supprimant le dernier lien
qui rattachât à la Champagne des pays trop éloignés
pour en faire logiquement partie. En même temps il
développe par des acquisitions incessantes l'agglo-
mération de fiefs qui doit devenir une des plus im-
portantes provinces de la France. — C'est de l'his-
toire locale, nous dit-on ; ce sont des infiniments
petits. — Petit comme la civilisation, petit comme
l'humanité. Il y a derrière l'idée barbare, qui est
aussi l'idée romaine, car sous le despotisme romain
il ne vivait d'autre esprit public que l'esprit mu-
nicipal. Il y a devant l'idée moderne, qui ne donne à
l'esprit public d'autre limite que celui d'un grand
état. Le trait d'union est l'esprit provincial. Créa-
tion du moyen-âge, l'esprit provincial a été pour
ainsi dire la route qui a conduit l'intelligence hu-
— 118 —
maine de l'étroit esprit municipal des anciens aox
vastes conceptions de notre esprit public, auquel déjà
ne suffisent plus aujourd'hui les bornes présentes, et
qui devançant Tavenir semble vouloir embrasser le
monde.
IL
Les hommes qui composent une nation sont unis
à la fois par une certaine identité d'intérêts et d'affec-
tions, et par une certaine tradition uniforme qui leur
fait donner à diverses questions fondamentales la
même solution. Dés qu'un état prend les vastes pro-
portions de nos grandes nations, il se subdivise en
groupes d'hommes dont les membres, sans cesser
d'être unis au corps national par la communauté d'in-
térêts, d'affections et d'idées qui en est la base, sont
cependant unis entre eux par une communauté d'in-
térêts, d'affections et d'idées plus étroite. Ces groupes
secondaires ont des raisons d'être fort diverses. Les
temps primitifs et barbares ne leur en connaissent
que deux : la proximité des lieux et la proximité du
sang. Il y a dans TËtat des cités et des familles qui,
conservant une vie puissante, tendent souvent en la
développant à former autant d'états séparés. Une ci-
vilisation plus avancée comme la nôtre, sans détruire
ces liens matériels que la nature a créés, en relâche
l'excessive rigueur; agrandissant les facultés de l'es-
prit, elle établit entre les hommes des rapports intel-
lectuels inconnus aux premiers âges de Thumanité,
et superpose à la famille, à la cité, d'autres groupes
d'hommes unis entre eux par des liens moraux, rap*
— 119 —
proches tnalgré les distances^malgré la différence des
races par une communauté d'idées, d'affections, d'in-
térêts, bien plus puissante que l'esprit de famille ou
de cité.
Le christianisme a eu une part immense à cette
révolution. Il a renversé les autels des dieux, des
familles et des dieux topiques. Il a enseigné aux
hommes qu'ils étaient tous issus d'un seul père^ et
pour tous les actes du culte, même pour le plus
auguste, il ne distingue ni les lieux, ni les races. Le
sacerdoce chrétien se recrute dans tous les rameaux
du genre humain, et exerce partout son ministère
avec la môme puissance sacramentelle, en attendant
qu'il agisse partout avec la même autorité sur les
ftmes. Il a constitué dans l'Eglise chrétienne la plus
vaste société qui existe par l'intelligence, indépen-
damment des convenances de famille et de terri-
toire. II a ea et il a encore son expression la plus
énergique davis ces congrégations monastiques^ dans
tous ces ordres religieux qui, autant que le per-
mettent les lois naturelles et civiles, brisent les liens
qui unissent l'homme à la famille et an sol natal,
pour l'engager dans des liens nouveaux tout intellec-
tuels.
La société moderne est créée sur le modèle fourni
par l'Eglise et par les ordres religieux. Comme l'E-
glise avait brisé les statues des dieux lares, de même
l'autorité politique a prohibé les guerres hérédi-
taires des familles. Les cités ont perdu, après leurs
dieux topiques, les privilèges politiques qui met-
taient entre elles une barrière. Dans une grande na-
tion comme la France, les différences de race, de ville
ou de province, mettent entre les hommes des dis^
— 120 —
tinctions beaucoup moins grandes que les études oa
la pratique professionnelle. On voit tous les jours
des hommes, suivant, pour remplir une vocation
temporelle, la voie tracée dans un but plus élevé
par les fondateurs monastiques, quitter leur famille
et le lieu de leur naissance afin de s'engager plus
énergiquement dans la voie que leur trace leur spé-
cialité administrative, scientifique, industrielle ou
commerciale.
Voilà ce qui fait Tunité de la France, et ce qui,
on peut Tespérer, effacera de plus en plus dans l'a-
venir les limites qui séparent les peuples.
L'autorité royale a été Tinslrument dont la Provi-
dence s'est servi pendant des siècles pour nous con-
duire à ce but. Mais avant que l'action de la royauté
n'eût dépassé le cercle étroit où nous la voyons con-
finée aux premiers temps de l'ère capétienne, les
hauts barons ont suivi la même voie dans chaque
province. L'histoire de nos comtes nous les mon-
trera abaissant peu à peu les obstacles locaux, elle
nous montrera chez eux les débuts de cette centra-
lisation dont on dit tant de mal comme de toutes
les grandes choses, mais qui est le caractère propre,
la vie, la puissance de la civilisation moderne, et
dont le développement continu, dont l'application
volontaire, bien qu'inévitable à tous les rouages de
la société, à l'industrie, à l'agriculture, au commerce,
à la science comme à l'administration, nous semble,
à moins de catastrophe, la loi nécessaire et la clef de
l'avenir. Le régne de Henri le Libéral nous montrera
l'organisation primitive de l'administration en Cham-
pagne, c'est-à-dire le point de départ. Nous verrons
le progrès au xiii*" siècle.
— 121 —
Cependant, sons Henri le Libéral, il se produit
déjà certains faits qui sont comme le prélude d'une
grande révolution et qui, évidemment à Tinsu des
contemporains, ont été les premiers coups portés au
fédéralisme aristocratique de la féodalité. Aux dé-
buts de la période féodale, la basse naissance d'un
favori avait été le motif du soulèvement qui perdit
Charles le Simple (1). Plus tard les conseillers ro-
turiers ou de petite noblesse, dont la royauté cape-
Lienne Pentoura, devaient venger Charles le Simple
sn frappant la féodalité. Déjà, dans le conseil d'Henri
le Libéral, les hommes d'origine obscure prennent
rang à côté des barons (2); ce n'est pas tout : les
règlements d'Henri qui suppriment le duel en cer-
tains cas et lui substituent la preuve testimoniale (3),
les nombreuses améliorations qu'il introduisit dans
la condition des serfs, les communes qu'il créa (6),
furent autant de progrès dans le môme sens, quoique
a charte de Meaux, en accordant à cette ville une
ndépendance presque complète et jusqu'au droit
le guerre, substituât un mal à un autre. Mais il est
lans la nature qu'un excès appelle un autre excès.
3'ailleurs le mal n'était pas sans remède, et le xiii**
;iècle nous montrera Thibaut IV accordant à ses
communes de Champagne les libertés compatibles
ivec le respect du pouvoir central.
(1) Voir notre Tome 1, p. 82.
(2) M. Delisle, BibL de l'école des Chartes, 2« série, t. V,
>. 273, a signalé le même fait à la même date en Normandie.
(3) Voir plus bas, chap. III.
(4) Voir plus bas, chap. VII.
— laa
CHAPITRE II.
AdBilttl«tmll«B cénémlc. — PcrflOBBcl admiBistmtIff.
Henri le Libérai, chef suprême de TadministratioD
dans ses Etats, s'acquittait de cette importante ^po-
tion avec l'aide d'un conseil composé de ses grands
officiers et d*un certain nombre d'autres personnes,
clercs ou laïcs.
Il est question de ce conseil dans plusieurs doca-
ments. En 1157, Henri, dotant Saint-Etienne de
Troyes, feit connaître qu'il agit avec l'assentiment
et l'approbation de ses frères, de ses amis et de ses
barons (voir le catalogue de ses actes, n"" kl). En
117/1, il déclare qu'une acquisition faite par Pab-
baye d'Oye a eu lieu, dit-il, inpresenlia mea et coram
constUo meo (catalogue n"" 226). En 1178, l'abbé de
Glairvaux écrivant à Louis VH, roi de France, lui
parle des « conseillers » d'Henri a qui ont marché
» dans la voie droite de la vérité (1). » Les « con-
seillers » d'Henri, nous apprend la Chronique de
Tours, le cachaient pour empêcher les solliciteurs de
pénétrer jusqu'à lui et pour prévenir les excès de sa
libéralité naturelle (2).
Une circonstance nous permet de retrouver les
(1) D. Bouquet, XVI, 166 A.
(2) An. 1181, ap. Martône, Ampliss. Coll., V, 1023 CD.
— 123 —
noms des membres du conseil de notre comte. C'est
Tusage où était ce prince de faire habituellement
écrire au bas de ses chartes les noms des personnes
présentes (1).
Parlons d'abord des grands officiers :
Henri avait un sénéchal, un connétable, un bou-
teillier, des chambriers, des maréchaux, un chance-
lier.
Les fonctions de sénéchal étaient remplies par
Geoffroi III de Joinville, dit vulgairement le Vieux
ou le Gros, mort vers Tannée II8/1 (2). Geoffroi III
figure comme témoin dans les actes d'Henri le Li-
béral, qui portent les numéros suivants de notre ca-
talogue : an 1152, n"" U; 1153,n'' 11, 13, 15 ; 1156,
n*24î 1157, n* 49; 1159, n*>- 63, 68, 70; 1161,
n- 91, 92, 96; 1163, n^ 119; 1164, n° 124; 1179,
n? 305. Jusqu'en 1157, il ne reçoit d'autre titre que
celui de dapifer, c'est-à-dire porteur de plats, ce
qui rappelle une des prérogatives du sénéchal, celle
(1) On sait que les grands officiers de la couronne de France
figuraient alors dans les chartes solennelles des rois, et que leur
nom était précédé de la formule astatUe in palatio nostro. Nous
avons relevé quatre exemples de l'emploi de cette formule par
Henri : 1* an 1152, n* 5; i^ 1153, n^ 15; 3» 1154, n« 24;
4® 1161, n^ 95. Elle est suivie des noms suivants : 1<» Gaufrido
Jovisville^ dapifero; Odane de Pugeio, comtahulario ; Petro
Bursaldo, eamerario ; Gautero de Pruvino, marescallo ; 2° les
trois premiers noms sont les mtoes, le quatrième est changé :
Gaufrido de Carnoto, mareschallo ; 3^ les trois premiers noms
sont les mêmes, il n'est pas question de maréchal ; 4<» les trois pre-
miers noms sont les mêmes, le dernier est : Guillelmo rege, ma*
rescallo,
(2) Are de vérifier les dates. II, 596.
— 124 —
de mettre les plats sur la table de son seigneur les
jours de cérémonie. Il prend le titre de sénéchal à
partir de Tannée 1159, et c'est en 1161 que nous le
voyons porter celui de dapifer pour la dernière fois.
Le sénéchal était en principe le lieutenant-général
du comte ; mais les fonctions de Geoffroi paraissent
avoir été la plus part du temps honorifiques.
Henri eut successivement deux connétables. Le
premier fut Eudes, seigneur de Pougy, connétable
jusqu'en 1169; il figure dans les diplômes suivants :
an 1151 (v. 8t.) n~ 1, 2; 1152, n~ 3, 5; 1158,
n«9, 12, 13,17; 1154, n~ 24, 25; 1157,n~ 45,52;
1158, n« 53, 60; 1159, n- 67, 68, 73, 74; 1160,
n"78, 87; 1161, n»' 92, 94, 96; 1163, n- 118;
1164, n«- 124, 129; 1165, n«- 131, 136; 1166,
n<-142, 147; 1167, nM50; 1169, n^ 168. En 1165, U
est un des barons qui jurent que le comte remplira
ses engagements envers Tévêque de Meaux. Nous
avons placé sous le n* 172 bis une charte d'Henri
le Libéral qui contient un traité entre Eudes et Tab-
baye de Montiéramey, et qui détermine les droits de
l'abbaye et d'Eudes à Mesnil-Lettre, Féloncourt et
Avant.
Le successeur d*Eudes fut Guillaume I, seigneur
de Dampierre, de cette fameuse maison de Dam-
pierre qui posséda la seigneurie de Bourbon et le
comté de Flandre. Les actes où nous l'avons rencon-
tré avec son titre de connétable sont au nombre de
quatre (an 1171, n^' 192, 195; 1172, n" 202, 203).
Antérieurement à son élévation à la dignité de con-
nétable, nous le voyons déjà de temps en temps
dans le cortège de barons et d'autres personnes qui
entourent le comte, et sont les témoins habituels de
— 125 —
ses diplômes (an 1151 (v. st.) n'" 1,2; 1153, n* 17 ;
1166,n«147;1170,n*»'174,186;1171,n*»190,191).
Sous le n"" 156, on peut voir une charte d'Henri le
Libéral, 1168, qui fait connaître un traité entre Guil-
laume de Dampierre, Hugues de Plancy et les prieu-
rés de Saint-Just (Marne) et de Macheret (Marne).
Les fonctions de bouteillier furent remplies pen-
dant toute la durée du règne par Ânseau, seigneur
de Traînel, qui semble avoir été Tun des plus intimes
conseillers du comte. Il figure comme témoin dans
cent dix-neuf chartes d'Henri le Libéral, c'est-
à-dire dans plus du tiers de celles que nous avons
relevées, mais il ne prend le titre de bouteillier que
dans treize d'entre elles (an 1153, n"" 15; ll5à,
n*24; 1156, n* 38; 1157, n« 65; 1159, n«» 64, 68;
1161, n" 9i, 92, 94, 96 ; 1164, n- 124, 129; 1176,
n**252). En 1172 (n» 203), au lieu du titre de bouteil-
lier, buiiculariuSy on lui donne celui d'échanson, pin-
cerna^qui fait une allusion plus directe à son attri-
bution de servir à boire au comte dans les repas de
cérémonie. En 1165, n° 131, il est un des barons qui
jurent qu'Henri remplira ses engagements envers
révoque de Meaux. Nous avons déjà vu qu'il avait
été en Terre-Sainte avec notre comte, en 1147, mais
il ne parait pas qu'il l'ait accompagné à la croisade
de 1179, car il n'est pas témoin des chartes données
par Henri pendant cette expédition (n^ 312-315). 11
vivait encore en 1181 (n® 324).
Le troisième des grands officiers était le cham-
brier, camerarius, sorte de ministre des finances.
Nous connaissons quatre personnages revêtus de
cette dignité sous Henri. Le premier est Pierre Bur-
saod, ancien conseiller de Thibaut H, dans les chartes
— 126 —
duquel nous le trouvons comme témoin en 11S8,
1139, ItâO, ll/i5, 11&6, 1151. Dans les chartes
d'Henri le Libéral, il porte le titre de chambrier, de
1152 à 1164 (an 1152, n^ 5; 1153, n« 13; 115&,
n° 24; 1157, n' 45; 1159, n^ 68; 1161, n» 91;
1164, n^ 124). Les chartes où il est témoin, sans
prendre la qualité de chambrier, sont au nombre de
trente-deux. La première est datée de 1151 (n**2);
la dernière de 1176 (n** 252). Mais dès 1164 il cesse
de paraitre habituellement : en quatorze ans, nous
ne le rencontrons que six fois (an 1166, n^ l&l,
145, 147; 1167, n» 152; 1169, n* 168; 1176,
n* 252). Dès 1145, il était chevalier; on le qualifie
de baron en 1166, n*" 147. Il avait une maison à
Provins (an 1164, n*» 124).
Habran ou Abraham, fils de Pierre Bursaud, fut
comme lui chambrier; Henri lui donne ce titre dans
une charte de Tannée 1178 (n"* 285). Il est témoin
dans quelques chartes (an 1163, n"* 114; 1173,
n«200; 1174, n«223; 1176, n«252; 1177, n« 272;
1178, n'» 283; 1179, n«299). Il est presque partout
appelé Habran de Provins. Henri lui donna les
étaux où l'on vendait les fruits au vieux marché de
Provins (an 1178, n« 285) (1).
Le principal chambrier d'Henri fut Artaud ou Er-
taud de Nogent, que nous trouvons en fonctions en
1158, n^ 55, en 1162, n'' 110, et qui de Tannée 1164,
n"" 121 à Tannée 1179, n"* 315, est témoin de cent
trois chartes du comte Henri .
(1) Philippe Bursaud, témoin en 1178, n<^ 290, est peut-être
son frère.
- 127 —
Géoéralement son titre de chambrier est le seul
surnom qu'il porte (1). Cependant une charte de
Tannée 1176, n"" 253 bis, nous parle d'Ertaud de
NoGBNT, chambrier du comte Henri, Ertaudus de
Nogenîo,comUsHenrici camerarius. AUaldus de No jânt,
témoin d'une charte de la comtesse Marie, en 1182,
n** 327, est évidemment le même homme. Artaud
n'est nulle part qualifié de chevalier (2), ce qui s'ac-
corde avec l'anecdote où Joinville le représente ru-
doyant un gentilhomme, et donné en présent à ce
gentilhomme par le comte (3). Artaud avait acheté
de l'abbaye de Saint-Martin-és-Aires un four situé à
Troyes, prés de la porte du Comte (an 1169, n* 169);
il avait des hommes à Laubressel et à Champigny
(Aube) (an 1176, n» 253 bis). Il fit bâtir à ses frais
le château de Nogent-I' Artaud (&), et c'est de lui
que cette petite ville tient la moitié de son nom. Il
accompagna Henri en Palestine en 1179 (n^* 312,
313, 31/i, 315); il fut présent au vœu que ce prince
(1) Il est qualifié de chambellan dans la charte de l'an 1175,
n* 248; mais nous n'avons pas l'original de cette pièce, et on peut
supposer une erreur de copie.
(2) Peut-être, cependant, pourrait-on croire qu'il est le même
que dominus Eriaudus et dominus Alialdus, dont il est question
dans le Feoda Campante, n^' 45, 76 : et ordinairement les laïcs,
qualifiés de domintiSt sont chevaliers. On ne doit pas le confondre
avec le seigneur de Nogent, dominus Nogenti, dont il est question
au n* 67 du Feoda. Ce seigneur de Nogent est Milon de Nogent-
sur-Seine, dont il est question en 1183 dans la charte n° 331.
Nous nous sommes trompés à ce sujet dans la table, p. xcvn.
(3) Joinville, éd. Didot, p. 29.
(4) Joinville, éd. Didot, p. 29.
— 128 —
fit en Asie-Mineure à saint Mammès, patron de la
cathédrale de Langres (an 1182, n* 326). De retonr,
il conserva les fonctions de chambrier qu'il exerça
sous Marie et sous Henri II (an 1182, n"" 328; il83,
n« 329; 1184, n«- 334, 335, 336; 1185, n- 889,
340; 1186, n" 345, 346, 348, 352; 1188, n* 374).
li avait un neveu nommé Gérard, témoin en 1178,
n« 282, et en 1179, n*» 308.
Nous trouvons encore quatre autres chambriers
dans les chartes d'Henri : Isambard,en 1154, n*21 ;
Josbert, de 1170 à 1183 ; Âubert de Milly, en 1172,
n^ 203; Ebrard, en 1173, n^ 210 (1). Toutefois,
le premier des quatre, Isambard peut bien être le
chambrier de la comtesse Mathilde, cité dans notre
T. II, p. 414, note, et on pourrait se demander si
les deux derniers ont été bien réellement investis des
fonctions de chambrier, si leur titre de chambrier
n'est pas un simple surnom. Ce doute n'est pas pos-
sible pour Josbert, qui est témoin de cinq diplômes
d'Henri (an 1170, n« 175; 1178, n» 289; 1179,
n^' 301, 304), et qui conserva sa dignité sous Ma-
rie (an 1183, n* 329).
On remarquera qu'Henri, qui n'avait jamais à la
fois plus d'un connétable, d'un sénéchal et d'un
bouteillier, eut pendant la plus grande partie de son
régne plusieurs chambriers en môme temps. DV
(1) Nous ne savons que dire de Gautier, chambrier, qui figure
au Feoda Campanie, n<^ 60 (voir notre Tome II, p. vn); était-il
chambrier du comte ou d'un autre seigneur? Est-il le même que
Gautier, chambrier de Thibaut III , et par conséquent sa quaUté
aura-t-elle été ajoutée après coup? Nous ne pouvons répondre à ces
questions.
— 129 —
bord Pierre Bursaud avec Artaud, Ii58-li6/i, en-
suite Artaud avec Josbert, 1170-1179 et Habran,
1178. On peut supposer qu'il y avait un chambrier
en chef, Pierre Bursaud, jusqu'en 1166, Artaud de-
puis cette date; et un ou plusieurs chambriers ad-
joints, Artaud, avant 1164, Josbert et Habran de-
puis.
En dernier lieu venaient les maréchaux. Henri en
eut quatre en tout ; deux tout d'abord remplirent
cette charge en môme temps : Gautier de Provins
et Geoffroi de Chartres.
Gautier de Provins fut en fonctions de 1152 à
1158 : il apparaît avec le titre de maréchal dans
huit chartes (an 1152, n^" 5; 1153, n"» 11, 13; 115&,
n" 28, 29; 1156, n^ 39; 1157, n<> 45; 1158, n« 53).
Une charte de l'année 1159 nous apprend qu'à
cette date il n'était plus maréchal (n"" 66). Il compte
parmi les bienfaiteurs de l'église collégiale de Saint-
Quiriace de Provins à laquelle il donna une rente
de cinquante sous et un cens de quinze. Il avait un
neveu nommé Josbert (an 1156, n"" 39).
Geoffroi de Chartres fut collègue de Gautier de
Provins de 1153 à 1158. On rencontre son nom dans
onze chartes (an 1153, n- 9, 15; 1154, n"« 23, 24,
25, 28; 1155, n« 30, 32; 1156, n* 38; 1157, n«45;
1158, n^ 56). Il ne faut pas le confondre avec un
autre Geoffroi qu'on trouve sous les régnes d'Henri II,
de Thibaut III et de Thibaut IV, et qui est le célèbre
historien, Geoffroi de Villehardouin.
Gervais, maréchal, est témoin en 1157 (n^ 45 bis)
et en 1159 (n"» 64).
Guillaume le Roi, maréchal de 1158 à 1179, pa-
raît avoir été un des plus intimes conseillers d'Henri.
— 130 —
Cent vingt-huit chartes de ce prince le mentionnent
comme témoin. Il accompagna son seigneur en Pa-
lestine (an il79, n"^ 312, 313, 31Zi, 315) ; il est pro-
bablement une des victimes tombées sous le fer des
Sarrasins dans la rencontre où Henri fut fait prison-
nier : depuis Tannée 1179, il n'est plus question de
Guillaume le Roi. Guillaume était propriétaire à Gha-
pelaines et à Provins. A Ghapelaines, il acquit de
4' abbaye de Saint-Remy de Reims un tiers de mon-
lin et un four (an 1170, n"" 179), et reçut en don du
comte des cens et des hostises (an 1171, n* 197). A
Provins, il constitua, au profit des Bons -Hommes
d' Aunay, une rente de deux sous par semaine sur st
part d*un four dans la juiverie (an 1172, n''300);il
établit un moulin sur la Voutie, et dut transiger à oe
sujet avec Tabbaye de la Pommeraye. Il avait en-
core des biens à Sézanne, à Queudes, à Anglure (1).
Il prend le titre de chevalier, miles (an 1170, n"" 18&).
Mais il était évidemment de petite noblesse; ni loi,
ni les autres maréchaux, ne faisaient partie du haut
baronnage de Champagne comme le sénéchal Geofiroi
deJoinville, comme les connétables Eudes de Pougy
et Gui de Dampierre, comme le bouteiller Anseau
de Trainel (2). Il avait un frère nommé Mathieu,
témoin de quelques actes (an 1164, n^ 128; 1172,
n« 200; 1174, n» 223; 1177, n' 269). Une charte
originale du cabinet de M. Michelin établit l'iden-
(1) Feoda Campanie, n*» 78 (voir notre Tome 11, p. viii).
(2) On verra plus loin le comte de Champagne qualifier de
sergents les fils de Guillaume. Cependant, si l'on s'en rapporte i
Tarticle 78 de notre édition du Feoda Campanie (tome II, p. vm)»
il semble que Guillaume était baron de Chapolaines.
— 181 ~
tité de ce Mathieu avec Mathieu de Muceris qu'on
rencontre dans deux chartes de la comtesse Marie
(an 1183, n** 329; 1195, n' U^6). Guillaume laissa
deux fils : Milon de Provins, dit aussi Bréban, et
Jean également surnommé de Provins ou Bréban.
On peut supposer que Milon succéda à son père
dans la dignité de maréchal. Ce qu'il y a de certain,
c'est qu'il porta le titre de maréchal, car en octobre
1497, n^ ùùù^ Marie, comtesse de Champagne, cons-
tate qu'Hélie de Villemaur, veuve de feu Milon de
Provins, maréchal (1), a dans sa dernière maladie
pris Thabit au Paraclet et donné à cette abbaye dix
livres de rente (2). Toutefois, nous n'avons vu
nulle part Milon paraître vivant avec le litre de
maréchal, bien qu'il soit témoin d'un grand nombre
de chartes d'Henri 1*^, de Marie et d'Henri H (an
1165, n^ 134; 117â, n° 232; 1175, n« 246; 1176,
n~ 251, 254, 260; 1177, n" 266, 270, 272, 279
1178, n»' 281,. 282, 283, 285, 288, 289, 293, 298
1179, n" 298, 302, 304, 311, 314; 1182, n*» 328
1183, n* 829; 1184, n«- 334, 335; 1185, n^ 340
1186, n" 345, 346, 352 ; 11 87, n°» 358, 363). Henri
le Libéral le qualifie de sergent, serviens tneui, dans
(1) Milon de Provins était donc mort en octobre 1197. Le per-
sonnage de même nom qui à iMelun en avril 1198, est caution de
Thibaut III (Ctiantereau, pr., p. 2-5), esLsans doute son fils qui
iui-méme avait cessé do vivre en 1239 (Bourquelot, Hist. de
Provins, I, 153 note).
(2) Un des témoins de cette charte est Fromond Bomifer, beau-
frère d*Hélie; ce qui peut venir h Tappui d'une opinion de M. Bour-
qudot {BiêL de Provins, \, 152), qui donne à Guillaume le Roi
uo troisième fils nommé Fromond «
— 132 —
une charte de Tannée 1179 (n"" 299), où il est que^
tion d'un procès gagné par Milon dans la coor da
comte. Marie l'appelle son chambrier dans une
charte de l'année 1186 (n® 348), relative à une do-
nation faite par Milon au chapitre Saint-Nicolas de
Sézanne. Milon, qui accompagna Henri le Libérai en
Terre- Sainte en 1179, était présent quand ce prince,
tombé entre les mains des Sarrasins, fit un vœu à
saint Mammés (an 1182, n' 326). En 1186 il fut
un des arbitres de la contestation pendante entre la
comtesse Marie et Pierre, comte de Nevers, au sujet
de la mouvance de la Ferté-Loupiére (n"" 350). En
1187 il céda par échange à Henri H ce qu'il avait
àVilleneuve-au-Chàtelot, à Luyéres, à Laubresscl,et
ses serfs de Troyes (n® 354).
Jean, frère de Milon, témoin en 1176, n"* 260, et
en 1178, n« 283, reçut en H77 divers dons d'Henri
le Libéral qui le qualifie de sergent, servienii meo
(n*» 268).
Cette famille subsista longtemps à Provins (1);
son hôtel, dans cette ville, existe encore (2).
Henri eut trois chanceliers (3) : Guillaume, Etienne
et Haïce (4).
(1) Bourquelot, Hist. de Provins, I, 152-153.
(2) Ibid., I, 399-400.
(3) M. Bourquelot a publié, dans la Revue des Sociétés savantes,
un très-bon mémoire sur la chancellerie de Champagne.
(4) Suivant M. Ythier {Hist. eccL, IV, 68-69, ms. de la Bibl.
de Provins), Henri avait pour chancelier en 1156 Hugues II, de
Champfleury, évoque de Soissons. M. Ythier donne à l'appui une
copie de charte qui porte, dans notre catalogue, le n^ 41 . Nous
craignons qu'il n'y ait là une erreur, et nous douterons tant que
— 133 —
Guillame était chancelier d'Henri antérieurement
à ravénement de ce prince au comté de Cham-
pagne (1). Il conserva cette fonction jusqu'à Tannée
li76 où Etienne lui succéda. Toutefois, dans cet
intervalle, il fut momentanément remplacé en 1165
par Etienne (2), en 1 168 et en 1173 par Haïce (3).
Etienne, chancelier de 1176 (&) à 1179 (5), ac-
compagna le comte en Palestine (6), visita avec lui
Jérusalem et Nazareth (7), puis eut en TerreSainte
même Haïce pour successeur.
Haïce, que nous avons déjà vu investi des fonc-
tions de chancelier en 1168 et en 1173, les reprend
en Terre-Sainte, où il porte le titre de chancelier à
nous ne verrons pas loriginal de la pièce. En 1156, GuilUume
était chancelier comme les années précédentes (voir les chartes
D- 37, 38, 39, 40).
(1) Voir plus haut, p. 26. Depuis Tavènement d'Henri, nous le
voyons en fonctions en 1151 (v. st.), n® 2 ; 1152, n« 4, etc.
(2) Pour Guillaume, voir les chartes de l'an 1165, n»» 131, 132,
133, 136. 137; pour Etienne, les n*» 130, 134.
(3) En 1168 voir, pour Haïce, le n* 156; et pour Guillaume,
les n~ 157. 158. 159. En 1173 voir, pour Haïce, le n" 209; et
pour Guillaume, les n<»»210, 211, 212, 213, 214, 215, 216.
(4) En 1175, les n" 234, 235, 236. 237, 238, 239, 240,
241 , 242, 244, 246, 248, établissent que Guillaume était encore
chancelier. En 1176, il en est de même du n« 256; mais les
n- 251, 252, 253, 254. 258, 259, 260, 201, nous montrent
Etienne en fonctions.
(5) Voir les n" 295, 296. 297, 298, 299, 300, 301 , 302. 304,
307, 308, 309, 310, 311, 316, et ceux qui sont cités dans la note
suivante.
(6) Voirlesn<»»303, 312, 314.
(7) Voir les n<»» 303 et 314.
— 134 —
Sébaste, en 1179, n^ 315. Noos le retrouvons en
la même qualité à Troyes en 1180 (v. st. pour 1181),
n"* 319. Pendant la dernière maladie d'Henri , ses
occupations lui font négliger la confection de la
charte qui devait constater le vœu fait par ce prince
à saint Mammès (an 1182, n^ 336). Il conserva ses
fonctions sous Marie et Henri H jusqu'en 1190, où
il devint évéque de Troyes (1).
Nous n'avons aucun renseignement sur la per-
sonne du chancelier Guillaume; nous supposons
seulement qu'il était ecclésiastique. Il est évident
qu'Etienne appartenait au clergé, car on le quali6e
demagisterj mafire (an 1476, n"^ 252, 258; 1179,
n"" 302). Il avait un four à Provins, et ce four dépen-
dait de Sainl-Quiriace (an 1176, n" 252; 1179,
n** 302). Peut-être est-il le môme qu'Etienne, pré-
vôt de Saint-Quiriace, témoin en 1167, n® 150;
1170, n«* 174, 177; 1175, n° 238 (2). L'état civil
d'Haïce nous est mieux connu : Haïce était frère
d'Hugues, seigneur de Plancy (an 1168, n* 156); il
appartenait donc par sa naissance au baronnage cham-
penois. A son prénom Aîcius, Haicius ou Hayciuif
qu'on écrivait en français Ilaîz (an 1159, n® 70), il
joint, dans un grand nombre de textes, le nom de
sa famille de Planceio ou de Planciaco. Il était clerc
en 11 60, n*" 87; chanoine de Saint-Etienne de Troyes
(1) Gall. Christ., XII. 503BCD. Dès 1182 il était doyen du
chapitre de la cathédrale de Troyes , dignité à laquelle il joignit
celles de doyen de Saint-Etienne et de prévôt de Saint-Quiriice
(Gall. Christ., XMSiSD).
(2) C'est l'opinion de M. Bonrquelot, dans son mémoire sur la
chancellerie de Champagne, déjà cité.
— 186 —
en 1161, n"" 96; sous-doyen de la même église en
1164, n* 129, et en 1170, n» 183. Avant son éléva-
tion à la dignité de chancelier il faisait probable-
ment déjà partie du conseil habituel d*Henri, car il
est témoin des dix-huit chartes de ce prince dont
l'indication suit : an 1159, n" 64, 70; 1160, n° 87;
1161, n^-89, 92, 96; 1162, n**' 105, 111; 1168,
n" 115, 117, 118; 1164, n- 124, 126, 129; 1165,
n» 437 ; 1168, n* 156; 1170, n« 183; 1177, n* 277.
La principale fonction des chanceliers d'Henri
parait avoir été de faire rédiger les chartes qui cons-
tataient les actes de son administration. En 1182,
Marie reçoit le témoignage d'Haïce, à qui Henri avait
enjoint de faire exécuter une charte : domini Haicii,
cancellariij cui idem dominus carlam suam super hoc
faeiendam injunxerat (n"^ 326). En 1151 (v. st. pour
1152),le chancelier Guillaume déclare avoir lui-même
écrit et coUationné une charte : Guillelmus cancella-
ritÂS scripsil et recognovû(l);mais,en général, le chan-
celier se bornait à faire rédiger la charte par le no-
taire du comte, et la seule fonction dont il dût per-
sonnellement s'acquitter était d'opérer la remise de
cette charte à la partie intéressée. On avait soin de
faire au bas de ia pièce mention de l'accomplisse-
ment de cette formalité. De là la formule iradtta ou
data per manum N. cancellarii. Il ne faut pas la con-
fondre avec la formule Actum,.. qui se rapporte à
la convention verbale dont la rédaction de la charte
était précédée.
(1) C'est ))eut-être une simple formule empruntée aux usages
d*UD autre siècle.
— 136 —
Le chancelier avait sous ses ordres an notaire at-
taché à la personne du comte, et les scribes qui rési-
daient dans certaines villes.
Henri eut deux notaires, Guillaume, de 1453 (i)à
1179, et Aibéric qu'il emmena en Palestine en 1179
(n""' 303, 31/i, 315). Guillaume était clerc, cardans
une charte de l'année 1167, n"" 60, il est désigné
ainsi : Willelmusy notarius, clerioAS. Quoique ses fonc-
tions se bornassent habituellement à la rédaction
des chartes (2), il suppléait quelquefois le chance-
lier absent, et faisait lui-même la remise des pièces
aux parties (3). 11 semble être resté notaire sons la
régence de Marie ^ et pendant le régne d'Henri II
qui l'emmena en Terre-Sainte (an 1190, n^ &08,
(1) M. Bourquelot, dans son mémoire sur la Chancellerie de
Champagne, fait observer que la formule nota WiUelmi pantt
pour la première fois en 1165. Mais il ne faut pas en conclure
qu'il n'y eût pas de notaire à une date antérieure. Les notes sui-
vantes le prouveront.
(3) Guillelmus. notarius. scripsit, an 1153, n<> 6; 1153,
n« 13; 1154. n» 22; 1159, n^ 62; 1161, n» 93; 1163, n« 113.
La formule habituelle, à partir de l'année 1165 {n^ 130), est nota
WiUelmi, ou Guillelmi.
(3) Tradita Remis manu Guillelmi, notarii, an 1152, n* 5.
Tradita Vitriad manu Guillelmi, notarii, qui hoc scripsit,
an 1153, n" U, 15.
Tradita Barri per manum WiUelmi, notarii, an 1154, n®20.
Tradita est apud Barrum per manum Guillelmi, notarii, an
1155, n«30.
Tradita apud Meldim per manum Guillelmi, notarii, an 1155,
n*31.
Traditur apud Igniacum per manus Guillelmi, notarii, an
1175, n'>245.
De ce que le notaire Guillaume a ainsi fait quelquefois fonction
— 137 —
409, 410, Ail), si toutefois l'on suppose que Guil-
laume, notaire d'Henri P% et Guillaunae, notaire
d'Henri H, soient la même personne. On remarquera
en effet que, de l'année 1123 à l'année 1190, presque
toutes les chartes des comtes de Champagne ont été
écrites par un employé nommé Guillaume : or il est
difficile d'admettre que le môme homme ait rempli
cette fonction pendant soixanie-sept ans. Tout ce
qu'on peut affirmer^ c'est l'identité du nom.
Sous le régne d'Henri, nous ayons trés-peu d'exem-
ples de l'intervention d'un autre écrivain que le no-
taire Guillaume. Cependant la charte de l'an 1152,
n®7, a été écrite par Hélie, moine; celle de Pan 1159,
n* 66, par Thibaut de Fismes, clerc ; celle de l'an
1167, n"" 152, par Daniel, prêtre; enfin cinq chartes
de l'année 117& ont été écrites par Guillaume,
scribe de Provins.
Les scribes, scribe ou scriplores, qui résidaient dans
certaines villes, étaient aussi soumis au chancelier.
La charte delà commune deMeaux(an 1179, n''30/i)
en fait foi. « Le chancelier donnera un scribe à la
commune, » dit cette charte. « Si ce scribe ne parait
» pas convenable au maire et aux échevins, le chan -
» celier, après les avoir consultés, en nommera un
» autre. Le scribe jurera fidélité au chancelier et à
de chancelier, on aurait grand tort d'en conclure qu'il fût alors
momentanément chancelier.
Nous signalerons aussi les chartes suivantes où il est témoin :
an 1157, n-iS; 1158. n«57; 1159. n<» 76; 1162. 111; 1163,
no- 115, 117; 1164. n« 126; 1166. n« 142; 1169, n« 168;
1171, n« 197; 1174. n'iZi; 1185, no 339.
io
— 138 -
0 la commune. » Nous connaissons les noms de
trois de ces scribes.
Guillaume, l'un d'eux, témoin en 1171, n"* 189,
était scribe de Provins ; et les chartes de l'an 117&,
n^»' 219, 220, 223, 224, 225, se terminent par la
formule nota GmUelmi^ scribe Pruviniensts.
Il est aussi question à Provins d*un certain Geof-
froi, scribQj qui avait donné un four à l'église Saint-
Ouiriace (an 1176, n^ 252).
A Troyes, nous trouvons Thibaut, scriba, témoin
en 115/i, n^ 28, qui donna, en commun avec plu-
sieurs autres, cinq étaux à l'église Saint-Etienne (an
1157, n"" lil); qui est qualifié de chanoine de Saint-
Etienne, en 1168, u^ 159 ; de sous-diacre, en 1170,
n® 181. Il est question de son vivier, vivarium 7%ea-
baldiy scribe TrecensiSy en 11 76, n"" 220. Thibaut,
scribay est sans doute le mûme que Thibaut, scriptof^
témoin en 1175, n^ 248 (1).
Outre le sénéchal, le connétable, le bouteiliier, lei
chambriers, les maréchaux, le comte avait près de sa
personne d'autres officiers moins importants qui
semblent cependant encore avoir fait partie de son
conseil : des chapelains, un aumônier, un cuisinier
ou queux; on a dit plus tard maUre-queux^ ou maitre-
d'hôtel.
Le premier chapelain d'Henri parait avoir été
(1) Nous avons publié, dans les Mém. de la Soc, d'Ayric, de
l'Aube, 2^ série, t. VIII, p. 103-104, une charte sans date, mais
du milieu du xii* siècle, où est témoin Teobaudus, scriba comitis.
C'est sans doute le mtlme homme. Cette charte concerne l*hôpital
Saint-Bernard de Troves.
— 139 —
Martin, qui se rendit avec lui en Terre-Sainte lors
de sa première croisade, comme nous Tavons déjà
dit (1) et comme on peut le voir dans la charte de l'an
1153, n^ l/i. Le chapelain qu'on rencontre ie plus
souvent est Nicolas, qui prit part à la seconde croisade
d'Henri, et qui parait n'en être pas revenu. Il est
témoin de 25 chartes (an H55, n"" 33; 1156, n°' 37,
48 ter; 1157, n**» 44, 45 bis; 1458, n- 57, 59; 1159,
n**» 64, 70, 76; 1160, n»« 80, 81,87; 1161, n«98;
1167, n« 150; 1168, n* 157; 1169, n*- 165, 168;
1174, n* 282; 1175, n' 244; 1176, n*» 262; 1177,
n* 269; 1179, n- 295, 302, 314).
Nous connaissons encore à Henri deux autres cha-
pelains, Guillaume et Hugues.
Guillaume, témoin dans une charte de l'année
1169, n* 165 (le même peut-être que Guillaume,
clerc, témoin en 1156, n* 37, et en 1157, n* 86) de-
vint abbé d'Oye, comme l'établit une charte de
1171, n- 197 (2).
Hugues est témoin en 1171, n'' 195; en 1177,
n"" 269; en 1179, n^" 811. Henri lui donna la moitié
du moulin de Bierge, à charge de fournir la cire pour
la chapelle du palais de Provins (an 1179, n"" 302).
Henri eut deux aumôniers : Pierre, témoin en
1169, n* 165, et Guillaume. Ce dernier, qui ne
paraît pas avoir pris part à la croisade de 1179,
resta en fonction sous la comtesse Marie : il est té-
moin en 1173, n* 209; 1177, n- 269; 1178, n**284;
(i) Voir plus haut, p. 27.
(2) Le GalL Christ., XII, 533 C, io mentionne dans In liste
des abt>és.
— 140 ^
1179, n'' 309, 312, et depuis la mort d'Henri, ea
1183, n*- 329, 331 ; 1184, n« 336; 1185, n- 340;
1186, n""' 344, 347, 349. Les aumôniers étaient, sui-
vant le sens étymologique du mot, chargés de la dis-
tribution des aumônes du comte (1). Ils sont qualifiés
de frères, ce qui veut dire qu'ils appartenaient à un
ordre religieux. On a vu plus haut que Thibaut II
avait pris pour aumôniers des chanoines réguliers
de Tordre de Prémontré (t. II, p. 340-341).
Nous avons rencontré deux cuisiniers : Erlebal-
du8f témoin en 1154, n"* 21 ; Garnier en 1157, n' 45;
1158, n- 57; 1159, n^' 66, 69; 1160, n* 80 J 1161,
n» 101; 1163, n« 114; 1164, n« 126; 1165, n« 187;
1170, n« 175.
Nous passons à ceux des membres du conseil
d'Henri qui n'étaient investis d'aucune fonction spé-
ciale. Les uns sont des barons, ses vassaux, qui, en
venant lui donner leur avis, remplissent une obliga-
tion féodale; la fréquence de leurs visites varie sui-
vant leur zèle ou leur indifférence : les autres sont,
en général, des clercs attirés par son accueil bien-
veillant, ses largesses, ou leurs affaires (2). Nous
suivrons Tordre alphabétique.
Adam liridena, témoin en 1177, n« 272; 1178,
(1) La charte de l'an 1175. n^ 248, établit au profit de laum^-
neric du comte une rente payable le vendredi-saint.
(2) On remarquera qu'un certain nombre des principaux vassaui
d'Henri ne iigurcnt pas dans cette liste. Tels sont les comtes de
Bar-sur-Seine, de Roucy, de Réthel, de Joigny, dont nous n'avons
trouvé le nom au bas d'aucune de ses chartes, bien qu'ils fussent
ses vassaux comme nous l'apprend le premier livre du Feoda
CampaniCf n**» 6, 35, 37, 98 de notre édition (t. II, p. ui, v, ix);
tel est Gautier, comte de Brienne, témoin une fois en 1155, n"" 30, etc.
— 141 —
n**290; 1179, n«« 296, 304. Depuis la mort d*Henri,
on le reirouve en 1185, n** 342.
Anséric de Montréal, témoin en 1152, n®' /i, 6;
en H5/i, n^ 29; en 1155, n^ 30; en 1156, n'* 42;
en 1163, n^ll9; en 1164, n^ 128; en 1166, n° 141.
Nous avons parlé (p. 24) de ses relations de jeune
homme avec Henri. C'était un des premiers barons
de la Champagne méridionale. Son nom de fief, de
Monteregali^ est écrit de Montroies en 1154, n*' 29.
Daimbert, ou Deimbert de Ternanlis, qui parait
pour la première fois en 1158, n"* 55, est de 1163 à
1179 témoin de quarante-quatre chartes d'Henri.
Il jura au nom d'Henri l'observation de la charte
communale de Meaux (an 1179, n"* 304). Il parait
être le même que Deymbert de Braio^ témoin en
il67, n* 150. Il était laïc (an 1172, n^ 204) et de
plus chevalier (an 1175, n"* 241). Il eut deux fils,
Joscelin et Milon de Braio^ ou de Ternantis (an 1170,
nM82; 1171, n*» 193; 1173, n^ 215); nous en par-
lerons plus loin.
Dreux de Provins, autrement dit Dreux Bristaud,
témoin quarante-neuf fois de 1151 {vieux 8tyle)him.
Il était chevalier (an 1160, n* 87; 1170, n° 184),
voire même baron (an 1166, n* 147) et frère de
Pierre Bristaud, vicomte de Provins (an 1 1 59, n^ 66 ;
1161, n«' 91, 92, 97, 101; 1164, nM29; 1165,
n**136; 1166, n* 147; 1167, n° 150, etc.). Pierre,
abbé de Montier-la-Celle, lui fit un bail emphytéo-
tique en 1156, n<'39. En 1184, n"334, on parle de
lui comme mort.
Eudes de Montaimé, de Monte OmeHy témoin en
1152, n« 6; 1153, n* 12; 1160,n*82; 1168,n«119;
1169, n' 168.
— 142 —
Garnier de Trainel, frère du bouteillier Anseau,
est témoin trente-cinq fois, de 1152 à 1179. Il est
qualifié de baron en 1166, n^ 167. Il était seigneur
de Marigny-le-Châtel, ce qui établit son identité avec
Garnier de Marigny, témoin en 1175, n* 2&8. On le
retrouve auprès de Marie, depuis la mort d'Henri, en
1181, n« 324; en 1182, n<> 327.
Gautier deBernon, ancien conseiller de Thibaut II,
dans les diplômes duquel il figure en 1136, 1138,
1139, 1142, 1145, 1148, 1151, est témoin en 115S,
n''4, 6, 7; 1154, n''20, 28; en 1145, on lui donnait
la qualité de chevalier. II était probablement sei-
gneur de Bernon (Aube).
Geoffroi Bruslart, ou Broslard, témoin en 1159,
n* 64; 1161, n*> 93; 1169, n^ 165; 1178, n» 283.
Cette dernière charte lui donne le titre de sénéchal
d'Oulchy.
Geoffroi l'Esventé, témoin en 1156, n*39; 1157,
n^45;1161,n^*91,92; 1170, nM77; 1171, nM91;
1176, n'*252, 261, était frère de Girard TEsventé,
dont il sera question plus bas. Sa femme Reginaj et
son beau-père Pierre de Casiello, figurent avec lui
dans une charte de l'année 1156, n^ 41. Il survécut
à Henri et resta le conseiller de sa veuve, comme le
prouvent les chartes de Tan 1181, n* 324; 1182,
n«- 327, 328; 1183, n« 331; 1184, n^ 334, 335;
1186, n'"345, 347, 348. En 1190, nous le voyons
encore faire une donation à l'Hôtel-Dieu de Provins,
n» 409 (1).
(1) Geoffroi l'EsveDté figure au Feoda Campanie, art. 68, dans
notre tome 11, p. vu.
— 143 —
Gervais de Maiiicy, témoia en 1161, n^ 89, 98;
1164, n~ 120, 121.
Girard de Ghanteraerle, témoin en 1152, n* 6;
1153, n^ 16; 1156, n^' 23, 29; 1155, n'* 80, 33;
1157, a«57; 1158, n« 54; 1160, n« 81.
Girard rEsventé, frère de Geoffroi, témoin en
1158, n*» 59; en 1159, n« 71; en 1160, n* 87; en
1165, n"" 130, et dans trente-deux autres chartes,
de 1167 à 1179. Dans la charte de Tan 1160, n« 87,
nous voyons qu'il était chevalier. Après la mort
d'Henri I*, il reparaît, comme son frère, dans les
chartes de Marie (an 1181, n* 324; 1182, n* 328;
1183, n« 33! ; 4184, n'335; 1186, n<> 345; 1194,
n* 426). C'est par sa déclaration conservée au Feoda
Campante que nous connaissons l'hommage d'Henri
le Libéral à l'empereur Frédéric Barberousse (1).
Guerri Buccel, Bocel, Buceps ou Boceps, témoin
en 1156, n^ 37; 1158, n° 56; 1159, n« 72; 1161,
II- 94, 95; 1162, n* 111; 1163, n* 115; 1164,
n® 129. Cette dernière charte nous apprend qu'il
qu'il était archidiacre de Troyes.
Guibert de Bar, témoin en 1165, n° 135; 1169,
nH67; 1170, n- 185; 1171, nM96; 1175, n" 240,
244 ; 1176, n^ 259; 1179, n« 305. Amaury de Bar,
son frère, est témoin en 1174, n"" 225, et en 1175,
no 240.
Guillaume de Champagne, frère d'Henri, et suc-
cessivement évêque de Chartres, archevêque de Sens
et de Reims, témoin en 1160, n^ 82 ; 1163, n** 113,
(1) Voir notre T. 11, p. xvii, art. 233. Hugues rEsventé, pa-
rent sans doute de Girard et de Geoffroi , est témoin en 1 1 59, n® 74,
et en 117*. n° 261.
— 144 —
117, 124; 1165, a» 136; 1167, n« 152; 4172,
n« 202 ; 1173, n« 209; 1175, n» 238; 1176, n» 252;
1177, n" 266; 1178, n» 284. On le retrouve au
môme titre dans les chartes de Marie et d'Henri II
(an 1183, n* 329; 1184, n* 334; 1185, n* 339;
1189, n»386; 1190, n''400.
Hilduin, seigneur de Vendeuvre, ancien conseil-
ler de Thibaut II, dans les chartes duquel il est té-
moin en 1134, 1139, 1140, 1143, 1145, et qui dans
la dernière est dit chevalier, semble avoir paru peu
à la cour d'Henri ; on le trouve en 1151 (v. *(.),
n* 2, et en 1154, n' 20. En 1162, n« 110, il était
mort, et avait pour successeur son fils Eudes.
Hugues de Ltstaco, clerc, témoin en 1155, n" 84;
1156, n" 37, 38; 1161, n» 89.
Maître Hugues de Monirampon, témoin en 1156,
n»40; 1159, n<'65; 1161, n'95; 1177, n» 270;
1178, n°'282, 293; peut-être le même que Maître
Hugues qui accompagna Henri à la croisade de
1179, n- 314, 315.
Hugues, seigneur de Piancy, témoin dans les
chartes suivantes : an 1152, n" 5; 1157, n* 45 ter;
1158, n" 55; 1159, n" 70, 73, 74; 1160, n» 87;
1161, n"94, 101; 1164, nM29; 1165, n' 136;
1166, n" 142, 147, 150; 1169, n» 162; 1170,
n" 184 ; 1172, n" 202 ; 1174, n» 231 ; 1175, n» 241;
1176, n« 260; 1177, n" 268, 274; 1178, n» 290;
1179, n<" 307, 312. Il est dit chevalier en 1160,
n° 87; en 1170, n* 184 ; baron en 1166, n° 147. En
1165, n" 131, il est un de ceux qui jurent l'exécu-
tion du traité conclu entre le comte et l'évéque de
Meaux. En 1168, n* 156, il traite avec les prieurés
de Saint-Just et de Macherel ; en 1 178, n" 292, Henri
— 145 —
lui donne une serve* Il était frère d'Haïce de Plancy,
chancelier (voir à ce sujet la charte de l'an 1168,
n* 156, déjà citée). II survécut à Henri, comme le
prouvent les chartes de Tan 1181, n* 32&, et 1182,
n'' 328.
Hugues de Purreio, témoin en 1171, n*** 192,
194; 1172, n« 201; 1173, n*21/i; 1174, n^ 228.
II reparait sous Marie, en 1186, n"* 348.
Hugues RabieSf Ragia ou Raige^ témoin en 1170,
n^' 182, 185; 1171, n«* 193, 196; 1173, n°- 211,
215; 1174, n* 232; 1176, n«254; 1178, n^ 291;
1179, n« 307.
Hugues de Romilly, témoin en 1151 (v. st.)^ n* 2;
1161, n- 101; 1166, n* 141; 1177, p. 279 (cf. Feoda
Campaniœ, n** 73, 90, dans notre Tome II, p. viii,
ix).
Jean Breban, frère de Milon de Provins (voir plus
haut, p. 132).
Josceiin, fils de Deimbert de Ternantis, et frère de
Milon de Bray, est témoin en 1170, n** 182, 185;
1171, n<* 193, 194; 1176, n" 253 bis.
Manassès deClauso, témoin en 1165, n''134; 1170,
n- 185; 1171, n-195; 1175, n-244; 1176, n«259;
il77, n** 272; 1179, n°» 297, 307, 309, est peut-
être le même que Manassès Caroli^ témoin en 1179,
n"* 281. Il serait en ce cas fils de Charles de Clausoy
témoin en 1159, n"74, et en 1165, n*' 137. Il vivait
encore en 1182, n' 327.
Manassès de Pougy, prévôt de Saint-Etienne de
Troyes, témoin en 1159, n° 76; 1160, n" 84; 1162,
n"* 103, 105, 111; 1163, nM18; 1164, nM29; 1165,
n*l37;1169,nM62; 1170, n^» 178, 183, 184; 1174,
tf 232.
— 146 —
Manassès de Villetnaur, archidiacre de l'église de
Troyes, doyen de Saint-Etienne, témoin en 1160,
n'8/»; 1162, n" 111; 1164, n' 129; 1170, n" 183,
184; 1174, n"'232.
Mathieu Lorrain, témoin en 1152, n° 6; 1153,
n-13, 16; H54, n»20; 1156, n*38; 1158, n» 53;
1159, n'65; 1161, n°'93, 98; 1169, n' 168. Il était
clerc, comme le prouve la charte de l'an 1156, n'SS.
Mathieu, préchanire de la cathédrale de Sens, té-
moin en 1153, n» 9; 1159, n- 65, 67, 68, 76 j il60,
n'78; 1164, n* 128.
Mathieu de Troyes, témoin en 1165, n''134; 1174,
n«220; 1178, n» 292; 1179, n"* 297, 309.
Mathieu Rufus, témoin en 1173, n" 215; 1174,
n- 228, 232; 1176, n" 234, 239; 1177, n* 268;
1179, n" 304, 307, 308.
Milon Breban, ou de Provins (voir plus haut,
p. 131).
Milon de Bray, ou de Temaniis, fils de Deimbert
de TernatUit, frère de Joscelin, est témoin en 1171,
n" 189; 1173, n" 211, 215; 1174, n» 230; 1176,
n- 253 bis, 262; 1177, n° 269; 1179, n-304, 808.
On le revoit en 1183, n» 331 ; 1186, n° 352. Outre
Joscelin, il avait un frère nommé Girard, comme
rétablissent les chartes de l'an 1189, n" 389; 1194,
n' 431 , et qu'on rencontre déjà en 1173, n* 211.
Nevelon de Alneto, ou de Alnez, témoin en 1157,
n* 49 ; 1169, n° 166; 1170, n" 181; et depuis la mort
d'Henri en 11 82, n° 327, 1184, n' 335 ; 1186, n" 349.
Nevelon, ou Nivelon de Ramerupt, témoin en
1160, n" 78; 1163, n* 119; 1171, n' 191; 1173,
n* 210 ; et, depuis la mort d'Henri, en 1181, n' 324.
Nicolas de Montiéramey, prieur de Saint-Jean-en-
— 147 —
Chàtel de Troyes, parait en Tannée 1160, n"" 8&, où
Henri fait à caase de lui une donation au prieuré de
Saint-Jean-en-Chàlel. Il est témoin en 1161, n"^ 100,
101; 1170, n° 185; 1174, n*- 227, 282; ll75,n^248.
Nous parierons de lui plus en détail dans le chapitre
consacré à l'histoire littéraire.
Maître Philippe, témoin en 1174, tf 221; 1176,
n**258; 1179, n~ 295, 302, 311, 313, 314, 315,
accompagna Henri à la croisade de l'année 1179. Il
est sans doute le même que Maître Philippe de Se-
zanne, témoin en 1172, n* 204.
Pierre, abbé de Montier-la-Celle, plus commun
sous le nom de Pierre de Celle, depuis abbé de
Saint-Remi de Reims et évéque de Chartres, témoin
en 1152, n*^ 6; 1156, n* 42; 1159, n» 72; 1161,
n* 100.
Pierre Bristaud, vicomte de Provins, frère de
Dreux Bristaud de Provins, est témoin dans trente
chartes, de 1156 à 1178. En 1184, n» 334, il était
mort. En 1171, n"" 191, il avait abandonné aux Tem-
pliers ses droits sur une maison de Provins. Des
chartes de l'an 1166, n' 145, et de Tan 1176, n'252,
parlent de sa femme Hawide, enterrée à Saint-Qui-
riace de Provins. Il parait être le père d'Henri Bris-
taud, qui serait né d'une seconde femme, et qui fon-
da la commanderie du Temple de Provins en 1193,
n^ 421 (1).
Pierre de Langres, témoin en 1169, n"" 167; 1170,
I1M78; 1174, n» 223; 1176, n* 240; 1176, n~ 261,
262, 253 bis; 1177, n" 266, 269; 1179, n~305,
(1) Cf. Bourquelot, Hist. de Provins, l, 115, 139, 140.
— 148 —
313. Il avait fait bâtir des maisons à Troyes (an
H79, !!• 297). II donna à l'Hôtel-Dieu de Bar-sur-
Aube une partie du tonlieu des futaines de la même
ville (an 1179, n« 307).
Rainaud de Provins, témoin en 1155, n*S3; 1156,
n*38; 1159, n-71; 1160, n* 81; 1161, n-94, 96;
1163, n« 114; 1170, n- 184. La charte de Pan 1161,
n"* 96, nous apprend qu'il était chanoine de Saint-
Etienne de Troyes.
Rainaud, trésorier de SaintQuiriace de Provins,
témoin en 1159, n* 76; en 1164, n" 124, 128, est
peut-être le même que Rainaud de Provins.
Rainier de Brienne, chanoine de la cathédrale de
Troyes, témoin en 1158, n" 56; 1159, n" 69, 71,
72, 76; 1160, n' 85; 1170, n» 184.
Roric, Ruric, ou Reric, archidiacre de Heaux,
témoin en 1159, n* 76 ; 1160, n" 78, 80, 85 ; 1161,
n» 102 ; 1164, n* 129 ; 1168, n» 157; 1171, n* 189.
C'est à partir de l'année 1161 qu'il est qualifié d'ar-
chidiacre. Henri l'avait autorisé à chasser dans la
forêt de Mant (Feoda Campante, n"" 55), et lui avait
donné une rente de soixante-dix sous, qu'en 1188
Roric transféra à la chapelle Notre-Dame de la ca-
thédrale de Meaux, pour le salut de l'âme du comte
défunt (n* 366).
Robert de Milly, témoin en 1167, n* 150; 1170,
n'*174; 1174, n^ 221; 1175, n* 241; 1177, n* 265;
1179, n""* 304, 314, 315, accompagna Henri à la croi-
sade de l'année 1179, et en revint, car nous le retrou-
vons comme témoin en 1181, n"" 324. En 1184, n* 332,
il traite avec l'abbaye de Saint-Faron ; en 1198, au
mois d'avril, il cautionne la fidélité de Thibaut III,
comte de Champagne, au roi de France.
— 149 ~
Simon de Entra^ ou de Anchoraj clerc, témoin en
1170, n^ 177; 1171, n' 188; 1172, n'* 204, 205;
1176, n* 219.
Técelin de Clérey, témoin en 1171, n^ 192; 1172,
n- 201 ; 1173, n^ 214 ; 1179, n^ 304.
Thibaut V, comte de Blois, frère d'Henri, témoin
en 1151 {V. st.), nM ; 1153, nH7; 1156, n'42; 1163,
n'* 113; 1166, n* 147; 1176, n* 152.
Thibaut de Fismes parait pour la première fois, en
1159, n''66, avec cette indication qu'il avait fait la
charte, qui cartam fecit. De 1161 à 1179, il est témoin
de vingt-huit chartes; Tune, 1162, n"" 110, nous ap-
prend qu'il était clerc. Il accompagna Henri à la
croisade de Tan 1179, n°* 313, 314, 315. Nous ne
voyons pas qu'il en soit revenu. Il est sans doute le
même que Thibaut, clerc d'Henri, de qui ce prince
acheta en 1176, n'*259, un terrain sis à Troyes.
Thibaut de Mutry, témoin en 1152, n' 5; 1153,
nMl; 1154, n^ 22; 1159, n" 64; 1161, n° 98;
4165, n° 136.
Thibaut Révélard, témoin en 1171, iT 191, 193;
1172, n-* 201, 204; 1177, n°272; 1178, n'^ 281,
290; 1179, n" 304. Il était laïc, voir la charte de
Tan 1172, n" 204.
Le lecteur sera peut-être étonné du nombre de
personnes que nous avons énuméré : en comptant les
grands officiers, les chapelains, aumôniers et queux,
on trouve au conseil d'Henri un total de soixante-
treize membres; mais il faut observer que beaucoup
se présentent seulement pendant une partie du
règne; que, d'ailleurs, ce conseil n'étant ni perma-
nent, ni fixe, ni régulièrement salarié, sa composi-
tion ne pouvait avoir la stabilité des assemblées con-
~ 150 —
sullatives qu'on pourrait de nos jours lui comparer.
Quand Henri avait une affaire à traiter, il appelait
près de lui toutes les personnes recommandables
que le hasard, les affaires ou l'amitié amenaient près de
lui; si donc il y a une critique à nous adresser, c'est
d'avoir été incomplet : de crainte d'être trop long,
nous n'avons cité que les noms qui se rencontrent
le plus fréquemment. On pourrait citer, par exem-
ple, plusieurs grands barons de Champagne qui ne
figurent pas sur cette liste, parce que nous ne les
avons vu paraître qu'une, deux ou trois fois comme
témoins dans les chartes du comte (1).
Nous terminerons ce chapitre par une liste de
prévôts et par la mention de quelques fonctionnaires
de second ordre attachés à la personne d'Henri, de
sa mère et de sa femme.
Nous avons relevé les noms des prévôts suivants :
4 . Bàr-sub-Aube, Erard, ou Airard , 4 4 59, n<» 62, 78.
— Belin, 4459, no 63.
-— Herbert,4469,no467;4470,n«478.
2. Chantemeele, Eudes, 4454, no24.
(1) Tels sont :
Anseau de Garlande, en 1170, n* 174; 1171, nM 91; 1174,
n^ 224.
Arnoul de Reynel, en 1165, n« 30.
Eustache de Conflans, en 1169, n" 64.
Guermond de Chàtillon, en 1164, n» 128 ; 1170, n<> 187.
Gui II de Châlillon. en 1164, n» 128.
Guiard de Reynel, en 1173, w^ 253 bis.
Mathieu defouquin, en 1151, n° 2; 1152, n'5.
Pierre, vicomte de Château-Thierry, en 1164, n«118.
- Simon de Broyés, en 1163, n<» 119; 1166, n«» 147.
Cf. plus haut, p. 140, not(\
3. GfliOUECE,
4. Gaateau-Thierrt,
5. Ghatilloi^-sur-Mabne,
6. goulommiers,
7. Epernay,
8. Ervt,
9. isle-aumont,
40. Jour,
44. Marate,
42. Meaux,
43. Pokt-suh-Seike,
44. Provins,
45. ROSNAT,
4C. Sézanne,
47. Saint-Florentin,
48. Troyes,
161 —
Philippe Baucen et Jean deCrisco,
4465, no 435.
Ursion, 4453,no46; 4454, no 24.
Eudes, 4469, no 462.
Milon, 4464, no 420.
Paycn, 4 452, no 6; 4458, no 54.
Gauthier, 4452, no 6.
Herminonus, 4472, no 203.
Jean fie Gregnate, 4479, no 296.
Guiard le Mangeur, au plus tard
4463, no 442.
Durand, 4478 (original, Archives
de rÂube, fonds de Quincy (4).
Ansoud, 4476, nos 252, 258.
Milon, 4464, no 94.
Hugues de Valencenis, 4473,
no 244 bis.
Jean, 4477, no 279; 4478, n*»287.
Mathieu, 4475, no 237.
JosbertleSec,4477, no» 268, 269;
4478, no 284; 4479, no 298.
Renard, 4454, no 29.
Rainaud, 4462, no 405.
Wasco, 4454, no 24.
Pierre Tcutonicns, Rainaud du
Moulin, Nicolas Moret, 4474,
no 226.
Clarius, 4459, n° 69.
Herfroi,4458, n°60; 4459, no» 70,
72; 4464, no94; 4468,no459.
Josbert de Provins, 4460, no 87;
4464, no 94.
Robert, 4474, n* 229.
(1) En 1156 Isle-Aumont, au lieu d'un prévôt, avait un maire,
Herfroi, Herfredus, témoin dans la charte n° 37, et sans doute
subordonné au prévôt de Troyes.
— 152 —
48. TfiOYES, Loup et Joscelin, -1475, n® 246.
— HerbcrtPutcmonoie,4478, do292;
4479, nos 297, 309.
49. Vertus, Nocher de Moreins, 4474 , no 497.
20. ViTRY, Nicolas, 4475, no 244.
il est de plus question de deux prévôts dont les
noms ne sont pas donnés, ceux de :
24. Bray, 4475, no 236.
22. Wassy, 4475, no 234 (4).
Les derniers employés de Henri, dont nous parle-
rons dans ce chapitre , seront son pannetier, ses
huissiers, son fauconnier.
Ursion, pannetier, est témoin en 1153, n*i6; en
1154, n<»21.
Guiard, huissier, en 115A, n"" 21; et en 1159,
n^74.
MonceriuSy huissier, en 1159, n® 74.
Ebrard, fauconnier, reçut du comte deux dons :
l"" les oboles des boulangers, obolos panificum, d'un
four situé à Troyes, près de la Porte-du-Comte (an
1 169, n' 169); 2^ deux muids de froment et quatre
d'avoine à prendre au grenier de Rosnay (s. d.
(1) Cette liste ne s'accorde pas entièrement avec celle que nous
avons donnée, d'aprl^s le Feoda Campanie^ dans notre Tome II,
p. 422. Les différences s'expliquent par deux causes : !• les
chartes que nous avons consultées ne contiennent pas rindicalion
de tous les prévôts qui ont existé, par conséquent la présente liste
n'est pas complète ; 2** au moment où a été rédigé le premier re-
gistre du Feoda Campanie, certaines châtellenies qui avaient eu
ou (levaient avoir plus tard leur prévôt spécial étaient réunies à
d'autres sous l'administration du même prévôt; aussi la priante
liste contient-elle des noms de prévôtés que le premier registre du
Feoda Campanie ne mentionne pas.
— 1B3 —
n"* 2ii9). Ebrard céda au chambrier Artaud le3 oboles
des boulangers (an 1169, n"" 169).
Henri avait encore d'autres employés en grand
nombre^ des péages, Pedagiarii, ou receveurs des
péages, des thonléoniers, Theloneariiy ou receveurs
de tbonlieux, des forestiers, des monnayers. Nous
nous en occuperons plus bas en parlant des péages,
des tonlieux, des forêts, des monnaies.
Quant à ses baillis, dont il parle dans ses chartes
de l'an 1161, n' 92; et de Tan 1179, n' 313, nous
croyons qu'on ne doit pas reconnaître en eux des
employés spéciaux. Bailli, dans la langue administra-
tive de la Champagne, était alors un terme générique
synonyme de serviens^ minUterialis, officialisa famulus,
et voulait dire vaguement agent, employé secondaire
quelconque (1). La distinction entre les baillis et
les autres agents du comte se montre seulement en
Champagne à une époque contemporaine du fameux
testament de Philippe-Auguste, c'est-à-dire du pre-
mier document où l'on voie apparaître Tinstitution
des baillis royaux (2) .
Une charte de l'année 1154 (3) nous apprend
(1) En il6i, n° 92, Henri s'exprime ainsi : Si farte evenire
cùntingeret quod a meis vel successorum meorum baillivis vel
servientibus. En 1179, n<> 313, il veut réparer les dommages,
quas ego et balliin tnei... iniuleramus.
(2) En 1189, n« 383, Henri II s'exprime ainsi : Baillivis, pre-
positis^ servientibus meis precipio; la même année, n® 392, 6at7-
liris, eiprepositiSj et servientibiis mets. Toutefois, ce n*est pas
avant le xni* siècle qu'on voit en Champagne désigner nominati-
vement des personnages revêtus du titre de bailli.
(3) Bibl. de Troyes, ms. n» 2284, charte n* 72.
11
— 1B4 —
que la comteMor Msthilde^ veuve de Thibaut^ 9Mii
à son service le ptniietier Bogues de Provins; k
clerc Guillaume ; Thuissier Lupel ; les deux éciiyen
Haton et Obert : nous avons déjà parlé d'Isambard,
son chambrier.
Marie, du vivant d'Henri, avait un chevalier^ un
chapelain et un clerc : le chevalier était Nevelon,
témoin en 1166^ n"" 165; le chapelain, Dreux, dont
il est question en 1169, n' 166, et en 1176^ n*" S63;
le clerc, Laurent, témoin en 1166, n"" 161 ; 117A,
n"" 221 . Il est encore question du clerc Laurent en
1169, n^ 166; en 1176, n' 252 (1); il avait à Saint-Qui-
riace une portion de prébende que Marie compléta
en 1176, n"" 252 (2) et 258; la même année, il servit
de chancelier à la comtesse, sans prendre ni le titre
de chancelier^ ni celui de vice-chancelier, et la charte
de Tan 1176, n*" 258, laquelle émane de Marie, se
termine par la formule data per manum jam iki
LauTtniiiy clerici met. Survécut-il longtemps à cette
date ? c'est ce que nous ne pourrions dire. Seulement,
en 1179, ce n^est pas lui qui fait remise de la charte
de Marie citée sous le n*'287; cette charte se termine
par la formule data per manum fnagisiri Philippi. Nous
avons déjà parlé de maître Philippe qui est témoin
de huit chartes d'Henri (8).
(1) Bourquelot» HisL de Frmnné, II, 397.
(2) Bûurquelot, Hist. de Provins, II, 398.
(3) Voir plus haut, p. 147.
— 16S —
CHAPITRE II!
Soa9 Henri le Libéral ^ comme sous ses prédéces-
seurs et sous ses premiers successeurs, la juridiction
du comte avait pour organes : 1* le tribunal du
comte, 2^ celai de ses prévôts (1).
Le tribunal du comte se composait du comte^
président (2), et de ceux de ses conseillers ou de ses
barons qui étaient présents^ lesquels lui tenaient lieu
d'assesseurs. Toutefois, il semble que, dans certains
cas, les barons étaient seuls admis à prendre part
aux délibérations, et que ceux des conseillers qui
n'étaient point barons se trouvaient en conséquence
réduits à un rôle purement consultatif. Nous avons
recueilli neuf jugements rendus à la cour d'Henri
(m curia mea). Dans deux de ces jugements le comte
déclare formellement que ses barons seuls ont été
^m^mmm
(1) Nmis ne dirons rien de la justice des maires, qui, subordonnés
aux prévôts, paraissent avoir été soumis aux mêmes règles judi-r
ciaires.
(2) Il n'y avait alors ni juge d'instruction ni ministère public.
Le président en tenait lieUi dans ce qui était rigoureusement néces-
saire. Ainsi c'était à lui que s'adressaient les plaignants. En 1153,
des porcs ayant été volés à l'abbaye de Chàtillon, saint Bernard,
chargé de Tadministration de cette abbaye, porta plainte, et sa
ieUre adressée au comte Henri existe encore (S. Bemardi épis-
iola 279).
— 156 —
juges : les choses se sont passées m curia mea eoram
baronibus mets (an il66, n"" i&l); baroneê meij jm
présentes aderant^ scilicet,.. pro ratione decreveruni...
(an il66, n' 167). Cependant la charte de Tan 1155,
n"" 36, qui contient un jugement entre l'abbaye d'Oye
et Jean, seigneur de Pleurre, signale la présence de
cinq personnes en tout, outre le comte, savoir :
Guillaume, notaire ; Thibaut de Fismes, Gaiard de
Damery , Daimbert de Temantis et Nocher de Horeins;
or, ni l'un ni l'autre des deux premiers n'était ba-
ron, c'étaient de simples clercs : Nocher de Moreins
devait être roturier, car en 1171, n"" 197, il était pré-
vôt de Vertus. Mais peut-être les deux autres avaient-
ils seuls eu voix délibérative.
Ce qui paraît venir à l'appui de cette hypothèse,
conforme du reste aux principes généraux da droit,
c'est que, parmi les témoins des jugements rendus
par la cour d'Henri, nous trouvons bon nombre de
personnages, les uns barons certainement, les autres
probablement aussi barons, qu'on ne rencontre
ordinairement pas auprès de la personne de ce
prince, savoir :
En 115&, n"* 17, Guillaume, comte de Nevers.
En 1156, n"" 22, Germond de Mareuil, Haimon
de Mareuil, Girard de Fismes, Herluin de Cbàtillon,
Lombard de Ch&tillon.
En 1155, n"" 36, Guiard de Damery.
En 1166, n"* 167, Simon de Broyés, Girard de
Chàlons.
En 1171, n"" 188, Girard de Damery, Garin, son
frère.
En 1175, n"" 261, Eudes, chevalier, de Faveresds.
Ces personnages étaient probablement venus ex-
— 157 —
près pour prendre part au jugement, et y tenir la
place des conseillers, clercs ou roturiers, exclus des
délibérations : et par conséquent Payen, prévôt, té-
moin en 1156, n"" 22; Guillaume, notaire, et Thibaut
de Fismes, en 1155, n"" 36 ; Laurent, clerc de la com-
tesse, en 1166, n"* 161 ; Simon, de Enchra, en 1171,
n* 188 ; Thibaut de Fismes, pour la seconde fois, et
Artaud, chambrier, en 1171, n"" 196; Nicolas, pré-
vôt de Vitry, en 1175, n* 261 ; Artaud, chambrier,
pour la seconde fois, et Josbert, prévôt de Provins,
en 1179, n"" 299, n'auraient eu que voix consulta-
tive.
Le personnel qui composait la cour d'Henri n'a-
vait aucune fixité ; il en était de môme de la rési-
dence de cette cour. Le tribunal du comte suivait le
comte dans toutes ses résidences. Nous avons quatre
sentences datées de Troyes (an 1166, n""' 161, 167;
1171, n* 196; 1175, n* 261), et autant datées d'au-
tres localités, Chàtillon-sur-Marne, an 1156, n"* 22;
Vertus, an 1155, n^ 36; Nogent-l' Artaud, an 1170,
n* 188; Provins, 'an 1179, n* 299.
La cour d'Henri ne jugeait pas les procès pen-
dants entre les vassaux roturiers du comte : ce genre
d'affaire était de la compétence des prévôts. Ce qui
la regardait, c'étaient : 1* les procès entre nobles
dont nous avons des exemples dans les chartes de
l'an 1166, n* 167, et de l'an 1179, n« 299; 2*» les
procès des non nobles, par exemple, des commu-
nautés religieuses contre les nobles (voir les chartes
de l'an 1156, n* 22; 1155, n* 36; 1166, n» 161 ;
1171, n*" 188 et 196; 1175, n* 261). Enfin la charte
de l'an 1153, n"" 17, nous donne l'exemple d'un ju-
gement rendu au profit d'une communauté reli-
— 158 —
gieuse contre les vassauiL roturiers de Mite comoHi-
naoté qui, n'étant |Ne Tassanx immédûits da coBte)
ne se trouTaient dans le ressort d'auoon des prév4li
d'Henri.
Les huit sentences qne nous venons de cker n'ai-
lèguent aucune^ dans leurs considérants, d'avtre
preuve que le témoignage ou l'aveu. Goname eura»
pies de l'emploi de la preuve testimoniale, nous d«
terons la charte de l'an 1155, n* S6, où les témoBM
sont appelés bons hommes, bon%homine$, et celle de
l'an 1171, n* 188, où on les qualifie d'hommes légi-
times, legitimi homines. Quant à l'aveu, il est tadte
ou formel. Le défaut est un aveu tacite qui eotrafeie
condamnation de plein droit, comme on peut le
voir dans les chartes de Tan 1153, n* 17, et de Tan
1154, n*" 22. La décision du juge est fondée sur un
aveu formel dans les chartes de l'an 1166, n"" 141;
de Tan 1171, n' 194 ; de l'an 1179, tf 999.
Bien entendu qu'on aurait tort ici de généraliser
et de conclure que la cour d*Henri n'ordonnât ja-
mais le duel (1).
Outre ces actes de juridiction contentieuse, Henri
faisait de nombreux actes de juridiction gracieuse.
Aujourd'hui, la juridiction gracieuse est reléguée au
second plan : des fonctionnaires spéciaux, les no-
taires, en sont chargés. Au xii'' siècle, ces foMtion-
naires spéciaux n'existaient pas encore, et Henri, en
même temps que juge suprême, était le premier no-
taire de ses états. Nous avons relevé vîngt-«epl
(t) Voir ce que nous dirons de la justice des prévôts, et la charte
de l'an 1176. n^ 252, p. 396 del*édiiion de H. Bourquelot.
— 159 ^
exemple» de coQtr^its passés d^v^nt Im, et wr ses
jugements nçuf seulement sont connqs de nous^ Il
semble donc qu'Henri a dû être beaucoup plus oc-
cupé comme notaire que comme juge. TQutefoisy
comme notaire» il n'avait pas besoin de grands ef-
forts d'imagination. Souvent 1q9 parties se pré36n-
tant devant lui déclaraient leurs conventions^ et le
rôle d'Henri se bornait à prescrire la rédaction d'une
charte qui était ensuite scellée de son sceau. D'autres
fois, pour simplifier le travail de la rédaction, les
parties lui envoyaient le texte tout rédigé de la con-
vention. Ainsi, en 1176, un tribunal arbitral dont
faisait partie Garnier de Trainel, ayant terminé paci-
fiquement une contestation pendante entre les ab-
bayes de Larivour et de Montiéramey, deux exem-
plaires de la convention arrêtée par leurs soins furent
rédigés, l'un au nom de l'abbé de Montiéranxey,
Tautre au oom de l'abbé de Larivour, et Garuier de
Traînel envoya copie dJU premier au comte avec une
lettre ainsi conçue :
« A son seigneur naturel Henri, comte illustre de
» Troyes, Garnier de Trainel, salut et fidèle service.
0 Quand je suis requis de faire connaître les choses
» que j'ai vues, entendues, et que mes mains ont
» traitées, je ne dois pas les cacher. En conséquence,
o et par la présente charte, je fais connaître à votre
)) discrétion que la. contestation qui était pendante
I» entre les moines de Montiéramey et les frères de
» Larivour a été terminée par un arrangement. La
» charte écrite au bas de cette lettre vous fera con-
» naître ce qui a été convenu, les noms des arbitres
I» et le détail de l'a£^re. Puisque vous avez regu la
» sagesse et la puissance, c'est à vous d'ordonner et
— 160 —
o de faire que ni Tune ni l'antre des parties n'ose se
» départir de ce qui a été décidé (d). »
La charte d'Henri qui existe encore est^ sanf b
suscription et les formules finales, une copie litté-
rale de la charte de l'abbé de Montiéramey.
Passons à la justice des prévôts du comte.
Nous n'avons rencontré aucun acte de la juridic-
tion contentieuse ou gracieuse des prévôts d'Henri,
mais nous connaissons quelques dépositions régle-
mentaires qui concernent la première.
Un des principaux moyens de preuve était le dud.
Au XII* siècle comme au xf (2), c'était par le duel
que s'établissait l'état des personnes dont on contes-
tait le servage ou la liberté. Cette règle résulte no-
tamment de deux exceptions établies par Henri. Les
chevaliers de certaines châtellenies obtinrent de loi
le droit de prouver par le témoignage, et sans duel,
l'état des serfs à eux appartenant qui se réfugieraient
à Chaource (an 1165, n"" 135). Les chanoines de
Saint-Quiriace pouvaient, pendant un an et un jour,
revendiquer en s'appuyant sur la preuve testimo-
niale, et sans recourir au duel, ceux de leurs serfe
qui se prétendaient libres (charte de l'an 1176,
n* 252).
Quand une des parties provoquait l'autre en duel,
si celle qui était provoquée n'acceptait pas la pro-
vocation, elle était considérée comme convaincue;
si elle acceptait, elle donnait des gages en retour de
(1) Arch. de l'Aube, Cart. de Larxvour; cf. Cotai., n* 227.
(2) Voir dans notre Tome I, p. 143-145, Thistoire du serf
Stabiliê.
— 161 —
ceux que lui offrait le provocateur. Une fois les
gages échangés, ni Tune ni l'autre des parties ne
pouvait se dédire; et si elles s'accordaient, elles
étaient toutes deux à la merci du comte (an ii5&,
n* 26). Le vaincu était aussi de droit commun à la
merci du comte (an il 56, n"" 26). C'est par un pri-
vilège spécial que la charte de la Villeneuve- au-
Châtelot fixe à cent sous l'amende due par le vain-
cu (1), et décide qu'après les gages acceptés le prévôt
pourra, si les parties s'accordent, se contenter d'une
amende de deux sous six deniers payée par chacun
des plaideurs (an il75, n* 237 (2). C'est de même
par privilège que la charte de Meaux réduit à
soixante sous l'amende due par le vaincu, et fixe à
cinq ou trente sous l'amende acquise au comte
lorsqu'il y a conciliation après l'échange des gages :
cinq sous quand la conciliation précède les premiers
coups, trente sous quand les deux parties se conci-
(1) Il est bien entendu qu*il ne s*agit pas ici de^ cas où l'effet
du duel était de faire tenir le vaincu pour coupable d'un crime
emportant confiscation. Evidemment, dans ces cas, il y avait con-
fiscation à La Villeneuve comme en droit commun ; mais la confis-
cation alors n'était pas l'effet du duel, elle résultait du crime qui
avait précédé le duel , et dont le duel avait fourni la preuve. La
l^slation de La Villeneuve est sur ce point identique à celle qu'on
trouve dans Beaumanoir, sauf une différence. L'amende due par le
vaincu est, dans Beaumanoir, réduite de cent sous à soixante
(cbap. LXI, n® 15; éd. Beugnot, II, 379), comme dans la charte
communale de Meaux, ainsi que nous allons le dire.
(2) On voit dans cette charte qu'en certains cas, au lieu de gages,
on donnait des cautions, obndes; alors, s'il y avait conciliation, l'a-
mende était plus forte. Les cas où les gages étaient remplacés par
des cautions étaient probablement les plus graves.
- i«a —
Iknt aprèa avoir engagé le combat (an 1179, n* S04).
 Provins, il ne pouvait y avoir de dud sans le
consentement des marguilliers de Saint-Qairiace,
auxquels on payait quatre deniers pour les armes,
qu'elles fussent ou non fournies par eux (an 1 176,
n- 252) (1).
Les peines pécuniaires, un des principaux revoius
du comte (2), étaient isf confiscation universelle des
biens (3) et l'amende. Les crimes et délits se parta-
geaient, sauf quelques exceptions, en trois classes :
ceux de la première, classe punis de la confiscatioo
des biens, compagne ordinaire de la peine de mort
(c'étaient l'assassinat, le vol qualifié, le viol, l'incen-
die, etc.); ceux de la seconde classe frappés d'une
amende de soixante sous; ceux de la troisième don-
nait lieu à une amende de cinq sous seulement
(charte de 1165, n*^ 135; ii73, n^ 214 bis; 1175,
n* 237; 1179, n* 306). Toutefois, on rencontre quel-
ques exemples d'une amende de sept sous et demi.
C'est, dans la charte de Meaux, la peine du vol
(1) Ed. de M. Bourqnelot, p. 402.
(2) Nous n'avons pas de détails sur las peines corporelles infli-
gées sous Henri, il est probable que sous lui comme sous son père,
ou sous Henri II, son fils aîné, la mort par suspension (voir notre
Tome II, p. 393), diverses mutilations, la privation de la vue, par
exemple (voir notre Tome II, p. 296), la fustigation (Albéric, ëdit.
Leibnitz, II, 398), furent les principales peines corporelles infligées.
Les chartes de l'an 1165, n^ 132 «t 133, font une allusion vagua
à la peine de la mutilation.
(3) Nous croyons que, dans le droit féodal du xii^et du xm* siècles,
il n*y a pas de distinction à faine entre la confiscation et ii'ameade
arbitraire ou à volonté.
— 163 —
mnple, de la fausse mesure, des actes de violence
sur les grands chemins (an 1179, n"" 306). La même
charte fixe à quinze sous Taoïende encourue par
cdm qui en frappe un autre jusqu'à faire couler le
Mng. On remarquera que ces amendes de quinze
sous, sept sous et demi , cinq sous sont des sous-
mslliples de l'amende maximum de soixante sous^
dont la première est le quart, ia seconde le huitième,
la troisième ie douzième (1).
Les chartes de Chaource, de Maraye, de La VîHe^
BeuvMtu-Cfaàtelot (an 1165, n* i&6; fti73, n*31Â bis;
1175, n* 237) réduisent, par une faveur spéciale,
l'amende de soixante sous i cinq, et celle de cinq
à un (2). C'est un privilège emprunté par le comte
(1) Les deux catégories principales d'amendes, dont nous venons
de parler, se trouvent dans Beaumanoir et dans Li drois et 1%
cousttanes de Champaigne et de Brie; œlle de soixante sous dans
Beaumanoir, XXV, 10; XXVI, 4, 13, 15; XXIX, 3; XXX, 17,
22, 27, 28. 29, 41, 42, 54, 56, 57, 79, 81, 82, 87, 105;
XXXII, 5, 8, 10, 28; XXXIII, 8 ; XXXIV, 16; et dans Li drois
et H etmtumes, XXV, XXVI, XXVIII, XXIX, XXXIV, XXXV,
XLV; celle de cinq sous dans Beaumanoir, X, 11; XXX, 16, 21,
31, 39, 42, 48, 49, 50, 57, 60, 78; XXV, 6; XXXIX, 10;
dans lÀ drois et li coustumes, XXVI, XLV, XLVI, XLVII,
XLVIU. Beaumanoir, XXIV, 19 et XXX, 60, nous apprend
qu'en certaines localités l'amende de cinq sous s'élevait à sept sous
et demi. L'amende de soixante sous était de soixante livres pour
les gentilshommes; celle de cinq sous devenait pour eux de dix. —
Sur la confiscation ou amende arbitraire, voir Beaumanoir, XXX,
20, 23, 25, 36, 45, 54, 63, 88, 89 ; XXXIII, 4, 25; XXXIV,
32; XXXV, 5, 26 ; Li drois et li coustumes, XLVII.
(2) Beaumanoir, XXX, 60, nous parle aussi de localités du
comté de Clermont, où l'amende de cinq sous était réduite à un.
— 164 —
Henri à la charte royale de Lorris, qui date de
il55 (d).
Les détails nous manquent sur la peine de Tem-
prisonnement ; nous savons seulement que le comte
avait une prison à Provins (2). Quand un procès ne
se terminait pas par une condamnation à l'amende,
les plaideurs devaient des épices au juge. En li69,
n"" 163, Henri exempta Téglise d'Oulchy de payer
aucunes épices (3). En 1165, n* 135; en 1173,
n"" 216 bis ; en 1 175, n"" 137, il fixa à quatre deniers
le montant des épices dues au prévôt pour chaque
procès (6).
Les nobles n'étant point soumis à la juridiction
des prévôts, les roturiers considéraient l'exemption
de cette juridiction comme un grand avantage; nous
avons relevé huit exemples qui nous montrent Henri
accordant ce privilège. Il le concède :
En 1155, n" 36, à Guillaume l'Anglais, qui en
jouira tant qu'il habitera la maison du prieuré de
Foicy à Bar- sur-Aube;
(1) Art. 7. Ordonnances, XI, 200; Isambert, Anciennes Im
françaises, 1, 154.
(2) An 1159, n« 68; 1164, n» 124; 1176, n« 252; 1179,
n® 302. Cette prison s'appelait en latin carcer ou gabiola» Les
habitants de Provins y montaient la garde. La charte n® 252 dis-
pense de ce service les pannetiers et les fourniers de Saint-Quiriace;
la charte n® 302 accorde le môme privilège aux talemetiers des
chanoines de la chapelle du palais.
(3) Si forte ecclesiam illam ad magistratus et judices terre mee
de aliquo clamorem facere contigerit, ipsi judices predicte ecclesie
jusUtiam faciant nichil omnino inde requirentes.
(4) Clamor planus factus ad prepositum quatuor denariis emen*
daiÀtur, Cette règle est encore empruntée à la coutume de Lorris.
— 166 —
Eo 1 166, n* 128, à un de ses hommes qu*il donne
aux Templiers;
En 1169, n* 166, à ses hommes de RouiSy;
En 1170, n* 176, aux hommes de Bois-le-Comte
(confirmation en 1 176, n"" 253);
En 1172, n"" 203, aux hommes d'Avize (Marne);
En 1175, n^ 268, à Girard de Langres et à Hum-
bert Sagnerel;
En li76, n» 260, à Humbert de Villehardouin,
demeurant au faubourg Saint- Jacques, de Troyes;
Enfin, à Furbert l'Epicier de ch&teau-Thierry, par
une charte qu'Henri H confirma en li87^ n"" 361.
Les chartes de l'an 1166, n' 128, et de l'an 1175,
n* 268, contiennent un détail significatif. Ceux qui
ont obtenu ces chartes seront justiciables du comte
seul, nisiper mejusiiciabitur, dit la charte de Tan 1166,
n* 128 ; neque per alium se justiciabunt in aliquo, nm
presens ego ipse affuero, dit la charte de l'an 1175,
n* 268. Ainsi l'exemption de la justice du prévôt
n'entraînait pas exemption de la justice du comte.
A côté des exemptions dont nous venons de par-
ler, qui sont un avantage accordé à la personne
exempte, quelque chose d'analogue au privilège de
eommitUmus; il y en a d'autres qui ne sont en réa-
lité qu'une cession du droit de justice sur certaines
personnes. Ces cessions sont faites à des établisse-
ments religieux. Elles sont ou complètes, ou par-
tielles, comprennent le droit de justice plein et en-
tier ou seulement celui de basse justice.
Henri renonce, en faveur de l'abbaye de Saint-
Loup de Troyes, à la justice des domestiques nourris
par cette abbaye (an 1153, n* 19), en faveur de l'é-
glise Saint-Quiriace de Provins, à la justice des do-
— *66 —
metckioes dei chanoines (an 1178, n* 9BI). tta^
corde le même privilège à l'église SaiiM-JVioolas da
Sézanne (an 1179, n* 395). Les hôtes de l'église
d'Oolchy, sont justiciables de l'église d'OuIchy et
non du prévôt du comte à moins qu'ils ne ioîMt
marchands (an 1177, n^" 966).
La charte de l'an 1159, n* 1% nous donne on
exemple de cession partielle de justice, le comte se
réservant ce qu'on appelait d^k la haote justice.
Le maire de l'abbaye de Saint-Loup, à LuyéraB,
sera soumis à la justice de l'abbé et non à celle du
prévôt du comte dans les cas ordinaires, mais s'il
commet un crime, il sera jugé par le comte, en pré-
sence de l'abbé.
En 1161, n* 90, Henri décide que les hommes
de l'abbaye de Saint-Loup, demeurant à Troyes, se-
ront justiciables de l'abbé, sauf les.cas de vol qualifié,
d'assassinat, de viol, ou de flagrant délit da rixe
compliqué d'efiusion de sang : cas pour lesquels fls
seront jugés par le comte ou par les agents da
comte. Les mêmes cas sont aussi exceptés dans les
privilèges accordés en 1178, n* 389, et en 1179,
n"* 801, aux chevaliers de l'ordre de Saintr Jean-de-
Jérusalem pour leurs hommes ; les cas de vol qua-
lifié et de fausse mesure dans le privilège concédé
en 1179, n** 295, à l'église collégiale Saint-Nicolas
de Sézanne, pour les masures de Champguion et de
Féligny.
Il y a des exemptions de droits de justice qui sont
complètes et réelles, qui entraînent cession absolue
de tout droit de justice dans une enceinte déteraii^
née.
Le chapitre de SaintrPierre de Troyes «vaît seol
\n joidce chi bourg Saint-Denis à f royes. Dans les
premiers jours de son règne, Henri fit arrêter dans
G6 bourg un certaid Otram; puis, touché par les con-
seils de saint Bernard, il se rendit an chapitre de
SMint^Pieffe le 36 février 1153. Là, en présence de
révêque et d'une assemblée d'abbés, de clercs, de
dievaliers, il reconnut ses torts, déclara qu'il devait
réparation, et remit à ce titre son chapeau à Guerry,
al^hidîacre, poùt le conserver en mémoire de Fé-
▼èuement (an 1 1 51 , n* 2).
Bien entendu que le cloître de la cathédrale était
aussi éïempt de la justice du comte et soumis exclu-
sivement à la justice des chanoines (1), Henri ac-
corda ou confirma le même privilège à T abbaye de
Saint-Loup (3) pour les maisons des chanoines (an
i 153, tf 19; 1 164, n* 38), et pour un four (an 1 158,
n* 60), à l'église collégiale de Saint-Etienne de
Troyes, pour son cloître (an 1 157, n° 47), au prieuré
de la Hadeleine-du-Mets, près de Provins, pour un
terrain situé près de la Vouzie (3), à Tabbaye de
(1) Les chanoines avalent obtenu ce privilège du comte Hugues
60 1104 (voif notre Tome II, p. 83-84).
(2) Hugues avait conféré ce privilège à cette abbaye en 1104,
I. H, p. SfL
(3) Ce texte est assez curieux en ce qu'il énonce jusqu'où s'é-
tendait la haute-justice. La haute-justice comprenait non seulement
les cas d'assassinat, de viol, de vol qualifié, mais aussi les cas de
sang versé et de fausse mesure : Âltatn etplenariam habeantjus'
Hciam iitmti latronem et sanguinem et falsam mensuram (an 1 157,
n* 45 bis). On peut rapprocher ce texte des chartes de l'an 1159,
n* 72; 1161. n« 90; 1!78, n« 289; 1179, n~ 295 et 301, citées
plus haut, p. 166.
— 168 —
Saint- Jacques de Provins, pour un «vaste temin
compris entre les anciens et les nouveaux murs de
la ville (an 1159, n* 68), à l'église collégiale de
Saint-Quiriace de la même ville, pour le cloître et
les maisons des chanoines (an 1161, n^ 91 ; 1176,
n'' 252], et pour un terrain autour de l'église Saint-
Thibaut (an 1157, n"" 65), au prieuré de Saint-Jean-
Ch&tel de Troyes, pour la maison dite de Masceline,
située dans le marché (an 1 160, n* SU; 11 66, n* 189,
et 1 170, n* 186), pour une autre maison qui se trou-
vait aussi au marché, rue Hardouin (an 1170,
n* 182), et pour le terrain dit terre de la commune
de Saint-Jean à Troyes (1) (an 1173, n* 311); à
l'abbaye de Saint-Pierre-le-Vif de Sens, pour deux
maisons à Provins (an 1167, n« 150); à Tabbaye de
Faremoutier, pour une maison (an 1168, n* 157);
à l'abbaye de Saint-Médard de Soissons, pour le
domaine seigneurial de Damery (an 1171, n* 19&);
à l'abbaye de Montiéramey, pour les fours et les
maisons qu'elle possédait à Ghaource et à Metz-Ro-
bert (an 1 177, n"" 276); à l'église collégiale de Saint-
Nicolas de Sézanne, pour le cloître et les maisons
des chanoines (an 1 179, n* 295).
Quelquefois enfin la cession du droit de justice a
pour objet certains droits incorporels.
L'abbaye de Saint-Remy, de Reims, obtient la
justice de la pêche de la Marne à Gondé-sur-Mame
(an 1152, n"" 5); l'abbaye de Montier-la-Celle, la
(1) In terra communie que dicitur sancti Johannis, a vinea de-
functi Guidonis usque Puilliacum in longum, et a via publica que
vadit Puilliacum usque ad viam Praerie in latum, cujuscumque sit
terra que in communia est.
— 169 —
justice du droit de dime sur letonlieu du même bé-
tail aux foires de Troyes (an 1 156, n'' 26); le prieuré
de Saint-FIorentiu^ la justice de la foire du second
lundi de carême (an 1 159, n*" 69).
Ces dernières cessions de droit de justice présentent
un caractère commun : le droit de justice cédé a
pour objet des choses ou des personnes sur lesquelles
le concessionnaire de ce droit de justice avait déjà
ou recevait en même temps soit un droit complet de
propriété, soit un démembrement quelconque du
droit de propriété. Elles sont la conséquence de
cette idée vulgaire qu moyen-àge, qu'il n*y a pas de
droit de propriété complet si l'on n'y réunit la jus*
tice et même un peu de souveraineté dont la justice
n'est qu'un démembrement. Cette idée apparaît sur-
tout évidente dans uu traité entre le comte et l'ab-
baye d'Oye : devant posséder par moitié la propriété
d'un village, ils en posséderont aussi par moitié la
justice aux termes de cette convention (an 1171,
n- 197).
Mais ce qui est tout à fait exceptionnel, c^est un
privilège accordé par Henri au prieuré de Saint-
Ayoul de Provins, qui devait avoir tous les ans,
pendant les sept premiers jours de la foire Saint-
Ayoul, la justice de la ville et de la ch&lellenie de
Provins (an 1 158, n"* 9).
is
— 170 —
CHAPITRE IV,
CalCe.
Les domaines d'Henri le Libéral, les pays soamis
à son autorité immédiate relevaient au spirituel des
deux provinces ecclésiastiques de Reims et de Sens,
des sept diocèses de Gh&lons-sur-Marne , Langres,
Meaux, Reims, Sens, Soissons et Troyes. Du diocèse
de Ghàions-sur-Marne dépendaient les prévôtés (1)
de Bussy-le-Ghàteau , Vertus et Vitry ; du diocèse
de Langres, celles de Bar-sur-Aube et La Ferté ; du
diocèse de Meaux, celles de Coulommiers et de
Meaux ; du diocèse de Reims, celles d'Epernay, de
Fismes et de Mareuîl ; du diocèse de Sens, celles de
Bray, d'Ervy, de Montereau, de Provins et de Saint-
Florentin; du diocèse de Soissons, celles de Château-
Thierry, de Chàtillon- sur- Marne, de Hontfélix et
d'Oulchy; du diocèse de Troyes, celles d'Isle-Au-
mont, Lachy, Méry, Payns, Pont-sur-Seine, Rosnay,
Sézanne, Troyes, Villemaur.
Aucun des sept prélats qui gouvernaient ces dio-
cèses n'était à la nomination d'Henri; ils étaient élus
par les chapitres cathédraux. De plus, les villes ar-
chiépiscopales de Reims et de Sens, les villes épis-
(1) Voir dans notre Tome II, p. 422, la liste des prévôtés d'Heori
le Lit>éral, d'après le Peoda Campante.
— 171 —
copales de Chàlons-sar-Marne, Langres et Soissons
ne faisaient point partie de ses états (1).
Il semble donc que les évêques de Meaux et de
Troyes étaient les seuls sur lesquels il pût, par son
pouvoir féodal, avoir un peu d'action. Mais rien
n'établit qu'il ait possédé une influence quelconque
sur les titulaires de ces deux sièges. Nous savons
même que Mathieu, évoque de Troyes, qu'Etienne,
évêque de Meaux, entrèrent en lutte avec lui (2).
Les moines et les religieuses avaient recouvré le
droit d'élire leurs abbés et leurs abbesses ; nous ne
voyons nulle part qu'Henri, marchant sur les traces
de ses premiers précécesseurs, leur en ait imposé (3).
De cette ancienne puissance il ne restait qu'une
trace : les moines et les religieuses de certains mo-
nastères attendaient toujours, avant de procéder à
réfection, une autorisation qui était toujours accor-
dée. Cet usage subsistait au xiii* siècle, c'est môme
à ce siècle que remontent les seules demandes d'au-
torisation de ce genre que nous connaissions (U) :
on n'a pas conservé celles qui furent évidemment
adressées à Henri comme à ses successeurs.
(1) Il est probable qu'il en était de même d'une bonne partie du
temporel de l'évêché et du chapitre de Troyes, qui, au xvi* siècle,
ressortait du bailliage de Sens et non de celui de Troyes.
(2) Albéric, éd. Leibnitz.'II, 341, et notre CataL an 1163,
n* 131; cf. plus haut, p. 74 et 81.
(3) Voir notre Tome I, p. 142, 152, 336, et notre Tome II,
p. 304.
(4) Le plus ancien document que nous connaissions sur cette
matière, est une lettre adressée à Thibaut III, second fils
d*Henri I"*, par Guillaume de Champagne, archevêque de Reims,
— 172 —
Les seules fonctions ecclésiastiques à la nomiiuL-
tion d'Henri étaient les canonicats et une partie dei
dignités des quatre collégiales de S^int-Etienne de
Troyes, de Saint-Quiriace et de Notre-Dame-da-
Chàteau de Provips, de Saint-Nicolas de Sézanne(l).
Il est inutile d'ajouter qu'il choisissait ses aumônien
et ses chapelains. C'était un bien mince privilège
dans un temps où les fonctions ecclésiastiques étaient
si multipliées.
Si donc Henri exerça en Champagne au point de
vue religieux une action puissante, ce ne fut point
par le choix du personnel. Ce qui le distingua, ce
furent se^ immenses libéralités envers le clei^é r^
gulier ou séculier.
Le clergé régulier était représenté en Champagne
par les ordres de Saint-Beno|Y , de Saint-Augu^ii|
de Citeaux, de Prémontré et de Fontevraull, 4q
Temple et de Sajnt-Jean-de-Jérusalem.
Henri fonda l'abbaye Bénédictine de Champbenoft|
pour le prier de pardonner à l'abbaye d'Avenay, qui avait élu une
abbesse recommandée par Guillaume, et sans l'autorisation préa-
lable de Thibaut (CarL de M. de Thon, f»279 v^ Coll. de Cham-
pagne. 1. 136, p. 210).
(1) L'élection du doyen est réservée aux chanoines de Saiot-
Quiriace, par la charte de Tan 1176, n<» 352. Ce fut éviderouDeot
la riglc dans toutes les fondations de collégiales faite par Henri,
car nous voyons plus tard, à Saint-Etienne deTroyes, le doyen âo
aussi par les chanoines (Courtalon. Topographie, II, 145), et ilei
était de même à Saint-Maclon ûo Bar>sur-Aube (Pouillë du dioeète
de Langres, aux archives de l'Aube, fonds de Montiéramej) et ï
Saint-Nicolas de Sézanne (Courtalon, ropo^rap/tie, III, 318). Enfio,
on trouve le môme principe dans la charte de fondation du chapitre
de Notrc-Damc-du-Val, par Marie [Calai, n« 445).
— 173 —
et fit des doiiâtion» aux quatorze abbayes suivantes
du môme ordre.
Bricot, an 1163^ n^" 117.
Faremoutier, an 1168, n"* 157.
Lagny, an 1162, n» 4; 1160, n« 80 ; 1163, ifll3.
Molesme, ati 1162, n"" 109.
Montiéramey, an 1173, n* 205.
Montiérender, an 1176, n* 225.
Montier-la-Celle, an 1156, n'37j 1161, n* 101;
1178, n^ 290.
Oye, an 1155, !i^35; 1171, n« 197.
La ^ommeraye, an 1161, n°99.
Rebais, an 1161, nM02.
Saint-Médard de Soissons, an 1171, n"* 193.
Saint-Pierre-aux-Monts de Châ]ons-sur-Mame, an
ii66, ïï^ 163.
Saint-Pierre-le-Vif de Sens, an 1167, n» 150.
Saint-Remi de Reims, an 1152, n*5; 1166, n*160;
1171, n« 199; 1176, n^ 256.
Les onze prieurés suivants du même ordre furent
aussi l'objet de ses libéralités.
L'Abbaye-sous-PIancy (1), an 1163, n"" 116*
ChatilIon-sur-Marne (2), an 1161, n"" 89.
Francbevaut (3), an 1159, n° 75.
Méry-sur-Seine (4), an 1177, n*'277.
Le Mets-la-Madeleine-Iez-Provins (5), an 1157,
n® 45 bis.
(1) Dépendant de Molesme.
(2) Dépendant de Marmoutier.
(3) Dépendant de Molesme.
(4) Dépendant de Molesme.
(5) Dépendant de la Charité-sur-Loire.
.^.i.
— 174 -
Saint-Ayoul de Provins (i), an 1158, n"^ 9, 10;
U59, n"67.
Sainte-Foy de Goulommiers (2), an 1152, n* 7;
117/i, no 219.
Saint-Florentin (3), an 1159, n^'ôg.
Saint-Jean-en-Chàtel de Troyes (&), an 1160,
n«8û; 1172, n«20/i; 1173, no211.
Saint-Sépulcre de Samblières (5), aujourd'hui
Villacerf, an 1155, n* 32.
Ventelay (6), an 1164, n« 121.
Nous signalerons sept abbayes de l'ordre de Saint-
Augustin qui obtinrent des donations d'Henri.
Chùge, an 1155, n° 31; 1164, n« 122.
Saint-Jacques de Provins, an 1160, n*" 81, 83;
1161, n' 92.
Saint-Loup de Troyes, an 1159, n"* 60, 72; an
1162, n«" 105, 111; 1168, n« 159; 1170, n' 181;
1172, n° 207; 1176, n°260.
Saint-Marlin-ès- Aires de Troyes, an 1161, n*96.
Saint-Menge de Ghàlons -sur-Marne, an 1163,
n' 121 bis.
Soisy, an 1155, n"* 33.
Toussaints-en-l'IsledeChàlons-sur-iMarne, an 1153,
nM4.
Henri fonda Tabbaye Cistercienne de La Charmoye
(1) Dépendant de Montier-la-Celle.
(2) Dépendant de Conques (Aveyron).
(3) Dépendant de Saint-Germain d'Auxerre.
(4) Dépendant de Montiéramey.
(5) Dépendant de Cluny.
(6) Dépendant de Marmoutier.
— 175 —
(an 1169, n"* ITl), et fit diverses donations à treize
autres abbayes du môme ordre.
Bonlancourt, an 1158, n"" 51.
Cbeminon, an 1109, n" 170.
Clairvaux, an 1154, n' 20; 1167, n* 46.
La Crète, an 1156, n'' UU ter.
Igny, an 1157, m 44; 1158, n-59; 1178, n*294.
Jouy, an 1167, n« 144; 1170, nM75.
Larivour, an 1161, n"" 100.
Mores, an 1170, n* 186.
Pontigny, an 1174, n"* 214.
Quincy, an 1163, n* 112.
Le Reclus, an 1164, n"" 127.
Trois-Fontaines, an 1170, n° 190.
Vauclair, an 1157, n"" 44 bis.
Cinq abbayes de Tordre de Prémontré obtinrent
ses faveurs. Ce furent :
Beaulieu, an 1154, n"* 29.
La Ghape]le-aux-Planches, an 1157, n"* 49.
Prémontré, an 1178, n* 281.
Val-Chrétien, an 1178, n*» 282.
Val-Secret, an 1154, n* 21.
II accorda ses bienfaits à l'abbaye de Fontevrault,
an 1175, n^ 238, et à deux prieurés de cet ordre :
Fontaines, an 1170, n"» 173, 176.
Foicy, an 1169, n'74.
Nous avons des chartes de lui en faveur de Tordre
de Saint- Jean-de Jérusalem (an 1179, n*« 289, 301)
et de Tordre du Temple (an 1152, n"* 6; 1159, n"" 65;
1164, n' 128; 1173, n° 210).
Ainsi donc, sans parler des hôpitaux auxquels
nous consacrerons un chapitre spécial, nous con-
naissons cinquante-sept établissements religieux ré-
— 176 —
guliers qui furent l'objet des libéralités d'Henri.
Combien d'autres qui nous échappent, soit que le
temps n'en ait pas laissé de traces, soit qae nous
ayons à nous reprocher l'insuffisance de nos recher-
ches!
Enfin nous n'oublierons pas les démarches qtfil
fît feire par Pierre, abbé de Montier-la-Celle, potr
obtenir une colonie de Chartreux qu'il voulait établir
à ses frais dans ses états (1).
Henri marchait sur les traces de son père, dont
nous avons raconté les pieuses largesses envers les
moines. Il imitait sa mère, fondatrice de l'abbaye de
la Pommeraye (2) et du prieuré de Saint-Liénard-
lez-Provins (3), bienfaitrice du Paraclet (4) et du
prieuréde Saint-NicolasdeChalautre (an il60,n*87),
morte le 15 décembre (5) 1160 ou 1161 (6), sous
(1) Pétri Cellensis epistokT, V, 12. Cette lettre est dans Tédi-
tion de M. Migne, la 48"* du livre i*'. Patrologie, t. CCU, col.
472474.
(2) Gall. Christ., XII, 190 D et Inatr., 38-39.
(3) Bourqaelot, Hist, de Provins, I, 104. Celte fondation eut
lieu en 11 6U.
(4) Cart. du Paraclet, Bibl. de Troyci^, ms. 2284, charte
n<» LXXII.
(5) Extrait des Nécrologes du Paraclet et de Saint'Jacques de
Protfins, Bibl. Imp., Coll. de Champ., 1. 135, p. 291. Le Nécro-
loge du prieuré de Collinauces, ap. Duplessis, Hist. de l'église de
Meaux, II, 465, met son obit au 11 du môme mois.
(6) Mathilde vivait encore en 1160, puisqu'elle fonda cette année
le prieuré de Saint- Liénard, que cette année elle lit une donation au
prieuré de Chalautre. En 1161 elle était morte (voir la charte donnée
par son fils à Tabbaye de la Pommeraye en 1161, n^ 99).
— 1T7 —
l'habit des religieuses de Fonlevrault (1). Mais il les
dépassait de beaucoup en générosité, justifiant ainsi
ce surnom de Libéral que lui donnaient ses conteni'^
porains, que lui conserva la postérité.
Ses dons, si nombreux au clergé régulier, pâlissent
auprès de ceux que reçut de lui le cierge séculier par
la fondation des six églises collégiales de Saint-Nicolas
de Pougy, de Saint-Quiriace de Provins et de Notre-
Dame-du-Chàteau de la môme ville, de Saint-Etienne
de Troyes, de Saint-Maclou de Bar-sur-Aube , de
Saint-Nicolas de Sézanne.
Nous ne répéterons pas ce que nous avons dit déjà
de Saint-Nicolas de Pougy (2).
L'église collégiale de Saint-Quiriace avait été
transformée par Tliibaut II en une abbaye régulière
de Tordre de Saint-Augustin. Henri, en 1157, dé-
plaça les chanoines réguliers qu'il transféra à l'hô-
pital Saint- Jacques, et établit à Saint-Quiriace un
nouveau chapitre séculier qui dut à l'origine avoir
cent chanoines, réduits à quarante-quatre en 1176,
n- 262.
L'année de la fondation de Saint-Quiriace est
celle de la fondation de Saint-Etienne de Troyes (3).
(1) Telle est la tradition constatée par Lepelleller, Hist, des
Comtes de Champagne^ l, 227. Nous ne savons pas sur quoi elle
repose. MathiMe n'aura sans doute pris l'habit qu'au moment de
mourir, comme c'était alors fréquent. Elle fut enterrée non à
Fontevrauk, mais fort loin de là, dans l'abbaye de la Pommeraye,
comme le prouve la charte d'Henri, 1161, n^ 99 ; il nous paraît donc
peu vraisemblable qu'elle soit morte religieuse i^ Fontevrault.
(2) Voir plus haut, p. 19.
(3) An 1157, n» 47.
— 178 —
Cette église fat bâtie par le comte, à côté de son pa-
lais (1), pour servir de chapelle (2), et quand Henri
habitait Troyes, c'était là qu'il allait entendre la
messe (3). Suivant une tradition qui parait authen-
tique, il y établit au moins soixante-douze cha-
noines (&).
Deux ans après il créa le chapitre de Saint-Macloa
dans son château de Bar-sur-Aube (5). Nous igno-
rons combien il y avait de chanoines dans l'origine;
au commencement du xviii® siècle^ on en comptait
vingt-six, plus le doyen (6).
En il6& il établit celui de Saint-Nicolas de Sé-
zanne, composé de cinquante chanoines (7).
La charte de la collégiale de Notre-Dame du châ-
teau de Provins est de 1179, n* 302. Le nombre
des chanoines était de quatre ; ils devaient faire le
service de la chapelle du palais (8).
Le nombre total des canonicats fondés par Henri
(1) Eccleslam beatx protomartiris Stephani Tredsjuxta domMm
meam construxerim, an 1157, n''47.
(2) La charte de l'an 1159, n*" 76, est datée de Troyes, anU
altare beati Stephani in capella mea,
(3) Voir l'anecdote d'Artaud, dans Joinville, éd. Dldot, p. 29.
(i) Courtalon, Topographie historique, II, 144.
(5) In Castro meo Barri, an 1159, n« 73; 1170, n» 178.
(6) Pouillé du diocèse de Langres, aux Ârch. de TAube, fonds
de Montiéramey.
(7) Charte n« 126, cf. Courtalon, Topographie, III, 318.
(8) Bourquclot, Hist, de Provins, I, 381. Il paraît qu'il y avait
des chapMles dans la plupart des châteaux du comte de Champagne.
11 est question de celle du château de La Ferté-sur-Aube en 1149
(Blampignon, Uist. de sainte Germaine, p. 204), de celle du chl-'
— 179 —
est de cent quatre-vingt-seize au moins, plus du
quari de ce qu'il en existait en France, en notre
siècle, avant Tannexion de la Savoie.
Enfin nous aurions tort d'oublier les libéralités
d'Henri envers les cathédrales de Meaux (an 1152,
!!• 8 ; 1156, n« 38); de Langres (an 1157, n» 50; 1159,
n* 62; 1182, n* 326), et de Troyes (an 1170,
n* 180), et envers le chapitre de Joinville (an 1179,
n* 305).
A quoi bon celte prodigalité, dira-t-on? et à quoi
servaient tous ces chapitres? Mais au xii** siècle, au
XIII* et pendant le reste du moyen-âge, les chanoines
étaient beaucoup plus occupés que de nos jours, et
un canonicat n'était pas une sinécure. Les chanoines
se relevaient la nuit pour chanter matines, de jour
ils chantaient toutes les heures et deux grand' -
messes (1). Ces offices devaient leur prendre quoti-
diennement sept à huit heures, le temps que passent
dans leurs bureaux les employés de l'Etat ; et les dis-
teau de Coulommiers en 1152, n° 7. Suivant cotte charte, personne
ne peut, hors la prdsence d'Henri ou de sa femme, célébrer la messe
dans la chapelle du château sans le consentement des moines de
Sainte-Foy. Nous avons déjà parlé, II, 398, d'une charte de Thi-
baut II, datée de Meaux, dans sa chapelle, 1148. Dès l'année 1105
ou environ, une charte du pape Pascal II confirmait au chapitre de
la cathédrale de Langres les droits de juridiction sur un grand
nombre de châteaux, c'est-à-dire évidemment sur les chapelles de
ces châteaux; le château de Bar-sur-Aube y est compris (GalL
Christ, nov., IV, Instr,, 153 C).
(1) Voir notamment les comptes de Saint-Etienne de Troyes, aux
Archives de l'Aube, et dans les Décrétales de Grégoire IX, III, 41 ,
cap. 11 , an. 1220, un passage relatif à l'usage de célébrer dans les
chapitres deux messes par jour.
— 180 —
tributions manuelles, où s'employait une bonne par-
tie du revenu des chapitres, étaient une garantie
d'exactitude que n'ont pas conservée la plupart de»
administrations modernes.
Cependant, au xii® siècle, la vie austère des moines
leur attirait une sympathie que ne pouvaient obte-
nir des chanoines séculiers, de mœurs exemplaires
sans doute, mais avec des habitudes beaucoup moins
mortifiées. Le roi Louis VII voulut un jour le faire
entendre à Henri : « Vraiment, comte, » lui dit-il,«il
faut que vous soyez fou ; vous dissipez le patrimoine
de vos enfants, et le résultat de vos efforts est d'en-*
richir des clercs efféminés. »
Henri lui répondit que les chapitres avaient à ses
yeux un grand avantage sur les abbayes. L'adminis-
tration du temporel de chaque abbaye était con-
centrée entre les mains de l'abbé, dignitaire inamo-
vible dont les fautes ou la prodigalité pouvaient rui-
ner la communauté et en réduire les membres aux
dernières extrémités du besoin. Dans les chapitres
séculiers, au contraire, chacun avait son revenu dont
il disposait à son gré, et s* il le dissipait follement, il
ne faisait tort qu'à lui seul (1).
Parmi les donations d'Henri le Libéral, quelques-
unes sont faites à charge d'un emploi déterminé.
C'est ainsi qu'il fonda l'anniversaire de son père à la
cathédrale de Meaux (an 1152, n* 3), et dans l'église
abbatiale de Lagny (an 1152, n'^ &). C'est ainsi que
(1) Chronicon anoîiymi canonict Laudunensis, ap. D. Bouquet,
XIII, 680 A. Voir aussi sur cette matière la curieuse lettre adressée
à Henri par Philippe, abbd de Bonne-Es|)érance (D. Bouquet, XVI,
705).
— 181 —
d£)DP Ia inénie église de Lagny il Qt établir, au-dessus
4u tombeau de son père, une lampe qui brûlait en-
çp^e |i la fin du xvii^ siècle (an 1160, n"" 80). Avec
dix 80I4S de rente donnés par lui à l'abbaye de
Jouss^ints-en-VIsle de Ghâions-sur-Marne, l'abbé
devait tpusleaans, le jour de l'Invention de la Sainte-
Croix, faire servir ^ux religieux un plat de supplé-
aient. En 1170, n"^ 183, une rente de cent sous, à
prendre sur le domaine du comte, devient la pro-
priété du prieuré de Saint-Jean-en-Chfttel deTroyes,
à condition que les mojqes se rendront à l'enterre-
ment des chanoines de Saint-Etienne et célébreront,
chs^que année, dans leur église, un service en mé-
moire des chanoines décédés. En 1172, n"" 20/i,
Henri {ichéite une vigne et un verger situés entre le
prieuré de Saint-Jean-en-Chàtel et l'église Notre-
P^fne-la-Dorée, puis il les cède à ce prieuré pour
mettre les moines à même de se rendre à Notre-
D£|ipe<la-DoFée sans sortir de leur clôture, et il em-
poche ainsi la suppression de cette église.
(lenri avait une dévotion profonde aux reliques,
et cette dévotion fut le motif de quelques-unes de
ses libéralités. Le 23 octobre 1161 (n"" 102), se trou-
irant à Vabbaye de Rebais, il se fit céder par Tabbé
un fragment du suaire de J.-C, un morceau du bras
du prophète Elisée, une dent de saint Lazare, mar-
tyr, et deux de sainte Geneviève : le tout fort peu
aqthentique, les deux premiers articles surtout ; les
n^oines reçurent en échange une rente de soixante
sous.
En 1167, n** 150, il rapporta de Saint-Pierre-le-
Vif de Sens des reliques de saint Potentien et de
s^int Altin, qu'il déposa respectueusement à Saint-
- 182 — .
Etienne de Troyes, et en reconnaissance il donna à
Tabbaye de Saint-Pierre-le-Vif des biens à Saint-
Loup de Naud et deux maisons à Provins. En 1170,
n"* 182, il reconnut devoir au prieuré de Saint-Jean-
en-Ghàtei quinze sous de rente pour l'entretieo
d'une lampe devant les reliques de saint Biaise.
Un jour, raconte Albéric, Henri eut une vision; il
lui sembla qu'il était tombé dans un puits et qu'une
vierge nommée Hilde le délivrait du danger. Après
cette vision, il désira vivement savoir ce que c'était
que sainte Hilde, et alla aux informations. Un cheva-
lier trouva le corps de cette sainte dans un sac de
cuir de cerf. Henri transféra ce corps à Troyes, et le
déposa à Saint-Etienne dans un vase d'ivoire. Sainte
Hilde était, dit-on, une servante de sainte Hélène,
mère de Constantin (1).
Enfin il était de tradition, au xvii* siècle, qu'une
côte de saint Thomas, apôtre, conservée au trésor
de Saint-Etienne de Troyes, avait été rapportée d'O-
rient et donnée à celte collégiale par notre comte (2).
Nous sommes malheureusement sans détails sar
les vêtements sacerdotaux, les vases sacrés d'or et
d'argent, les châsses ornées de pierreries, les livres
précieux donnés par Henri aux églises qu'il avait
fondées, à ces églises où les voix des chanoines ré-
pétant à l'unisson les psaumes et les hymnes, « loi
» faisaient, » dit-on, « le môme plaisir que s'il eût
» entendu la splendide harmonie du firmament et
» des astres, lui semblaient un avant-goût des sym-
(1) Albéric, ap. D. Bouquet, XIII, 707D.
(2) Trésor de Saint-Etienne de Troyes, par M. Coffinet, p. 15.
— 183 —
» phonies angéliques et des chants célestes (1). )>
M. l'abbé Goffinet a publié dernièrement un in-
ventaire du trésor de Saint-Etienne de Troyes au
XYiu* siècle; mais parmi ces richesses si nombreuses
et si dignes d'admiration, nous ne savons de quels
objets on peut avec certitude attribuer l'origine à la
libéralité d'Henri.
Aujourd'hui, abbayes, prieurés ou chapitres dotés
ou fondés, reliquaires, chefs-d'œuvre d'orfèvrerie
ou de textrine, tout a disparu, balayé par la tem-
pête révolutionnaire ; deux seules choses restent :
devant Dieu la bonne volonté d'un cœur généreux,
devant les hommes la mémoire d'un prince illustre.
Henri, comme tant d'autres barons du moyen-àge,
croyait par ses dons ne faire qu'une œuvre pieuse,
et c'est par là surtout qu'il s'est assuré une place
dans le souvenir de la postérité. Les chartes de do-
nations aux établissements religieux sont une des
principales sources de l'histoire du xii* siècle. Com-
bien de hauts personnages dont la grandeur anéantie
n'aurait pas survécu à la mort, s'ils ne s'étaient pas
quelquefois souvenus de Dieu, et si les archives des
monastères et des chapitres ne nous avaient conservé
dans des titres de libéralités pieuses, une foule de
détails de biographie, d'histoire générale, souvent
les détails les plus précieux, négligés par les chro-
niqueurs !
(1) Lettre de Philippe, abbé de Bonne-Espérance, à Henri, ap.
D. Bouquet, XVI. 705 A.
— 184 ^
CHAPITRE V
L^histruGtion publique n'était pas plus que le calte
soumis à l'influence directe d'Henri. Elle était placée
sous l'autorité de l'Eglise : donnée par des profes-
seurs libres, elle dépendait des chapitres caihédran
et des collégiales qui accordaient la licence d'ensei-
gner (i); officielle, elle se trouvait dans les écoles des
chapitres et des monastères.
Trois chapitres calhédraux, en Champagne^ ont
été surtout au xii** siècle distingués par leur ensei-
gnement et comme centres littéraires : les chapitres
de Ghàlons-sur-Marne, de Reims et de Troyes.
Ghàlons-suivMame eut pour évéque, au commen-
cement du siècle, le fameux philosophe Guillaume
de Champeaux maître d'Abélard; Haimon de Ba-
zoches,abréviateurde la Pannormt>d'Ives de Chartres,
y devint aussi évêque après y avoir été archidiacre.
La cathédrale avait un bibliothécaire (2). En 1166
(1) Nous avons encore une lettre du pape Alexandre III au cha-
pitre de Châlons-sur-Marne, pour lui défendre de vendre Tautorisa-
lion d'enseigner (D. Bouquet, XV, 851-852). La charte de l'an
1176, n® 252, nous apprend que personne ne pouvait enseigner
dans la châtellenie de Provins sans l'autorisation du chapitre de
Saint-Quiriace.
(2) Histoire UUéraire, IX. 38-39, 62-63; X, 307-315; XII,
426-428.
— 185 —
ou 1467 nous voyons dans le diocèse, hors de la
ville épiscopale, des clercs qui veulent enseigner
« la science littéraire (1). »
Le chapitre de Reims avait deux écoles, une pour
les clercs, une pour les laïcs (2). Deux directeurs
de ces écoles sont particulièrement célèbres : le scho-
lastique Hesson dont nous avons une relation du
concile de Reims en 1119 (3), et le scholastique
Albéric, qui commença ses études à Reims sous le
scholastique Godefroi, qui se perfectionna par les
leçons d'Anselme de Laon et de Guillaume de Gham-
peaux, et qui, après avoir dirigé les écoles de Reims,
professé la dialectique au mont Sainte-Geneviève de
Paris, devint archevêque de Bourges. A Reims, son
enseignement avait tant de succès que le nombre
des écoliers égalait, dit-on, celui des citoyens (â).
Plus tard, Reims eut pour archevêque, dans la per-
sonne de Guillaume de Champagne, un des plus zélés
et des plus magnifiques protecteurs des lettres que
l'on connaisse en ce siècle.
A Troyes, on remarque Tévêque Hatton, qui
entretint une fréquente correspondance avec saint
Bernard et avec Pierre le Vénérable, abbé de CIu-
ny (5); l'archidiacre Gibuin, dont Hildebert du Mans,
et Nicolas de Montiéramey vantent beaucoup l'éru-
dition et l'éloquence, et qui laissa des sermons (6) ;
(1) D. Bouquet. XV, 851-852.
(2) Hist. littéraire, XII. 70.
(3) Hist. littéraire, XII. 204.
(4) Hist, littéraire, IX, 33, 67; XII, 72 et suivante.
(5) ^i«^K«., XII, 226-229.
(6) HUt. ««., IX, 44, 180; XII, 230.
18
— 186 —
Pierre Comestor qui^ né à Troyes^ y devint doy»
en 11A7, professa ensuite à Paris, devint chancelier
de Notre-Dame, et composa la célèbre Histoire sduh
laslique (i); enfin, Progom, auteur de Topiqueê imi-
tés d'Âristote (3).
Parmi les écoles monastiques on en distingue frfo-
sieurs.
Montiéramey forma Nicolas, secrétaire de Mint
Bernard, puis ami et protégé d'Henri le Libéral.
Montier-la-Celle eut pour élève et pour abbé le
fameux Pierre de Celle, depuis abbé de Saint-Remy
de Reims, enfin évéque de Chartres ; M ontier-la-
Celle servit d'asile à Jean de Salisbury, un des écri-
vains les plus féconds et le plus spirituel de soil
siècle. Dans cette abbaye on enseignait la théologie,
la philosophie, l'histoire et même le droit civil (8).
Saint-Remy de Reims^ après Montier-la-Celle,
posséda Pierre de Celle, qui ne quitta la crosse ab'
batiale que pour le siège épiscopal de Chartres;
Saint-Remy, comme Montier-la-Celle, donna l'hospi-
talité à Jean de Salisbury. De là, Pierre écrivait à
Barthélémy, évéque d'Exeter, pour Tinviler à venir
partager la paisible retraite de Jean : a Vous auref
x> des livres en quantité, » lui disait-il, « et pour
0 étudier rien ne vous manquera (A). »
De Saint-Nicolas de Reims sortirent Drogon, abbé
de Saint-Jean de Laon, puis cardinal d'Ostie; Geof-
froi Cou-de-Cerf, abbé de Saint-Thierry et de Saint-
(i) Hî8t. IHL, IX, 64, 158; XII, 12-17.
(2) HisLlitL.lX, 185; X, 268.
(3) HisL lut., IX, 102-103; XIV, 237 et suivantes.
(4) ^is^/tW., XIV. 238-239.
— 187 —
Médard de Boissons, Où il dirigea lui-môme Técole,
puis évéquc de Ghâlons sur-Marne; Guillaume, abbé
de Saint-Thierry, dit vulgairement Guillaume de
Saint-Thierry, tous célèbres par leurs écrits (1).
Quoique la réforme cistercienne n'eût pas, surtout
à ClaJrvaux^ un but littéraire, les disciples de saint
Bernard occupent au xii"" siècle un rang distingué
dans cette phalange d'esprits élevés que nourrit le
sol de la Champagne : tant il est vrai que tous les
progrès intellectuels se touchent, et qu'on ne peut
développer les facultés religieuses sanâ arracher en
même temps à l'inertie de la vie matérielle les autres
forces de l'intelligence! Devant le nom de saint Ber-
nard, tous les autres pâlissent ; cependant les histo-
riens de notre littérature n'ont pas oublié les abbés
Pierre Monocule (2) et Ponce (8), les prieurs Geoffroi
de Péronne (U) et Jean l'Hermite (5) ; les moines
Alcher (6), Melchiade (7), Pierre de Boye (8), Tra-
simond (9).
Le Paraclet, après avoir été le théâtre de l'ensei-
gnement d'Âbélard et des succès oratoires de cet
— —
(1) HUt. liU.. IX, 96; XI, 699-701; XU, 185-190, 312-
^33.
(2} Bi»t. m., XIV, 620-623.
(3) Bitt. m., XrV, 624-625.
(4) Bitt. lut.. XIV, 426-428.
(5) Bist. liU., XIV, 222-224.
(6) But. {tM., XII, 683.
(7) But. m., X,268.
(g) Bi$t. m., XII, 686.
(9) Bitt. liU., XIV, 395-399.
— 188 —
homme prodigieux, le Paraclet, simple abbaye de
femmes, fut digne de son fondateur; à côté de
l'étude de l'Ecriture Sainte , des saints Pères et da
plain-chant, on y pratiquait celle de la médecine et
de la chirurgie. Les religieuses y apprenaient non
seulement le latin, mais, si les prescriptions d*Abé-
lard étaient suivies, le grec et l'hébreu, que dans
tous les cas savait l'abbesse Héloïse (1).
Enfin, si des abbayes nous descendons aux prieu-
rés, nous trouvons Âbélard professant à Saint- Ayoul
de Provins (2); nous voyons une école à Réthel, dam
un prieuré de l'abbaye de Saint-Remi (3).
Tout cet enseignement est ecclésiastique. Tous les
hommes de lettres qu'il produit appartiennent au
clergé, et la littérature qui en sort n'est pas encore
sécularisée. La France littéraire d'alors, telle qu'elle
nous apparaît en Champagne, peut être comparée i
un enfant auquel l'église fait l'école.
La littérature mondaine existait pourtant déjà, et
l'un de ses représentants les plus illustres au xii* siè-
cle est né sur le sol champenois. Le nom sous lequel
il est connu, le nom qu'il doit à sa naissance, a ré-
pandu sur sa patrie une partie de la gloire qu'il s'est
acquise, mais nous ignorons à quel titre sa patrie
peut la revendiquer. Chrétien de Troyes, fuyant le
sol inhospitalier qui l'avait vu naître, alla porter son
talent littéraire à la cour de Philippe d'Alsace, comte
de Flandre, et nous ne voyons pas qu'il ait jamais
(1) Hi$t. liU., IX, 128.
(2) £rt«<./i«., IX, 84-85.
(3) Hist. m., IX, 95-96.
— 189 —
eu aucune relation avec Henri le Libéral. Marie pa-
rait avoir cependant compris les torts de son époux,
et, sans doute dans son veuvage, elle se fit dédier par
Chrétien le Roman de la charrette. Voilà tout ce qu'a
fait pour la Champagne, bien que champenois, le
plus fécond des romanciers du xii* siècle (1).
Le genre d'étude auquel se plaisait Henri était
trop sérieux pour se concilier avec le goût de cette
littérature légère, et à parler franchement nous ne
pouvons le blâmer bien vivement s'il a trouvé quel-
quefois les romans de son temps un peu soporifiques.
Bien entendu que nous ne parlons pas des romans
d'aujourd'hui.
Nous avons déjà nommé Etienne, précepteur ou
maître d'Henri (2) : un précepteur ne prouve pas
rinstruction de l'élève. Thibaut H aussi avait un
précepteur (3), et nous ne voyons nulle part que ce
précepteur lui ait appris grand chose (&). Henri, au
contraire , étudia les arts libéraux ; il fut pendant
plusieurs années a soumis à la discipline des écoles, »
et il parait môme, qu'en dépit de sa naissance, on ne
lui ménagea pas les coups de férule (5). Aussi, devenu
comte, il ne ressemblait pas à certains de ses contem-
porains dont parle sans les nommer, dans une lettre
(1) Sur Chrétien de Troyes, voir YHUt. lUt., XV. 193-264 ;
Rolland. Chrestien von Troyes^ eine literatur-geschichtliche unter-
suchung, Tubingue, 1854, in-8*. Le Roman de la Charrette a été
publié par M.Tarbé. Reims, 1854, in-8<».
(2) Voir plus haut, p. 10.
(3) Voir notre Tome II. p. 176, 268-270.
(4) Voir notre Tome II, p. 269-270.
(5) Lettre de Philippe, abbé de Bonne-Espérance, à Henri, ap.
D. Bouquet, XVI, 703 CD.
— IQO —
qu'il lui adresse, Philippe, abbé de Bonne-Espérance,
et que cet abbé compare à des ânes parce qu'ils ne
savaient pas le latin (1). La grande récréation d'Henrii
entre deux expéditions militaires ou entre deux au-
diences, était de se retirer dans son cabinet pour lire
dans la langue originale soit un classique latin, soit
un auteur ecclésiastique (2). Il existe encore à la
Bibliothèque impériale un beau manuscrit de Valère
Maxime, copié pour lui à Provins en 1167 (3).
Ce Valère Maxime, et un psautier carlovingien en
lettres d'or, conservé autrefois au trésor de Saint*
Etienne, maintenant à la cathédrale de Troyes, sont
les seuls livres de notre comte que nous connaissions
aujourd'hui, mais il en possédait évidemment beau-
coup d'autres. II semble, par exemple, qu'il avait
beaucoup lu Végèce, auquel Jean de Salisbury, lai
écrivant, le renvoie en deux mot8,votre Végèce, vesier
Vegetius (à). Il lisait les épitres de saint Jérôme (5).
(1) Lettre de Philippe, ap. D. Bouquet, XVI, 704 DE.
(2) Lettre de Philippe, ap. D. Bouquet.'XVI. 703 E.
(3) Bibl. Imp., Suppl. lat. 670. 149 feuillets. Â la fin, on lit :
Titulus scriptoris féliciter emendati. Descriplum Pruvini jusm
illustris comitis Henrid. WiUelmus Anglicus, Anno incamaH
Verbi M^C^LX^VII, indiciioneXV^^, — Nous devons à M. L.
Delisle la connaissance de ce manuscrit. Il est question de l'ëcriviiQ
Guillaume l'Anglais dans la charte de Tan 1155, n^ 34. Quant au
manuscrit, nous ferons une remarque, c'est que Jean de Salisbury,
dans sa lettre 172 (voir l'édition de 1611, p. 278-288), parle à
Henri de Valère Maxime.
(4) Lettre 172 de Jean de Salisbury dans EpiU. Gerberti, etc.,
ex bibliotheca Papirii Massonis. Paris. 1611, in4*», p. 278-2$8.
Le passage cité se trouve à la page 288.
(5) Voir la môme lettre un peu plus haut.
- 191 —
Il lisait les productions des auteurs latins (c'est-à-
dire des théologiens et des philosophes scholastiques)
de son temps, et quand dans ses lectures il rencon-
trait une difficulté, il en demandait par écrit ou de
vive voix la solution aux savants contemporains ou
aux ecclésiastiques dont il s'entourait. On aurait donc
tort de se le représenter comme tel autre galant
chevalier dans un cercle de dames, faisant le vers
de société, et discutant, par une sorte de passe-temps
joyeux, ces questions de galanterie un peu crue qui
furent longtemps de mode au moyen-âge; savoir,
par exemple, lequel est le plus doux d'embrasser
9on amie sans la voir ou de la voir sans l'embras-
ser (1). Au lieu des dames, Henri recherchait les
moines et les chanoines, je ne dis pas les plus pieux,
comme le faisait son père, mais ceux qui avaient la
plus haute réputation de science, et il leur écrivait
en latin ; eux lui répondaient aussi en latin, mêlant à
leur prose, un peu barbare, des citations de Virgile,
d'Horace, d'Ovide, d'Apulée et d'autres classiques
entre-mêlés de textes bibliques et d'extraits des
saints pères. Voici un spécimen des questions qui
le préoccupaient :
Quel est le nombre des livres de l'Ancien-Testa-
ment?
Quel est le nombre des livres du Nouveau-Testa-
ment?
Pourquoi saint Jérôme, dans sa lettre au prôtre
Paulin, sur tous les livres de la Bible, dit-il que le
(1) Chansons de Thibaut IV, comte de Cfiampagne et de Prie,
roi de Navarre, éd. ide M. Tarbé, p. 10Shp107.
— 192 —
philosophe Apollonius trouva dans le sable la table
du soleil (i) ?
Pourquoi, dans la même lettre, saint Jérôme parie
t-il des centons de Virgile et d'Horaére (2) ?
Où a été écrite pour la première fois et que veut
dire une maxime enseignée et répétée par beaucoup
de gens et ainsi conçue : ce qui n'existe pas est plus
laid que ce qui existe (3)?
C'est avec Nicolas de Montiéramey qu'Henri pa-
rait avoir formé sa plus intime liaison littéraire. Ni-
colas, champenois, moine de l'abbaye de Montié-
ramey, après avoir assisté à la condamnation d'A-
bélard au concile de Sens, avait été chargé, par saint
Bernard, de porter à Rome des lettres relatives à
cette grande affaire; il avait su se concilier les
bonnes grâces de l'illustre et saint abbé de Clair-
vaux, qui l'avait pris pour secrétaire. Nicolas ca-
chait de l'ambition et d'autres vices encore, sous
une apparence de piété : Clairvaux lui semblait le
chemin de la renommée, qui était le but de ses dé-
sirs; il trompait saint Bernard par les dehors d'une
humilité feinte; environ dix années s'écoulèrent
avant qu'on ne parvînt à le démasquer. En6n, pris
(1) La lettre de saint Jérôme, ciU^e ici, est la seconde à Paulin,
intitulée De studio scripturarum. Dans l'édition de saint Jérôme,
donnée par Jean Martianay, Paris, 1693-1706, cette lettre est la
cinquantième de saint Jérôme, et le passage dont il s'agit se trouve
à la colonne 569 du tome IV. Jean de Salisbury explique ce texte
par un autre de Valère Maxime, lib. IV, cap. I, de animi mode^
ratione, qui n'y a aucun rapport.
(2) Saint Jérôme, éd. Martianay, t. IV, col. 571.
(3) Voir la même lettre de Jean de Salisbury.
— 193 —
sur le fait, il fut chassé comme faussaire. Il volait
le sceau de saint Bernard et le mettait secrètement
au bas de pièces de sa façon qu'il expédiait ensuite ;
il avait forcé saint Bernard à substituer un second
sceau au premier, et quand on Texpulsa, les moines,
en le fouillant, trouvèrent sur lui et ce second sceau
et celui du prieur et de Purgent volé. Saint Bernard
en informa le pape Eugène III par une lettre où il
compare Nicolas à Judas (1). Il semble qu'après un
pareil éclat Nicolas devait disparaître à jamais de la
scène du monde. Quel titre avait à l'indulgence ce
misérable écrivailleur? Mais il est une certaine pu-
deur qui, plus encore que celle de la chasteté, man-
quait au moyen-àge. Certains crimes aujourd'hui
impriment au front du coupable une flétrissure in-
délébile : il semble qu'au moyen-àge tout homme
eût le droit de ne rougir de rien, et l'impudence du
vice égalait cette sainte audace de la vertu qui nous
étonne alors dans tant d'âmes énergiques.
Quelques années après, nous retrouvons Nicolas
moine à Montiéramey. Adrien IV, alors pape, non-
seulement l'appelle son cher fils, ce qui était de for-
mule, mais ajoute que cet homme lui est très-cher
et très-agréable, et s'adressant à l'évoque de Beau-
vais : « Au nom du respect que vous devez à saint
Pierre et à nous, » lui dit-il, « je vous invite à accor-
der amour et honneur à Nicolas. » L'évoque de
Beauvais était alors Henri de France, ancien moine
(1) S. Bernardi epistola 298. On trouva sur Nicolas denarios,
c'est -à-dire des pièces d'argent valant un denier, et aureos^ c'est-
à-dire des pièces d'or romaines ou mérovingiennes qui étaient encore
en circulation.
— 194 —
de Clairvaux et disciple de saint Bernard, dont la
langue vengeresse, frappée par la mort, venait à peine
de se refroidir (1). Lors du schisme de Tantipape
Viclor, le moine intrigant eut l'adresse et le bonhear
de se mettre du côté du plus fort, c'est- à-dire^ di|
côté du pape Alexandre III, qui le recoaimanda à
diiTérentes personnes, notamment au comte de Cham-
pagne. Depuis, nous trouvons Nicolas au mieux dans
les bonnes grâces d'Henri qui^ dans plusieurs chartes,
l'appelle son cher ami, Nicolas s'était fait nommer
par l'abbé de Montiéramey au prieuré de Saint-
Jean-en-Chàtel qui, situé à Troyes, lui donnait pour
demeure une grande ville et la principale résidence
de son protecteur. Non content de cet avantage ^
violant son vœu de pauvreté, ce qui n'étonnera
personne, il se fit assigner par le comte des revenus
particuliers distincts de ceux du prieuré. Henri lui
accorda la jouissance du loyer de la maison de Mas-
celine au marché de Troyes (an 1160, n"" SU ; 1164,
n^ 129; 1170, n"* 184); il y ajouta cent sous de
rente à prendre sur les revenus de l'église Saint-
Etienne (an 1170, nM 83)
Rien ne prouve que Nicolas fût alors converti.
Nous savons qu'à l'époque où il jouissait des bonnes
grâces du prince champenois, il se répandit dans le
public des lettres supposées qu'un faussaire avait
scellées du sceau du comte. Nicolas, dans une dé-
pèche à Ârnoul, évêque de Lisieux, en accuse un
(1) La letlre d'Adrien à Tévèque de Beauvais est imprimée d^ns
Martèoe, AmplisHma collectio, t. II, p. 644, col. 1.
-- 195 —
jeune clerc qu'il voulait faire sévèrement punir (1).
Quel était le vrai coupable? Nous nous demandons
avec un des auteurs de VHisloire litléraire si le
prieur de Saint-Jean-en-Chàtel n'intervertissait pas
les rôles en prenant celui d'accusateur. Tant de ri-
gueur chez le faussaire de Clairvaux ne pouvait
guère être de la bonne foi.
Pour qu'on puisse juger du mérite littéraire qui
était le seul titre de Nicolas à l'estime de ses con«
temporains, nous allons reproduire une lettre qu'il
écrivit au prince champenois. On y verra que si le
prieur de Saint-Jean-en-Chàtel possédait quelqu'ins-
truction, il n'avait pas meilleur goût que la plupart
des petits écrivains de son temps.
« Au prince sérénissime et à son très-cher seigneur
w Henri, comte de Troyes, frère Nicolas, pécheur
I) par la vie, moine par Thabit, souhaite le salut qui
>i vient de la source du salut.
i> Le philosophe a dit : « Je crois que l'état des
» choses humaines sera heureux quand de deux
» choses l'une, ou les philosophes deviendront
» princes, ou les princes se feront philosophes. »
» Parole admirable qui semblerait sortie non d'une
D bouche humaine, mais de la bouche de Dieu.
» Qu'est-^ce, en effet, qu'un homme sans lettres, si-
» non le sépulcre d'une àme raisonnable qui bien
>i que vivante est ensevelie dans le tombeau? Les
x> lettres sont la route qui mène à l'honneur, et l'hon-
(1 ) Dans MaximaBibliotheca Veterum Patrum, t. XXII, p.l336,
col. 2. Lyon, 1677, on trouve la réponse d'Arnoui. Nous n'avons
plus la lettre de Nicolas.
— 196 —
» neur est le fruit des lettres. Quoique les lettres
» soient subordonnées à la pensée et non la pensée
» aux lettres, elles sont une invention qui fait gloire
» à son inventeur et qui le place bien haut. Ainsi les
)) beaux traits d'un père brillent d'un éclat plus
» grand par la beauté supérieure de son fils. Il y a,
)> en effet, un vieux proverbe et une maxime qu'a
» souvent répétée la bouche des anciens : autant il y
» a d'intervalle entre les hôtes et les hommes, autant
» on mesure de distance entre les laïcs (1) et les
» hommes lettrés. Les lettres ont d'abord été in-
^ ventées par Dieu, écrites par le doigt de Dieu, qui
» par un présent hors ligne les a données et con-
» fiées aux mortels : elles rendent présent ce qui est
» passé; en elles se recueille tout ce qui a été fait en
)) quelque lieu ou quelque temps que ce soit.
» Quel serait le but de cet éloge, si en vantant les
» lettres je ne te vantais pas toi-même, toi à qui il a
» été donné d'être philosophe sans cesser d'être
» prince, et prince sans cesser d*être philosophe.
» Heureux donc, diraije, les temps où nous vivons
» qui ont été ornés surtout par ton gouvernement,
» par ce gouvernement qui enrichit les clercs, qui
» dote et décore les églises... Que les chevaliers ne
» soient point jaloux de te voir suivre les coutumes
» des clercs, tu fais une exception unique parmi les
» princes de la terre. Ta main si libérale, qu'il n'en
» n'est point de pareille parmi les fils des hommes,
» distribue ses dons et aux pauvres et aux riches,
(1) Laïc est pris ici dans le sens d'ignorant, comme plus tard
clerc dans le sens de savant.
— 197 —
» pour rendre plus rigoureuses les obligations des
» riches, et pour mieux subvenir aux besoins des
A pauvres. Tu considères l'argent comme la paille;
» on ne peut pas te comparer au serviteur condamné
)) par l'Evangile, et quand le Seigneur viendra, il ne
x> te trouvera pas cachant ton talent, mais le répan-
n dant. Le plus souvent ton argent, avant d'entrer
» dans tes coffres, est donné et a trouvé sa place :
» tu as plus de plaisir à le voir sortir qu'entrer. Je
ù m'étonne cependant que ton bras y puisse suffire
» et ne se lasse pas. Mais, comme il est écrit, « pres-
» que tout est possible à un cœur riche, de même
» qu'un homme qui a l'àme mendiante trouve rare-
x> ment l'abondance. » Ainsi tu es assis entre Tordre
» littéraire et l'ordre équestre pour être la gloire de
» tous les deux, magnifique et libéral envers tous
» les deux. Jamais on n'a trouvé un homme sem-
» blable à toi par ce don de la nature; les contem-
» porains le racontent, la postérité le racontera :
Et les fils de nos fiis, et ceux qui naîtront d'eux (1).
» En outre, le Seigneur t'a donné l'intelligence et
» l'art de t'exprimer savamment, de sorte qu'un sang
» de si grande noblesse brille à la fois par l'élo-
» quence et par le génie.
» Si je parle ainsi, ce n'est point que par flatterie
)» je veuille faire ressortir la splendeur de ta position,
» mais je veux t'exciter et t'inviter à une œuvre
» sainte et digne de bénédiction. Tu sais, en effet,
» qu'il n'y a rien de plus véridique que ce Verbe de
(1) Virgile, Enéide, livre III, vers 98.
— 198 —
» vérité qui dit : Dtmne à qui ie demande^ et mkuas
D ^aut donner que recevoir (1). Tu sais aasdi que je
» ne te demande rien que toi et tes bonnes grâces,
» et que je n'ai jamais voulu être ni importun, ni
» ingrat; et comment en serait-il autrement? De-
0 puis le commencement de ma carrière j'ai plu à
» de grands princes et aux premiers de ce monde ;
0 mais la nature, en me plaçant dans tes états, tn'a
» fait devoir à toi seul ce que je suis, et grâce à ton
» amitié je te dois aussi tout ce que je puis. Or, un
» sage l'a dit :
Qui plaît aux gi'ands n'a pas un vain titre à la gloire (2).
»> Si cela est vrai des grands en général, que dire
x> quand il s'agit du prince qui par le droit de sa
» primauté précède pour moi tous les princes du
0 monde?
» Sachant que ton excellence donne tous ses soins
» aux études libérales, surtout à l'éloquence, j'adresse
}) à ta sublimité quelques lettres que depuis deux
» ans j'ai envoyées au seigneur pape (3) et à d'autres
» personnes constituées en dignité. Crois bien que
» si j'avais quelque chose de mieux je te Tenver-
» rais, mais j'ai suivi l'exemple de cette femme pé-
(1) Saint Luc, VI, 30; Actes des apôtres, XX, 33.
(2) Horace. Epitres, 1, 18.
(3) Le texte ])orte domiuum papam et cancellanum. On suppose
qu'il s'agit de Roland, chancelier de l'église romaine, élu pape le
i soptennbre 1159, et qui prit le nom d'Alexandre III. Si Nicolas
rappelle ici que ce pape avait été chancelier, on est en droit d'en
conclure qu'une partie des lettres comprises dans Tenvoi dont il
s'agit avaient été adressées à Alexandre avant soh élection, et por-
— 19» —
n cbereMe dont le fils de la Vierge a dit , qu'elle
o 4ivait fait ce qu'elle avait pu. Je suis loiti de penser
» qu'il y ait dans ma personne ou dans mes œuvres
» quelque chose qui mérite approbation^ mais mon
» attachement pour ta noblesse est si grand que j'ai
» plus de plaisir à te faire connaître mes inepties
» qu'à te les cacher ; eicuse-moi donc, car, suivant
» les eliseignements de la philosophie, Taffection ne
I» se soumet pas même aux rois, et les lois ne peuvent
n lui commander.
o Que le Roi des rois, que le Seigneur des sei-
1» gneuTS t'accorde d'user de ta seigneurie terrestre
» de manière à n'être pas privé de l'éternelle ,
» quand le Seigneur se lèvera pour frapper de là
» verge de sa bouche et rendre à chacun selon ses
» œuvres (1). »
La dernière production connue de Nicolas est une
lettre qu'il écrivit à Guillaume de Champagne,
archevêque de Reims, et où il se félicite d'avoir été
admis dans l'intimité de ce prélat. Cette lettre daté
de 1176 au plus tôt; deux ans après Nicolas était
allé rendre à Uieu compte de ses actions : il est
question de lui comme mort dans la charte de l'an
«178, n^ 292 (2).
Henri eut deux autres liaisons littéraires, toutes
taient dans la suscriplion la qualité de chancelier. Comme les plus
anciennes des lettres cortipriscs dans l'envoi fait au comte de Cham-
pagne remontaient à deux ans, il s'ensuit que la lettre d'envoi doit
avoir été écrite au plus tard vers le mois de septembre 1161 ; elle
ne peut être antérieure à l'élection d'Alexandre.
(1) D. Bouquet, XVI, 700-701.
(2) Sur Nicolas, voir l'Histoire littéraire, XIII, 553-568.
— 200 —
deux cette fois avec des hommes honorables, mais
qui n'étaient ni l*un ni l'autre des saints. Le premier
est Pierre de Celle, dont nous avons parlé déjà, et
qui se distingua également comme abbé de Montier-
la-Celle, comme abbé de Saint-Remy de Reims et
comme évéque de Chartres; mais Pierre de Celle n'a
jamais été, que nous sachions, canonisé. Nous avons
vu plus haut la belle réponse que Thibaut II reçut
de saint Bernard, son illustre ami, quand il deman-
dait au pieux abbé de protéger le jeune Guillaume
de Champagne, et de faire, obtenir au futur arche-
vêque de Reims, alors enfant, quelque dignité ecclé-
siastique. Saint Bernard refusa. Pierre de Celle fut
le complaisant qui consentit à donner les recom-
mandations refusées par Tabbé de Clairvaux (1).
Saint Bernard, par son grand cœur, s'élevait dans
ses écrits au-dessus des misères littéraires de son
temps. Ce puissant ressort manquait à Pierre de
Celle, dont le style languit terre à terre dans le mau-
vais goût de ses contemporains (2). Comme exemple,
nons donnerons la préface où il dédie à Henri le
Libéral son traité de la discipline claustrale.
« A Henri, homme illustre, son seigneur et ami
» frère Pierre, humble abbé de Saint-Remy, le salue
» et lui souhaite toutes sortes de prospérités.
» Si Tàme créée libre n'était pas devenue folle par
» sa propre volonté et par la société d'un corps for-
» mé de boue, elle n'aurait jamais eu besoin de
(1) Voir sa lettre au pape Eugène III, ap. D. Bouquet, XVI, 707.
(2) Sur Pierre de Celle, voir ['Histoire lUléraire, XIV, 237-
267.
- 201 —
D cette discipline pénale qui plie, aplanit et lie. La
» discipline plie ce qui se dresse trop haut, aplanit
o les aspérités, lie ce qui est relâché : elle plie les
» passions indomptées, aplanit les inégales, lie les
» dissolues. Elle |ilie l'àme, aplanit le corps, lie tous
» les deux. Elle plie par l'humilité, aplanit par l'é-
x> quité, lie par la religion. Elle plie par la conver-
» sion, aplanit par la confession, lie par la profes-
» sion ; elle plie Phomme comme le rameau de la
» vigne, elle aplanit les tablettes du cœur pour rece-
la voir les commandements de la vie (1) ; elle lie son
» petit à la vigne, c'est-à-dire Tàme à la grâce. Elle
» plie Topiniàtre taureau du siècle, elle aplanit le
» chameau bossu, elle lie le buffle ou l'onagre. L'àme
» et le corps naissent privés de la bonté de leur na-
» ture première, et Dieu dans sa miséricorde a ou-
D vert la voie qu'il fallait suivre pour guérir les plaies
» faites par la déplorable témérité du premier homme.
a Comme la cause du mal s'est trouvée être le privi-
D lége de la liberté naturelle, Dieu, par un salutaire
D artifice, a lié par la discipline régulière les ailes de la
9 liberté dépravée et inclina le cou de la téméraire
o présomption. Il l'a décidé ainsi par une sentence
» générale et qui s'applique à l'universalité du genre
» humain, et sa très-bénigne bonté m'en a fait faire
n l'expérience en moi-môme. Car négligeant la ma-
0 turité de notre ordre, je courais de tous côtés
A comme un vagabond; je laissais les affaires sécu-
» lières et les occupations terrestres, semblables à
» des voleurs et à des larrons, enlever à mon intel-
(1) Allusion à lusage d'écrire sur des tablettes de cire.
— 202 —
a ligence presque tout son mobilier religieux ; mais
x> voilà que la main de Dieu a envoyé dans mes reins
» les traits de son carquois, une goutte opiniâtre m'a
» glacé les reins et m'a forcé de rester à la maison.
» Sentant les coups de la disciplint^ j'ai commencé à
» penser à la discipline et à écrire ce que j'en pensais.
» Autant j'ai supporté la discipline avec patience,
» autant j'ai de bon cœur et avec soin, sinon avec
» élégance, écrit sur la discipline. Saint Augustin a
» écrit sur la discipline chrétienne comme le pouvait
» faire un Augustin et un évéque : moi, abbé et
» moine, j*ai écrit sur la discipline claustrale. Lui,
» comme un géant littéraire, porte sur ses épaules
» les montagnes orgueilleuses des cerfs et les âmes
» des humbles; moi, comme une toute petite fourmi,
i> je traîne à la cabane petite et méprisée de ce traité,
»> des grains qui ne sont plus entiers et qui ont déjà
» été coupés, et je prépare un peu de nourriture pour
» la faim et l'hiver à venir.
)) Ainsi notre opuscule de la Discipline elaïuirale
» n'est pas éclairé des rayons du style ni d'un titre
» solennel, il ne prétend pas entrer dans les palais
» raisonneurs de la philosophie, il se présente sous
» d'humbles traits. De quel front donc, ô prince
» trés-noble, et d'un esprit si remarquable par sa
» vive subtilité, de quel front j'ose t'envoyer à lire
x> cet ouvrage vêtu de sales haillons ? Mais pris dans
» les filets de ma parole, j'aime mieux être accusé
» d'ignorance que de mensonge. Lis donc en homme
» pieux et intelligent, et fais attention, non à la
» forme des mots, mais à la valeur du sens : la beauté
I) de l'âme est au-dessus de celle du corps, et de
» môme dans un écrit il faut chercher l'esprit qui
— 203 —
» vivifie plutôt que la lettre qui enfle. Les fruits d'un
» arbre plaisent plus que les feuilles, cependant on
» aime à voir les deux réunis; mais de belles feuilles
o sans fruits charment les yeux plutôt qu'elles ne
» viennent en aide à l'estomac. L'apôtre réprouve
» le genre de piété où manque l'esprit de charité, et
» le Seigneur s'approchant d'un figuier qui ne por-
n tait pas de fruits , mais qui avait des feuilles, le
» maudit et le condamna pour l'éternité.
» J'en supplie votre noblesse (1), en faisant cette
» lecture ne vous demandez pas ce que nous sommes,
19 mais ce que nous devons être, et votre prudence
» comprendra que la lumière de notre ordre n'est
» pas entièrement éteinte dans Israël, mais que l'âge
9 a obscurci les yeux d'Isaac. Elie se plaignait d'A-
y> chab et de Jésabel, et disait : Seigneur, ils ont sapé
» vos autels, tué vos prophètes ; je suis resté seul, et ils
» cherchent à nCôter la vie. Il lui fut répondu : Je me
» suis conservé sept mille hommes qui n*ont pas courbé
o le genou devant Bacd. Ainsi certes, ainsi, seigneur
o et ami très-cher, quoique la grande vertu monas-
o tique des pères anciens languisse de nos jours,
» elle n'a pas expiré; si elle s'est éloignée de nous,
» elle n'est pas morte ; si elle s'est refroidie, elle n'a
o pas succombé : quelques-uns que les hommes
o considèrent presque comme rien, sont, flambeaux
jo méprisés, plus estimés du Seigneur que ceux qui
» semblent être quelque chose. Je n'excuse pas les
» méchants, mais je signale les bons. Je ne me hâte
(1) Pierre de Celle, après avoir parlé à Henri au singulier,
ehange de nombre.
— 204 —
» pas de juger, car j'attends le jugement de Dieu.
» Nous devons honorer le nom de Dieu non seule-
t> ment dans les saints, mais dans les hommes per-
» vers. En effet, quelque vile que soit une personne,
» si elle porte votre sceau, l'autorité de votre nom
» la fera recevoir et honorer, non qu'elle en soit
» digne, mais parce que vous le méritez. Ainsi, d'or-
» dinaire, l'homme digne rend digne ce qui est in-
x> digne ; celui qui est indigne, à proprement parler,
» devient digne improprement ; indigne en soi, il
» devient digne par ses fonctions.
f> N*ayez aucune indulgence pour ce que j'ai écrit
» de défectueux ; je vous en supplie, cessez de me
» lire dès que Tennui vous viendra; et dès quo votre
» esprit commencera à se fatiguer, rejetez le livre
i> de votre main ; s'il vous a plu, vous le reprendrez
» une autre fois; s'il vous a déplu, condamnez-le
D aux ténèbres d'une éternelle prison.
» Quand un homme est à la fois pauvre et amou-
» reux de la gloire, qu'à la fois il supporte une réelle
» pauvreté et aspire inutilement à la gloire, on le
» voit ordinairement, pour cacher sa pauvreté et
» obtenir la gloire qu'il ambitionne, couvrir les re-
0 vers de sa robe de fourrures précieuses ou de
» belle apparence en bandes étroites qui ne lui ser-
» vent à rien, mais qui trompent les regards des
I) curieux. J'ai fait de même. Il manquait à cet ou-
o vrage la valeur de la pensée et la beauté de l'ex-
» pression; notre misère en était cause. Enïnettant
» votre nom sur le titre, j'en ai orné magnifîque-
» ment l'entrée. Le lecteur croira qu'on ne peut
)) vous offrir que des productions parfaites, et s'em-
» pressera de lire, séduit non par la saveur des assai-
— 205 —
» sonnoments du morceau, mais par la splendeur
» d'un si grand prince (1). »
Jean de Salisbury fut, comme le précédent, en
relation avec Henri; et,pendant son séjour à Montier-
la-Celle et à Saint-Remy de Reims, il put avoir occa-
sion de s'entretenir avec lui. Compagnon d'exil de
saint Thomas de Cantorbéry, et dit-on Tune des
victimes désignées au fer des assassins qui firent de
Thomas un des martyrs de la liberté de l'Eglise,
Jean est une des nobles figures dont le xii* siècle
s'honore. Mais il a laissé de longues compositions
qui ne sont rien moins que des sermonaires ou des
traités ascétiques ; et ce qui attirait Henri vers lui,
c'était évidemment la réputation littéraire bien plu-
tôt que la verlu (2).
Un jour Henri lui ayant adressé cinq questions
que nous avons reproduites plus haut (p. 191), Jean
répondit par une lettre dont voici un extrait :
« Au comte Henri. »
« On pourrait accuser de témérité un exilé, un
» proscrit qui adresse la parole à une majesté aussi
» grande que la vôtre, un homme qui ose, ne fùt-
» ce que pour un moment, avec une parole sans
x> vigueur et un style inculte, vous détourner des
a affaires publiques pour vous appeler aux exercices
» de la philosophie. Mais la pensée de votre bonté
» suréminente relève ma petitesse, et je suis invité,
(1) Migne, Patrologie, t. CCIl, col. I097-II00.
(2) Sur Jean de Salisbury, voir HiU. litt. , t. XIV, p. 89 et suiv. ;
Gall. ChrisL, Vlllf 1146, et un MÉlede M. Hauréau, Nouvelle
Biographie générale, XXVI, 534-S4Q^
— 206 —
» ou plus exactement forcé à écrire par l'ordre de
» votre autorité à qui, de grand cœur et de toute la
» volonté de mon àme, je désire obéir dans toutes
0 les choses que le Seigneur permet. Un premier
» lien m'attache à vous; je n'ai pas oublié, et beau-
» coup d'autres savent que j'ai acquis sur votre
o terre beaucoup de biens utiles (1). Votre père
0 bienheureux, dont la mémoire est en bénédiction,
» et dont toute l'Eglise des saints raconte les au-
I) mônes et célèbre par ses louanges les nombreuses
» vertus ; votre père m'avait pris sous son patro*
» nage, et, jeune encore, je brillais en France au-
ï> dessus de tous ceux de mon âge. Guidé par cette
» grâce, sans laquelle il ne peut y avoir de progrès
» dans le bien, j'ai obtenu par là ce qui, apr^ Dieu,
j» m'a fait connaître par les hommes de bien et m'a
» permis d'y joindre les prospérités du monde, dou-
» ble avantage que j'ai obtenu dans ma patrie, plus
» que je ne le méritais, et malgré mon indignité,
0 m'élevant ainsi au-dessus de mes contemporains
» et de mes compatriotes, comme tout le monde le
D sait. Je me persuaderais facilement, et il y a tout
» lieu de croire que votre père a dû à son haut mé-
» rite de laisser, malgré ses qualités éminentes, un
» héritier qui le dépasse dans le culte de la vertu et
» dans la magnificence des œuvres. Mais pourquoi
» dis-je un héritier? Tous les enfants qu'il a laissé
» ne sont pas seulement, par leur éminente droiture,
0 l'image du comte excellent que nous avons perdu;
(1) Jean fait allusion à l'ëdiftation qu'il avait reçue à MontierJt-
Celle.
— 207 —
» ils ressemblent à autant de rois. Toutefois, selon
» l'institution du Très- Haut, Fainé a reçu des dons
» doubles des autres, et celui qui a précédé ses frè-
9 res dans l'ordre du temps, les dépasse doublement
» et par l'étendue de ses possessions et par la splen-
» deur de ses exquises vertus. Parmi ces vertus, deux
» brillent au-dessus des autres : une libéralité insi-
» gne que tout le monde vante, une humilité dont
s> j'ai fait l'expérience au milieu des angoisses de
» mon exil par les questions que, dans vos moments
» de loisir, vous m'avez proposées sur les lettres di-
» vines. Albéric, surnommé de la Porte de Vénus ou
1» de Valois, est venu, accompagné de quelques
» hommes lettrés, me soumettre ces questions en
» votre nom. Je dois dire la vérité. Monseigneur : en
n recevant sa visite j'ai été dans la stupéfaction, et
D j'ai refusé de croire à sa mission jusqu'à ce qu'il
» m'eût amené l'abbé de Saint-Remy, homme véné-
» rable, votre ami très-fidële et très-dévoué (I). Ce
)» dernier me proposa de nouveau les questions et me
j» pria avec beaucoup d'instance d'y répondre par
» amour pour vous et pour lui, il me donna pour
» certain que votre plus grand plaisir était de vous
i> entretenir avec des hommes lettrés et de sujets lit-
D téraires. Puis, me parlant à l'oreille, il ajouta fa-
x> miliérement que par là vous déplaisiez souvent à
o la multitude ignorante qui ne pouvait vous enlever
j» à vos studieux exercices, et vous plonger à son gré
» dans la tempête et le tumulte des affaires. Ces gens
» croient perdu tout le temps qui n'est pas occupé
(1) Pierre de Celle.
— 208 —
» aux bagatelles des cours, dans le bruyant tourbtt-
0 Ion de la chevalerie, ou dans la confusion des dé-
0 bats judiciaires. Ils ne savent pas que la philoso-
» phie se contente de peu de juges et dédaigne de
» confier ses travaux à l'appréciation du vulgaire.
» J'ai donc, pour vous plaire, cherché à répondre à
» vos questions, je l'ai fait aussi vite que me l'ont
» permis les circonstances et d'inévitables occupa-
» tions, et si mes réponses ne sont pas telles que
» vous désirez, elles sont au moins ce que le temps
» m'a permis
»
» Maintenant, ô comte très- glorieux, je croirai
» que le dévouement de ma petitesse n'est pas mé-
» prisé de vous, si votre éminence (que le Tout-
» Puissant puisse rendre heureuse et conserver long-
» temps!) daigne m'enjoindre quelque chose qui
» me soit possible; et j'obéirai fidèlement à vos or-
» dres en toutes choses (1). »
(1) Jean de Salisbury, lettre 172, ap. D. Bouquet, XVI, 515-
516; cf. plus haut, p. 191-192.
— 209 —
CHAPITRE VI.
Guerre.
Le service de guerre était dû au comte par tous
ses vassaux nobles et roturiers.
Les nobles devaient, sur la convocation du comte,
se rendre aux expéditions militaires qu'il dirigeait
en personne, ou qu'il aurait exceptionnellement et
en cas d'empêchement fait diriger par un de ses
grands officiers (1). De plus, un certain nombre
d'entre eux étaient obligés de venir tous les ans, pen-
dant un espace de temps déterminé, tenir garnison
dans les châteaux du comte : tels étaient le vicomte
de la Ferté-sur-Aube et Etienne de Latrecey, son
frère; le vicomte de Rosnay ; le châtelain de Vitry;
Hugues de Vanault ; Gui de Saponay ; Robert de
France, seigneur de Braisne ; Baudouin de Braisne ;
Foucard de Saint-Denis; Guillaume le Roi, maréchal
d'Henri ; Pierre des Moulins; Clarembaud de Chappes,
Gui de Dampierre et Henri, comte de Bar-le-Duc,
tous trois vicomtes de Troyes; Hérard de Chasse-
nay (2); le seigneur de Cirey-le-Château; Gaucher de
(1) Od sait que de droit commun le service de guerre n'était
obligatoire que pendant quarante jours (voir Brussel, p. 165, et
Dotre Tome 1, p. 270).
(2) Peoda Campante, n»' 2, 4, 11, 22, 31, 33, 44, 46, 52,
78, 83, 88, 91 , 92, 93 dans notre Tome II, p. in-ix.
— 210 —
Drosnay; le vicomte de Villemaur (1). La durée da
service de garnison, qu'on appelait garde ou stage^
était très- variable; les uns le devaient deux mois
seulement chaque année (2), d'autres davantage,
quelques-uns Tannée entière (3). Les chevaliers de
la châtellenie de Bray, ceux des enrirons de Pro-
vins, étaient assujettis à tenir garnison dans les châ-
teaux de Bray et de Provins, mais seulement en cas
de guerre (A). D'autre part, il y avait des forteresses,
comme Ghâteau-Porcien, dont le comte avait, en
cas de guerre, le droit d'exiger la remise; on disait
^ qu'elles étaient jurables et rendables (5).
Les vassaux roturiers devaient, comme les nobles,
prendre part aux expéditions militaires du comte (6).
Dés le commencement du xii* siècle et même dès
le XI', on a vu apparaître, dans nos précédents vo-
lumes, une infanterie composée des vassaax rotu-
riers de nos comtes (7). Leurs obligations dififéraient
de celles des nobles soùs deux points importants :
l"* ils étaient convoqués non par le comte, mais par
leur prévôt ; 2^ ils étaient conduits à la guerre par
leur prévôt, et devaient marcher quand môme ni
(1) Brussel. p. 123-124.
(2) N»" 46 et 78.
(3) N" 22. 31,93.
(4) Feoda Campante, n«» 62, 70; dans notre Tome II, p. vu.
(5) Feoda Campante, n* 116; dans notre Tome II, p. x; d.
Brussel, 386-391.
(6) Voir, outre les exemples qui vont être cités, la charte de l'an
1154, n^ 22, où le comte réserve que les habitants de Ventelay lui
devront exerciius in expeditionibtis mets,
(7) T. I, p. 235; T. II, p. 192-194.
- 211 _
le comte, ni un de ses grands officiers n'aurait eu
le commandement en chef.
Plusieurs exceptions à ces régies furent consacrées
ou établies par Henri.
Déjà nous savons qu'au temps de son père les
hommes de l'abbaye de Marmoutier à Ghamart
étaient convoqués par les moines et non par le pré-
vôt du comte (1). L'exemption de la convocation
par le prévôt fut accordée par Henri aux hommes
du chapitre de Saint-Maclou (an 1160, n"" 78), à
ceux de l'abbaye de Saint-Menge de Ghàlons (an
1169, n« 164), de l'église Notre-Dame d'Oulchy (an
1177, n* 266), de l'abbaye de Notre-Dame-aux-Non-
nains (an 1189, n^ 387). La convocation de ces
hommes devait se faire par le doyen du chapitre de
Saint-Maclou, par l'abbé de Saint-Menge, par le mi-
nistre de l'église d'Oulchy, par l'abbesse de Notre-
Dameaux-Nonnains.
Les hommes de Ghaource et de Metz-Robert,
conduits à la guerre par le prévôt du comte, ne de-
vaient le service qu'une journée et avaient le droit
de rentrer chez eux le soir même; pour que leur
service eût la durée ordinaire, il fallait que lé comte
ou un de ses grands oflSciers commandât l'armée
(an 1165, n"* 135). Un certain nombre de privilèges
donnés par Henri exigent la présence du comte
lui-même à l'armée, pour qu'un service de guerre
quelconque soit obligatoire. Ils sont accordés aux
hommes du chapitre de Saint-Maclou (an 1160,
n* 78), à ceux de Villeneuve-au-Chàtelot (an 1175,
(1) T. 11, p. 207-210.
— 212 —
n"" 237)» à ceux du chapitre de Saint-Quiriace (an
1176, n^ 252), à ceux de l'église Notre-Dame d'Od-
chy (an 1177, n"^ 266), à six boulangers de l'église
Saint-Nicolas de Sézanne (an 1179, n"* 295), aux
hommes de Tabbaye de Notre-Dame-aux-Nonnaios
(an 1189, n^ 387), à ceux de rHôtelDieu-leComte
de Troyes (an 1189, n' 388). Dans la charte de Tan
1172, n"^ 203, en faveur des hommes d'Âvize, Henri
se réserve de se faire remplacer par son sénéchal,
son connétable, son maréchal ou quelqu'un de sa
maison. On trouve la môme disposition dans la charte
de la commune de Meaux, sauf cette différence que
le bouteillier est nommément désigné parmi ceux qui
peuvent suppléer le comte (an 1179, n** 304).
Certaines personnes sont exetnptes de tout ser-
vice de guerre, par exemple les habitants d'un four
de Saint-Etienne de Troyes (an 1159, n^ 70), Girard
de Langreset Humbert Sagnerel (an 1175, n''2ii8).
D'autres sont déchargées d'un service déterminé:
ainsi les pannetiers de Saint-Quiriace ne prendront
point part à la garde de la ville, les fourniers de la
même église ne garderont ni la ville ni la prison (an
1176, n' 252). Les hôtes de l'église Notre-Dame
d'Oulchy n'iront à la guerre qu'au dernier ban, et
ne pourront être contraints ni à garder les prison-
niers, ni à fournir les estafettes (an 1177, n^ 266).
Les habitants de Meaux ne devront aucun service
hors de la terre du comte (an 1179, n"* 304).
Les usages féodaux assujétissaient les vassaax à
demander l'autorisation du s.uzerain pour bâtir des
forteresses. Déjà au xi' siècle nous avons vu le
comte Eudes II prohiber l'établissement d'aucane
forteresse dans un certain rayon autour de Chàlons-
— 213 —
sur-Marne (1). Plus tard Robert, comte de Dreux,
ayant commencé à se construire une forteresse à
Savigny, Henri lui fit enjoindre d'interrompre ce
travail, puis transigea. La portion déjà construite
de l'enceinte consistait en un fossé à deux rejets de
terre; Henri consentit à la laisser subsister, mais
exigea que le reste du fossé ne fût qu'à un seul re-
jet, et qu'en arriére du fossé on se bornât à poser
une palissade sans bretesche.
Les châteaux du comte étaient mieux fortifiés. On
peut voir encore les remparts de celui de Provins,
c'est-à-dire, de ce qu'on nomme aujourd'hui à Pro-
irins la Ville-Haute ; ils ont cinquante pieds de haut.
Le donjon, qu'Henri appelle ma (our (an 1170, n*17/i;
1176, n** 252) est encore, malgré quelques dégra-
dations, un des plus beaux monuments de Tarchi-
tecture militaire du moyen-âge. 11 est connu sous le
nom deTour de César (2). Le reste de la ville était aussi
défendu par des murs : on distinguait les anciens et
les nouveaux murs de Provins (an 1161, n"" 92;
1176, n* 252) (3). Henri avait aussi à Troyes un
château, construit en pierre, dont nous avons déjà
parlé (A). Il le désigne sous le nom de nouveau châ-
teau (an 1157, n"* 47), et ce château avait un don-
jon qu'on appelait, comme à Provins, la Tour (an
(1) T. I, p. 374-375, 486.
(2) Voir la description de ce donjon dans Viollct-le-Duc, Diction-
naire d'architecture, t. V, p. 64-69.
(5) Sur les fortifications de Provins, voir Bonrquelot, Histoire
de Provins, liS9-ZZl.
(4) T. II, p. 76-77.
— 214 —
1159, n"" 7A). La ville elie-même était fermée de
murs (1). Une partie de ces fortifications date sans
doute du règne de notre comte.
Nous sommes sans détails sur les châteaux d'Henri
dans les autres chefs-lieux de ch&tellenie : à Coulom-
roiers (an 1152, n"*?); à Meaux (an 1156, n<* 38); à
Bar-sur-Aube (an 1159, n^ 73; 1170, n» 178); à
Pont-sur-Seine (an 1179, n** 181), etc. Il ne se con-
tenta pas de ces châteaux; il voulut contraindre
Tabbé de Lagny à lui construire une tour à Lagny
même, dont la seigneurie appartenait presque en-
tièrement à Tabbaye. Le pape intervint, et Henri
fut contraint de renoncer à cette prétention (an
1159, n« 66) (2).
(1) Voir le curieux Mémoire de M. Corranl de Breh^n sur la
enceintes de la ville de Troyes. Un point sur lequel nous ne sommes
point d'accord avec le savant auteur, c est qu'il nous semble que
l'enceinte du Quartier-Haut devait exister dès le temps du comte
Hugues, puisque ce comte avait donné à la maladerie de Troyes
une rente de cent sous assise sur la porte de Croncels, donatioD
confirmée par Henri en 1171, n® 196.
(i) Nous ignorons sur quel fondement les auteurs du Gûllis
C^mf tafia, Vil, 497C, disent qu'il s'agissait d'établir une comroaoe
• sicque desiit communia cui erigenda iurris parahatur, >
— 216 —
CHAPITRE VIL
Presque tous les habitants de la Champagne pa-
raissent avoir été serfs au m* siècle. Un grand nom-
bre d'entre eux restèrent même beaucoup plus tard
dans cette situation inférieure de la société féodale
où nous les montrent encore les coutumes officielles
du XVI* siècle.
De droit commun, les habitants roturiers de la
Champagne étaient, au xii* siècle, taillables à merci,
et les règlements qui déterminent, au profit de cer-
taines personnes, le montant de la taille, ou qui la
suppriment complètement, ont un caractère excep-
tionnel.
Quand on fixait le montant de la taille, on le fai-
sait quelquefois par abonnement. C'est ainsi qu'en
1169, n"" 16/i, les hommes de l'abbaye de Saint-
Menge de Chàlons sont exemptés de tout droit de
taille et de justice, moyennant une rente de soixante
sous par an. En 1180, n® 319, Henri s'engage à ne
jamais faire payer, pendant la vacance, plus de deux
cents livres de taille aux hommes de l'évéché. Plus
tard, en 1190, n"" 398, Henri H décharge de la taille
les habitants de la ville et de la châtellenie de Pro-
vins qui, pour en tenir lieu, paieront chaque année
une rente de six cents livres.
D'autre fois, la taille est fixée tant par tête. A
— 216 —
Damery, les hommes de l'abbaye de Saint-Médard
payaient aux moines huit sous de taille par an, en
deux termes égaux (an 1171, n"" 188). En 1177^
n® 266, le comte décide que des hommes de Téglise
de Notre-Dame d'Oulchy ne paieront pas plus de
sept sous et demi de taille par an. Le eensus eapi-
talis (1), dont il est question dans la charte de la
commune de Meaux(an 1179, n° 30/i), est aussi une
taille fixée à tant par tête.
Nous avons de môme relevé plusieurs exemples
d*exemption absolue de la taille. Cette exemption
est accordée en 1165, n*" 135, aux habitants de
Chaource et de Metz-Robert; en 1170, n^ 181, à
Tabbaye de Saint-Loup pour un homme résidant à
Pont-sur-Seine et chargé de garder les prés de la
maison de Saint-Vinebaud; en 1173, n* 21& bis,
aux habitants de Maraye-en-Othe ; en 1175, n"" 2&8,
à Girard de Langres et à Humbert Sagnerel; en 1179,
n® 306, aux habitants de Meaux.
Mais tous ces privilèges sont des exceptions : la
règle générale est Tassujétissement à une taille arbi-
traire dont lechiffre est déterminé, chaque fois qu'on
la lève, par les besoins, l'avarice ou la discrétion da
seigneur ou de ses agents. Nous ne devons recon-
naître qu'une taille arbitraire dans la grosse taille de
Bar-sur-Âube, sur laquelle, en 1160, n" 78, Henri
donna trois cents sous de rente au chapitre de Saint-
Maclou. C'est une taille arbitraire qu'en 1158, n"60,
Henri se réserve sur ceux de ses hommes qui vien-
(1) On disait en français chevage. En Champagne, au xn*sièele,
le chevage était ordinairement de quatre deniers par an.
— 217 —
draient habiter le four de l'abbaye de Saint-Loup à
Troyes; c'est encore une taille arbitraire qu'en 1179,
n"" 295, Henri se réserve sur les six boulangers qui
moudront au moulin et cuiront aux fours des cha-
noines de Saint-Nicolas de Sézanne.
La plupart des habitants de la Champagne étaient
aussi main-mortables, c'est-à-dire qu'ils ne pouvaient
transmettre leurs biens qu'en ligne directe. On sait
que les habitants de Bar-sur-Seine ne furent affran-
chis de la main-morte qu'en 1198 (1). En 1178,
n^ 291, Henri abandonne à l'abbaye de Montier-la-
Celle les mortes-mains {remanenlias) des hommes de
Surançon; en 1179, n® 30&, il supprime la main-
morte à Meaux.
Les serfs ne pouvaient entrer en religion ni deve-
nir clercs sans l'autorisation du seigneur (2). Tel
était le droit commun du monde chrétien. Il semble
que cette règle était applicable en Champagne à
tous les vassaux roturiers du comte, sans distinction.
En 116/i, n* 427, Henri donna, d'une manière géné-
rale, à ses hommes la permission d'entrer comme
religieux dans l'abbaye du Reclus. En 1176, n'' 252,
il accorda au doyen de Saint-Quiriace de Provins le
privilège d'affranchir, par l'imposition des mains,
tous les hommes de la châtellenie dont il voudrait
faire des clercs.
Les mariages célébrés sans le consentement des
seigneurs, entre deux serfs de seigneuries différentes.
(1) Brussel, p. 88-89, Art de vérifier les dates, II, 591.
(2) Décret. Grattant, Prima pars, Dist. LIV, can. 1, 2, 5, 6,
7,12.
i5
— 218 —
donnaient lieu à une peine pécuniaire bien connue
des feudistes, qui la désignent sous le nom de for-
mariage. Cette peine, établie dans toute TEorope
féodale comme une conséquence du servage, était
en Champagne applicable à tous les roturiers ; elle
est appelée redemptio dans la charte de l'an il79,
n"" 295, qui autorise le mariage entre les hommes du
comte et ceux des chanoines de Saint-Nicolas de Se-
zanne. Elle est fixée à cinq sous pour les hommes
de Meaux qui épousent des femmes soumises à des
seigneurs autres que le comte (an 1179, n* 306).
Quand elle est supprimée, c'est seulement entre les
serfs de deux seigneuries : il y a alors ce que les ju-
risconsultes ont appelé entre-cours (voir, outre la
charte de l'an 1179, n^" 295, celle de l'an 1175,
n^" 266, celle de Tan 1176, n^ 252).
Le droit de suite, c'est-à-dire l'obligation pour les
hommes de ne pas transporter leur résidence hors
de la seigneurie où ils étaient nés, et le droit pour
les seigneurs de les y contraindre, était aussi en vi-
gueur en Champagne à cette époque (1). C'est ce qui
évidemment résulte des chartes de Chaource (an
1165, n"» 135), de Maraye(an 1173, n^ 214 bis), de
La Villeneuve (an 1175, n"" 237), de Meaux (an 1179,
n'' 30/ï), où ce droit est supprimé pour les habitants
de ces localités ; mais il n'était applicable qu'à une
partie des vassaux roturiers, à ceux qu'on appelait
hommes de corps, /tontines de corpore (an 1165,
n* 135). Les hommes libres, liberi homineSy opposés
(1) Od le retrouve plus tard dans la coutume de Vitry, art. 145,
et dans celle de ChÂlons, art. 18.
— 819 —
aux homdaes de corps dans la charte de Tan il70,
n* i7/i| paraissent avoir été des serfs exempts du
droit de suite.
Les donations de serfs fourmillent. Henri en fait,
en 1156, n"" 38, à la cathédrale de Meaux; en 1157,
n"* Uly à l'église collégiale Saint-Etienne de Troyes ;
en 1 158, n"" 55, à l'abbaye de Montiéramey ; en 1 1 60,
n'' 78, à l'église collégiale de Saint-Maclou de Bar*
sur-Aube; en 1461, n"" 101, à l'abbaye de Montier-
la-Celle; en 1162, n" 111, à l'abbaye de Saint-Loup;
en 1166,n^là0,à l'abbaye de Saint-Remy de Reims;
en 1170, n'' 180, à la cathédrale de Troyes; en 1171,
n*» 197, à l'abbaye d'Oye; en 1173, n« 210, aux
Templiers de Meaux; en 1175, n® 2à6, à la lépro-
serie de Troyes; en 1177, il* 268, à Jean Breban;
en 1179, n' 295, à l'église collégiale Saint-Nicolas
de Sézanne, etc., etc.
Le comte échange ses serfs, par exemple, contre
ceux de Tabbaye de Saint-Loup (an 1158, n"" 58;
1161, n*» 94; 1168, n* 161; 1173, n" 217; 1175,
n* 267); de l'abbaye de Montiéramey (an 1178,
n» 291).
Quelques donations, et surtout des échanges de
serfs, ont lieu en vue de mariage, ou pour éviter
les inconvénients résultant du mariage conclu entre
des serfs appartenant à deux seigneurs, notamment
la diflSculté de savoir à qui attribuer la propriété
des enfants. En 1171, n® 197, un serf et deux serves
donnés à l'abbaye d'Oye sont mariés à une serve et
à des serfs de cette abbaye. La môme année, n^ 199,
le comte donne à l'abbaye de Saint-Remy de Reims
la femme d'un serf de cette abbaye. En 11 68, n® 161,
il cède à l'abbaye de Saint-Loup une fille nommée
— 220 —
Jacque, qui doit épouser le fils de Belin de Semar;
il reçoit en échange Marguerite, fille de Belin, qu'il
mariera à un de ses hommes ; mais Hargoerite sans
doute ne se soucia pas de l'union que le comte lui
offrit, car, en 1173, n' 217, il la rendit à l'abbaye,
et se fit céder, en lieu et place, la nièce d'un dia-
noine de Saint-Etienne.
Quand les deux époux appartenaient à deux sei-
gneurs différents, on partageait les enfants. La charte
de Tan 1175, n® 266, décide que le seigneur de
rhomme aura le premier enfant, le seigneur de la
femme le second et le troisième, que le quatrième
et le cinquième appartiendront au seigneur de
l'homme, et ainsi de suite, de deux en deux.
La charte de l'an 1179, n* 302, contient Tévalua-
tion du revenu annuel produit au seigneur par trois
serfs ; ce revenu est fixé à quarante sous.
En 1178, n^ 286, nous voyons un serf vendu cin-
quante livres. Une anecdote bien connue, rapportée
par Joinville, nous montre le chambrier Artaud
payant cinq cents livres son affranchissement (1).
En 1186, n^'SSG, il est question d'un serf qui avait
acheté sa liberté de Hugues de Romilly, son sei-
gneur, moyennant la somme de dix-huit livres.
La charte de l'an 1165, n** 137, nous fournit
l'exemple d'un affranchissement individuel gratuit.
(1) Nous tendons à supposer qu'Artaud, à la suite de cet afifran-
chissement, sera devenu chevalier : de là le titre de dominus, dont
nous avons parle p. 127, note 2. On n'avait pas encore imaginé la
règle qui, plus tard, interdit d'élever à la chevalerie les hommes
qui n'étaient pas nobles de nmssince [Etablissements de saint Louiê,
liv. I, chap. 120).
— 221 —
Henri donne pour femme à maitre Normand Ma-
thilde, fille de Gillebert le Roax ; il joint à ce don
celai du tènement possédé par Mathilde, et d'une
table de changeur au change de Troyes. Cette table,
détachée du domaine du comte, vaut cent sous de
rente, et Normand la donne en douaire à Mathilde.
Pour comble de faveur, Henri déclare que Normand,
sa femme et ses héritiers, seront libres à perpétui-
lé (1).
Les chartes de Tan H65, n' 135; de Tan 1173,
n* 214 bis; de Tan 1175, Jn« 237, accordent cer-
taines libertés aux habitants de Ghaource, Maraye-
en-Othe et Villeneuve-au-Chemin. La seule qui crée
une commune est celle de l'an 1179, n^ 306, en fa-
veur des habitants de Meaux : on appelle commune
l'association politique des habitants sous l'autorité
de magistrats élus par eux. Cette association est dé-
signée en latin par le mot de communia. Ce mot,
du reste, a quelquefois un autre sens, comme Du-
cange l'a observé, et dans la charte de l'an 1173,
n* 211, la communia sancti JohanniSj cédée par le
comte au prieuré de Saint-Jean-en-Chatel, doit être
une pâture commune (2). Il est bien possible aussi
que, dans la charte de Tan 1153, n^ 9, le terme de
commune de Provins, communia mea PruvinensiSj
désigne simplement l'ensemble des hommes du
comte à Provins, considérés au point de vue des
(1) Voir aussi dans notre Tome I, p. 301-302 et 468, une
charte par laquelle le comte Eudes 1*' affranchit un serf qui doit
être promu aux ordres sacrés.
(2) Ducange, \® Communia, 2, éd. Henschel, II, 485, col. 1.
— 222 —
droits dont ils jouissaient en commun (1), eti il
rait peut-être téméraire d'en conclure reiisteoce
d'une association politique^ et surtout de magistrats
électifs qu'on ne recontre avec certitude dans aucun
des documents contemporains si nombreux qui con-
cernent Provins; c*est Topinion de M. Bourquelot.
A Meaux, la charte de Tan 1179 (2) nous apprend
que les habitants s'étaient engagés, par serment, k
se porter mutuellement secours. A leur tête étaient
placés un maire et des écbevins ou jurés investis du
droit de basse justice sur les habitants, c'est-à-dire
du droit déjuger tous les cas, sauf ceux d'assassinat,
vol qualifié, viol, incendie. Le maire convoquait au
son de la cloche les membres de la commune, et une
amende frappait ceux qui faisaient défaut. La charte
de Meaux confère à la commune droit de guerre.
Elle donne à la liberté individuelle cette garantie
qu'aucun des membres de la commune ne peut être,
arrêté sans ordre du maire. Elle accorde aux habi-
tants divers autres privilèges pécuniaires, mais ne
supprime pas toute trace de servage, puisqu'elle
laisse subsister le chevage ou ceps que certaint
hommes doivent par tête à leurs seigneurs. Cette
charte reproduit la plupart des dispositions de U
charte royale de Soissons, et un des articles statue
qu'en cas d'incertitude sur quelque détail on s*en
•^•^
(1) Le mot communia paraît être employé en ce sens dans la
charte de Tan 1163, n^ 118, où il est question de pâturages et
d usages de la. commune de Saint-Sépulcre, aujourd'hui Villacerf
(Aube).
(2) Donnée non seulement aux honames ds Meaux, mais à tout
ceux du comte d^ns I4 çhâtelleoie.
— 223 —
rapportera an jugement des jarés de Soissons (1).
L^ privilèges accordés par Henri étaient payés par
les habitants de Meaux, et leur coûtaient une rente
annuelle de cent quarante livres.
Les mêmes privilèges paraissent avoir été accor-
dés vers la même époque à la ville de Bar-sur-Aube
qui^ en 1182, versait chaque année dans les coffres
du comte une redevance de trois cents livres dési-
gnée sous le nom de pensio (an 1182, n"" 326), et qui,
dès Tannée 1179, est qualifiée de commune et a un
maire (2).
La rente due pour l'exemption du droit de justice
s'appelait en général, en Champagne, cense^ censa.
Nous trouvons pour la première fois ce terme dans
la charte de l'an 1176, n^ 260, qui exemple Hum-
bert de Villehardouin de la justice des prévôts du
comte, à charge de payer tous les ans une somme
de cinq sous. Ce nom de censé est celui que d'ordi-
naire on donnait à la rente payée par les communes
au seigneur, et l'identité de nom est motivée sur ce
que dans les communes cette rente avait surtout
pour but d'indemniser le seigneur de la perte des
(1) La charte de Soissons, 1136, publiée par Martène, Ampliss,
coUect., I, 748, et dans D. Bouquet, t. XIV, p. lxxu, a été traduite
en partie par M. Âug. Thierry dans sa Dix-neuviènM lettre iur
l histoire de Frauce. C'est un texte incomplet. Le texte origi*
D2)l conoplet des privilèges communaux de Soîssons a été perdu;
mais une charte de Philippe-Auguste, 1181 (Deiisle, CataL dee
actes de Philippe-Auguitût n^ 31), parait ôlra la reproductioa de
ce texte perdu.
(2) Voir, sur ce fait et sur d'antres encore, notre Hietoire de Bar*
sur- Aube, p. 26-27.
— 224 —
produits de sa justice. Gomme, en 1188, n'* 369, il
est question de la censé d'Herbisse et d'un maire
de ce lieu, on peut supposer qu'Herbisse avait déjà
une commune à cette époque.
Enfin à Troyes on trouve, en 1187, un certaio
Lucor (?) major (1), sans doute le même que Lnea
Gêner tune temporis Treeensis communie villicus qu'on
rencontre à la même date (2). De même à Provins,
en li93, n'' 621, il est question de la maison da
maire (3).
Troyes, Provins, Herbisse avaient donc peut-être
en môme temps que Meaux reçu d'Henri des insti-
tutions communales. Dans tous les cas, la commune
de Troyes ne subsista pas; car en 1222 les habi-
tants de Troyes, intervenant dans une affaire où leur
communauté était essentiellement intéressée, sont
représentés par les prévôts du comte, et une requête
émanée d'eux est intitulée au nom des prévôts et
des bourgeois de Troyes (A).
(1) Yallet de Viriville, Arch. hist. de l'Aube, p. 375.
(2) Voir nos Documenté extraits des Arch. des petits hôpitaux
de Troyes.
(3) Voir un mémoire de M. Lefèvre dans le Bulletin de la S<h
ciélé libre de Provins, 1849-1850, p. 159.
(4) Ârch. de l'Âube, premier Cartulaire de rHôlel^Dieu~le^
Comte^ f* 73. Il y a trace d'un état intermédiaire entre celui qui
résuite des chartes de 1187 citées plus haut, et la situation que
nous montre la charte de 1222. Une charte de Tan 1215 (Arch. de
l'Aube, Inv. de Montier-la-Celle, t. I, f* 58 v®) commence ainsi :
Guiaricus prepositus et scabini trecenses. On remarquera de même
qu'il est question en 1212 des jurés (et non du maire) de Provins
(M. Lefèvre, Bulletin de la SodéU libre de Provins, 1849-1850»
p. 160).
— 225 —
Celle de Meanx fut vivement attaquée. Jean de
Salisbury, évêque de Chartres, délégué par le pape,
en excommunia les auteurs ; mais Simon, évéque de
Meaux, refusa de promulguer l'excommunication.
Nous avons encore une lettre écrite à un secrétaire
du pape par Etienne, abbé de Sainte-Geneviève de
Paris, qui désirait faire adresser une réprimande à
Simon par le pontife suprême (1). Nous ignorons
quelle suite fut donnée à cette réclamation. Ce qu'il
y a de certain, c'est que la commune de Meaux
triompha de ses ennemis, et qu'en mai 1222 elle
obtenait de Thibaut IV une charte de confirma-
tion (2).
(1) Stephani Tornacensis ep. 84, dans Epist. Gerherti, etc.,
e Bibliotheca Papirii Mas$onit Paris, 1611, p. 580; cf. T. du
Plessis, Hist, de Véglise de Meaux, 1, 163.
(2) ExterUa comitatus Campante et Brie, p. 83.
226
CHAPITRE Vm
Voirefl (1) et siarehés.
La Champa^e a dû à ses foires, au xii* siècle et
dans le siècle suivant, sa richesse, sa puissance,
peut-être même sa principale gloire. Ce n'est pas
qu'on doive en regœtter la chute, comme l'ont fait,
pendant de longues années, les*habilants de Troyes
et de Provins; ce n'est pas qu'on doive accepter
comme fondées les plaintes qu'on entend encore
parfois sortir de la bouche patriotique des amateurs
de nos vieilles annales. Les foires sont l'expression
commerciale d'un certain degré de civilisation qui
est aujourd'hui dépassé; l'institution des foires de
Champagne a été un progrés, un autre progrés a
amené leur suppression.
Dés qu'un peuple, sortant de l'enfance sent le
besoin de multiplier par les échanges les éléments
du bien-être, on voit naturellement les propriétaires
des objets échangeables s'entendre, et réunir, sur cer-
tains points et à certaines époques déterminés, ces
objets en nombre suffisant pour faciliter les choix
et permettre à chacun de s'assortir à son goût. Les
foires sont fondées.
(1) Nous regrettons les circonstances qui nous obligent ) d^
vanccr la publication du travail de notre savant confrère M. Bou^
quelot sur les foires de Champagne. On trouvera évidemment dans
ce chapitre bien des lacunes et des inexactitudes.
- 227 —
Les foires, restreignant la vie commerciale à cer-
taine jours et à certains lieux^ conviennent à deux
degrés de civilisation.
Elles conviennent à ce degré primitif où il existe
déjà une sorte de quasi commerce, mais où aucune
classe spéciale de la société ne sert d'agent à ce
quasi commerce ; le producteur cède directement ses
produits au consommateur qui, producteur lui^
méme^ donne d'autres produits en échange ; un seul
intermédiaire est alors connu: mais un intermédiaire
inanimé, c'est l'argent. L^ même homme ne peut
être à la fois cultivsfteur et commerçant tous les
jours de Tannée; cultivateur d'habitude, il vend et
achète à la foire quatre ou cinq fois Tan.
A un degré plus élevé de civilisation, le commerce
e»t représenté par un personnel spécial, mais ce
personnel peu nombreux est ambulant; il vient
offrir SQs services tantôt à une ville, tantôt à une
autre,, semblable à ces troupes d'acteurs qui, en pro-
KÎnce, apportent successivement le plaisir drama-
tique aux bourgs de leur circonscription. Plus tard,
les opérations commerciales se multipliant, le per*
sonnel commerçant s'accroit; chaque ville en est
poarvue. Les négociants ambulants se fixent ou dis-*
paraissent, ils sont devenus inutiles. Les foires sont
supprimées, ou s'il en reste quelque chose, c'est une
ombi*e, un jeu de flâneurs, de femmes et d'enfants.
Au moyen-àgC) elles étaient pour les sociétés une
condition de vie. Saint Bernard venait de fonder
ClairvauXji le sel manquait pour assaisonner les ali*-
ments de la jeune colonie monastique : Bernard dit
au moines Gujibert d'en aller chercher : où l'envcûe-
t-il ? Ai^ourd'hui» saint Bernard, revenu à la vie et
— 228 —
abbé de Clairvaux, trouverait du sel à Bar-sur-Aube
distant de vingt kilomètres, à Laferté distant de cinq,
et même chez l'épicier de Ville, distant de trois. Où
saint Bernard envoie-t-il le moine Guîbert ? A la foire
de Reynel, à une distance d'environ quatre-vingts
kilomètre^. Pour rencontrer un marchand de sel,
je ne dis pas à Ville, mais à Laferté et même à Bar
sur-Aube, il fallait alors y aller en temps de foire.
Les foires du moyen-àge avaient donc une raison
d'être dans l'insuffisance du personnel commerçant,
insuffisance causée, du r^ste, par le petit nombre
des opérations commerciales. Elles avaient aussi au
xii" siècle une autre cause sur laquelle on n'a peut-
être pas assez appuyé jusqu'ici, c'est la difficulté des
envois d'argent. Un filateur de Troyes achète do
coton aux Etats-Unis d'Amérique; un brodeur de
Nancy y envoie des cols et des manchettes; le fila-
teur de Troyes paie le planteur d'Amérique avec
une lettre de change tirée par le brodeur de Nancy,
sur un négociant en broderie du Maryland ou de la
Louisiane. Au xii"" siècle, les opérations de change
étaient dans l'enfance et très-rares. Elles supposent
une confiance dans les pièces écrites, inconciliable
avec les idées du xii"^ siècle sur la preuve et avec la
préférence qu'on avait alors pour le témoignage.
Les marchands d'épices du Midi apportaient eux-
mêmes leurs marchandises, et ne s'en retournaient
qu'après en avoir reçu le prix, qu'ils rapportaient
soit en argent, soit en draperies du Nord; et la
drapiers du Nord suivaient le même procédé que
les marchands d'épices du Midi. On a, depuis, sim-
plifié le système; la ruine des foires s'en est suivie.
On ne peut contester que ce ne soit un progrès.
— 229 —
Il y avait beaucoup de foires en Champagne au
moyen-âge, mais les plus importantes et celles qu'on
désigne par excellence sous le nom de foires de
Champagne, étaient au nombre de six : celles de
l^gny) d^ Bar-sur-Aube, de mai de Provins, de
Saint-Jean deXroyes, de Saint-Ayoul de Provins,
de Saint-Remy de Troyes. Il est déjà question des
foires de Troyes dès le cinquième siècle de notre ère,
et avant la chute de l'empire romain (1). Après un
long intervalle, où les documents nous manquent,
nous les voyons reparaître sous le comte Hugues, en
lii6 (2) ; mais c'est en 1159, n^ 65, que nous avons
trouvé, pour la première fois, la distinction des
foires de Saint-Jean et de Saint-Remy. Il est question
de celle de Saint-Ayoul de Provins dès la fin du
X* siècle, sous le règne du comte Etienne I (3); puis
en 1153, n** 9. La foire de Bar-sur-Aube existait déjà
an temps du comte Hugues, en Tannée 1116 {à).
La foire de mai de Provins fut fondée par le comte
Thibaut H, comme l'établit la charte de l'an 1166,
n^ 124 (5). Le texte le plus ancien à notre connais-
sance où il soit question de la foire de Lagny est de
l'an 1156, n<> 20.
(1) Voir une lettre de Sidoine Apollinaire à Saint-Loup, dans
notre Tome I, p. 429.
(2) Voir notre Tome II, p. 107-108. Quoique la charte de
Hugues soit interpolée, il est évident que, quant au fond, elle est
authentique, puisqu'elle a été confirmée par Henri le Libérai en
1154, n»24.
(3) Voir notre Tome I, p. 181-183 et 462-463.
(4) Voir notre Tome II. p. 107.
(5) Voir aussi Bourquelot, Histoire de Proftfu, I, 407.
— 230 —
Ce qui prouve que ces foires produisaient an grtnd
mouvement d'argent dès le xii* siècle^ c'est qu'eliei
étaient prises dès cette époque pour terme de pan^
ment; celle de Bar, en 1160, n*" 78, et en 1161)
n"" 102; celles de Saint-Jean et de Saint-Remy de
Troyes, en 1159, n» 65; en 1170, nM83; en 1176,
n"" 223; en 1179, n^" 297; celle de Lagny, en 1174^
n* 221 ; celle de mai de Provins, en 1179, n"" 295;
celle de Saint-Ayoul de Provins, en 1490, n* 401.
Nous avons peu d'indications précises sur les pays
d'où venaient les marchands qui s'y rendaient : noui
citerons pourtant la Flandre (i), dés l'année ^1^7;
l'Artois, la même année (2), et en 1166^ n*" 129(3);
laNormandie, en 1166, n^'129, et enll75, n*235(6);
Paris et Limoges, dans la dernière de ces chartes.
Nous avons déjà vu, sous le régne de Thibaut II, des
marchands se rendre aux foires de Champagne^ en
passant par Orléans et Sens (5). Un fait semble
prouver que, dès le xii* siècle, les Italiens fréquen-
taient les foires de Champagne ; c'est l'imitation bien
connue qui, en ce siècle, se fit à Rome dé la mon-
naie de Provins (6).
t»«
(1) Charte de Fan 1137 dans Bourquelot, Histoire de Prmui,
II, 379. Il est question dans cette charte d'une foire de second
ordre, celle de Saint-Martin de Provins, mais on peut riisoaner «
fortiori.
(2) Voir la note précédente.
(3) Cette charte mentionne les marchands A*Hedingk, que sont
pensons être Hesdin (Pas-de-Calais).
(4) Dans la première charte Augum, sans doute Ea ; dins b
seconde, Rouen.
(5) Voir notre Tome II, p. 388.
(6) Bourquelot, Hiitoire de Frmnm, 1, 447.
— 231 —
Chaque marchand arrivant d'ordinaire ayec la
monnaie de son pays, le concours des changeurs
était indispensable dans un nombre énorme de tran-
sactions. Thibaut II, dans une lettre à Suger, en
1168, parie de changeurs de Vézelay qui venaient
aux foires de mai de Provins (i). Dans une foule de
chartes il est question de changeurs venant aux foires
de Champagne : on peut consulter notamment celles
de Tan H56, n' 23; de Tan 1160, n« 78; de l'an
li65, n- 137; de Tan 1174, n* 223; de Tan 1179,
D"" 303, et celle de l'an 1188, n'' 377, qui rappelle
une disposition du comte Henri. Chaque changeur
avait une table sur laquelle il étalait ses pièces de
monnaie. Les tables des changeurs étaient à Troyes
rangées auprès de l'église Saint-Jean, dans l'endroit
sans doute qui a conservé le nom de place et de rue
des Changes (an 117&, n* 223). En 1165, n* 137,
nous voyons une table de changeur estimée cent
sous de rente, dont cinquante à la foire Saint-Jean,
et autant à la foire Saint-Remy. En 1176, n"" 223,
une rente de dix livres est assise sur une autre
table.
Les marchandises vendues étaient évidemment
très-variées, mais le xii* siècle ne nous fournit à ce
sujet que des indications très-peu nombreuses. Les
documents de cette époque nous parlent de che-
vaux, de bétes à cornes, de menu bétail, de chaus*
sures de cuir (2), de cire, de guimpes, de futaine, de
(1) Voir Dotre Tome II, p. 386.
(2) Nous traduisons ainsi le mot corvesaria de la charte de l'an
1157, n^ 47. Les corvetarii étant d'après Ducange des savetiers,
il semble qud corvaaria voudrait dire savate.
— 232 —
courroies, de pelleterie, de laine, de filet, de car-
reaux, de matelas, de coussins, de chanvre, de lin,
de cordes, de poivre, de drapet de mercerie (chartes
de Tan 1156, n» 26; 1157, n* 67; 1160, n« 84;
U63, nM17; 1164, n* 129; 1170, n* 184; 1174,
n*225; 1175, n* 235; 1176, n» 252; 1179, n* 807;
1187, n* 364; 1189, n» 387).
Au xii* siècle, sans doute, comme plus tard au xiv*,
la foire de Lagny commençait avec l'année; celle de
Barsur-Aube commença toujours dans la troisième
semaine de carême (1); celle de mai de Provins com-
mençait d'abord, autant que nous croyons, le pre-
mier mai ; plus tard, la foire de Bar-sur-Aube étant
beaucoup plus longue qu'à l'origine, l'ouverture de
(1) Dans Dotre Histoire de Bar^iur-Auhe, p. 37, nous avou
très-mal compris le texte qui rétablit. Henri accorde à l'église ool-
légiale de Saint-Maclou la dîme du péage, du tonlieu et du marcbé
pendant toute l'année à perpétuité. Il donne aux chanoines le choii
ou de se faire remettre par ses agents le dixième de la recette oa
de faire faire eux-mêmes la recette une semaine sur dix par un
agent qu'ils commissionneront. Si les chanoines optent pour li
seconde alternative, dans chaque période de dix semaines les neuf
premières semaines appartiendront au comte, la dernière semaine
sera celle des chanoines. Mais Henri prévoit le cas où, par l'effet
de ce système de révolution, la troisième ou la quatrième semaine
de carême se trouveraient appartenir aux chanoines ; alors la se-
maine des chanoines sera reportée aux jours immédiatement sol-
vants (tfi Quadragesima a dominica qua cantatur ocuLi mei Uêqtu
ad dominicam qua cantatur judica me, pro hac dedma canonid,
si forte in his diebus tempus eis accipiendi evenerit, nichil acà-
pient, $ed pro istis diebus in sequentibus decimam suam, quoquo*
modo exieritt cum iûtcgritate habebunt, an 1160, n^ 78). Plus tard,
il décide que dans ce cas la semaine des chanoines sera entièrement
supprimée et remplacée par une indemnité de quinze livres (sei
pro istis didus in sequentibus quindedm libras acdpient, an 1170,
— fi33 —
la foire de maîdë^Prëvins dut dépendre de la (Clô-
ture de h foire-d^'feaï^^ et fût fitée au riiardi avdhl
TAscén^on, cequî'^ouvaît la' renvoyer au tnoîsidé
juin'. Là foire de Salnl-Jean de Troyé^ s'ouvrafl évi^-
demment, dans le principe, le'2'^i juin,' jour dé Jà
Saint-Jèai^ ; plus tard, le relard et lii prolongation de
la foire de mai obliijea de reculer l'ouverlure de la
foire de la Sainl-Jeah aa Iroisiôme mdrdi après celle
fêle. La foire deSainl-Ayoul de Provins fui de même
reportée du S septembre au 14, cl là foire de Sainl-
RemydeTroyes du 1" octobre au 2 novembre(l).
Les dates primitives des foires de Provins et de
Tfoyes,' ont leur raison d'être dans des fêtes locales^
A Provins, la foire'' de' iti ai se lient dani^ la ville
haute (^), dont l'c'glîse principale est dédii^e èlsaîht
Ouiriace, c'est là'ftlt? de SaiVit^Qiiiriac'é rïiii''ert^bse
l'Oécâsion (3); 1» foîKîdeSdinl-Aycyi'^l fJrtiféMë noriide
la print'ipale églisc'deria vilîe^basse, d'est diihs la
▼ifle basse et à Irf'fffte idè Saîk?t*Ayoul qu'elle a lieu.
A Trôyes, Saint-Je^n e( SamMltmy sont lés princi-
pales jiàrorsses, el lés deux foires ont lieu à l'époque
des fêtes de ces paroisses.
n® 178). Il y a tout lieu de supposer que la foire (le Bar-sur-Aube,
qui en 11 00 ne durait que deux semaines, la troisième et la qua-
trième de carême, se prolongeait déjà au-delà de la quatrième, §e-
m-jine de carême en 1 1 70. Dc\s 1 1 82 (ri° 526) elle atteignait Pâques!
•Plus tard, chaque foire dura quarante-huit jours.
(1). Sur la date des foires de Troyes au xiv® siècle, voir un docu-
ment publié par Grosley, Mémoires historiques, IfiQl,
(2) Bourquelot, Hist. de Provins, I, 408 ; cf. charte de l'an
H64, TîM24.
(5) La Saint-Quiriace tombe le !«' mai.
16
— 234 —
L'ouverture de chaque foire était annoncée par
un crieur. Quand la clôture de chacune était arrivée,
un crieur parcourait les rues en criant haré(jàn 1188,
n® 368), ou pour mieux dire harez, qui, en français da
temps, veut dire emballez (1).
Les foires sont une des matières qui, au moyen-
ftge, ont été le plus réglementées. Les comtes et leurs
agents déterminaient Tendroit que devaient occuper
les marchands, et même chaque espèce de mar-
chands. En 1166, n^ 126, Henri renouvella un ré*
glement de son père qui fixait les limites entre les-
quelles devait se tenir la foire de mai de Provins.
Pour qu'un marchand eût le droit de se loger ou de
déposer des marchandises hors de ces limites, il fal-
lait que toutes les places fussent occupées, le tout à
peine de confiscation des marchandises et même de
confiscation des biens de l'hôte du marchand. Il n'y
avait pas plus de liberté aux foires de Troyes : le
privilège accordé au prieuré de Saint Jean-en-Chfttel
pour la maison de Masceline consiste, entre autres
choses, en ce que les marchands qui voudront y
(1) L'explication de ce mot n'est pas donnée par Ducange, éd.
Henschel, III, 626/ col. 2 et 3. Il nous paraît provenir du même
radical que le vieux mot français Arroy, et que les mots de basse
latinité Arrayamentum et Arraiatio (Ducange, édition Henschel,!,
409), et que les mots français arrangement et désarroi. Le verbe
correspondant à ces substantifs est arrer, aréer, arréer, arraier,
en lalin arraiare (Ducange, édition Henschel, I, 408), qui veut
dire mettre en ordre. Dans un passage de Joinville, édition Didot,
p. 40, ce verbe est employé dans le même sens qu'aux foires de
Troyes. Joinville venait de s'embarquer : avant de donner l'ordre du
départ, le patron du navire voulut s'assurer que tout était chaigé.
Sa question fut : « Est arée vosti*e besoignc? >
— 235 —
vendre ne seront jamais contraints d'aller vendre
ailleurs (an 1160, n» 84; 1170, n* 186). Précé-
demment Henri avait fixé à dix jours la durée de la
foire de Lagny, et défendu aux marchands d*y sé-
journer davantage ; Tabbé de Lagny, à qui apparte-
tenait la plus grande partie des produits de la foire,
oblintd'Henrileretrait de cette ordonnance(an 1156,
n** 23). Le règlement de Thibaut II, renouvelé par
Henri en 1166, n"" 126, défend de placer devant les
maisons habitées par les marchands aucun objet
qui entrave la circulation, comme bancs, lits, tables
ou coffres (1). Tout ce qui se vendait au poids devait
se peser dans un établissement spécial qui, à Troyes
et à Bar-sur-Âube, était la propriété de Saint-Pierre-
le-Vif de Sens; quand on faisait peser ailleurs on
devait deux amendes, l'une au comte et l'autre à
rabbé(anll76, n-230).
La juridiction sur les marchands était exercée par
le prévôt dans une loge de bois établie au milieu du
champ de foire, et qu'on enlevait quand la foire était
terminée. La charte de l'an 1176, n** 252, accorde
le bois de ces loges aux marguilliers de Saint-Qui-
riace, qui s'en serviront pour réparer les bras des
cloches.
Les fonctionnaires spéciaux, connus sous le nom
de gardes des foires, custodes nundinaruniy apparais-
(1) La charte de Tan 1194, n'' 425. donnant à Tabbaye du Pa-
raclet un emplacement au marché de Provins, stipule que sur cet
emplacement on ne pourra établir que desétaux mobiles : Ecclesia
illa plateam illam semperin plateamretwebit, preterquam stallos
curr entes ibidem facere poterit.
— 236 —
sent déjà au xii'' siècle, ils étaient chargés de la police
(an 1174, ri*» 230).
A côté des six grandes foires, il y en avait d*autres
moins fréquentées.
Telleétaitcelled'Hautvilliers^autGfriséeparEtienne-
Henri en 1095(1).
Telle était surtout celle de Saint-Martin de Pro-
vins, dont Thibaut II avait fixé remplacement
en 1137 (2). En 1160, la foire de Saint-Martin était
déjà beaucoup moins importante que les deux
grandes foires de cette ville; la comtesse Mathilde,
donnant à Tabbaye de la Pommeraye une rente de
trente-cinq livres à prendre sur le tonlieu de ces
trois foires, répartit cette somme ainsi : quinze
livres sur la foire de mai, autant sur celle de Saint-
Ayouf, cinq sur celle de Saint-Martin (an 1160^
n® 82). En 1163, n" ll/i, Henri donne à Abraham,
fils de Pierre Bursaud, la maison où l'on vend la
futaine à la foire de Saint-Martin, avec ce privilège
qu'on ne pourra pa3 vendre de futaine dans une
autre maison avant que celle-là ne soit pleine.
En 1157, n^ Ul, Henri donne à I;église Saint-
Etienne la foire du Clos qui se tenait à la Saint- Vin-
cent, dans le quartier de Troyes dit le Clos, depuis
rue du Bois (3). Celte foire durait quinze jours.
En 1161, n^ 102, il est question de la foire Saint-
Nicolas de Rebais qui, dés cette époque, était trans-
— — ^-~ ...- --■ - ■ ■■-- —
(1) Voir notre Tome II, p. 69.
(2) Bourquelot, Histoire de Provins, II, 379.
(5) Gorrard de Breban, les Rues de Troyes, p. 35.
férée à Séaaone, et sur le péage de laquelle Tabbaye
de Rebais touchait une renie de soixante sous. Plus
tard: (an 1179, n'' 295), Henri donna à Téglise col-
légiale de Saint-Nicolas de Sézanneles deux tiers du
revenu de celle foire (4).
La foire de T Assomption de Troyes se tenait
dans la cour de Tabbaye de Notre*Dame*aux-Noji-
nains, et le produit appartenait à celte abbaye. Eta-
blie par Henri le Libéral, elle fut confirmée pap
Henri U, en 4189, n* 387.
' Ces foires sont désignées en latin par le terme oà^
ractéristique de nundinœy qui les distingue des simples
marchés^
En tête dés marchés, dans un rang intermédiaire
eiitre les marchés et les foires, nous placerons là
foire de Saint-Florentin, qualifiée de conciliumy tandÙ
que les marchés dont il sera ensuite question; sont
désignés par les termes de forum ou m^rca^u^. Henri
dq.qna les produits de celte foire au prieuré du lieu
(an 4459, n» 69). Elle se tenait le premier lundi de
carême.
Le marché (forum) de Sergy se tenait tous les sa-
nnedis; il fut établi en 4169, n"" 462, par Henri le
Libéral, sur la demande de Tabbé de Saint-^Médard
de Soissons, siçigneur de Sergy, et aussi à la requête
des habitants.
Le marché (forum) de Brienon fut créé par Guil-
laume de Champagne, archevêque de Sens, seigneur
(1) La foire de Saint-Nicolas ds Sëzanne existait déjà en 1119
(voir notre Tome II, |). 253).
~ 238 -
de Brienon, avec le consentement d*Henri le Libén),
suzerain du lieu (an 1176, n'* 250, 251).
Il y avait un marché (forum) à Méry en 1177;
Henri en acquit une partie (n* 267), puis, de concert
avec les autres seigneurs du lieu, il céda à l'abbaye
de Molesme, qui avait un prieuré à Méry^ le marché
du jour de rÂssomption, ou, à défaut de marché
ce jour-là, le marché immédiatement précédent
(n* 277).
Le marché (forum) de Ramerupt appartenait à
Henri, qui le donna en nantissement d'une somme
de cent livres (an 1177, n* 278).
Une foule de textes parlent du vieux marché (tefus
forum) de Provins. En 1178, n* 285, Henri donne à
Habran de Provins les étaux où Ton vendait les
fruits au vieux marché.
La commune de Meaux devait, à une lieue à la
ronde, aide et protection aux marchands qui ve-
naient au marché {mercalus) de Meaux (an 1179,
n* 304).
La charte de l'an 1189, n* 387, rappelle que le
comte Thibaut II avait donné à Tabbaye de Notre-
Uame-aux-Nonnains de Troyes quatre marchés (/bra),
un à chacune des fêtes de la Vierge (1).
Les foires et les marchés étaient pour les comtes
une grande source de revenu. Nous en parlerons à
ce point de vue dans un autre chapitre. Ces revenus
étaient le salaire de la protection due et accordée
par le comte aux marchands, protection qui s'éten-
(1) L'Annonciation, l'Assomption, la Nativité, la Onception.
— 189 —
dait hors des états des comtes de Ghampagne,coinme
on en trouve déjà la preuve dans la correspondance
de Thibaut lIavecSuger(l)« On appelait la protection
des marchands sur les routes, conduite, eonduelus.
Dans la charte de Tan 1169, n* 162, il est stipulé
que les marchands qui \iennent à Sergy sont dans
la conduite du comte (2).
(1) Voir notre Tome II, p. 386-388.
(2) Il est question du Canductui nundinarum dans le Feoda
Campanùe, art. 60 (voir notre Tome II, p. vu).
— 2»ft
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CHAPlTftE IX,
1 * • 1
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1 • ' 1 ; • .J^ ■ ». : "lit
iBduiitrle. ' • i *
Rien de plus incomplet que ce que nous dirons
ici : les seules industriea que poifs .sign^leroq^ sont
rorfévrerie, la métallurgie^ la draperie, la teinla-
rerie et la tannerie. .i
Arnoul, orfèvre d*Henri le Libéral, aurifaber co-
mitis, est témoin dans la charte de l'an 41C1, n° 95.
En février 1190(t?!eua: slyle,)^ n° 416, Marie rappelle
qu'Henri le Libéral a donné à Pierre, orfèvre, droit
d'étalage à titre viager sur une ruelle appartenant à
l'église Saint-Etienne de Troyes, plus une rente de
dix sous, dont cinq à chacune des deux foires.
La fabrication du fer était dès cette époque trés-
active dans le département de la Haute-Marne.
Henri donna, en 1156, n"" Ui ter, à l'abbaye de la
Crête, une forge (fabricam) dans la forêt de Vassy;
en 1157, n* 66, à Tabbaye de Clairvaux, une forge
à Vassy même (fabricam apud Waisseium ad faeten-
dum ferrum)] en 1158, n*» 59, à l'abbaye d'Igny,
remplacement nécessaire aux forgerons de celle ab-
baye dans la ville de Vassy et l'autorisation d'ex-
traire la mine; en H7i, n- 190, à l'abbaye de Trois-
Fonlaines, une forge (fabricam unam ad ferrum facien-
dum) à Vassy, avec droit d'usage dans la mine du
comte. A chacune de ces quatre donations se trouve
jointe la concession du droit de prendre dans la
forêt le bois nécessaire pour l'exploitation de la
forge. Enfin la charle de Tan 1189, n* 397, rappelle
qu'Henri avait cédé/gralivtenientà Tabbaye de Bou-
lancourt cent cinquante jugera de terre aux forges
(ad forgias) de Vassy. On remarquera que les ab-
bayes de la Croie, de Clairvaux, d'Igny, de Trois-
Fontaines et de Bouianceurt appartenaient toutes
les cinq à l'ordre de Citeaux.
Il est question, en ll/i9, des moulins h drap de
Laferlé-sur- Aube (!) ; en i 176, n*»* 302, 306, de ceux
de Bierges, dont le comte était en partie proprié-
taire.
En 1176, n* 252, Henri rappelle que Robert de
Bray a donné à l'église de Saint-Quiiiace de Provins
vingt sous ilé cens au lieu dit Entre-Deut-Ponts, où
Ton teint les étoffes.
En 1189, tinsse, Henri M nous a|:)prénd que àon
père avait doiitié à rHôtet-Dieu'-lé-Comle de Troues
lé moulin de !â Tannerie, dont fe nom nous montré
lés tanneries établies déjà dans le quartier de Troyès
cjuî porte ce nbm (2).
(t) BlampignoD, Histoire de sainte Germaine^ p. 204.
(2) Dans notre Toiiiell, p. 355, noiis parlons d'un moulin à
:lan éiabli en commua k Charment par TfaibauU II et par le chapitre
de ^'ol^e-Dame de Paris.
1 1 .' 1
— 348 —
• CHAPITRE X.
Au XI11* siècle, c'était à l'aumônier du comte
qu'élail confiée en Champagne la surveillance gé-
nérale des hospices. Mais au xii* siècle, il semble
que le comte exerçait lui-même cette surveillance.
Dans chacun des hospices de ses domaines, Tadmi-
nisdateur local était à sa nomination^jsauf la ratifi-
cation de révéque qui donnait l'institution cano-
nique; en effet, la fonction d'administrateur, oo,
comme on disait, la maîtrise était considérée comme
un bénéfice ecclésiastique dont le comte avait le pa-
tronage. Le droit du comte n'était donc, à vrai dire,
que celui de présenter un candidat à l'évoque, et
l'évéque pouvait en cas d'incapacité du candidat
refuser son agrément.
En sa qualité de patron, Henri, de concert avec
l'autorité épiscopale, donna à l'hospice du Graud-
Saint- Bernard THôtel-Dieu situé au marché de
Troyes, depuis l'hôpital Saint-Bernard de Troyes (an
1158, n"" 56). Ce fut au même titre qu'il donna l'hô-
pital d'Epernay à l'abbaye Saint-Martin d'£pemay
(an 1179, n'' 296). Ces donations n'entraînaient la
suppression, ni de l'hôpital du marché de Troyes,
ni de celui d'Epernay; elles consistaient seulement en
une cession du droit de patronage. On doit entendre
dans le même sens la donation de l'hôpital de
— 24S —
Donnement à rHôlel-Dieu-IeComte de Troyes, faite
par la comtesse Marie, en 1196, n^ bUU.
La charte de l'an 1172, n"" 208, nous donne un
exemple de Tintervention épiscopaie. L'évoque de
Ghàlons-sur-Marne, sur la prière et conformément à
la volonté du comte, déclare que l'hôpital de Vitry-
en-Perthois sera à perpétuité soumis à l'autorité du
maître de THôtel-Dieu de Bar-sur-Aube.
Le seul acte de l'administration hospitalière
d'Henri où le pape soit intervenu, est la suppression
de l'hôpital Saint-Jacques de Provins, qui fut trans-
formé en abbaye, quand, en 1157, Henri y transféra
les chanoines réguliers de Saint-Quiriace. Mais si
Ton ne se contenta pas de l'autorisation de l'évoque,
c'est que le déplacement des chanoines réguliers et
rinstallation des chanoines séculiers dans leur ab-
baye semblait dépasser les limites de l'autorité dio-
césaine (an 1158, n"* 68; 1160, n* 83).
Henri établit à Provins deux hôpitaux en rempla-
cement de celui qu'il avait supprimé (an 1160,
n* 88; 1177, n* 280). On lui doit la fondation du
grand hôpital de Troyes, longtemps connu sous le
nom d' Hôtel-Dieu le-Comte, et qui était une dépen-
dance de son palais (1). Enfin c'est encore à lui
qu'il faut reporter l'origine de l'hôpital Saint-Abra-
ham de Troyes. Dans sa seconde croisade, ayant été
(1) Grosley, Mémoires historiques pour l'histoire de Troyes, II,
231-232, a publié une charte par laquelle Clarambaud de Chappes
donne à l'Hôtel-Dieu-Ie-Comte, alors HôteUDicu-Sainl-Elienne de
Troyes, trente arpents de pré à Menois. Dans la leçon qu'il donne,
cette charte, datée de 1149, est par conséquent antérieure à l'a-
vènement d'Henri ; mais cette leçon est vicieuse, bien quelle ait
^ 24* —
visiter T^glise cathédrale d'Hébron, il avait donné
au chapitre une rente de soixante livras et use mai-
son qui, lorsqu'Hébron fut retombé entre les mains
des Sarrasins, devint un hôpital sous le vocable de
l'église d'Hébron (an 1479, n' 314).
En outre, Henri Gt de nombreuses libéralités à
la léproserie de Troyes (an 1171, n* 196;1175|
n^246; 1179, n* 309; sans date, n* 32» ); à TBôtel-
Dieu de Provins (an 1177, n* 269; 1179, n* 303); à
celui de Barsur-Âube (an 1169, n« 1G7; 1179,
n*312).
On sait qu*à cette époque les hôpitaux étaient te*
nus par des communautés d'hommes et de femmes
de l'ordre de Saint-Augustin (1).
• . • , • . . ' • i' ,
été adoptée en 1699 par le réacteur de rinyeniair^ -des ^rcbivf^
des hospices de troyes; Toriginal porte 1199». M® C* N® ÎX* (ar-
chives de l'Aube, fonds des hospices de Troyes," layette 1) Le1i(H
ciimcnt le plus ancien à notre connaissance, où il soit question de
rHôtcl-Dieu-le-Comte de Troyes, est la charte de Tan 1174^ n^ 220.
La charte de fondation, émanée d'Henri le Libéral, n'e^i9laflB{!.
Nous avons seulement celle de l'an 1 189« o^ 388,. qù Henri U coq-
firme les donations de son père à cet établissem^ent.
(1) Voir notre Histoirede Bar-sur-Aube, p. 77, 79, etGuignard,
Anciens statuts de l'Hôtel-Dieu-le-Omte de Troyes.
— 24S —
CHAPITRE XI.
Honiialoi.
Nous n'entreprendrons pas dans ce chapitre la
description des types monétaires usités à l'époque
dont nous écrivons l'histoire. Un savant, plus auto-
risé que nous (1), prépare sur les types monétaires
champenois un travail dont nous désirerions pou-
voir hâter l'achèvement, mais que nous ne devan-
cerons pas. Nous nous bornerons à réunir ici quel-
ques indications empruntées la plupart aux docu-
ments écrits.
Les comtes de Champagne ne frappaient pas mon-
naie h Meaux. La monnaie de cette ville appartenait
à révoque, comme l'établit la charte de l'an 1165,
n* 131 (2). Henri avait deux hôtels des monnaies,
un à Troyes (3), dont en 1179, n«309, il donna les
rognuveSyêcissuras^ à là léproserie des Deux-Eaux;
l'autre, et le plus important, à Provins (â), dans un
(1) Notre confrère M. A. de Barthélémy.
(2) Voir aussi une charte de l'année 1134, citée dans notre
Tome II, p. 311.
(3) Il est question de la monnaie de Troyes, dès 1126, dans une
charte de Bertrand de Seignelay, qui donne à l'abbaye de Pontigny
un cens de deux sous monnaie de Tfayes (Quantin, Cartulaire de
l'Yonne, 1,259).
(4) Une charte de l'année 1085 constate déjà un paiement en
monnaie de Provins (Bourquelot, Hist, de Provins, I, 434).
— 246 —
terrain qui devait un cens au chapitre de Saint-Qui-
riace (an H76, n* 252). Nous avons relevé quatre
noms d'ouvriers, monetarii, de la monnaie de Troyes :
Lécelin, en 1122 (1); Falcon, en 1140 (2); Ama-
teur, en 1140 (3), et en 1154, n* 24; Eudes, dont en
1170, n"" 180, Henri donna la fille au chapitre de
Saint-Pierre de Troyes; Eudes, par conséquent,
était serf.
Nous avons admis dans notre précédent volume
que la valeur de la monnaie de Provins, au xu* siècle,
était égale à celle de la monnaie tournois du temps
de saint Louis telle qu'elle est déterminée par M. de
Wailly dans ses beaux mémoires Sur le Système mo-
nétaire de saint Louis et Sur les Variations de la livre
tournois. Nous craignons d*avoir en cela commis une
erreur. Pour établir un rapport entre la monnaie de
saint Louis et celle des comtes de Champagne da
XII* siècle, dVHenri le Libéral notamment, il n'y a
pas lieu, je pense, de tenir compte de la monnaie
d'or, puisque les comtes de Champagne n'en ont
pas frappé. Or, sous saint Louis, la valeur de la
livre tournois déduite du pied de la monnaie d'ar-
gent varie entre 16 fr. 82 c. et 17 fr. 97, ce qui
donne une moyenne de 17 fr. 40 (4). Nous avons
publié il y a quelques années (5) le départ d'un de-
(1) T. II. p. 161.
(2) Charte originale de Thibaut II, archives de l'Âubc, fonds de
Montiéramcv.
(3) Ibid.'
(4) N. de Wailly» Além, sur les variations de la livre tournois,
p. 120, 204.
(5) Etudes sur les abbayes c'tslerdennes, p. 292-293.
— 247 —
nier de Provins, frappé au coin d'Henri le Libéral,
et de cette opération, malgré la perte évidemment
produite par le frottement, résulte pour la livre une
valeur totale actuelle de 20 fr. 77 c, trois francs
trente-sept centimes de plus que la valeur moyenne
et deux francs quatre-vingt centimes de plus que la
valeur maximum de la livre tournois du temps de
saint Louis. Ainsi la monnaie d'Henri le Libéral
avait une valeur supérieure à celle de la monnaie
tournois de saint Louis.
Les documents écrits viennent à Tappui de cette
conclusion. En 1159, n"* 65, Henri se reconnaissant
débiteur d'une rente de dix marcs d'argent envers
les templiers, leur assigne en paiement vingt-quatre
livres de Provins de rente. Donc sous Henri le Libéral
dix marcs d'argent valaient vingt-quatre livres de
Provins; donc le marc d'argent qui vaut 52 fr.02c. (1)
valait sous Henri le Libéral, en monnaie de Provins,
2 liv. 8 sous ou àS sous, ce qui met la valeur du sou
à i fr. 08 c. et celle de la livre à 21 fr. 68 c.
Les monnayeurs d'Henri le Libéral taillaient
àS sous de Provins au marc d'argent en 1159, tan-
dis que ceux de saint Louis y taillaient 58 sous
tournois en 1258. Quoi d'étonnant puisque ceux de
Philippe-Auguste y taillaient cinquante sous tour-
(I) Le marc d'argent dont on se servait alors était au poids de
Troyes. La charte de l'an 1176, n'^^Gl, nous parle de 650 marcs
d'argent fin au poids de Troyes. Or, le marc de Troyes égale le
marc de Paris qui a la valeur que nous indiquons (voir les Re-
eherchei iur le système monétaire de saint Louis, p. 11-16, et
le Mém. sur les variations de la livre tournois, p. 6).
— 24» —
DOIS (1), puîsqi^ le marc d'ai^nt valait en 117&
50 S0U9 monnaie d'Aui^erre (2), en li7S &8 soita
monnaie de Sanvigrvy (3), et qu'il est évaluée AS isoos
dans une charte de Guillaume, évêque d'Auxeite,
il67-1180(4)?
En générai, nous devons nous défier beancoup^des
textes, quand ils ne nous font |>as connaître le lilreda
marc auquel ils renvoient. Il va eu au moyen>âgéd^
falsifications assez nombreuses pour que Ton* croie
toujours nécessaire de se tenir sur ses gardes. Ce-
pendant il est évident que dans les textes cités plus
haut c'est d'argent fin, ou à peu près fin, dWjr«fil<b
roi (5), qu'on a voulu parler.
(1) Recherches sur le système monétaire de saint Louis, p. 5L.
En 1197, on taillait aussi au marc 50 sous de Provins (Bourau^
lot, Histoire de Provins, II, 441).
(2) Charte de Louis VII dans Quantin, Cart. de l' tonne, %
249.
(3) Charte de Louis VII dans Quantin, Cart. de l'Yonne, U,
245-244.
(4) Quantin, Cart. de rYonnê, II, 19G-197. Des pèsera et (Ki
essais faits par les soins de M. Guérard, il résulte que pendant ks
règnes de Louis VI et Louis Vil la livre parii^i^ valait 25 fr., et la
sou parisis 1 Fr.SS (Cart, de Saint Père de Chartres, 1. 1. p. CLXxzix)r
ce qui donne, au marc, 40 sous parisis et par conséquent cinquante
sous tournois.
(5) Argent à -JJ- de fin.
— a*» —
CHAPITRE XII.
■rvye» ci Vrovliui, cmfUmlftm. — Tr*v«au( teos ee* deux Tnie«
Dans le premier volume de cette histoire nous
avons parlé du pont construit sur la Loire, à Tours,
par le comte de Champagne Eudes V (1); Henri se
signala par d'autres travaux, d'utilité publique aussi,
mais qui se rattachaient à des travaux d'utilité per-
sonnelle.
Henri parait s'être fait construire deux palais,
un à Provins et un à Troyes, villes où il avait fixé sa
principale résidence.
C'était à Troyes déjà que le comte Hugues, grand
oncle d'Henri, séjournait le plus fréquemment. Nous
le trouvons sept fois à Troyes (2), une fois seule-
ment à Bar-sur-Âube (S) et à Epernay(4). Thibaut H
se déplaçait continuellement; cependant c'est en-
core à Troyes et à Provins que nous le rencontrons
le plus. Ses résidences en Champagne furent, d'après
les documents que nous connaissons, Bar-sur-Âube,
llâS; Bray-sur-Seine, vers 1130; Chalautre, 1138;
Chappes, 1146; Château-Thierry, 1123; Coulom-
(1) P. 327-330, 477-478.
(2) En 1100, 1104, 1113, 1121,1122, 1123, 1125 (voir notre
Tome II. p. 76, 84, 106, 130, 131, 133, 135).
(3) En 1101 (voir notre Tome II, p. 78).
(4) En 1101 (voir notre Tome II, p. 79).
17
— 250 —
miers, 1126, 1135, 1138, 1140; Damery, 1133;
Eperaay, 1126, 1127; Isle-Aumont, 1138, 1139,
ll/il, 11/Î6; Igny, 1152; Jouarre, 1133; Jouy-Ie-
Chàtel, 1147, 1148; Laferlé-sur-Aube, 1145; La-
gny, 1152; Meaux, 1134, 1148; Montereau, 1147;
Provins, 1122, 1128, 1134, 1140, 1147, 1151;
Rosnay, 1142; Sézanne, 1121, 1127, 1142; Saint-
Florentin, 1147, 1149, 1151; Troyes, 1125, 1128,
1134, 1140, 1147, 1151; Vassy, 1141; Vertus,
1123, 1125; Vitry, 1126 (1).
Evidemment la préférence de Thibaat pour Troyes
et pour Provins, bien que certaine, n'est pas très-
marquée puisque nous ne le voyons que six fois dans
chacune de ces deux villes, et quatre fois à Isle-Âu-
mont, trois fois à Coulommiers, Sézanne et Saint-
Florentin. D'ailleurs Thibaut, comte de Blois, de
Chartres et de Sancerre, ne pouvait donner tout son
temps à la Champagne. Henri, au contraire, n'était
(1) Voir notre Tome II, p. 513-315, 334-335, 383, 397-398.
Le nombre de ces localités est de vingt-quatre, dix-huit sont des
chefs-lieux de prévôtés appartenant au comte, savoir : Bar-sur-
Aube, Bray, Château -Thierry, Coulommiers, Epernay, Islc-
Aumont, Jouy, Laferté, Moaiix, Montereau, Provins, Rosnay,
Sézanne, Saint-Florentin, Troyes, Vassy, VitIus, Vitry. Thibaut
possédait évidemment des châteaux dans toutes ces localités. A
Jouarre et à Lagny étaient des abbayes où il avait droit de gtle
(t. Il, p. XXXVII. n*» 439; p. lx, n<> 16). Il avait également droit de
gîte à Dainery (t. II, p. lxi, n° 2i). A Chalaulre se trouvait ud
prieuré de Tabbaye de Monlier-la-Celle, qui probablement lui don-
nait rhospitalité. Enfm la châtellcnie de Chappcs était tenue en fief
de Thibaut, qui aura sans doute été accueilli dans le château par
son vassal. Nous n'avons rien dit de Rosoy, où (p. 386) il annonce
sa présence pour le jour de l'an 1148; il y avait aussi droit de gîte
(p. xxxvii, n° 437; lxi, n*» 20).
— 251 —
que comte de Champagne; ce fui à la Champagne
qu'il se consacra tout entier; Troyes et Provins
furent son séjour habituel. L'année 1153 est la seule
où nous n'ayons pas de lui au moins un acte daté de
Troyes ; et ses vingt-neuf autres années de règne
nous fournissent cent trois actes datés de cette ville,
un peu plus de trois par an. Les actes d*Henri, datés
de Provins, sont au nombre de quatre-vingts, qui se
répartissent entre vingt-six des trente années de
son régne; les années 1156, 1158, 1168, 1180, sont
les seules où nous n'ayons pas trouvé d'actes d'Henri
qui portent la date de Provins.
Henri fréquenta beaucoup moins ceux de ses
autres chefs-lieux de prévôtés où nous le rencon-
trons : Bar-sur-Âube (sept actes, 1156, 1155, 1158,
1159, 1160), Château-Thierry (neuf actes, 1153,
il5/i, 1157, 1158, 1166, 1169, 1178), Chàtillon-
sur-Marne (deux actes, 1154, 1158), Epernay (trois
actes 1152, 1153, 1154), Lachy (un acte, 1153),
Heaux (huit actes, 1152, 1155, 1156, 1158, 1160,
1163, 1164, 1170), Payns (un acte, 1161), Pont-
sur-Seine (un acte, 1155), Sézanne (huit actes, 1156,
1166, 1171, 1172, 1174, 1176, 1177), Saint-Flo-
rentin (un acte, 1159), Verlus (cinq actes, 1155,
il71, 1174, 1175, 1177), Vitry (trois actes, 1153,
il63), pour ces douze localités nous trouvons qua-
rante-neuf actes, quatre actes par localité en moyenne,
et le nombre des actes datés de Château-Thierry, ce-
lui de ces chefs-lieux de prévôtés, dont Henri a daté
le plus de chartes, n'est pas le onzième du nombre
des actes datés de Troyes, et dépasse à peine le neu-
vième du nombre des actes datés de Provins.
Nous ne citerons que pour mémoire Chapelaines
_ 252 —
où sa présence, en 1169, s'explique sans doute par
une politesse envers Guillaume le Roi, son maré-
chal, seigneur de Chapelaines; Nogent-l'Artaud, où
son chambrier fit bâtir un château et lui donna sans
doute rhospitalité en 1171 et en 1178. Quand Henri
visita Rebais, en 1161, Sain t-Menge deChàlonset
Lagny, en 1163, il faisait sans doute usage de son
droit de gite; la Crète où nous le voyons en 1156,
Igny, en 1164 et 1165, étaient des abbayes cister-
ciennes sur lesquelles il prétendait sans doute déjà
exercer le droit de gite que réclamèrent plus tard ses
successeurs (1).
Troyes et Provins devinrent donc sous Henri de
vraies capitales, et il s'y exécuta pendant son régne
des travaux exceptionnels.
Notre comte se fit construire à Provins, sur la
hauteur, dans une position magnifique, une habita-
tion dont il parle dans plusieurs de ses actes. On
n'en montre plus que des ruines, mais du sommet
de ces ruines la vallée de Provins dépeuplée, et d'où
ont disparu tant d'édifices religieux et militaires
qui l'ornaient, offre encore aux regards un tableau
splendide, et quand par la pensée on relève ces murs
et ces tours que le temps a renversés, ces églises et
ces monastères que la main de l'homme a détruits,
tant d'habitations bourgeoises autrefois enrichies par
les foires et ruinées depuis que le commerce les a
quittées, on comprend qu'on pût se plaire dans la
demeure quasi royale qu'Henri appelait son palais
(1) T. II, p, un.
— 253 —
à l'eiemple des monarques français (1). L'église
Sainl-Quiriace dut à son voisinage les faveurs rouU
tipliées qu'elle obtint, et Henri passe pour l'avoir
rebâtie* (2); cependant il ne s'en contenta pas, et le
château de Provins avait une chapelle où un chapitre
fut doté par la main généreuse du comte.
A Troyes, Henri parait s'être construit le palais
qu'il appelle lui-même domus mea^ ma maison, en
1157, n"" Ulj qu'on trouve aussi désigné sous les
noms d'au/a (3) de sales du comte (6), et qui conte-
nait une pièce que la charte de Tan 1177, n"* 278, ap-
pelle thalamus comilisy chambre à coucher du comte.
Le chapitre de Saint-Etienne, l'Hôtel-Dieu-le-Comte
n'étaient que les accessoires de ce palais. Belle et
noble pensée qui faisait de l'asile de la charité une
dépendance de la demeure du souverain! Nos mœurs
modernes sont bienfaisantes aussi, mais nous ne re-
cherchons pas tant le voisinage des hôpitaux et des
pauvres, et nous ne songerions jamais à en faire un
ornement. Que dira la postérité? Quoiqu'il en soit,
aujourd'hui, bien que du palais élevé par Henri il
ne reste pas pierre sur pierre (5), l'hôpital bâti par
(1) Anll61.no91;H65,nM14;1164.nM24;H65.nM31;
1176, no 252.
(2) Bourquelot, Histoire de Provins, I, 129.
(3) Le pont situé ^ l'angle du sud-ouest de l'hôpital s'appelait
Pons AuUs (an 11S7, o® 47), et la porte qui noenait dM Quartifr-
Haut h la rue de la Cité Porta Comitis (an 1169. n» 169).
(4) Joinville, éd. Didot, p. 29.
(5) Nous aurions peine à croire que le palais, domus, d'Henri
le Libéral fût le bâtiment connu sous le nom de palais au siècle
dernier, et démoli au commencement de ce liède-ci. Le palais.
— 264 —
ce prince, il y a sept cents ans, conserve la aiémoire
respectée du fondateur, rappelle à tous le souvenir
de l'habitation détruite du grand comte, et fait bénir
encore par le pauvre qu'il abrite une imnlortelle
libéralité. Où trouver, parmi les dynasties baronales
du xii*' siècle et malgré tant d'analhèmes jetés sur
la féodalité, un homme encore populaire par ses
bienfaits chez les descendants de ceux qu'il a gou-
vernés ?
Cependant THôtel-Dieu-le-Comte n'est pas à
Troyes le seul vestige qui subsiste du passage da
comte Henri. La tradition lui attribue, et à juste
titre, une partie des travaux qui amènent à Troyes
les eaux de la Seine.
Le sol où est bâti ce qu'on nomme à Troyes le
Quartier-Bas, c'est-à-dire, la ville primitive, la cité
romaine, a été à une date fort éloignée couvert par
les eaux de la Seine ; le gravier d'alluvion qu'on
trouve partout sous cetle partie de la ville en est
encore témoin. Sur le point le plus élevé duQuar-
Bas, les fouilles faites pour la construction du Mu-
sée ont montré le gravier d'alluvion à une profon-
deur de six mètres cinquante centimètres (1); les
cinquante centimètres inférieurs sont une terre tour-
domns, d'Henri le Libéral ne serait-il pas l'édifice qu'en 1270
Renaud de Bar désigne ainsi : « Ma maison de Troyes,.., ton
» a^elle la Maison-le-Comte... laqueile maisons... siet à la porte
» le Comte à la Giévrie. » [Arch. de r Hôtel- Dieu- le- Comte ^
layplte 1.) Celte maison était située sur l'emplacement d'une partie
des bâtiments de l'hôpital à l'angle du quai et de la rue de la Cité.
(1) L'altitude de la surface du sol étant sur ce point de cent
dix mètres, l'altitude de la surface de la grève est de lOS'^SOS
— 255 —
beuse mêlée de racines et de troncs d'arbres; les six
mètres supérieurs consistent en remblais (i). D'autre
part, une tradition constante, qui représente sans
doute l'état des choses dès le début des temps histo-
riques, met l'ancien cours de la Seine à environ
quinze cents mètres au nord-est de la cité romaine
de Troyes, et là où coule le bras de rivière connu
sous le nom de Vieille-Seine. La légende tradition-
nelle de saint Parres (Patroclus) vient à l'appui de
cette tradition, et nous montre dans la seconde
moitié du m' troisième siècle, c'est-à-dire sous l'em-
pereur Aurélien, la Seine coulant où coule encore
aujourd'hui la Vieille-Seine entre Foicy et le village
de Saint-Parres-aux-Terlres (2).
D'après la même tradition, les bras de la Seine
qui passent aujourd'hui à Troyes sont une dérîva-
elle est par conséquent inférieure à l'altitude du thalweg de la
vallée à la même latitude ; car, à la même latitude, l'altitude du
thalweg de la vallée dépasse cent cinq mètres. La terre tourbeuse,
qui à Troyes recouvre la grève, aura été sans doute formée par la
Vienne après que la Seine a eu déplacé son lit. C'est sur celte terre
tourbeuse que les Romains auront bâti la ville de Troyes.
(1) Harmand, Note sur les fouilles du Musée Simart, dans les
Mém, de la Soc. Acad, de l'Aube, 2* série, t. X, p. 267.
(2) Bolland, Janvier, II. p. 342-549, a publié deux leçons des
actes de ce saint. La légende traditionnelle est rapportée par Cour-
talon, Topographie, 11, 7-11 (cf. Desguerrois, f» 31-34). Les textes
publiés par les Bollandistes sont topographiquement beaucoup moins
clairs que le texte français de Courtalon. Les textes publiés par les
Bollandistes parlent d'un endroit où saint Parres échappa à ses
bourreaux, et nous apprennent que cet endroit était au bord de la
Seine. La tradition seule, précisant davantage, indique Foicy. Les
textes des Bollandistes rapportent que saint Parres, ayant traversé
— 256 —
tion et le résultat de travaux faits de main d'homme.
L'inspection seule des lieux ne peut donner les
moyens de décider si celte tradition est authentique.
Il est évident que les canaux de la Seine qui tra-
versent Troyes ne coulent pas dans le thalweg de
la vallée, mais la Vieille-Seine n*y coule pas non
plus : le thalweg se trouve entre les canaux et la
Vieille-Seine : et si des digues sont nécessaires pour
protéger la Moline et la Vacherie contre les crues des
canaux, il faut aussi des digues pour protéger la
Moline, la Vacherie et le faubourg Saint-Jacques
contre les crues de la Vieille-Seine.
Si les digues et les canaux n'existaient pas, la
Vieille-Seine ayant un volume d'eau beaucoup plus
considérable, et n'étant contenue par aucun obs-
tacle, se répandrait très-fréquemment sur la Moline,
sur la Vacherie et sur le faubourg Saint-Jacques, qui
ne pourraient guère être autre chose qu'un ma-
rais (1). Dès qu'on a voulu dessécher ce marais, un
moyen s'est présenté à l'esprit, l'établissement d'un
canal ; ce canal qui avait en môme temps l'avantage
la Seine, se réfugia sur un point élevé où il fut décapité. C*est la
tradition qui nous dit que cet endroit élevé est Saint-Parres-aax-
Tertres. Enfin, quoiqu'en disent les textes des Bollandistes et h
tradition, il y aurait bien des raisons de douter que le martyre de
saint Parres ait eu lieu sous Âurélien, et de révoquer en doute l'au-
thenticité même des textes des Bollandistes. Toutefois, il paraît
que la légende de saint Parres existait dès le temps de Grégoire de
Tours [de Miraculis, I, 64).
(1) Ce marais couvrait les abords de la ville à Test et au sud.
Elle était défendue à l'ouost par les marais de la Vienne, où Monlier-
la-Celle, au vii« siècle et longti^mps après, formait une île, in^nh
Germaniea.
— 257 —
d'amener à Troyes des eaux potables et de fournir
un nouveau moyen de défense, fut exécuté : c'est le
canal de la Moline qui, divisé en deux bras, envelop-
pait la ville romaine.
Les eaux de la Seine y étaient détournées au moyen
de vannes, dites dans l'origine vannes Troyennes,
vanne TrecassinCy depuis vannes tranchines (1), plus
tard supprimées, et que remplace un déversoir en
pierre. Le canal de la Moline est bien antérieur aux
comtes de Champagne, et de son établissement date
la mise en culture des terres qu*il traverse, car par-
tout il est, de mémoire d'homme, limite des proprié-
tés, caractère que ne partage pas le canal plus ré-
cent des Trévois (2).
Le canal des Trévois est celui qu'Henri le Libéral
fit creuser, mais nous ne pourrions fixer Tannée pré-
cise de son établissement, non plus que du ru Cordé
qui est à Troyes la prolongation de ce canal (3).
(i) Au point de vue militaire, des vannes qui levées permettaient
d'inonder en un instant les environs, étaient bien préférables à un
déversoir.
(2) Nous devons cette observation à M. Ferrand Lamotte. Nous
ne pouvons donner qu'une date hypothétique ; mais il est évident que
le canal de la Moline devait exister en 1134, piiisqu'à cette époque
le prieuré de Saint-Jacques est mentionné (Vallet de Viriville, ir-
(^ives hist. de l'Aube, p. 395). Autrement l'emplacement do ce
prieuré aurait été submergé lors des crues. De plus , la môme
charte mentionne le cours d'eau qui passait aux bains du comte;
or, ce cours d'eau ne pouvait être qu'un bras du canal de la Moline,
puisque le Ru-Cordé fut créé par Henri le Libéral, comme le prou-
vent les pièces de l'an 1222, reproduites plus bas (cf. p. 266. n, 1).
(3) Voir plus bas la dernière note du chapitre. On verra toutefois,
dans le chap. Xill, p. 277, la preuve que ce canal existait en 1174.
— 258 —
L'utilité du canal des Trévois est aujourd'hui sur*
tout industrielle. Dans l'origine il avait pour but de
donner de Teau au palais d'abord, ensuite à la ville,
dans un but de propreté, et comme sûreté contre
les incendies.
Le canal des Trévois prit son eau dans celui de U
Moline, au moyen d'une saignée et d'un vannage ao
point connu aujourd'hui sous le nom de Grande-
Pointe. Un résultat de ce travail fut de faire baisser
Teau du canal de la Moline, au grand préjudice des
moulins établis sur ce bras de rivière.
Les principaux appartenaient au chapitre de Saint-
Pierre de Troyes. Cependant il parait que, craignant
l'influence du comte Henri, le chapitre n'osa pas
d'abord se plaindre. Dans tous les cas, nous ne trou-
vons avant 1222 aucune trace de réclamation de sa
part. Mais à cette époque, nous le voyons deman-
dant formellement des modifications importantes aa
vannage de la Grande-Pointe et du canal des Trévois.
Ces modifications devaient avoir pour effet de faire
baisser le niveau de ce canal. L'Hôtel-Dieu-le-Comte
de Troyes était propriétaire des trois moulins de
Pétai, de Paresse et de Croncels situés sur le canal
des Trévois; il s'opposa donc aux modifications de-
mandées par le chapitre de Saint-Pierre. Le chapitre
eut recours au pape, qui délégua comme juges le
doyen de Barsur-Seine et l'archidiacre de Laçois.
Quelle allait être l'issue du procès? c'est ce qu'on
ne savait pas sans doute, mais on pouvait craindre
que les prétentions du chapitre de Saint-Pierre ne
fussent accueillies. La ville de Troyes s'émut. Trois
lettres furent adressées aux juges. Le chapitre de
Saint-Etienne, qui, à cause de son moulin de la
— 259 —
Tour, avait intérêt dans la question, se bornait à dé-
clarer poliment que, l'Hôtel-Dieu-le-Gomte n'étant
pas seul intéressé à la conservation du canal des
Trévois, le jugement qui serait prononcé contre
l'Hôtel-Dieu-le-Comte serait de nul effet, et que la
tierce opposition des intéressés en empêcherait l'exé-
cution. Thibaut IV, comte de Champagne et de
Brie, répétait en des termes également fort mesurés
la même objection; et, ajoutant que l'affaire était de la
compétence de sa cour féodale, il priait les juges
délégués par le pape de se déclarer incompétents.
La troisième lettre, émanée du prévôt et des bour-
geois de Troyes, est un peu plus vive. Après avoir
rappelé que l'eau qui vient à Troyes par le canal
des Trévois est nécessaire à la ville pour laver la
viande, jeter les immondices, éteindre les incendies,
qu'elle est indispensable aux officines du palais,
(c Eh quoi ! » disent-ils aux juges, « ne tiendrez-vous
)> pas compte de la prescription ? Il y a plus de qua-
1} rante ans (i) qu'Henri, de bonne mémoire, comte
)) de Troyes, a, du consentement de toute la ville,
» construit les vannes dont il s'agit. On peut le prou-
D ver par témoins. Agissez donc comme il vous
» plaira. Mais sachez que nous ferons respecter la
» prescription, et que ni le comte, ni nous, nous ne
» laisserons modifier l'état de la vanne, de façon à
a porter préjudice à la ville. »
Nous ne savons pas quel fut le jugement rendu
par le doyen de Bar-sur-Seine et l'archidiacre de
Laçois; ce qu'il y a de certain, c'est que le vannage
(1) On sait qu'en droit canonique la prescription de quarante ans
jouait UD rôle analogue à celui de notre prescription trentenaire.
- 260 -
subsista. En 1361, un nouveau procès avait surgi
entre l'Hôtel-Dieu-Ie-Comte et le chapitre de Saint-
Pierre. On avait fait des réparations à Vtiiot de la
Grande-Pointe et au vannage. Le maître de l'Hôtel-
Dieu prétendait qu'on avait, par cette opération, ré-
tréci Touverture du canal des Trévois. Une expertise
eut lieu : on reconnut que ce canal avait sept pieds
de large au point de séparation des deux bras, et les
experts déclarèrent que l'Hôtel-Dieu-le-Comte n'avait
pas droit à une plus grande largeur. La suppression
du vannage, et rétablissement du libre cours qui
existe aujourd'hui, paraissent avoir été pour la pre-
mière fois décidés en 1372 (1).
La vieille prospérité industrielle de Troyesestdoe
en grande partie au canal des Trévois ; c'est à Henri
le Libéral que doit être reporté l'honneur de cette
prospérité.
(1 ) Extrait de» deux Cartulaires de rHôtel-DieU'le'Coffiie de Tro^,
/«>• 13 et 74 du premier, /^^ 17 et 18 du uoond.
I.
DE VANNA TRECEN8I.
Viris venerabilibus et discretis J., decano Barrensi, et Laticenâ
archidiacono ecclesie Lingonensis, B., decanus totumque capitulum
Beati Stephani Trecensis, in Domino salutem.
Nolum vobis fieri volumus quod vanna Treoensis, saper quam
magister Herbertus, procurator pauperuin Domus Dei Beati Ste-
phani Trecensis, auctoritate apostolica a capitub Trecensi coraa
vobis trahitur in causam, molendinis nostris et usibus necessariis
fere totiiis ville Trecensis deservit, nec est in polestate predicti
Herberti, quod illam vannam a statu suo retrorsum inomutet. Hoc
enini fieret in prejudicium et dampnum nostrum et tocius ville.
Hoc eciain pro certo scialis quod, si capitulum Treoeose more
k
- 861 —
consueto vellet curare et aggeram multitadinis arenose ab iDtroitu
alvei sui removere, villa Trecensis moderacius et pFedictum capi<
tulum aquam habaret habundancius.
II.
ITBM Di: TANNA.
Theobaldus» Campanie et Brie cornes palatinus, venerabilibus
viris et discretis J., decano Barrensi et Laticensi archidiacono
Lingonensi, salutem in Domino.
Sciatis quod illa vanna Trecensis super quam capitulum Sancti
Pétri Trecensis trahit in causam coram vobis auctoritate apostolica
magistrum Herbertum, procuratorem pauperum domus Dei Beati
Stepbani Trecensis, est mea, et in dominio et potestate mea sita,
et in justicia mea; neque eciam dicto capitule Sancti Pétri aiiquan-
do super dicta vanna justiciam denegavi. Si eciam adjudicata essct
capitule pro aliquo defectu dicti magistri Herbert! , non veliem,
quod michi posset aliquid prejudicium fieri, sed ad eam tanquam
ad meam me tenerem. Mando itaque vobis et precor, quatenus in
causa illa supersedeatis, et ad meam curiam remittatis causam
illam. Ego autem jamdicto capitule Sancti Pétri et omni conque-
renti de illa vanna paratus sum plenam justiciam exhibere.
Datum Peancii. Traditum me ipso, anno gracie millésime CC.
vicesimo secundo.
III.
ITEM DE VANNA.
Viris venerabilibus et discretis J., decano Barrensi, et Laticensi
archidiacono prepositi et burgensesTrecenses in Domino salutem.
Notum vobis facimus quod immutacio vanne, de qua trahitur in
causam coram vobis magister Herbertus a capitule Trecensi, non
est ejus possibilitatis. Quippe vanna illa deservit ville Trecensi ad
abluendas carnes, quibus tota villa vescitur, et ad abiciendas im-
mundicias ipsius ville, et, quod majus est, adprestandum municio-
nem et securitatem contra ignis incendium, adeo quod, cum anno
preterito villa Trecensis in maxima parte combureretur, residuum
ville combustum esset, nisi aqua defluens ab illa vanna per médium
ville subsidium prestitisset. Preterea vanna illa deservit ofiBcinis
palacii comitis Trecensis, ita quod valde intolerabiles fièrent, nisi
— 262 —
vanna iila remedium preberet. Et quid erit de hoc, quocT vanna
illa longevi temporis pretextu se tuetur? Sicut enim plurimi tes-
tantur, plus quam quadraginta annis retroactis Henricus pie recor-
dacionis, cornes Trecensis, ad laudem et consensum tocius ville
Trecensis illam construxit. Quid ergo super hoc sit agendum oculis
vestre devocionis inspiciendum relinquitur. Hoc autem sciatis,
quod in prejudicium et dampnum ville vannam ilIam a statu, in quo
longo tempore permansit, et cornes et villa nullatenus sustineret
immutari. Iteno sciatis quod, si capitulum Trecense alveum aque
sue more consueto vellet curare, haberet aquam in habundanciam.
(Cf. i«r Cart., fa» 74 et 76; 2« Cart,, f>» i8 et i».)
k
— 263 —
CHAPITRE XIII
Domaine corporel du comte.
On peut distinguer les différentes sources du re-
venu des comtes de Champagne en trois catégories :
les droits corporels, des droits incorperels analogues
à nos impôts directs, et des droits incorporels qu'on
peut assimiler à nos impôts indirects.
Les droits corporels étaient assis dans les prévô-
tés qui appartenaient à nos comtes. Dans notre
tome II, p. 622, nous avons donné, d'après le feoda
Campaniœ, une liste de ces prévôtés qui comprend
vingt-huit noms. Les chartes nous en fournissent six
autres : Ghaource, Dormans, Jouy, Larsicourt, Ma-
raye et Vassy (1). De ces prévôtés une seule parait
avoir été acquise par Henri, c'est celle de Ghaource,
qu'il tenait de Tabbaye de Montiéramey, et qui de-
vait son origine à ce que celte abbaye l'avait associé
aux droits qu'elle possédait à Ghaource et à Metz-
Robert (2). Une autre acquisition que fît Henri, fut
celle de la moitié de la seigneurie de Vauchassis, que
lui céda l'abbaye de Saint-Germain d' Auxerre (3), et
(1) Voir notre Tome II, p. 423, et le présent volume, p. ISO-
ISS.
(2) Cela résulte d'une charte de l'an 1177, n® 274, mais les faits
qu'elle constate peuvent remonter quelques années plus haut.
(3) Gesta abbaium Autissiodorensium ^ ap. D. Bouquet, XII,
307 B.
— 264 —
qui devint plus tard une prévôté (i), mais qui ne
parait pas l'avoir été au xii* siècle. Nous ne pouvons
compter pour une acquisition le renouvellement de
la cession de Vertus, accordé à Henri pour sa vie
seulement, disait-on, par le chapitre de Reims,
moyennant une rente de cent sous, en 1153,
n*» 11 (2).
Henri parait avoir diminué son- domaine beau-
coup plus qu'il ne l'augmenta. Nous avons parié
déjà de ses nombreuses donations à des établisse-
ments religfieux ; en outre, il détacha de son domaine
plusieurs biens importants qu'il inféoda à diverses
personnes. Ce fut à ce titre qu'il céda à Bernard de
la Grange les revenus d'une maison située dans la
ville basse de Provins (an 1165, n* 130); à Tévêque
de Beau vais, )a seigneurie de Savignies (an 1167,
n** 1A9); à Girard de Bannenaco, les revenus d'nne se-
conde maison située comme la première dans la ville
basse de Provins (an 1170, n* 177); à Habran de
Provins, chambrier, les étaux où Ton vendait les
fruits au vieux marché de Provins (an 1178, n'^SSS).
D'autres fois on le voit se dépouiller au profit de
roturiers, et par conséquent sans charge d'hommage;
par exemple, il donne à Ebrard, son fauconnier,
une rente de deux muids de froment et de quatre
muids d'avoine (n* 269).
Joinvitle a raeonté une anecdote restée populaire.
Il nous parle d'un pauvre gentilhomme qui, man-
quant d'argent pcmr établir ses filles, vînt à Troyes
(1) Voir notre Tome II, p. lxiv, t^ S» (cf. p. 282).
(2) Voir notre Tome II, page 282.
— 265 —
en demander à Henri. Le chambrier Artaud, répon-
dant pour son maître, refusait sous prétexte que le
comte avait tout donné. Tu te trompes, vilain, dit le
prince ; et le présent que fît Henri fut Artaud lui-
même qui dut racheter sa liberté moyennant une
somme d'argent.
Nous rangerons dans l'ordre alphabétique les dit-
férentes sortes de biens corporels possédés par le
comte.
ÂUBAiNS. — On appelait aubain le roturier qui
venait résider dans une seigneurie où il n'était
pas né, et qui n'était pas réclamé par son seigneur
d'origine; il était de droit serf du baron dans la
châtellenie duquel il fixait sa résidence. On distin-
guait deux sortes d'aubains, ceux qui étaient fran-
çais et ceux qui ne l'étaient pas : Henri, donnant au
chapitre de Saint-Quiriace la seigneurie de Bois-le-
Comte, se réserve les aubains qi}i viennent de regno
gallico, et cède aux chanoines les aubains qui viennent
de extra regnum (an 1170, n« 174; 1176, n'' 252).
En 1152, n** 7, Henri cède au prieuré de Sainte-
Foy de Goulommiers les aubains qui viendront de-
meurer dans la terre de ce prieuré (1). En 1157,
n** 45 bis, il accorde le môme privilège au prieuré
du Mets-la-Madeleine. D'autres chartes sont plus
larges encore, ce sont celles de Saint-Etienne de
Troyes (an 1157, n° 47), de Saint-Maclou de Bar-
8ur-Aube (an 1160, n^ 78; 1170, n« 178), de l'église
(1) Voir une charte de Thibaut II analysée dans notre Tome II,
p. 307. En 1152, Henri renouvelait un privilège accordé par son
père vingt ans auparavant.
is
— 266 —
d'Oulchy (an 1177, n^ 266), de Saint-Nicola» de Sé-
zanne (an 1179, n° 295) : elles n'exigent pas la ré-
sidence des aubains sur la terre de rétablissement
privilégié. Tous les aubains qui habitent actuelle-
ment Troyes et Pont-sur-Seine peuvent, s'ils le
veulent, devenir serfs de Saint-Etienne de Troyes;
pour Tobtenir, ils n'ont qu'une déclaration à faire,
et, à cet effet, un délai d'an et jour leur est accordé.
Tous les aubains qui viendront à l'avenir demeurer
à Bar-sur-Aube auront un an et un jour pour dé-
clarer s'ils préfèrent, comme seigneur, le chapitre
de Saint-Maclou au comte. Les aubains qui arrive-
ront à Sézanne et à Tréfols pourront de même,
dans Tan et jour, opter pour le chapitre de Saint-
Nicolas de Sézanne.
Bac de Brat-sur-Seine. — En 1176, n* 252,
Henri donne aux chanoines de Saint-Quiriace le droit
de se faire passer dans ce bac sans payer, quand le
passage à gué est impossible.
Bains publics de Trotes. — En 1179, n"* 309,
Henri donna à la léproserie de Troyes la dime des
bains (1).
(1) Ils étaient situés là où se trouve aujourd'hui la gendarmerie
(voir Grosley, Mém. lùsL, I, 59-44; Corrard de Breban, lesRm
de Troyes, p. 65-66. Ils existaient dès 1154, comme le prouve
une charte de cette année publiée par Vallet de Viriville {Ârck.
hist, de rAube, p. 595). Le cours d'eau qui les alimentait remon-
tait au moins au règne du comte Hugues, d'après la même charte.
Ce cours d'eau était probablement un bras du canal de la Moline.
Il y avait aussi î^ Provins des bains qui appartenaient au comte
de Champagne, car Louis le Ilutin les iU rebâtir; mais il n*en est
pas question avant le xiii** siècle (Bourquelot, Hist. de Provins, I,
277-279.
— 267 —
CsLLiBns. — Henri 1" donna aux gardiens du
Irésor de Saint-Etienne de Troyes une rente de six
muids de vin à prendre dans son cellier de cette
ville. Cette donation est rappelée dans les chartes de
l'an 1186, n» 346, et de Tan 1188, n« 369. Il avait
probablement aussi un cellier à Provins ; il est ques-
tion de ce cellier sous son (ils Henri H, dans la
charte de Tan 1188, n^ 376.
Etangs. — En 1159, n** 67, Henri donna au
prieuré de SaintAyoul le droit de pêche dans son
^tang de Provins, la veille de la Saint-Ayoul ; il y
met toutefois ces conditions, qu'on ne péchera pas
lu filet, et qu'on ne se servira pas de graisse en guise
d'amorce (1).
Etaux. — Nous venons de dire qu'en H78,
a? 285, Henri inféoda à Habran de Provins des
étaux au vieux marché de cette ville.
FoRÉTs. — Les bois d'Henri le Libéral étaient
gardés et administrés par des employés qu'on nom-
mait forestiers et qui paraissent avoir été subordon-
nés aux prévôts (2). Le forestier Arnaud est témoin
dans la charte de l'an 1162, n» 104. En 1164,
n® 127, Henri donne à l'abbaye du Reclus deux fo-
restiers pour garder les bois de ce monastère; on
(i) Absqne rete et sagina.
(2) Dans le texte de l'an 1161 , n° 102, Henri ayant constitué un
iroit d'usage au profit de l'abbaye de Rebais, si^înifie celte décision
lux employés qui flevront la faire ex-écuter; il s'exprime en ces
termes : Pr^rcipio ig'itnr xit pra'positi met, foresliarii quoque, et
txteri servîentes. Les prévôts, chefs de l'administiation dans la
cbâtellenie, sont placés les premiers, et quoiqu'il s'agisse de forêts,
précèdent les forestiers.
— 268 —
peut en conclure que ces forestiers étaient serb.
Dans la charte de l'an 1190, n"* 610, le terme de
Gruier, Gruerius, est employé comme synonyme de
forestier (i). La garde des bois était considérée
comme un avantage pécuniaire à cause des amendes
dont on frappait les délinquants. En 1171, n"" 19&,
Henri donna à l'abbaye de Saint-Médard de Soissons
la garde des bois de Damery. Il déclara que si les
sergents de l'abbaye avaient besoin d'appeler à leur
aide ceux du comte, ceux-ci auraient pour leur peine
un tiers de l'amende.
Henri se signala surtout en fait d'administration
forestière par le grand nombre de ses concessions
de droit d'usage; il en fit aux abbayes de Montier-
la-CelIe, de la Croie, d'Igny, de Glairvaux, de Re-
bais, de Châge, de Trois-Fontaines, de Saint-Loap
de Troyes, de Vauchrélien, aux prieurés de Chitil-
Ion et de l'Abbaye- sous-Plancy, au chapitre de Saint-
Etienne de Troyes, à la léproserie de la même ville.
La quantité de bois qu'un usager pouvait prendre
était le plus souvent illimitée. Nous avons constaté
quatre cas où elle est fixée, et voici comment : le
concessionnaire a le droit d'emporter de la forêt
tous les jours autant de bois qu'en peut contenir une
charrette à deux chevaux, disent trois chartes (an
1154, n* 24; 1156, n« 42; 1163, n*» 116); uneqoa-
trième charte permet aux concessionnaires d'em-
(1) Biga $eu quelihet veturia predidorum a grueriis tive foret-
tariis nieis nullatenus impediatur. Il ne nous paraît nullemeat
prouvé que les gruiers fussent spécialement, et à rexclusion des
forestiers, chargés de la perception du droit de gruerie.
— 269 —
ployer chaque jour deux charrettes à deux chevaux
chacune (an 1172, n- 207) (1).
La qualité du bois auquel les usagers avaient droit
était déternainé d'une manière plus précise; on dis-
tinguait les arbres en deux classes, le mort bois et le
bois vif (2). Deux ordonnances d'Henri, rendues en
1 165, et concernant, l'une la forôt de Jouy (n* 132),
l'autre celle de Sourdun (n"" 133), mais énonçant évi-
demn>ent un principe général, nous apprennent qu'il
faut entendre par bois vif le chêne, le hôtre, le pom-
mier, le poirier, l'alizier, le cormier; ce sont les
arbres qui fournissaient alors le bois de construc-
tiou; les autres servaient au chaulTagc. Cette distinc-
tion résulte d'abord des deux chartes que nous ve-
nons de citer : après avoir énuméré les essences dont
se compose le bois vif, elles ajoutent que les usagers
pourront les prendre seulement pour bâtir ou répa-
rer leurs maisons, ad solum herbergagium suum, La
même distinction se trouve dans la charte de l'an
1164, n* 122, avec cette seule différence qu'on y
donne aux usagers le droit d'employer le mort bois
(1) L'expression consacrée est usuarium ad unam higam, ad
duos bigas, et nous croyons qu'on doit trouver l'interprétation de
ces termes dans les expressions suivantes de la charte de l'an 1 156,
n* 42, usuarium in silva mea de Gaut inferius declarandum : sci-
licet ut, quantum biga de lignis trahi polest, usibus in predido
loco Deo servientium omni die in perpetuum attrahetur,
(2) Le mort bois est appelé nemus mortuum dans la charte do
Tan 115G, n" ii, et mortua ligna dans la charte de l'an 1164,
D*^ 12^. Le bois vif est appelé nemus vivum dans la charte de l'an
1156. n*42.
— 270 —
en construction, si cela leur est agréable , et si le
bois vif ne leur sufïît pas (1).
On peut en conclure que les droits d'usages ac-
cordés par Henri aux abbayes de la Crête, de Clair-
vaux, d'Igny, deTrois-Fonlaines, pour leurs forges,
ne concernaient que le mort bois ; mais quand la
concession avait pour objet tout usage quelconque
(an 1154, n^ 24; 1157, n' 47; 1161, n» 89; 1164,
n* 127), ou le bois à bâtir comme le bois à brûler
(an 1161, no 102; 1164, n^ 122; 1171 n^ 196), les
usagers avaient droit au bois vif comme au mort
bois, sauf cette réserve que sans doute partout comme
dans les forùts de Jouy et de Sourdun ils devaient
prendre le mort bois pour le chauffage et le bois vif
pour les constructions. Les chartes qui accordent
droit d*usage sans autre énonciation doivent évidem-
ment s'entendre à la fois du bois de chauffage et
du bois de construction (an 1163, n^ 116; 1173,
n« 207).
Quelquefois il est stipulé que les usagers pourront
prendre dans la forêt des échalas pour leurs vignes
(an 1156, n^ 43 bis; 1177, n« 287; 1179, n*» 304), et
môme du bois pour faire des clôtures (an 1178,
n« 287).
Ce qui montre combien les bois étaient peu peu-
plés, c'est qu'en 1157, n"* 47, Henri donna au cha-
pitre de Saint-Etienne de Troyes la dîme de l'avoine
(i) Âdjeci etiam prœdictas eccle^ias usuarium in nemoribus Me-
dunti de quibuslibet lignis ad aediiipia domonim suanim vel moleo-
dinonim construendn vol roparanda et de mortuis lignis ad ignn
faciendos in domibus suis et in furnis suis.
— 271 —
des bois d'isle. Si on cultivait les forêts, on pouvait
aussi les pâturer; en 1164, n*" 127, Henri donna à
l'abbaye de Reclus droit de pâturage dans la forêt
de Vassy; en 1176, n" 260, Henri accorde à Tabbaye
de Saint-Loup l'autorisation de faire faucher six ar-
pents dans les bois où elle a droit de pâturage; il
n'y met qu'une réserve, c'est qu*on ne coupera pas
de bois.
Un des principaux avantages que tirait d'une forêt
le propriétaire était le droit de chasse qu'Henri
donna à l'archidiacre Roric dans la forêt de Mant(l).
Les coupes de bois devaient produire fort peu de
chose, car il semble résulter des ordonnances de
1165, n°* 132, 133, que les non usagers eux-mêmes
pouvaient y prendre le mort bois sans encourir au-
cune peine (2). Restait le bois vif, dont le proprié-
taire pouvait tirer parti une fois les usagers satisfaits.
Il avait le bois de service laissé par eux, et la totalité
du bois de chauffage que donnaient les arbres con-
nus sous le nom de bois vif.
Les principales forêts du comte de Champagne,
au TLiV' siècle étaient, dans TAubc, celles d'isle (an
1157, n* 47; 1171, n« 196; 1172, n* 207), d'Ervy
(an 1190, n^ 404); dans la Marne, celles de Luiz (3)
et du Gaut (an 1156, n*^ 46, 1163, n»116); dans la
(1) Feoda Campanie, n® 45, dans notre Tome 11, p. vi.
(2) Voir en ce sens une disposition de la loi des Bourguignons,
tit. XXVIIl, art. 1.
(3) Voir notre Tome 11, p. 103, 104, t20. C'était dans celte
forêt que Hugues avait fondé les deux abbayes de Cheminon et
de Trois-Fontaines.
— 272 —
Haute-Marne, celle de Vassy (an 1156, n"* 43 bis;
1157, n*» 46; 1158, n* 59; 1161, n« 89; 1164,
n^ 127; 1171, n» 190; 1178, n» 282); dans Seine-
et-Marne, celles de Jouy (an 1165, n" 132; H70,
n» 174), de Sourdun (an 1165, n« 133), et du Manl
(an 1161, n« 102; 1164, n« 122; 1178, n' 287; 1179,
n- 304).
La mince valeur de la propriété forestière, avait
pour résultat de nombreux défrichements.
La charte de Tan 1164, n® 127, déclare que l'usa-
ger n*aura pas le droit de défricher. Mais l'autorisa-
tion de défricher est donnée à Tabbaye du Valsecret
pour vingt arpents (an 1154, n* 21), à Thibaut Re-
velard pour le bois dit Osateit (an 1172, n* 192), à
Tabbaye de Montier-laCelIe qui pourra défricher à
Surançon la quantité de terre nécessaire pour deux
charrues (an 1178, n^ 291).
En 1170, n" 174, Henri, donnant à Téglise Saint-
Quiriace un canton de bois dans la forêt de Jouy,
parle des terres cultivées et des habitants qui se
trouvent dans ce canton de bois (1).
Une grande partie des villages nouveaux, fondés
à cette époque, doivent leur création à des défri-
chements. Or, on peut, ou Ton doit même attribuer
au régne d'Henri la création des villages suivants:
Villeneuve-au-Ghàtelot (Aube), dont les habitants
reçurent d'Henri divers privilèges, en 1175, n** 237;
Villeneuve-le-Comte (Seine-et-Marne), dont il donna
les novales à son frère Guillaume, archevêque de
(1) Voir aussi la charte de l'an 1176, n^ 252. C'est aujourd'hui
Bois-le-Comte.
— 273 —
Sens, qui, à son tour, les céda à l'abbaye de Sainte-
Colombe, en 1176, n' 263; Villeneuve-F Archevêque
(Yonne), dont la forteresse était lenue d'Henri pour
moitié par Ânseau de Traînel, en 1177, n** 264; la
Villeneuve de Chaource et de Metz-Robert (Aube),
fondée par lui de concert avec l'abbé de Montiéra-
mey (an 1177, n** 274); Villeneuve prés de Vosnon
(aujourd'hui Villeneuve-au-Chemin, Aube), dont il
donna moitié au prieuré de Saint-Jean-en-Chàtel de
Troyes, en 1178, n* 292.
Quand Henri voulait établir une ville neuve^ il
attirait la population par divers avantages : exemp-
tion de taille, de péage et de tonlieu, réduction du
chiflFre des amendes et des épices du prévôt, dé-
charge de l'obligation du service militaire toutes les
fois que le comte ou un de ses grands officiers ne
commande pas en personne, quelquefois droit d'é-
lire certains magistrats (an 1175, n" 237; 1177,
no 274).
Fours. — La plupart du temps les seigneurs
avaient dans chaque localité des fours dits banaux,
où chaque habitant était obligé de faire cuire son
pain. La charte de l'an 1157, n"" 47, mentionne deux
moitiés de four données par le comte au chapitre de
Saint-Etienne; Henri joint à cette libéralité un privi-
lège, c'est que, sans le consentement du chapitre,
personne ne pourra établir de four dans le Quartier-
Haut, c'est-à-dire, comme s'exprime la pièce : entre
Sainte-Savine et le bras de la Seine qui passe au
pont de la Salle (1). La charte de Tan 1169, n* 74,
(1) Ce bras de la Seine est ce qu'on appelle le Ru-Cordé (au-
jourd'hui eo partie confondu avec le canal de la Haute-Seine) ; et
— 274 — ^
rappelle que Thibaut II avait donné au prieuré de
Foicy trois fours à Troyes, avec rexemption de
toute redevance et de tous droits de justice poar
huit boulangers et un fournier par four. Le four
banal de Baroville est compris parmi les biens dont
Henri dota le chapitre de Saint-Maclou, en 1160,
n» 78. En 1175, n"* 239, Henri acquit par échange
la moitié indivise du four banal de Damery et la
donna en fief à Garin de Damery. La charte décide
que si quelqu'un est accusé d'avoir été cuire ailleurs,
ou sept personnes attesteront par serment son inno-
cence, ou il paiera deux sous d'amende, plus le
fournage, c'est-à-dire, le prix ordinaire de la cuis-
son.
Greniers. — En 1157, n"* 47, Henri donne au
chapitre de Saint-Etienne la dime du froment qui
vient à son grenier de la seigneurie de Troyes. En
1175, au plus tard, n° 249, Henri donne à son fau-
connier une rente de grains à prendre à son grenier
de Ilosnay, entre les mains du grenetier chargé de
Tadministration de ce grenier. Dés 1161, n** 94, il
est question d'un grenetier nommé Garnier, dont
Henri acquiert par échange la femme qui était serve
de Saint-Loup.
HosTiSES. — On appelait ainsi des chaumières
habitées moyennant redevance par des paysans.
L'abbaye d'Oye en céda par échange à Henri ao
certain nombre qu'elle possédait à Ghapelaines, et
Henri en donna la moitié à Guillaume le Roi, ma-
ie pont de la Salle, Pons Aulœ, est celui qui se trouvait au sud-
ouest de l'hôpital (voir le travail de M. Corrard de Brebau, inti-
tulé Mémoire sur les diverses enceintes de la ville de Troyes).
— 275 —
réchal (an H71, n* 197). La comtesse Marie donna
des hostises au chapitre de Saint-Quiriace (an 1176,
n- 252).
Maisons. — En 1152, n* 7, Henri donne au
prieuré de Sainte-Foy de Coulommiers la maison
que son aïeule Adèle possédait à Coulommiers.
Masures. — Semble avoir été un synonyme d'hos-
tises. Henri en donna dix au chapitre de Saint-Nico-
las de Sézanne. Au don des masures, il joignit celui
des habilanls et de leurs possessions (an 1179,
n* 295).
Moulins. — Henri possédait complètement, ou
pour partie, un certain nombre de moulins dont
nous citerons quelques-uns.
Moulin-du-Comte, entre Passy et Chàtillon-sur-
Marne : Henri y avait un tiers qu'il donna aux Tem-
pliers (an 1152, n° 6).
Moulin de la Tour à Troyes (1) : Thibaut II avait
donné au prieuré de Foicy la dime du moulin de
la Tour (2). Henri, rappelant cette donation, y ajouta
une rente de deux muids de froment sur le même
moulin qu'il appelle mon moulin (an 1159, n** 76).
Moulin des bains de Troyes : sur le ru Cordé (3),
prés la gendarmerie actuelle. Henri donna au cha-
pitre de Saint-Etienne la part qu'il avait dans ce
moulin (an 1157, n* 47).
(1) Molendina de suh turre (en 1159, n^ 74).
(2) C'ëtait alors évidemment ou la Vienne ou un bras du canal de la
Molineet non le Ru-Cordé qui faisait mouvoir le moulin de la Tour,
Nous croyons que le Ru-Cordé n'existait pas sous Thibaut II.
(3) Peut-^tre marchait-il avec des eaux venant du canal de la
Moline.
— 276 —
Moulin du château de Troyes (i) : Henri en donna
aussi sa part au chapitre de Saint-Etienne (an 1157,
n* 47).
Moulin d'Ile-Âumont : Henri en donna la moitié
au chapitre de Saint-Etienne (an 1157, n* 47).
Moulins de Provins : Mathilde, mère d'Henri, da
consentement de son fils, donna à Tabbaye de la
Pomraeraye trois moulins à Provins (an 1160,
n« 82).
Moulin de Meaui : Henri donna au prieuré de
Fontaines une rente de vingt septiers de froment
sur son moulin de Meaux (an 1170, n^ 173).
Moulins de Bar-sur-Aube : Henri donna au cha-
pitre de Saint-Maclou vingt seliers de rente sur
ses moulins de Bar-sur-Aube (an 1170, n** 178).
Moulin Ursartorum ou de porta Ursariorumy c'est
aujourd'hui le moulin de Meldançon (2), Henri ea
avait les deux tiers. Du consentement d'André Ce-
menlariusy son co-propriétaire, il donna à l'abbaye
de Saint-Martin-ès-Aires la dîme des revenus de ce
moulin et le droit d'y faire moudre gratuitement un
demi muid de grains par semaine (an 1171, n* 195).
Trois ans plus tard, André Cementarius vendit cent
livres son tiers à Tabbaye de Saint-Martin-ès-Aires
(an 1174, n" 232).
Moulin de Chaillouet (de Challooel)^ aujourd'hui
(1) Molendina juxta novum castellum quod est ante eccîemm
Beatî Johannh (an 1157, n° 47). Il ne faut pas confondre ce moulin
avec celui de la Tour.
(2) La porte dite Ursariorum était située auprès du chevet de
la cathédrale (Corrard de Breban , Mémoire sur les enceintes de
la ville de Troyes, p. 7).
— 277 —
MoulJDS-Brulés, est compris dans la disposition de la
charte de Tan H71, n" 195, en faveur de Tabbaye
de Saint-Marlinès-Aires.
Moulin de la Porte-de-FEvéque (1) : le même pro-
bablement que le moulin Ursariorum (2). En 1172,
n** 207, Henri donna à l'abbaye de Saint-Loup un
demi-muid de froment et un demi-muid de mouture
sur ce moulin.
Moulins de rHôtel-Dieu-le-Comle de Troyes : en
1174, n* 220, Henri donna à Thôpital Saint-Bernard
le droit d'y moudre gratuitement deux setiers de
blé par semaine. Les noms de ces moulins sont
portés à notre connaissance par la charte qu'Henri II
accorda à THôtel-Dieu-le-Comle de Troyes, en 1189,
n** 388. Ce sont les moulins des Trévois (de Torta
Fia), de la Tannerie et de Croncels. Les deux pre-
miers existent encore aujourd'hui, mais ont changé
de nom : le moulin des Trévois se nomme Péial (3),
et celui de la Tannerie, Paresse (4).
Moulin de Saint- Julien, prés Troyes {de Senceio) :
en 1175, au plus tard, n® 249 bis, Henri autorise
les lépreux des Deux-Eaux de Troyes à moudre gra-
tuitement dans son moulin de Saint-Julien, quand,
(1) Molendina de juxta portam que dicitur Ephcopi.
(2) Porta Ursariorum et porta Episcopi étaient deux noms de
la même porte (Corrard de Breban, Mémoire sur les enceintes de
Troyes, p. 7}.
(3) Archives de l'Aube, Inventaires des archives de r Hôtel-
Dieu-le-Comte, t. III, p. 469.
(4) Arcliives de l'Aube, Inventaires des archives de V Hôtel-
Dîeu^le-Comte, t. IV, p. 125. A cette date il est évident que le
canal des Trévois existait (voir plus haut, p. 257).
— 278 —
faute d'6au, ils ne pourront moudre à leur moniro.
Moulins de Bray-sur-Seine : en 1476, n» 252,
Henri donna à Téglise de Saint-Quiriace tous les
droits qu'il avait sur ces moulins.
pRBS. — En 1161, n* 94, Henri donna à l'abbaye
de Saint-Loup dix arpents de pré à Pont-sur-Seine
et deux prés à la Bretonniére. La même année,
n° 98, il donna aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jé*
rusalem deux charrettes de foin à prendre dans son
pré de Mareuil. En 1171, nM 91, il donne à Thibaut
Révelard dix arpents de pré dans VAio, entre Eper-
nay et Damery. La même année, n*" 196, il donne
un pré à la léproserie de Troyes. Il avait fait à Fur-
bert TEpicier donation d'un pré à Château-Thierry,
comme le rappelle Henri II, en 1187, n** 361.
Pressoirs bannaux. — En 1175, rf 236, Henri
rappelle la donation des pressoirs bannaux de Bray-
sur-Seine, faite au chapitre du lieu par Thibaut II.
Rivières. — Henri était propriétaire des cours
d'eau qui coulaient dans ses chàtellenies ; il 6t à ce
titre les dispositions suivantes. En 1152, n' 5, il
donne à l'abbaye de Saint-Remy de Reims le ban
de la Marne au-dessus et au-dessous de Condé, c'est-
à-dire que personne n'y pourra pêcher sans le con-
sentement de l'abbé ; le prévôt de Saint-Remy aura
deux tiers des amendes, le prévôt du comte aura
l'autre tiers. En 1152, n* 7, il accorde divers droits
de pêche au prieuré de Sainte-Foy de Coulommiers,
se réservant la faculté de faire pêcher pour les be-
soins'de sa maison sans demander la permission des
moines. En 1156, n** 43 bis, Henri donne à l'ab-
baye de la Crête droit de pêche dans le Rognon jus-
qu'à son confluent avec la Marne. En 1157, n"" 67,
— 279 —
il donne aux chanoines de Saint-Etienne la pêche et
le cours de la Seine tel qu'il le possédait de Saint-
Julien au moulin de Saint-Quentin (1); plus tard,
une autre disposition d'Henri obligea les chanoines
à partager ce droit de pêche avec THôlel-Dieu-le-
Comte, qui du reste était dans l'origine un acces-
soire et une dépendance du chapitre; cette disposi-
tion est rappelée par Henri II dans la charte de Tan
1189, n* 388 (2). En 1161, n* 94, Henri le Libéral
donne à Tabbaye de Saint-Loup le cours de la Barse
entre le moulin de Baire-Saint-Loup et le lieu dit Ar-
zileium (3). La même année, n** 95, il renonce aux
service féodal que lui doit Tabbaye de Saint-Martin-
ès- Aires pour la moitié de l'eau qui est entre le
moulin de Sainte-Maure (Aube) et le gué de Saint-
Benoît-sur-Seine. La même année, n* 100, il donne
à l'abbaye de Larivour la pêche de la Barse sur une
certaine longueur. Vers la même époque, n* 112,
il donne à Tabbaye de Quincy le ruisseau de Sur-
vanne (Aube) jusqu'à 1* Armance avec droit de pêche,
et l'autorisation d'établir un moulin. En 1171,
n* 195, il donne à l'abbaye de Sain t-Martin-és- Aires
l'eau et la pêche qui dépend du moulin de Meldançon
et des moulins Brûlés, c'est-à-dire, « depuis l'entrée
(1) C'est-à-dire, supposons-nous, la pêche du canal des Trévois
et du Ru-Cordé. D'une disposition que nous allons citer (p. 280,
note 1), il résulte que cette donation aurait pu difficilement s'appli-
quer au canal de la Moline.
(2) Il y est question de la pêche a divistone magne Sequane ad
Molendinum S, Quentiîii,
(3) Aqmm que interjacet a molendino de Baira usque ad Arzi^
letum.
— 280 —
» de Jaillart, jusqu'à Teau d'Oriot (1). » En il7S,
n* 21/i, il approuve la donation de la moitié d'ane
portion du cours de TArroance faite à l'abbaye de
Pontigny, parMilon d'Ervy, et il donne l'autre moitié.
Serfs . — Il est inutile de répéter ce que nous avons
dit sur ce sujet, plus haut, chap. VII, p. 215-225.
Terres arables. — En 1159, n* 74, Henri rap-
pelle que son père a 'donné au prieuré de Foicy des
terres arables à Saint-Florentin (Yonne) et à Bierne
(Aube). En 1161, n"" 89, il donne huit arpents de
terre au prieuré de Ch&tillon-sur- Marne. En 1179,
n*" 302, il donne aux chanoines de sa chapelle de
Provins une rente de grains à prendre sur sa terre
sise à Provins, près de la porte de Jouy. La même
année, n"" 312^ il donne à l'hôpital de Bar-sur-Âobe
vingt arpents de terre à Barbonne
Vignes. — En 1152, n* 7, Henri donne au prieuré
de Sainte-Foy de Coulommiers trois arpents « d'ex-
cellente vigne » à Lagny. En 1157, n* 49, il donne
des vignes à l'abbaye de la Ghapelle-aux-Planches.
En 1175, n' 240, il donne aux religieuses du Val-
d'One huit muids de vin de rente à prendre sur sa
vigne de Ruberlo. En 1190, n° 404, Henri II rap-
pelle une disposition de son père concernant les
vignes de son clos de Bouilly (Aube).
Viviers. — En 1152, n' 6, Henri donne aux
Templiers la moitié d'un vivier situé entre Passy et
Chàtillon-sur-Marne.
(1) Aquam etiam et piscariam eorumdem molcndinorum (Ursa-
riorum et de Challooel), s'icut alveus protenditur, ah inlroitu de
Jallart usque in aquam de Oriot.
281 —
CHAPITRE XIV.
DonuUne Incorporel.
Les droits incorporels directs, c'est par eux que
nous commencerons, dérivaient de deux sources,
de la propriété et de la souveraineté. Il est souvent
difficile de distinguer l'origine de chacun de ces
droits. Nous suivrons Tordre alphabétique.
Cens. '— On distinguait deux sortes de cens, ce-
lui qui était dû pour des immeubles, et celui que
certains serfs payaient par tête. Gomme exemple du
dernier, nous citerons un article de la charte de
Meaux, en 1179, n*" 306; on y lit que les hommes
capitales payeront à leur seigneur le cens qu'ils
doivent par tête, censura capitalenij plus, en cas de
retard, une amende de cinq sous. Plus tard, on dé-
signa sous le nom de chevage ce cens payable par
tête. Un grand nombre de documents postérieurs
nous montrent le montant du chevage fixé à quatre
deniers (1).
D'ordinaire, le cens était dû pour des immeu-
bles (2). En 1160, n* 80, Henri donne au trésorier
de l'abbaye de Lagny vingt sous de rente sur le
cens de Goulommiers. En 1170, n' 176, il donne au
(1) Arch. de l'Aube, fonds de TEvêché de Troyes.
(2) Nous ne savons quelle signification attribuer à l'expression
censuê nundinarum, an 1160, n° 78 ; 1170, n« 178.
i9
- m^
prieuré de Fontaine quarante sous de cens à Cham-
bry. En 1171, n® 197, il acquiert des cens à Chape-
laines. En 1175, n"" 237, le cens dû par les habitants
de la Villeneuve-au-Chàlelol, pour leurs terres el
prés, est fixé à à deniers par arpent.
Censés dues par des communautés d'habitants ou
par des individus pour l'exemption des droits de
justice. — Nous en avons déjà parlé plus haut,
ch^p. VII, p. a33.
Corvées (1). — En 1159, n"" 7&, Henri rappelle
que son père a donné ses corvées de Bierne (Aube)
au prieuré de Foicy. Les hommes de Bois-le-Comte,
dans la forêt de Jouy, devaient trois sortes de cor-
vées : a des corvées d'août, des corvées de bûche>
» rons, des charrois ; » la comtesse donna ces cor-
vées au chapitre de Saint-Quiriace (an 1176, n* 253).
Les hommes de Bunolium devaient au comte deui
charrois par an (an 1177, n"" 266). Henri exempta
de ses corvées les hommes du Temple (an 1178,
n^ 289).
Codtuues. — C'est un terme générique qui veot
dire redevance. Il est employé comme synonyme
de cens dans les chartes de Tan 1171, n^ 193, i9&,
et comme synonyme de taille dans la charte de l'an
1170, n" 181(2).
DiMss inféodées. — En 1178, n"" 290, Henri
(1) Sur les corvées dues au cgmte de Brienne au xi* siècle, voir
notre Tome I, p. 400.
(2) Nous croyons qu'il a d'ordinaire un sens différent de celui du
nnot exaction doiil il sera question plus loin : mais il est évident
qu'on a pris souvent ces deux mots pour synonymes (voir Gue'rard,
Cart. de S. '/'ère de Chartres, Prolétjitmènes, § 1.01).
— 283 -
donne à l'abbaye de Montier-Ia-Gelle les menues
dîmes de Sainte-Savine. La même année, n* 291, il
se réserve les menues dîmes de Surançon. En 1190,
d"" hOUy Henri II rappelle que son père a donné aux
moines de l'ordre de Grandmont, établis dans la forêt
de Arvico, cinquante muids de vin (1) à prendre
chaque année sur les dîmes de vin de Bouilly.
Frésinges. — On désignait ainsi une redevance
annuelle d'un cochon de lait ou de sa valeur esti-
mée deux sous (2). Les hommes de Rouilly et de
Baire -Saint-Loup, devaient chacun une frésinge au
comte par an. Cette redevance, établie par une
charte de Thibaut P' (3), rappelée par Hugues vers
l'an 1100(4), par Henri, en 1158, n*58, fut donnée
à l'abbaye de Saint-Loup par ce dernier (an 1161,
n» 94; an 1162, n*» 111). En 1179, n* 295, Henri donna
à l'église collégiale de Saint-Nicolas de Sézanne les
frésinges de Champguion et du Gault.
Etalage. — Le droit d'étalage se payait pour
obtenir l'autorisation d'étaler sur la voie publique.
Il peut être difficile à distinguer du droit de propriété
des étaïux. En 1169, n' 167, Henri donne à THôtel-
Dieu de Bar-sur-Âube cent sous de rente sur l'éta-
lage de Bar. En 1175, n"" 136, Henri rappelle que sa
mère a donné à la collégiale de Bray-sur-Seine une
rente assise sur l'étalage des boulangers du lieu. En
(1) La charte dit que ce vin sera de pritna gutta pede pf*e8$a.
(2) Sur la redevance de ce genre due au comte de Brienne au
XI* siècle, voir notre Tome I, p. 401.
(3) Voir notre Tomel, p. 501-502.
(4) Voir notre Tome 11. p. 75.
— 284 —
1179, n'' 295, Henri donne aux chanoines de Saint-
Nicolas de Sézanne une partie de l'étalage des
foires.
Gardes ou Avoubribs. — Les comtes de Cham-
pagne devaient une protection spéciale à certains
établissements religieux, ou à certaines propriétés
ecclésiastiques ; cette protection était rémunérée par
une redevance annuelle. Dans notre édition du
Feoda Campante (1), nous avons publié une liste des
principaux monastères qui, au commencement da
X1I1* siècle, étaient assujettis au paiement de cette
redevance. L'abbaye de Montier-la-Celle y figure
pour une somme de soixante livres qu'elle payait
déjà sous Henri le Libéral, comme l'atteste la cin-
quantième lettre de Pierre de Celle (2). Il est pro-
bable qu'il en était de même des dix autres monas-
tères énumérés dans le Feoda Campante y et qui y
figurent pour les sommes suivantes : Jouarre, 200 liv.;
Rebais, l/iO liv. ; Saint-Faron de Meaux, &0 liv.;
Chésy, 50 liv. ; Orbais, 20 liv.^; Montiérender, 800 liv.;
Âvenay, 60 liv.; Saint-Menge de Chàlons, UQ liv.;
Montiéramey, 100 liv.; le prieuré de Coincy, 20 liv.;
total, y compris Montier-la-Celle, 1010 liv. C'était
évidemment un des principaux revenus d'Henri.
Cependant plusieurs documents attestent que cet
état n'est pas complet. Henri avait sous sa garde :
Chablis (Yonne), prévôté dépendant de Saint-Mar-
tin de Tours. En 1151, n"" 1, il reconnaît qu*il ne
peut aliéner cette garde, quoiqu'il ait disposé en fa-
(1) N" 376-386, voir notre Tome 11, p. xxtx.
(2) D. Bouquet, XVI, 708 CD.
— 285 —
veur d'Ânséric de Montréal des revenus qu'elle
produisait.
Une partie des hommes de i'abbaye de Saint-
Remy de Reims. En 1153, n*" 13, il reconnaît qu'il
ne peut aliéner l'avouerie qu'il a sur eux. Il se payait
en levant des tailles sur ces hommes, sauf ceux de
Courtisols pour lesquels l'abbé lui payait une rente
annuelle de dix livres (an 1153, n*" 12). En dépit de
ses promesses, il engagea à Josbert de Chaumont
l'avouerie des hommes de Saint-Remy à Gondes et
à Darmanne (Haute-Marne). Sous le régne d'Henri H,
ces hommes, voulant rentrer dans l'avouerie du
comte, furent obligés de rembourser cent quarante
livres à Josbert (an 1187, if 360).
Vaudeurs, grange de l'abbaye de Dilo, aux termes
d'une charte de l'an 1159, n' 71.
Le prieuré de Bétignicourt (Aube), dont il céda
la garde à Guyard de Reynel. Les moines de l'ab-
baye de Saint-Bénigne de Dijon, de qui ce prieuré
dépendait, protestèrent en 1179, n'313.
Gîtes et Procurations (l). — On appelait ainsi le
droit d'être hébergé et nourri gratuitement un jour
et une nuit par an. Nous avons publié, T. II,
p. xxxvi-xxxviii, et LX-Lxii, deux élats des gîtes
dus aux au comte de Champagne au xiu® siècle.
Il est probable que la plupart étaient déjà dus au
XII*. Voici, d'après les chartes d'Henri, les noms des
localités où ce prince pouvait exercer le droit dont
il s'agit :
(1) Procuration veut dire repas. On trouve quelquefois le sy-
nonyme pattus.
— 286 —
Chablis (an 1 15i , nH ; cf. Feoda Campante, n* âSS,
et annexe B, n*" 13).
Venlelay (an 1154, n" 22). En 1164, n* 12i,
Henri décida que lorsqu'il ne serait pas logé dans
une maison du prieur de Ventelay, ni ses prévôts,
ni ses sergents, ni aucun de ses officiers ne poar-
raienl y réclamer gîte ni procuration (cf. Feoda Cam-
panicy ïf 440, et annexe B, n' 23).
Montier-Ia-Celle. L'abbaye devait Thospifalité
non-seulement au comte, mais à tous ses agents. En
1156, n"* 37, Henri décida que, pour avoir droit
d'exiger cette hospitalité, ses agents devraient être
munis de lettres du comte, invitant les moines à les
recevoir (cf. annexe B, n* 7).
Luyéres. En 1159, n"* 72, Henri exempta du gîte
de Luyéres le maire de Saint-Loup.
Rumilly les-Vaudes, Vaudes et Gorgéoes (1). En
1160, n''85, Henri décida qu'aucun de ses homaies,
chevalier, clerc ou sergent, n'aurait le droit d'exiger
le logement ou la nourriture dans ces viHages, à
moins qu'il n'accompagnât le comte, ou ne fît partie
d'un corps de troupes envoyé par le comte (cf. Feodê
Campanxey n° 433).
RouiTy, dépendant de l'abbaye de Saint-Menge de
Chàlons, et tous les hommes de cette abbaye. En
1169, if 164, Henri se réserve son droit de gîte (cf.
annexe B, n"* 37).
Fravaux. En 1172, n"" 205, Henri renonce à son
droit de gîte en ce lieu.
Damery. En 1175, n"* 239, Henri exempte de son
(1) Village détruit près de Rumilly.
gîte le fournier de Garin de Damery (cf. annexe B,
n* 24).
Quand ic comte passait une année sans se rendre
dans les localités où il avait droit de gite, on forçait
les habitants à payer une somme équivalant à la
dépense que la visite du comte leur eût cauâé. C'est
ce que déclare la charte de Tan H72, n* 205.
En 1187, n** 362, Marie fixa à six livres la somme
payable chaque année par les habitants de Luyères,
quand ils ne recevaient pas le comte.
On peut rapprocher des droits de gite et de pro-
curation le droit de réquisition dont quelques chartes
dispensent certains habilants de localités où le comte
possédant un château n'avait pas droit de gite, ni
de procuration, par exemple, Troyes et Provins.
Ainsi la charte de Tan 1159, n° 70, stipule que les
habitants d'un four de Saint-Etienne de Troyes
ne pourront être contraints de vendre ni de prêtef
leur pain aux sergents du comte. Dans la charte de
Tan 1176, n** 252, Henri déclare que ni ses agents,
ni ceux de ses successeurs, ne pourront prendre ni
le pain fait par les pannetiers de Saint-Quiriace de
Provins, ni i:i viande des bouchers qui auront loué la
boucherie de la mémeéglii^e. La charte de Tan 1179,
n"* SOUj contient le ré|^lement que voici : quand le
comte viendra à Meaux,les habitants lui procureront
le pain, le vin, la viande et le reste des vivres néces-
saires pour sa maison le jour de son arrivée et le
lendemain. Le comte leur rendra leurs fournitures
dans la quinzaine; s*il ne le fait pas, il n'aura pas
dans l'avenir le droit d'en exiger de nouvelles.
GfitJBRiE. — Les comtes de Champagne avaient
droit de gruerie sdr on certain nombre de forêts
— 288 —
dont la propriélé ne leur appartenait pas, c'est-à-
dire qu'en cas de vente de bois ils y recueillaîenl
une partie du produit, et que les défrichenaents ne
s'y pouvaient faire sans leur autorisation. En 1177,
n"" 27 /i, Henri fait à l'abbaye de Hontiéramey remise
de la gruerie, grueriam, de Pargues ; en 1478, n''291,
il se réserve contre l'abbaye de Montier la-Celle la
gruerie de Surançon. Plus tard, Thibaut III, son se-
cond fils, devait abandonner aux abbayes de Dilo,
Pontigny et Vauluisant, son droit de gruerie sur les
portions de la forêt d'Othe, possédées par ces ab-
bayes (1).
Location des maisons pendant les foires. —
Aux termes du règlement de la foire de mai de Pro-
vins, fait par Thibaut H, et renouvelé par Henri 1*
en 1166, n** 12/i, le comte a la moitié du prix de loca-
tion des maisons louées aux marchands pendant cette
foire. Nous pensons que le comte avait un droit ana-
logue aux cinq autres foires, sauf probablement celle
de Lagny qui appartenait en grande partie à l'abbé.
C'est de l'exemption de ce droit qu'on doit entendre
les nombreuses dispositions qui déclarent une mai-
son libre pendant une foire (2). L'expression de
prœmium nous semble avoir été le terme consacré
pour désigner ce droit (3).
(i) Quantin, Cart, de lYonne, II. 502-505.
(2) Voir les chartes de l'an 1159, no» 68, 74; 1160, n» 84;
1163, nM14; 1164, n«129; 1170, n» 176-177; 1171, nM91.
La lit)erté est distinguée de l'exemption du tonlieu dans la charte
de l'an 1157, n» 47.
(3) Voir les chartes de l'an 1157, n°47 (Camuzal, (* 332 r*. a
imprimé pinii pour pr«mu); 1166, n^ 142; 1188, n»370.
— 289 —
Marché, /brtim. -- Nous supposons qu'on appelait
ainsi le droit d'étalage aux marchés. En 1160, n^'TS,
et en H70, n°178, Henri donne au chapitre de Saint-
Maclou de Bar-sur-Aube la dime de ce droit à Bar.
Plaids généraux, ou grands plaids; petits
PLAIDS. — On nommait ainsi les assises des officiers
de justice. Elles occasionnaient la levée de rede-
vances connues sous la même dénomination. La
comtesse Marie céda à l'église Saint-Quiriace les
redevances de ce nom qui lui étaient dues à Jouy
(an 1176, n^* 252, 258). En 1179, tf 304, Henri
supprima à Meaux le plaid général. Il avait donné
à l'archidiacre Roric une rente sur le plaid général
deChambri (1).
RÉGALE. — On appelle ainsi la jouissance des re-
venus d'un bénéfice pendant la vacance.
Les comtes de Blois, comme comtes de Chartres,
avaient la régale de l'évôché de Chartres (2) ; les
comtes de Champagne, comme comtes de Meaux,
la régale de l'évéché de Meaux ; comme comtes de
Troyes, la régale de Tévêché de Troyes. Au xi*
siècle, on usait de la régale suivant les principes du
droit barbare et coutumier qui attribue la propriété
des meubles à celui qui a la jouissance des reve-
nus, témoin les droits du bail ou tuteur féodal
sur les biens du mineur, les droits du mari sur les
biens de la communauté : le mobilier de l'évéché
devenait à chaque vacance la propriété du baron
qui avait la régale. Le clergé protesta au nom du
(1) Voir notre Tome II, p. vi, Feoda Campanie, n* 55.
(2) Voir notre Tome II, p. 389.
— 290 —
droit romain, et voulut réduire le droit de régale à
un simple usufruit. Nous avons déjà parlé des con-
cessions faites en ce sens par Etienne-Henri pour la
régale de Chartres, par Thibaut II pour celle de
Meaux (1). En 1167, n" 152, Henri renonça aussi à
toute prétention sur le mobilier de l'évêché de Troyes
pendant la vacance. Plus tard (an 1180, n* 319), il
s'engagea h ne jamais lever à titre de régale plus de
deux cents livres de taille sur les hommes deTévA-
ché.
Henri avait aussi la régale du marché de Brietion,
et le sergent royal chargé de la garde de Brienon
pendant la vacance de l'archevêché de Sens versait
les produits du marché entre les mains du sergent
du comte (an 1176, n° 250-251).
Rentes, reddilus. — Le terme de rente, reddituif
peut élre souvent employé dans un sens générique
pour désigner toute espèce de redevance annuelle, et
par conséquent des redevances qu'un autre (enne
aurait désigné d'une manière plus précise (2).
Les hôtes de l'abbaye de Lagny devaient au comte
une rente de cent huit muids de vin, an 1159, n* 6;
1192, n*» 418.
En 1167, n** 157, Henri donne à l'abbaye de Fare-
moutiercinqsetiers d'avoine que lui devaient cliaqM
année des hommes de l'abbaye. En 1176, n"" 352, la
(1) Voir notre Tome II, p. 505-306.
(2) C'est dans ce sens, c est mêmû peut-être dans un sens plus
large, celui de revenus, qu'on doit entendre cette phrase de la
charte de l'an 1179, n** 302, medietatem reddituum de villa nova
qux est versus Pontes eis dedi, je leur ai donné la moitié de mes
rentes ou revenus de Villeneuve-au-Chfttelot.
— 291 —
comtesse Marie donne aux chanoines de Saint-Qui-
riace une rente d'avoine que lui devaient les hommes
de Jouy. En 1186, if 846, Marie rappelle qu'Henri
le Libéral a donné aux deux gardiens du trésor de
Saint-Etienne soixante setiers d'avoine à prendre
chaque année sur ses rentes de Villeloup.
En 1179, n"" S02, Henri donne aux chanoines de
la chapelle du château de Provins cent sous à
prendre par an sur la rente que lui payaient les pâ-
tissiers de Provins et des villages de la banlieue (1),
et une somme égale à prendre sur la rente due par<
les boulangers.
Sadvbment. — La redevance connue sous le nom
de sauvement était, comme le droit de garde, due en
rémunération d'une protection spéciale; mais au lieu
de consister comme le droit de garde en une somme
d'argent payable en bloc chaque année, le sauve*
ment était fixé à tant par feu, homme ou tête de bé-
tail.
En 1154, n"" 22, les habitants de Ventelay s'en-
gagent à payer au comte pour chaque maison, à la
Saint-Remy, un setier d'avoine ras; à l'octave de
Pâques, une geline (poule) et six deniers monnaie de
Provins. En 1154, n"" 24, Henri, imitant l'exemple
de son grand-oncle Hugues, se réserve un droit de
sauvement sur les hommes de Fontenay (2), savoir,
pour les uns douze deniers, pour les autres deux sous
par an payables à la Saint-Remy. En !t55, n* 32,
(1 ) /» reddilu gastelUtriorum de Pi^vino et de viHis.
(2) FoDtenay, ferme, Aube, arr. d'Arcis, canton et commune de
Chavanges.
— 292 —
Henri abandonne au prieuré du Saint-Sépulcre de
Villacerf son droit de sauvement sur les hommes de
Chapelle- Vallon. En 1157, n"* 47, Henri donne i
Saint-Etienne de Troyes le sauvement de Sainte-
Maure et de Saint-Benoît. En 1159, n"* 72, il exempte
du sauvenient ie maire de Saint-Loup à Luyéres;
nous ignorons à combien se montait alors le sauve-
ment de ce lieu qui, en 1187, n° 362, est fixé par
Henri II à trois mines d'avoine par cheval tirant, à
un selier par bœuf, à une mine par àne, et à un
quarteau pour chacun des habitants qui n'avaient ni
bœuf, ni cheval, ni âne. En 1161, n"" 101, Henri re-
nonce à un droit de sauvement qui lui était dû pour
une terre située à Lépine, quand cette terre était cul-
tivée par un autre que Taumônier de Montier-la-
Celle. En 1165, n"" 135, il décide que les habitants de
Chaource et de Metz-Robert lui paieront chaque an-
née, à la Saint-Remy, une mine d'avoine et douze
deniers ; on trouve la même stipulation dans la charte
de la VilleneuveauGh&telot, en 1175, n"" 237. La
charte de Maraye-en-Othe, en 1173, n" 214 bis, im-
pose la môme redevance aux laboureurs, et la réduit
à douze deniers pour les manouvriers. En 1168,
n"" 159, Henri renonce à l'avoine et aux gellnes que
lui devaient chaque année les habitants de Baire-
Saint-Loup. En 1178, n*" 291, Henri se réserve le
sauvement de Surançon.
Taille. — Nous n'avons rien à ajouter à ce que
nous avons dit sur cette matière dans notre cha-
pitre VII, p. 215-217, en traitant du servage.
Terragb. — On appelait terrage le droit qu'avait
le seigneur de prendre, chaque année, une portion
déterminée de la récolte. En 1 156, n*" âO, Henri rap-
— 293 —
pelle que les Lorrains réfugiés à Vassy devaient un
droit de terrage pour les anciennes cultures. En
1178, n"" 281, il renonce à ses droits de terrage sur
les propriétés de l'abbaye de Prémontré. En 1178,
n"" 291, il renonce, en faveur de Tabbayede Montier-
la-Gelle, à ses droits sur le terrage de Surançon. En
1179, m 305, il fonde sur le terrage de Voi-le-Comte
une rente au profit d'Amaury, son clerc, et du cha-
pitre de Joinville.
Vinàgb, vinatio. — C'était une redevance en vin
due pour les vignes. En 1152, n"* 3, Henri renonce
au droit de vinage qu'avait son père sur les vignes
de la cathédrale de Meaux. En 1178, n''281, il ac-
corde le môme privilège à l'abbaye de Prémontré.
Parmi les droits incorporels de la seconde caté-
gorie, il y en a un certain nombre qui, malgré leur
analogie avec nos impôts indirects, constituent, si
Ton tient compte de leur incidence, une charge di-
recte, c'est-à-dire, que celui qui paie est bien celui
sur qui la charge pèse ; mais il est inutile de nous
lancer ici dans des distinctions théoriques, et nous
suivrons Tordre alphabétique. Ces droits, par oppo-
sition aux droits directs, dérivent presque tous de
la souveraineté et non de la propriété.
Amendes. — Nous nous bornerons à renvoyer à
ce que nous avons dit dans notre chap. m, p. 162-
164.
Amortissement. — Le comte avait droit de s'op-
poser aux acquisitions que faisaient les établissements
religieux, il pouvait saisir les biens acquis, ou, dans le
cas contraire, exiger une indemnité qu'on appela
plus tard droit d'amortissement. Mais il ne paraît
— a94 —
pas qu'il se soit fait souvent payer ce droit. Mar-
chant sur les traces de ses prédécesseurs, il accorda
même à plusieurs établissements eccléaiastîqoef le
droit d'acquérir indéfiniment dans ses fiefs : teb
furent Sainte-Foy de Coulommiers (an 415S, q* 7);
Saint-Maclou de Bar-sur-Aube (an 1160, n*78; 1170,
n** 178); Notre-Dame-d'Oulchy (an 1169, tf 165);
Saint-Remy de Reims (an 1169, n* 168); Saint-Qoi-
riace de Provins (an 1176, n"* 252); Saint-Nicolas de
Sézanne (an 1179, n" 295).
Ban-vin. — On appelait ainsi le droit qu'avait le
seigneur de vendre seul son vin pendant uq certain
temps. La charte de Tan 1154, vt 2&, accorde aux
habitants de l'alrtum de Sainte-Savine, prés Troyes,
le privilège de vendre leur vin pendant le ban do
coopite. La charlûdctTan 1164, n"" 128, confère aax
TempUers le même privilège pour le via produit par
leurs vignes d'Epernay, à charge de vendre ce vin
dans leur maison.
GoNFiscÀTioN. — Nous cu avous parlé plus haai
au chapitre m, page 162, et nous y reavoyona.
Exaction. — C'est un terme générique qui s'ap-
plique à toute espèce de droits perçus, mais qui^ à ce
que nous pensons, désigne principalement les droits
de péage et de tonlieu dont nous parlerons plus
loin (1).
Forage. — Vient du mot latin forarcy percer, et
(1) Sous le terme (f exaction on comprend quelquefois- aussi la
taille (voir, par exemple» la charte d'Âvize en 1172» n^ 203), mais
l'exaction est distinguée de la taille dans les chartes de l'an 1169^
n«164; 1173. n« 214 bis; 1175, n« 248; voir plus haut, p. 282,
le mot Coutume.
- %n —
désigne un droit qui se percevait quapd oq mettait
en perce un tonneau qui contenait du vin ou tout
autre liquide à vendre. Cette définition résulte de
la charte de Tan 1176, n^ 252 (1). En 1153, n° 9,
Henri exempte du droit de forage des maisons
appartenant au prieuré de Saint-Ayoul de Provins.
En 1176, n^'SSS, il donne au chapitre de Saint-Qui-
rîace le forage du vin pendant les sept premiers
jours des foires de Provins (2).
Main-morte. — Nous n'ajouterons rien à ce que
nous en avons dit, chapitre vu, page 217.
Minage ou Mesurage des grains. — Le3 grains
étaient mesurés par un officier du seigneur appelé
minagialor (an 1176, n* 252), qui, en rémunération
de son travail, percevait une redevance supérieure à
son salaire réel. Lesçigneur profitait de la différence.
En 1161, n"* 90, Henri exempta les moines de Saint-
Loup de tout droit de minage. En li76, n"^ 252, il
donna au chapitre de Saint-Quiriace un tiers du mi-
nage de Sézanne ; les deux autres tiers de ce minage
furent donnés par lui au chapitre de Sézanne,^ en
(1) Bourquelot, Histoire de Provins, II, 394.
(2) Sur ce droit, voir Ducange au mot Foragium, éd. Henschel,
III, 544. Le savant auteur ne paraît avoir connu d'autre forage que
le forage du vin. De plus, il nie que le forage fût dû pour la mise en
perce des tonneaux ; mais sur ce point il se contredit au mot Per-
tusagium, qui, suivant lui, est synonyme de Foragium, et désigne
un tribut payé au seig^neur pour obtenir la faculté de f<H*er un ton-
neau (édition Henschel, V, 221, col. i). La charte de l'aji 1176,
n®252 (Bourquelot, Histoire de Provins, H, 394), distingue le
forage du tonlieu, c'est-à-dire du droit de vente : on payait pour le
vin deux droits distincts, le forage et le tonlieu.
— 296 —
1179, D^ S95. Par la même charte, il donna ta
môme chapitre la moitié du minage de Tréfols. Le
minage de Provins était devenu, par la libéralité des
prédécesseurs d'Henri ou d'Henri lui-même, la pro-
priété de plusieurs personnes (1).
PÉAGE, Pedagium, vient de pesy pedisy et dési-
gnait littéralement le droit de circulation dû poor
les marchandises transportées à dos d'homme, d'ani-
maux, par opposition au rouage dû pour les mar-
chandises transportées en voilure. Dans un sens plus
large, on appelait péage tout droit de circulation;
les marchandises fussent-elles même transportées sur
bateau (an 1175, n"" 236 ; Feoda campante, n* 53).
Les officiers chargés de la perception des droits de
péage s'appelaient péagers, en latin pedagiarii (an
1161, n" 102). Les chartes nous font connaître quel-
ques-uns des principaux péages de Champagne, c'é-
tait ceux des localités suivantes :
Bar-sur-Aube. Henri donna au chapitre de Saint-
Maclou la dîme du péage de cette ville (an 1160,
n* 78).
Bray-sur-Seine. En 117&, n"" 233, il donne à la
collégiale de Bray vingt livres de rente sur le péage
du lieu.
Château-Thierry. Le comte de Soissons avait une
rente assise sur ce péage [Feoda Campante, n* &3).
Coulommiers. En 1155. n' 31; en 1176, n*221,
Henri asseoit des rentes sur ce péage.
Méry-sur-Seine. En 1177, n® 267, Henri acquiert
une part de ce péage.
(1) Bourquelot, Histoire de Provins, 1. 1, p. 260.
— 297 —
Rebais. En 1161, n'* 102, et en 117/i, n« 218,
Henri asseoit des rentes sur ce péage.
Sézanne. En 1179, n''295, Henri donne au cha-
pitre Saint-Nicolas de Sézanne la moitié de ce péage.
Troyes. En 1157, n" 47, Henri donne à Saint-
Etienne de Troyes le péage de la porle diie porta
Ursariorum pour en jouir en tout temps, sauf les
temps de foire. II donne au même chapitre le péage
des tonneaux de vin amenés à Troyes.
Vertus. La moitié de ce péage fut donnée par le
comte au chapitre de Saint-Nicolas de Sézanne, en
1179, n" 295.
Le droit du xiii® siècle exemptait les gentils-
hommes el les clercs de lout droit de péage (1). Ce
privilège aristocratique et clérical existait évidem-
ment dès le douzième siècle. Henri le Libéral reten-
dit aux maires et sous-maires de l'abbaye de Saint-
Loup de Troyes (an 1161, n° 90), aux habitants ro-
turiers de Chaource et de Metz-Robert (an 1165,
n* 135), de Maraye-en-Othe (an 1173, n*» 214 bis),
de la Villeneuve-au-Chàtelot (an H75, n^ 237), aux
serfs de Tordre de Saint-Jean-de-Jérusalem (an 1179,
n** 801), et à Furbert l'Epicier (rappel en 1187,
n^ 361).
Il accorde le même avantage aux religieux de
Clairvaux (an 115/i, n^ 20), d'Igny (an 1157, n* 44),
de Vauclair (an 1154, n** 44 bis), aux chanoines et
aux frères d'Hébron (an 1179, n* 314). Nous avons
déjà vu Thibaut H conférer la même faveur à l'ab-
baye de Pontigny (2). A une époque bien antérieure.
(1) Beaumanoir. XXX, 69, éd. Beugnot, I, 434.
(2) Voir notre Tome II, p. 596.
20
— 298 —
Tabbaye d'fiperoay avait obtenu de Thibaut I* an
privilège analogue, quoique plus restreint (1).
Les entrées et les sorties des foires dont il est ques-
tion dans la charte de Tan 1187, n^ 362, et qui se
percevaient dès Henri I""', car en ce point cette
charte renouvelle une concession d'Henri 1% nous
semblent n'être autre chose qu'un droit depéage(3).
Pertuisage. — Parait un synonyme de forage (â).
En 1153, n"* 9, Henri exempta du pertuisage di
de Provins des maisons appartenant à Saint-Ayool.
Plus tard, il donna au chapitre de U cathédrale de
Langres une rente sur le pertuisage deB foires ds
Bar-sur-Aube (an 1157, n"* 50; 1158, n* 62).
Poids. — On appelait ainsi le droit exclusif 4e
peser, et ce moyennant redevance. Hugues avait
cédé à l'abbaye de Saint-Pierre-le-Vif de Sens le
poids de Troyes et de Bar-sur-Aube (&), mais le
poids de Provins n^avait pas, ce semble, été aliéné (5).
Portage. — C'était un droit de péage perçu aux
portes des villes. En 1161, n"* 90, Henri exempte
de tout droit de portage les maires et sous-maires
de l'abbaye de Saint-Loup de Troyes. En 1177,
n^ 268, il donne à Jean Bréban le portage du bois
à deux portes de Provins.
(1) Voir notre Tome I, p. 405.
(2) Ducange, y"" Exitus, n** 5; v^Introiitu, n° 2; éd. Hesschei,
m, 153, col. 3; 879, col. 2.
(3) Voir ce mot plus haut, p. 294; Ducange, v» Pmtmgiimt
éd. Hensche],V,22i,coI. 1.
(4) Quantin, CarL de V Yonne, II, 216.
(5) Bourquelot, HisL de Provins, I, 417-418.
— 299 —
RouAGB. — C'était un droit de péage dû pour les
marchandises amenées sur des voitures. En 1176,
n"" 252, Henri donne au chapitre de Saint-Quiriace
le rouage des charriots qui amènent le vin à Pro-
vins; en 1179, n"" 295, il donne le rouage de Bar-
bonne au chapitre Saint-Njcolas de Sézanne.
Salage. — On appelait ainsi un droit sur la vente
du sel. £n 1155, n"" 33, Henri donne à l'abbaye de
Soisy une rente de soixante sous sur le salage de
Provins; ainsi le salage de Provins appartenait au
comte. Celui de Troyes avait appartenu au vicomte
qui l'avait donné à Montier-la-Celle (an 1154,
n^ 24); cela n'empêcha pas Henri d'en accorder
Texemption au chapitre de Saint-Etienne (an 1157,
n*" 47). Sur les réclamations des moines, le comte
promit de ne pas donner de nouvelles exemptions
(an 1159, n"* 76). Il viola cette promesse en faveur
de la léproserie (an 1179, n"* 302).
Sêigiceuriagb. — Oh nommait ainsi dans l'an-
cien droit les bénéfices de la monnaie, c'est-à-
dire la dijQTérence entre la valeur réelle de la mon-
naie et sa valeur nominale, les frais de fabrication
déduits de cette différence. Nulle part le terme de
seigneuriage ne s'est rencontré dans les documents
champenois du xii* siècle que nous avons consul-
tés; mais la chose existait évidemment en Cham-
pagne comme ailleurs.
ToNLiBU. — On nommait ainsi un droit de muta*
tion sur les aliénations de meubles à titre onéreux,
quelque chose d'analogue aux droits de lods et
ventes, perçus, comme on le sait, en cas d'aliénation
des immeubles roturiers. En 1 1 59,n° 65, Henri asseoit
sur le tonlieu de Troyes une rente au profit des
— 300 —
Templiers. En 1160, n'' 78, il donne au chapitre de
Saint- Maclou la dime du tonlieu de Bar-sur-Aube.
En 1175, n"* 238^ il donne à Tabbaye de Fonte-
vraud une renie de dix livres sur le toniiea de Pro-
vins. II est question du tonlieu d'Oulchy, en 1177,
n® 266. Celui de Tréfols est donné à Saint-Nicolas de
Sézanne par Henri le Libéral, en 1179, n^ 295.
Le tonlieu avait surtout de l'importance dans les
foires et les marchés. Aussi quelques chartes parlent-
elles spécialement du tonlieu des foires et des ma^
chés. En 1157, n"* kl y Henri donne au chapitre de
Saint-Etienne le tonlieu de certaines marchandises
aux foires de Troyes. En 1169, n"" 162, nous voyons
que le tonlieu du marché de Sergy se partageait
entre le comte de Champagne et l'abbé de Saint-
Médard de Soissons. En 1179, n''307, Henri donne
à l'Hôtel-Dieu de Bar sur-Aube une partie du toniiea
des futaines vendues aux foires de cette ville.
Les nobles et les clercs étaient exempts de tonlien
comme de péage (1). Henri étendit l'exemption do
tonlieu aux domestiques des chanoines réguliers de
Saint-Loup de Troyes (an 1153, n*' 19, 28), aux re-
ligieux de Clairvaux (an 1154, n^ 20), aux habitants
d'un four de Saint-Etienne de Troyes (an 1159,
n® 70), aux maires et sous-maires de l'abbaye de
Saint-Loup de Troyes (an 1161, n* 90), aux habi-
tants de Chaource et de Metz-Robert (an 1165,
n** 135), de Maraye-en-Othe (an 1173, n*» 214 bis),
de la Villeneuve-au-Chàtelot (an 1175, n* 237), aux
hommes et aux hôtes du chapitre de Saint-Quiriace
(1) Beaumanoir, XXXIX, 69, éd. Beugnot, I, 454.
— 301 —
(an 1176, n® ^^^)^ siux hommes et aui hôtes de
Notre-Dame d'OuIchy (an 1177, n* 266), à Furbert
l'Epicier (rappel en 1187, n" 361). La charte de
l'an 1153, n* 19, spécifie que l'exemption s'appliquera
aux domestiques de Tabbaye de Saint-Loup quadd
même ils feraient le commerce, mais nous croyons
que c'est là un privilège exceptionnel. La charte de
l'an 1176, n"* 252, déclare que les hommes de Saint-
Quiriace cesseront de jouir de l'exemption de tonlieu,
s'ils vendent et achètent habituellement, et que
l'exemption accordée aux hôtes du même chapitre
concerne seulement les objets qu'ils achètent pour
leur usage.
Outre ces exemptions personnelles, il y en avait
de réelles et qui s'appliquaient à certains lieux dé-
terminés, par exemple aux maisons du prieuré de
Saint-Ayoul de Provins (an 1159, n** 67), à la mai-
son de Masceline à Troyes (an 1160, n^ 86; 116&,
n^ 129; 1170, n" 184), à une maison du prieuré de
Saint-Jean-en-Chatel à Troyes, rue Hardouin (an
1170, n*^ 182).
Le droit de tonlieu était perçu par des employés
spéciaux, les Thelonearii,
Vente. — Nous pensons que ce terme est un sy-
nonyme de tonlieu. L'exemption du droit de vente
est accordée, en 1159, n"" 70, aux habitants d'un four
de Saint-Etienne de Troyes; en 1179, n® 814, aux
chanoines et aux frères d'Hébron.
— 302 —
CHAPITRE XV.
Ileec(te0 et Dépense».
Il nous est impossible de déterminer à combien se
montait le revenu d'Henri le Libéral. II est même
fort probable que ce prince ne s'en est jamais
rendu compte. La cause en est l'absence de cen-
tralisation administrative, vice très-grave surtout en
matière de finances, et qui avait son expression finan-
cière dans le système alors général des affectations
spéciales.
Quand aujourd'hui un comptable local de l'Etat est
chargé de payer une dépense, cela n'empêche pas
la totalité de sa recette de figurer au compte général
du trésor, et le payement qu'il a fait d'être compris
dans le chiffre total des dépenses de l'Etat. Les dé-
penses et les recettes étant prévues par le budget,
un ministre peut de la capitale ordonnancer toutes
les dépenses sans dépasser à son insu le montant des
ressources. Au xii® siècle, il n'y avait pas de bud-
get (!)• A chacune des dépenses ordinaires se troo-
(1) Il existe aux archives de l'Aube deux budgets (Estais des
valleurs par estimacion) des receltes de la trésorerie d'Outre-Seine
et Yonne, l'un pour l'année 1534, l'autre pour l'année 1535; mais
la plus ancienne ordonnance qui ait. que nous sachions, prescrit la
rédaction de budgets, est du mois de décembre 1542 (Isambert,
XII, 799; cf. Dareste, HisL de l Administration, I, 353-354;
Chéruel, Hist, de r Administration, I, 157).
— 303 -
valent affectées spécialement certaines recettes ordi*
naireS) c'est-à-dire^ certains revenus dcMif>aniaux ; et
Ton pourvoyait aux dépenses extraordinaires au
moyen, 1* de l'excédant des recettes ordinaires sur
les dépenses ordinaires, 2^ des recettes extraordi-
naires.
Financièrement parlant , la féodalité tout entière
est une conséquence de la théorie des affectations
spéciales; c'est l'affectation perpétuelle de certains
revenus domaniaux à certains services politiques et
administratifs.
Le service de guerre était une charge féodale. Les
vassaux nobles en étaient rémunérés par la jouis-
sance de leurs fiefs ; les vassaux roturiers par la jouis-
sance de leurs tenures. Le service de conseil et de
justice rendu par les vassaux nobles était rétribué
de la même manière. Le salaire des prévôts consis-
tait en un prélèvement sur le produit de leur pré-
vôté, notamment sur les amendes (1), et s'il différait
du droit des vassaux sur leurs fiefs, ce n'était que
par son caractère temporaire. C'était de même par
des affectations spéciales qu'était assuré le service
des rentes fondées au profit du clergé.
Henri trouvait dans ses terres ou dans des rede-
vances en nature le blé nécessaire à la nourriture de
sa maison; il tirait son vin de ses vignes, on le rece-
vait à titre de vinage ; il prenait dans ses forêts le
bois dont il avait besoin ; en voyage il était logé et
«^iTWi^— i.^—— — ■^— ^— — ■^^-^— ^-^ ■ ■ ■ ■■■Il I I r ^wpy^^^— ^^M^^^T^
(1) Voir le règlement de Blanche en 1201, dans notre Tome II,
p. xxvn. Ce règlement n'Introduit évidemment pes un prkieipe
nouveau.
— 304 —
nourri gratuitement par les débiteurs da droit de
gîte : partout le système des affectations spéciales.
Il est très-probable que les comptes du temps
d'Henri le Libéral, si nous en avions conservé, ne
nous donneraient que l'état des sommes d'argent
entrées dans la caisse de ce prince ; ils ne pourraient,
par conséquent, nous représenter qu'une faible par-
tie des recettes réelles. Naturellement aussi on n'y
verrait figurer aucun des revenus affectés au clei^
et à l'enseignement qui sont aujourd'hui à la charge
de TEtat.
Un fait important à signaler dans l'histoire des
recettes ordinaires, c'est-à-dire du domaine en
Champagne sous le régne d'Henri le Libéral, c'est
la multitude des dons par lesquels ce prince
amoindrit les ressources de ses successeurs. Par an
phénomène singulier, tous les gouvernements qui
se sont succédés en France depuis la conquête bar*
bare n'ont pas cessé d'engager l'avenir. Pendant an
temps cela s'appelait aliéner le domaine, et le do-
maine corporel a disparu presque tout entier, ce qui
est un progrés, car les particuliers administrent
mieux des terres, des vignes, des moulins, que ne le
pourrait faire l'Etat. Aujourd'hui les appels au cré-
dit tiennent lieu des aliénations de domaines, et la
dépréciation graduelle des espèces monétaires con-
trebalance l'accroissement de charge que produit de
temps à autre l'accroissement nominal de la dette.
Une autre observation que nous ferons concerne
un mode de donation à titre d'aumôme ou de fief
très-fréquent au xii® siècle, et qui dénote un commen-
cement de réaction contre le système primitif des
temps barbares et de la féodalité. Les services pa-
— 305 —
blics, aujourd'hui rémunérés par des appointements,
Tétaient toujours dans le système primitif par un
bien concédé en toute propriété et même avec une
partie des droits politiques du souverain. C'est ce
qui avait lieu encore souvent sous Henri le Libéral :
mais souvent aussi ce prince donnait simplement
une rente en affectant spécialement au service de
cette rente un bien corporel ou incorporel sur le-
quel, du reste, il conservait tous ses droits. Nous
avons cité un nombre considérable de donations de
ce genre faites notamment au clergé ; nous remar-
querons en outre que le comte de Soissons tenait à
hommage d'Henri trente livres de rente sur le ton-
lieu et sur le péage de Château-Thierry (1 ), et qu'Henri
donna à Mathieu, comte de Beaumont, vingt-cinq
livres de rente sur le péage de Rebais (an ii7â,
n^ 218); on appela plus tard ce genre de 6ef fief de
soudée (2). Du fief de soudée aux appointements mo-
dernes, il n'y a qu'un pas.
Les recettes extraordinaires étaient : l*' les impo-
sitions extraordinaires, 2^ les emprunts.
La charte de Meaux, 4179, n"" 304, nous parle des
mises ou collectes^ que le comte pouvait lever en cas
de guerre ou quand tout autre besoin l'y forçait. Il
ne parait pas que ce droit fût limité aux quatre cas
traditionnels du droit féodal.
Nous connaissons deux emprunts faits par Henri,
l'un de cent livres à Geoffroi de Uonchon, auquel il
(1) Peoda Campante, ti^ 43 (voir notre Tome II, p. v).
(2) Thibaut II, père d'Henri, avait déjà fait une disposition de ce
genre au profit d'Ârchambaud de Sully, son neveu. Voir la charte
de Fan 1158, n« S3.
— 306 —
donna en gage le marché de Ramerupt (an 1177,
n® 278), l'autre de cent quarante livres à Josbert de
Chaumont, qui reçut en gage l'avouerie de Condes
et de Dar manne (rappel en 1187, n*^ 360). Man
Henri, à son tour, prêta 550 livres à Archambaudde
Sully (an 1158, n^" 53) et 272 livres à Gui de Possesse
(vers 1166, n" 148); le tout moyennant un gage im-
mobilier.
Nous avons déjà dit que les finances d'Henri le
Libéral étaient administrées par ses chambriers.
Pour compléter le tableau de son administration
financière, nous ajouterons que les caisses des ab-
bayes tenaient lieu de caisse des dépôts et consigna-
tions. La charte de l'an 1179, n'' 298, stipule le dé-
pôt d'une somme à l'abbaye de Ghàge jusqu'à ce
que cette somme reçoive un emploi déterminé.
— 307 —
CHAPITRE XVI
Quelques diplômes d'Henri commencent par Tin*
vocation In nomine sonde et individue TrinitcUie (i),
mais c'est l'exception (2). Il est bien plus rare encore
que le préambule y précède la suscription (3).
Le titre que prend partout Henri est celui de
comte de Troyes, qui se dit ordinairement Trecbn-
SIUM (U) COMES PALATINUS, OU TrBCENSIUM PALATINUS
COMES, bien que ses contemporains lui donnassent,
comme à ses prédécesseurs, le titre de comte de
Champagne (5).
On peut signaler l'eiemple de la formule Dei
gratia, par la grâce de Dieu, dans les chartes de l'an
(1) En 1156, n° 45 bis : In nomine Patris et Ftlii et Spiritus
Sancli.
(2) Exemples: an 1151, no 2; 1152. no 4; 1153, n" 16, 19;
1154. no 28; 1155, n* 33; 1156, n» 42; 1158. no 60; 1159.
n«* 68, 72. 74; 1161. n»* 94, 94; 1162, no« 105, 111 ; 1168,
no 159; 1170, no 181; 1175, n» 247; 1176, n» 260.
(3) Exemple : an 1151, no 1; 1153, n'H; 1179, no295.
(4) La forme Tregensis est très-rare dans les originaux. Voir
cependant les chartes de Tan 1174. no» 220, 225, 229. La charte
de Tan 1167, no 152, donne un exemple de la forme Trecarum.
(5) II ne prend lui-même le tilre de comte de Champagne que
dans la charte fausse de Tan 1173, n* 216.
- 308 —
H58, n** 58, 60; H59, n' 72; 1162, n*^ 111; 1168,
n- 159;1170,n«18l; 1175, n« 247; 1176, n- 260 (i).
Mais Henri n*a fait usage de cette formule que d'une
manière exceptionnelle. Evidemment il n'y attachait
qu'un sens pieux; et en l'employant ne songeait pas
à faire acte d'indépendance à l'égard du roi.
Quelques diplômes d'Henri portent la date da
jour (2). Un seul à notre connaissance donne la date
du mois sans indication de jour (3). Le plus grand
nombre sont seulement datés de l'année et du lieu (4).
Quand le jour est indiqué, c'est par la mention d'one
fête (5), du jour de la semaine (6), ou par un renvoi
au calendrier romain (7). Nous n'avons vu qu'une
(1) Au lieu de Dei gralia^ il se sert des ternies Dei miseratiottej
en 1151, n°2, et 1156, no42.
(2) An 1151 (v.st.), n«2; 1153, n» 19; 1154, n«28; 1155,
n«36; 1156, n^'Zl, 43 1er; 1158 (v. st.), n»60; 1159, n-68,
76; 1161, no* 94, 102; 1162, n^* 110, 111; 1164, n* 1»;
1166, n* 146; 1167 (v. st.), n^ 154; 1176, n*» 245.
(3) An 1154, n^ 29. Comme nous n'avons pas vu l'original de
la charte, il y avait peut-être une faute de copie dans le texte dont
nous nous sommes servi.
(4) La date du lieu manque souvent dans les textes qui nous
sont parvenus. Mais dans un grand nombre de cas elle a été sup-
primée par le copiste, et se retrouverait dans loriginal si ooas
pouvions nous y reporter.
(5) An 1156, n«43ter; 1162, n* 110; 1164, n« 129; 1166,
no 146; 1167, n* 154.
(6) An 1155, no 36; 1175, no245.
(7) An 1151, n" 2; 1153, nol9; 1154, no28; 1158, n»
1159, no» 68, 76; 1161, no- 94. 102; 1162. n» 111.
— 309 —
fois le quantième du mois donné d'après le mode
actuel (i).
Nous supposons que^ dans la chancellerie d'Henri,
on commençait ordinairement l'année à Pâques.
Dans deux cas, il ne peut y avoir de doute (2). Il y
a un cas où certainement on a commencé l'année
avant Pâques, c'est-à-dire, soit à Noël, soit au pre-
mier janvier (3).
Henri le Libéral, une fois comte de Champagne,
cessa de se servir du sceau dont nous avons parlé
plus haut, livre I, chap. H, p. 28.
Le sceau dont il fit dès-lors usage a 6& millimètres
de diamètre ; légende : Stgillum Henrid Trecensium
palatini comilis ; dans le champ, un homme à cheval
vêtu du haubert, un heaume conique en tête; d'une
main il tient un écu qui lui couvre la poitrine, de
l'autre une épée nue. La cire est rouge ou d'un
blanc jaunâtre. Elle pend par lanières de cuir, par
(1) An 1156, n° 37.
(2) An 1151 (v. st,), n^* 1, 2. Henri le Libéral n'est devenu
comte que le 10 mars 1152.
(3) An 1156. n^ 37. Cette charte est datée du dimanche 26 fé-
vrier. Or, en 1156, le 26 février est un dimanche; en 1157, il
tombe le mardi. Dans noire Tome II, p. 83 note, nous parlons de
trois chartes du comte Hugues données le 2 avril 1104, et datées
Tune de 1103, c'est-à-dire en commençant l'année à Pâques; les
deux autres de 1104, en commençant l'année à Noël ou au
!•' janvier. Voir aussi, même tome, p. 133, ce que nous disons
d'une charte du même comte donnée en 1123, et où le rédacteur
paraît avoir également commencé l'année à Noël ou au 1*' janvier.
Consulter aussi, même tome, p. 386, une lettre de Thibaut II à
Suger, où il est question du jour du nouvel an, 1*' janvier 1148.
— 310 —
double queue en parchemin ou par laça de soie.
La couleur de la soie varie, elle est soit rouge, soit
verte^ soit jaune; quelquefois même de deux teintes,
rouge et verte, jaune et verte (1).
(1) Voir notre Estai sur les sceaux des comtes de Champagu.
APPENDICE.
HISTOIRE POSTHUME D'HENRI LE UBÉRAL.
Henri fut enterré dans le chœur de l'église collé-
giale de Saint-Etienne deTroyes où Marie, sa veuve^
lui fit élever un tombeau magnifique en bronze. Au
centre de ses états, dans une capitale qu'il avait enri-
chie de ses bienfaits, dans une église qu'il avait fon-
dée, au milieu des chanoines qu'il avait dotés, ses
ossements semblaient assurés du respect et du repos
pendant un long avenir.
Le premier outrage fait à sa sépulture date de
l'année i583. Pendant une nuit, des voleurs enle-
vèrent des lames d'argent dont le tombeau était orné.
Cet acte de brigandage donna lieu à des réparations
d'un goût sans doute peu sûr, mais dont nous ne
pouvons guère apprécier le mérite aujourd'hui (1).
Quoi qu'il en soit, au xviii* siècle, le tombeau res-
tauré était encore magnifique, comme on peut en
juger par la description suivante :
« Uans le chœur sont deux tombeaux. Le plus
proche de Taigle (2) est celui de Henri P% comte de
(1) Gamuïat, Prompiuarium, f* 329 i*; cf. Arnaud, Voyage
êrchéologique, p. 33.
(2) En 1780, il fut. déplacé parce qu'il gênait, dil-on, et mis du
côté de r4pttpe (Arjaaud, V^y^ge ttpehéologiquef p. 33).
— 312 —
Champagne, surnommé le Large. Il a 6 pieds de
longueur sur 2 pieds et demi de largeur. La base, as-
sise sur un piédestal, est garnie de cuivre, ornée de
feuillages et enrichie de vingt-huit pièces très-riches
et parfaitement émaillées, dont les dessins sont tous
différents.
» Au-dessus de ces pièces émaillées, qui sont sépa-
rées les unes des autres par des plaques de cuivre
en forme de bassins ciselés en feuillages, il y a une
bande de bronze doré qui fait le tour du tombeaa,
sur laquelle sont gravés et relevés d'émail turqoin
ces mots, à commencer derrière la tète de la grande
figure :
Hujus firma fides, rata spes, devotio fervens,
Mem pia» larga manus, lingua diserla fuit.
Hic sua plusque suis» morietis, se contulit ipsum.
Hac ope post tôt opes muniit author opus.
Crastina post idus martis, feriœque secundœ
V espère, sole suo fecil egere dietn,
Deseritur solum; sic sine sole solum,
» Au-dessus de la base s'élèvent àU colonnes de
bronze doré à huit pans, ciselées, dont les chapi-
teaux sont d'ordre corinthien ; elles sont accompa-
gnées d'une très-belle architecture et forment en-
semble dix portiques magnifiques de bronze doré,
savoir : un à la tête, un autre au pied et quatre de
chaque côté, au travers desquels on voit la statue
de ce prince, de bronze doré, de grandeur naturelle,
couchée de son long, les mains jointes, habillée
d'une longue robe qui lui vient jusqu'aux pieds, avec
une ceinture et, par-dessus, un manteau dont an
pan, passant dessous le bras droit, est porté vers le
gauche ; ce qui fait une draperie sur le ventre. Cette
— 313 —
statue a une calotte sur la tête, qui va jusqu'au-
dessus des oreilles. Les cheveux sont fort courts et
frisés; on voit au-dessous le bout des oreilles. La
barbe couvre son menton; elle est frisée comme
une laine très-fine.
» Derrière les colonnes il y a des plaques de bronze
doré, ornées de différents feuillages et dentelées aux
extrémités.
» Ce tombeau^y compris la base et l'entablement,
a 2 pieds 2 pouces de haut. L'entablement est sou-
tenu aux quatre coins par huit pilastres de bronze
doré et ciselé en feuillages. A chaque coin du tom-
beau il y a une baguette de bronze doré, qui forme
une petite colonne sans ordre^ qui tient toute la hau-
teur depuis la base jusqu'à l'entablement.
» Les pilastres forment les portiques dont il est
question ci-dessus par un demi-cercle. L'ornement
de ces portiques consiste en une plate-bande et une
doucine couverte de bronze doré, ciselé et émaillé
de différentes couleurs.
» Au bas de la doucine, dans la capacité de son
demi-cercle, il y a deux demi-ronds de moindre
grandeur, qui doublent les portiques, dont l'espace
est orné d'un ouvrage de bronze ciselé et doré. Au
portique, du côté de la tête, on lit ces mots gravés
et relevés en émail :
Quod dator iste dédit, nunc redditur huic et obedit;
» Au portique, du côté des pieds du tombeau,
sont écrits ces mots :
Sed quod possedit, cum decedente recedit,
)) Entre chaque arcade, il y a la figure d'un ange
Si
— 314 —
à demi-corps, de bronze doré, tenant chacun na^
bande sur laquelle est une inscription.
» Au premier ange, placé à la tête du tombeau do
côté de i'épitre, on lit : spmnerb mundum.
» Au second : initium SAPiENTiiE TUioa doiiiki-
» Au troisième : timor dohini hanbt.
» Au quatrième : verba dei non trarsisnt.
» Au cinquième : mémento quia cinis es.
» Au sixième : gloria garnis abit.
» Au septième : omnis homo mendax.
» Au huitième : malos mâle perdet.
» Au neuvième : spernere sbse.
» Au dixième : omnis caro fobnum.
» Au onzième : vile sperma.
» Au douzième : vas stbrcorum.
» Au treizième : esca vermium.
» Au quatorzième : omnis homo mendai^.
» Au-dessus de la tête des quatre anges règne un
liteau ou réglet de bronze doré, qui fait tout le tour
du tombeau, et forme le bas de l'entablement sur
lequel sont gravés et relevés en émail ces mots :
Aîc meus hue finis prolraxil de peregrinis
Finibus, ut sit in his hic s'nw fitw cinis.
Hune Deus ipse torum tnihi slravit, ut hic cor earum
Me recolat, quorum res rego, servo oliorum.
Hune tumulum mihi feci, qui fundamina jeci
Ecclesiœ tantœ, quam nunc rego sicut et ante :
Hic mea membra tegi volo, sic confirmo quod egi.
» Au-dessus des inscriptions, la doucine ou cy-
maise de l'entablement est garnie de bronze doré,
ciselé en feuillages.
» Le larmier ou couronne est garni de vingt-huit
pièces de bronze doré et émaillé de diverses cou-
A
— 315 —
leurs, dont les dessins sont presque tous différents;
et entre les émaux il y a des plaques de bronze doré,
qui représentent chacune un petit bassin et quelques
feuillages.
» Au-dessus de la couronne, il y a une baguette de
bronze qui fait le tour de Tentablement.
» L'entablement, vu par dessus, forme une espèce
de cadre dont les plates-bandes sont couvertes de
grandes pièces de bronze ciselé, gravé, doré et rem-
pli d'émaux de différentes couleurs qui forment de
petits bouquets de fleurs et autres dessins, d'un
grand travail et d'un goût tout particulier.
» La doucine du cadre est couverte de feuillages de
bronze doré et ciselé, et au bas des feuillages règne
un réglet de bronze doré qui fait le tour du dedans
du cadre, sur lequel sont gravés et relevés en émail
ces mots, à commencer par la tête du tombeau :
Uiejaeet Heiiricus, comis cornes ilh Trecorum.
Hœc loca qui slatiiit, ei adliuc stat iutor eorum,
Annos millenos cen(enos terque novenos
Impleras, Chrisle, quando datus est dator iste ;
Dis déni deerant de Christi mille duceniis
Annis, cum médius mars os clausit morientis (1).
» Le dedans du cadre se trouve divisé en cinq por-
tions par une manière de croix très-magnifique de
bronze doré, gravée, ciselée et émaillée, au milieu
de laquelle est une grande rose qui porte un petit
cadre d'argent, sur lequel est en émail la figure du
prophète Isaïe et sa prophétie représentée par un
arbre qui pousse une fleur, sur laquelle est le Saint-
(1) Cf. plus haut, p. 9 et 111.
— 316 —
Esprit, pour indiquer qu'il prédit la venue de Notre-
Seigneur, dont on voit le portrait au bas de la cnnx,
sortant d'un nuage, ayant un livre scellé à la main^
sur lequel est un petit rubis, et comme donnant sa
bénédiction entre le soleil^ la lune et les étoiles. La
6gure de Notre-Seigneur et tout ce qui est dans les
trois portions du cercle est tout d'argent doré en
plusieurs endroits.
» Les trois portions du cercle forment un cadre en
manière de trèfle, dont les plates-bandes sont cou-
vertes de bronze doré, ciselé et émaillé par bouquets.
La doucine est garnie d'une feuille de bronze doré,
poussée en feuillage, et sur le réglet qui termine le
cadre, qui est aussi de bronze doré, est écrit ce qui
suit en lettres gravées et relevées en émail :
Fons ego sum vitœ, veniœ dator : ergo veniie
Ad meajussa : met vinculasolvo rei,
» Au bas du réglet il y a un chapelet de bronze
doré, qui fait le tour du dedans du cadre, pour cou-
vrir les clous qui tiennent le fond attaché.
» Au-dessus de la figure de Notre-Seigneur sont
deux anges, Tun à droite, l'autre à gauche, tous deux
de relief en demi-bosse, hauts chacun d'environ
quinze pouces sur six de largeur; ils sont d'argent
doré en quelques endroits, sur un fond aussi d'ar-
gent, semé de petites rosettes d'argent doré.
0 Au-dessus des anges, dans la partie du côté de
l'épître, en tirant vers l'aigle, on voit la figure du
comte Henri, toute d'argent en demi-bosse, haute
de vingt-trois pouces sur sept de largeur, tenant en
ses mains la représentation d'une église d'argent doré
qu'il paraît offrir à saint Estienne, qui est auprès.
— 317 —
La couronne est aussi d'argent doré, garnie de
pierreries, qui sont : un saphir, une agate orientale
et quatre petits grenats. II y a au-dessus de la tête
une espèce de tour accompagnée de deux petits
dômes : le tout aussi bien que le fond est d'argent
doré en quelques endroits, semé de rosettes, et ter-
miné, de même que toutes les autres 6gures, par un
chapelet de bronze doré.
» Dans la portion du côté de l'évangile, tirant vers
l'aigle, il y a la figure de saint Estienne, de même
relief que celle du comte Henri, toute d'argent,
haute de vingt-deux pouces sur environ six de large,
revêtue de T habit de diacre, tenant en main un texte
doré, au milieu duquel est une croix sur laquelle
Jésus-Christ est attaché, et les figures de la sainte
Vierge et de saint Jean, aux deux coins de la croix;
de l'autre main il tient une palme dorée, ainsi que
le nanipule, le collet, les cheveux, le bas des man-
ches, le bas de l'aube, les fleurs dont la tunique est
semée ; le reste de la tunique est gravé de différents
feuillages, le fond en est d'argent, semé de plusieurs
rosettes dorées, et terminé par un chapelet de bronze
doré.
» Dessous ce tombeau gît le corps du comte Hen«-
ri P', fondateur de cette église, mort le 17 mars 1180;
il est déposé dans une grande pierre, creusée de la
longueur du personnage, et garnie d'un couvercle
aussi en pierre (1). »
L'épitaphe, telle qu'elle est reproduite dans cette
(1) Cette description, faite en 1704 par Hugot, chanoine de
Saint-Etienne, a été publiée déjà par Baugier (Mém, hi$t., l, 399-
— 318 —
description, est incomplète. Il manque au moins siî
vers ; nous en trouvons deux dans le Promptuariym
de Gamuzal :
Principis eqregios aclus Maria revetat,
Dum sponsi cineres tali velamine velat (1)
Quatre autres ont été découverts par i*abbé Le-
beuf dans un manuscrit de Saint-Victor :
Largus eram. multis dederam, multumque laborem
Hic tuleram : nunc, qus'so, feram fructum meliorem,
Quœ slatuo templa tuo, protomartyr» honori,
Perpeiuo rege, daque suo prouesse datori (2).
Enfin il serait aujourd'hui bien difficile de dire
quel était Tordre primitif des vers dont cette épi-
taphe se composait (3). II est probable que, lors de
la restauration qui a suivi le vol de 1583, on aura
négligé à la fois de replacer tous les vers et de les
disposer comme ils Tétaient dans, Torigine.
M. Arnaud, dans son Voyage archéologique^ a pu-
blié un dessin de ce tombeau qui a été reproduit
406); Groslcy [Mém, hist., H, 404-410) ; Arnaud {Voyage archéo-
logique, 29-30), el pnr M. Yèbhé Coffincl, chanoine de Troy«
{Annales archéologiques, t. XX). Nous avons reproduit le texte ^
M. Coffinet après l'avoir collationné avec un manuscrit des archives
de l'Aube, indiqué par M. Vallct de Virivilie (Arch, hist,, p. 128,
liasse 105, pièce G). Ce manuscrit, un peu plus développé, présente
des différences de lédaction assez nombreuses, mais sans irapo^
lance, et dont nous avons cru ne pas devoir tenir compte. Le testé
publié en est pour ainsi dire la mise au net.
(1) Fo330r«.
(2) Lebeuf. Dissertât,, il, 266; Hisl. Itit,, XIV, 206-207.
(5; Voir l'ordre suivi par Camuzat, f<»329 s^ : il est différent de
celui de la Description publiée plus haut, et paraît meilleur à cer-
tains égards.
— 3!d —
par M. CoSinet, chanoine de Troyes, dans le T. XX
des Annales archéologiques. C'est une des merveilles
derorfèvrerie du moyen-âge. Figurons-nous ce chef-
d'œuvre dans le chœur de l'église Saint-Etienne,
alors un des plus beaux et des plus grands édifices
religieux de Troyes, et rèporlons-nous à un siècle en
arrière, au 17 mars.
« Tous les ans, » dit Gourtalon (1), (c le 17 mars,
jour de l'anniversaire de Henri, le chapitre fait un
service solennel auquel les chanoines assistent en
habits sacerdotaux et observent les mêmes cérémo-
nies qui se firent à sa mort. La veille on sonne à
complies à une heure et demie, ensuite on chanté
l'ofBce des morts comme aux fêtes annuelles, l'autel
paré de rouge et les officiers revêtus aussi d'orne-
ments rouges. Au cinquième psaume, deui cha-
noines sorti avertis d'aller encenser les tombeaux (2)
pendant le Magnificat. Pendant le troisième répond
de chaque nocturne, les deux choristes qui accom-
pagnent le chantre et le sous-chantre encensent le
grand autel et les tombeaux, ainsi qu'au Benedictus.
Le lendemain 17 mars, on commence les matines à
trois heures du matin, après quoi on récite tout le
psautier. On commencé prime à huit heures et de-
mie, ensuite tierce et sexte, après quoi on fait solen-
nellement les recùmmandises. La messe est en Mu-
sique. Deux dignitaires et un chanoine revêtus de
chasuble vont chanter le trait. Les chanoines qui né
srnit pas en chasuble vont à l'offrande, mais les quatre
(1) Top^raphie, II, 139-140.
<2) Gtloi d'Henri et celoi de Thibaut lil, bod second flis.
— 320 —
choristes y vont les premiers. Après la messe on
récite les sept psaumes de la pénitence. Les digni-
taires et chanoines-prêtres sont placés aux basses
chaires, proche les tombeaux, revêtus de chasubles
rouges. Les autres, soit dignitaires ou chanoines,
diacres et sous-diacres, sont placés aux hautes chaires,
du côté de l'autel, derrière les chanoines-prêtres, re-
vêtus de chapes. Les chantres-musiciens sont assis
en haut, vis-à-vis du lutrin, aussi revêtus en chapes
rouges. Pendant les sept psaumes et les recommandiseif
deux enfants de chœur encensent continuellement les
tombeaux. Ensuite on commence la messe du jour,
pendant laquelle on distribue, au chapitre, six livres
à ceux qui ont assisté aux vigiles, recommandises et
messe. »
L'église et le chapitre de Saint-Etienne ont dis-
paru, victimes de la tourmente révolutionnaire. Le
23 février 1792, les corps d'Henri et de son fils
Thibault III, furent exhumés en présence des com-
missaires du département et après les avoir déposés
dans la salle du trésor, on les transféra solennelle-
ment à la cathédrale le 27 du même mois. La céré-
monie commença à dix heures du matin. Plusieurs
compagnies de la garde nationale, musique en tête,
ouvraient la marche. Dans le cortège se trouvaient
l'évêque constitutionnel, son clergé et les principales
autorités du département. Les dépouilles mortelles
d'Henri et de Thibaut, portées à bras, étaient cou-
vertes de draps mortuaires. Le maire, les présidents
du département, du district et du tribunal criminel,
tenaient les coins du poêle du comte Henri. Les
présidents du tribunal de district, du tribunal de
commerce, du tribunal de police correctionnelle et
— 321 —
du bureau de conciliation, tenaient les coins du
poêle du comte Thibaut. On voyait ensuite sur deux
chariots le tombeau du comte Henri et celui du
comte Thibaut ; chacun de ces chariots était mené
par trois chevaux caparaçonnés de noir. Au sortir
de Téglise Saint-Etienne, on suivit la rue Moyenne
(rue Urbain IV) jusqu'à l'hôtel-de- ville, puis on gagna
la cathédrale par la rue de THôtel-de-Ville et par la
rue de la Cité. A la cathédrale, un service solennel
fut chanté en musique, puis les deux corps enfouis
dans la chapelle Notre-Dame. Les deux tombeaux,
placés d'abord de chaque côté du chœur comme
ornement, furent détruits Tannée suivante. On parla
même de jeter au vent les cendres d'Henri et de
Thibaut comme ceux des rois de France à Saint-
Denis (1).
Les ossements du grand comte et de son fils
virent le jour de nouveau en octobre 18â&, dans
des fouilles faites pour établir le caveau des évéques.
On les trouva dans les cercueils de pierre où ils
avaient été enterrés à Saint-Etienne. Dans le cer-
cueil d'Henri l" était placée l'inscription que voici :
Hic j ace t Henricus, palatinus
Campanix et Briœ cames,
Hujus ossa ex S. Slephani
Tempîo in basilicam fuere
Translata, anno reparatœ salutis
1792, libertatis vero quarto.
Obiit anno iiSO,
Augustino Sibile episcopo primario electUme popuU (2).
(1) Arnaud, Voyage archéologique, p. 34.
(2) Arnaud, dans les Mém. de la Soc, d^Agr, de l'Aube^ t. XII,
p. 280-300.
— sn —
C'est encore aujourd'hui à la cathédrale deTroyes,
sous le pavé de ia chapelle Notre-Dame, qu'est con-
servé ce qui reste du corps d'Henri le Libéral, mais
on ne lut a pas même fait Thonneur d'une inscrip-
tion qui rappelle aux visiteurs et aux fidèles le soo-
venir de ce grand prince, et sur la tombe du fonda-
teur de tant d'églises et de prières, personne ne prie
pour lui depuis soixante-dix ans. Si ses ossements,
comme ceux de tant de ses contemporains, étaient
égarés dans quelque cité lointaine d'Orient, on com-
prendrait cet oubli ; mais non : c'est dans la ville où
était son habituelle résidence et dont il portait le
nom, c'est dans la ville qu'à ce titre il a élevé en
Champagne au rang de capitale dont elle s'enorgueil-
lit encore, c'est dans une ville qui lui doit la fonda-
tion du principal établissement charitable qu'elle
possède et où des canaux tracés par la main puis-
sante de ce généreux souverain ont fait la prospé-
rité séculaire de grandes industries encore aujour-
d'hui florissantes, c'est au centre du pays, dont il
fut le bienfaiteur et dont il est encore une des gloires
les plus hautes et les plus pures ; c'est là que ses
restes reposent, abandonnés de tous, connus à peine
de quelques érudits !
Ah ! la haine qui s'attache quelquefois à de
grandes institutions explique les violences d'une po-
pulace égarée ! Mais que dire de ce dédain ? Sans
doute nous déplorons les profanations qui, à une
époque néfaste, souillèrent dans une vieille basilique
le dernier asyle de la majesté de nos rois : mais il y
a des crimes qui dans leur horreur même ont une
certaine grandeur, et dont l'excès rend une sorte
d'hommage sinistre à la puissance à laquelle ils
— 323 —
s'attaquent. Que ne fallait-il pa& pour atteindre par
l'outrage à la hauteur de cette longue lignée de mo-
narques qui, pendant tant de siècles, avait person-
nifié les gloires de la France? ,
Si dans un moment d'entraînement passionné les
cendres d'Henri le Libéral avaient été jetées au vent,
nous le regretterions sans doute; mais ce lugubre
honneur rendu par la fureur populaire à une puis-
sance déchue semblerait moins triste que tant d'in-
différence en face de tant de grandeur et de tant de
bienfaits. Henri le Libéral ne vaut-il donc pas beau-
coup de souverains dont les restes inanimés depuis
des siècles reçoivent tous les jours les honneurs
royaux sous les voûtes splendides de Saint-Denis ?
Quelles que soient les transformations de la so-
ciété, il importe toujours à la dignité de la France
que le respect ne cesse d'entourer la sépulture de ses
vieux rois. Pourquoi la Champagne refuserait -elle
quelques égards à la mémoire d'un homme qui l'a
si honorablement représentée ? LaChampagne, il est
vrai, n'a plus d'existence officielle, mais ne devrait-
elle pas encore sentir battre son cœur quand on lui
parle de reconnaissance et qu'on rappelle à ses en-
fants les souvenirs si glorieux de leurs fiers an-
cêtres ?
Ces plaintes que tant d'autres ont faites avant
nous seront-elles toujours inutiles ? Nous ne le sa-
vons, mais nous le craignons. Tel est le sort ordi-
naire des grandeurs que ne couronne pas l'auréole
'Surnaturelle de la religion. La religion seule assure
la durée de l'amour et du respect. A quelques pas
des restes abandonnés d'Henri, un débris du crâne
de saint Bernard, enfermé dans une châsse dorée,
— 324 —
reçoit de continuels hommages où une pieuse et
tendre émotion se môle au sentiment d*une vénéra-
tion profonde; car, de même que Dieu seul est
grand, Dieu et les saints seront seuls toujours ai-
més!
CATALOGUE DES ACTES
D'HENRI LE LIBÉRAL,
COMTK Dl CHA1IPA6HB,
de M!A!RX£i, sa femme,
et d'HBNRI II, son jais aîné.
Ce travail n'a pas la prétention d'être complet :
sa principale utilité a été de nous permettre de
simplifier dans le cours de notre ouvrage les ren-
vois aux sources , et nous n'avons en aucune façon
la prétention de le comparer ni au Regesta pontificum
Romanorutn de Jafié, ni au Catalogue des actes de Phi-
Uppe-Auguste.
PREMIÈRE PARTIE.
CmUdo^^e des actes d^Henrl le libéral.
1. — Du 40 janvier au 29 mars 4452 (4454 v. st.). —
Henri reconnaît qu'il ne peut mettre hors de sa main la
garde de Chablis.
Carf, de la comtesse Blanche^ Biblioth. Imp. lat. 5993,
fo LXii ro; Cart. de M, de Thou, Bibl. Imp. lat. 5992. —
Copie Bibl. de Troyes, ms. 22, p. 97, 494 ; Bibl. Imp., Coll.
de Champ., t. 436, p. 25-26. — Ed. Chantereau, Pr. p. 3-4;
Brussel, p. 774 note; D. Bouquet, XVI, 404 n; Quantin,
Cart. de l'Yonne, I, 482.
2. — Troyes, 25 février 4452 {Trecù, Vo £al. Martii,
— 326 —
4454 r. st,). — Henri fait réparation an chapitre de Saint-
Pierre de Troyes, dont il a violé le droit de justice-
Copies informes du xyiii* siècle, Archives de l'Aube, P. de
Saint-Pierre de Troyes. — Ed. Martène, An^d.^ I, 414;
Brussel, p. 4032: Gall. Christ., XII, Instr,. 264-263. —
Mention Vallet de Viriville, Archives hist. de V Aube y 94,
448.
3. — Edise cathédrale Saint-Etienne de Meaux, du 30
mars 4452 au 48 avril 4453 (Meldis in ecclesia S. Stephani,
4452). — Henri abandonne aux chanoines de la cathédrale
de Meaux son droit de vinage sur leurs vignes. Le produit
en sera employé en pain, vin et \iande pour les chanoines
le jour de l'anniversaire de son père.
Bibl. de Meaux, Cart. du Chapitre de Meaux, 1, 60; II, U;
III, 43.
4. — Château de Provins, du 30 mars 4452 au 4 8 avril
Uo3 {Pruvini Castro, 4452). -^ Henri réduit son droit de
procuration sur l'abbaye de Lagny, et y fonde ranjiiversaire
de son père moyennant une rente de vingt muids de vin.
Bibl. Imp., Cart. de Lagny, fo25 vo, 26 ro. — Ed. Mabil-
lon, de Re diplom., 584-585. — Extr. Touss. du Plessù,
Uist, de Végl, de Meaux, II, 44. — Mention Gall. Christ.,
VII, 496 E; VIII, 4643 C; IX, 497 B.
5. — Reims, du 30 mars 4452 au 48 avril 4453 (RetmSy
4452). — Henri donne à Tabbaye de Saint-Remy de Reims
le ban de la Marne, au-dessus et au-dessous de Condé-sor-
Mame.
Bibl. de Reims, 2^ Cart. de Saint-Remy, (o 64 vo, — Men-
tion Marlot, 4re éd., t. II, p. 363.
6. — Epemay, du 30 mars 445? au 48 avrij 4453 (1452,
Sparnaci). — Henri, pour l'ûme de son père, et en rémuné-
ration des services qu'il avait lui-môme reçus des Templiers
en Terre-Sainte, leur donne tout ce que son père avait dam
le vivier et le moulin situés entre Passy-sur-Marne et Chàlil-
lon-sur-Marne.
Original, Àrch. de l'Empire, F. des Templiers. .t
- 3a7 —
7. — Du 30 mars 4452 au 48 avril 4453 (4452). — Henri,
sur la demande du prieur de Sainte-Poy de Coulommiers,
qui avait pieusement assisté à Tenterreraent du comte Thi-
baut II, confirme les donations précédemment faites à ce
prieuré et y ajoute.
Ed. Champollion-Pigeac, Doc, inéd, extr, de laBibl. Royale,
II, 2e part., p. 32-34.
8. — Du 30 mars 4452 au 48 avril 4453 (4452). — Henri
confirme la donation du village de Soignj (Sugniacum), faite
à l'abbaye de Saint-Pierre-aux-Monts, par Herbert, cheva-
lier.
Mention GalL Christ., IX, 928 E.
9. — Lachy , du 4 9 avril 4 4 53 au 3 avril 4 4 54 (Lachiacum,
4453). — Henri amortit les maisons et moulins du prieuré
de Saint-Ayoul de Pro\ins, et donne à ce prieuré la justice
de Provins et de la chfttellenie pendant les sept premiers
jours de la foire de Saint-Ayoul.
Copie Bibl. de Provins, CaH, de Caillot, fo 232 r*. — Ed.
Bourquelot,ifi5^ de Prorm*, II, 380-382. —Extr. Bibl.Imp.,
ColL de Champagne, t. 435 p. 2î9. — Mention Bourquelot,
Hist. de Provins, t. I, 447-449, 408.
10. — Provins, du 49 avril 4453 au 3 avril 4454 {Pruvini
4453). — Henri reconnaît qu'il n'a aucun droit de gîte à
Saint-Ayoul de Provins, et donne à ce prieuré le mesurage
des grains dans le bourg.
Original, Archives de l'Aube, P. de Montier-la-Celle. —
Copie il)id., Inv. de MontieMa-Celle, f» 44 v<> et 346 r*». —
Mention Bibl. Imp., Coll. de Champ., t. 435 p. 249.
11. — Epemay, du 49 avril 4453 au 3 avril 4454 {Spar-
fioc?!, 4453). — Henri reconnaît que le chapitre de Reims lui
a donné Vertus, pour en jouir sa vie durant, moyennant cent
sous de rente au lieu de quarante que payait son père.
Bibl. de Beims, Livre vert du chapitre, f* 5 V.
12. — Epemay, du 49 avril 4453 au 3 avril 4454 (4453,
Sparnacij. — Henri prend sous sa garde, moyennant une
— 328 —
rente de dix livres de Châlons, les hommes de Tabbaye de
Saint-Rerai de Reims à Courtisols.
Bibl. de Reims, 4" Cart. de Saint-Remi^ p. 635 v© 636 n»,
2e Cart. de Saint-Remi, fo 65 r« v«.
13. — Epernay, du 49 avril 4453 au 3 avril 4454 {Spot-
naci, 4453). — Henri ne peut aliéner Tavouerie qu'il a sur
une partie des hommes de l'abbaye de Saint-Remi, m exiger
d'eux une taille supérieure à celle qu'ils ont payée à sod
père.
Bibl. de Reims, 2e Cart. de Saint-Remi, f» 65 r«. — Ed.
Varin, Arch. admin,, t. I, 328.
14. — Vitry, du 49 avril 4453 au 3 avril 4454 {Vitriad
4453). — Henri confirme les donations de son oncle HuLnies
à l'abbaye de Toussaints-en-l'Isle de Chàlons-sur-Maroe, et
y ajoute la donation d'un droit de dîme à Larsîcourt. Cetif
dîme doit être affecté à la fondation d'un générale pour les
moines, le jour de la Sainte-Croix.
Arch. de la Marne, Cart, de Toussaints-en-l'Isle, p. 27-28.
15. — Vitry, du 49 avril 4453 au 3 avril 4454 (Vitriêei
4453). — Henri constate une transaction où l'abbaye de
Toussaints-en-l'Isle est partie.
Arch. de la Marne, Cart. de Toussaints-en-VIsle, p. 44-42.
16. — Château-Thierry, du 49 avril 4453 au 3 avril 4454
(ap, Castrum Theodorici, 4453). — Henri reconnaît n'avoir
aucun droit de taille sur plusieurs villages dépendant de
l'abbaye de Saint-Médard de Soissons.
Bibl. Imp. Cart. 406 (Cart. de Saint-Médard de Soissons]^
charte cotée de Damertj, XVI.
17. — Du 49 avril 4453 au 3 avril 4454 (4453). — Henri
juge que la procuration qui lui appartient à Saint-Martin-
du-Tertre (Sanctus Martinus de Montibus) est due parles
hommes du lieu et non par l'abbaye de Saint-Martin de
Tours.
Copie. Bibl. Imp., Baluze, t. 77, fo 236 ro.
— 329 —
17 H«. — Du 49 avril 4453 au 3 avril 4454 (4453). —
Henri, comte de Troyes, confirme Tacquisition par Tabbaye
de Jouy des biens vendus à cette abbaye par Milon de Gauf-
finis.
Arch. de TEmpirc, K492, no 200.
18. — Du 49 avril 4453 au 3 avril 4454 (4453). — Henri
confirme les privilèges du prieuré de Coîncy.
Mention Gall. Christ,, IX, 394 B ; Art de vérifier les dates y
II, 620.
19. — 22 mai 4453 (4453, XIoKal, junii). — Henri con-
firme les privilèges de l'abbaye de Saint-Loup de Troyes.
Cart. de Saint-Loup, appartenant à M. de la Porte de Bé-
rulles, foxxxixro.
20. — Bar-sur-Aube, du 4 avril 4454 au 26 mars 4455
(Barri, 4454). — Henri affranchit l'abbaye de Clairvaux de
tout droit de tonlieu, de péage et de foire sur sa terre.
Arch. de TAube, Cart. de Clairvaux, pièce cotée Comi-
ium Campanie VI*.
21. — Château-Thierry, du 4 avril 4454 au 26 mars 4455
(Castri Tkeederici, 4454). — Henri donne à Tabbaye de Val-
Secret vingt ai^nts de terre à défricher dans un bois.
Original, Arch. de l'Empire, P. de Val-Secret.
22. — Ghàtilion, du 4 avril 4454 au 26 mars 4455 {ap.
Castellionenif 4454). — Henri, sur la demande du prieur de
Yentelay et des hommes du lieu, décide que le comte de
Roucy n'a aucun droit sur cette localité, et s'engage à pro-
téger les habitants moyennant une rente annuelle qu'il ne
peut aliéner.
Copie, Bibl. Imp. Lat. 5444, p. 374-375.
23. — Provins, du 4 avril 4454 au 26 mars 4455 {Pruvini
4454). — Henri avait défendu aux marchands et aux chan-
geurs de séjourner plus de dix jours à la foire de Lagny. A
la demande de l'abbé et des moines il lève cette défense.
Bibl. Imp., Cart. de Lagny, fo24 vo.
— 330 —
24. — Provins, du A avril 4454 au 26 mars 4455 («p.
Pruvinum, 4454). — Henri confirme Tabbaye de Montîer^
Gelle dans ses biens et dans ses privilèges.
Copie du xvie siècle, Ârch. de TAube, F. de Montier-ls-
Gelle, pièce cotée Montier-la-Gelle, no 3; copie du xviii« siècle,
ibid. Invent, de Montier-la-Celle, fo 43 r© v®. — Arch. de lîm-
pire, K 492, no 54. — Analyse, Bibl. Imp., ColL deChamf,,
t. 435, p. 2. — Ed. Champollion-Pigeac, Doc. hist. inéd. extr,
de la Bibl. R. II, 2e parUe, p. 34-39.
25. — Provins, du 4 avril 4454 au 26 mars 4455 {ap,
Pruvinum, 4454). — Henri renouvelle les privilèges do
prieuré de Saint-Ayoul de Provins.
Bibl. de Provins, Cart. de Caillot, P> 227r«-229ro.
26. — Epemay, du 4 avril 4454 au 26 mars 4455(9.
Spamacum, 4 454). — Henri confirme Tabbaye de Toossaînt»-
en-risle dans la possession de l'église de Viâpres (Aube).
Arch. de la Marne, Cart. de Toussaints^en^l'Islej p. 40-41
— Analyse, de Barthélémy, Dioc. de CMlons, II, 444.
27. — Du 4 avril 4454 au 26 mars 4455 (4454). — Hoiri
confirme la donation de la voierie de Charly à l'abbaye de
Notre-Dame de Soissons.
Ed. Germain, Hist. de N.-D. de Soissons, pr. p. 440.
28. — Troyes, le 4 août 4454 {Trecis, AiU^pridienmim
augtistij. — Henri confirme les biens et les privilèges de
Tabbaye de Saint-Loup de Troyes.
Original, Arch. de TAube. — Ed. Camuzat, PramphÊth
rium, fo 302-303. — Analyse, Desguerrois, Saincteté ekres-
tienne, fo 292 vo.
29. — Troyes, novembre 4454 {Actum Trecis, annoith
carnati Verbi 4454, mense novembri. — Datum per numut
cancellarii apud Eosnaicum). — Henri donne des biens à
Tabbaye de Beaulieu (Aube), et confirme les donations Mes
à cette abbaye par Gautier II, comte de Brienne.
Analyse, Bibl. Imp., Coll. de Champ., t. 435, p. 256.
— 331 —
30. — Bar-sur-Aube, du 27 mars 4155 au 44 avril 4456
{Barrum super Albam^U^^), — Henri confirme les posses-
sions de Tabbaye de Sept-Fontaines, la prend sous sa pro-
tection, etc.
Ed. Annales PrœmonstratenseSy t. II, p. ccccxc.
31. — Meaux, du 27 mars 4455 au 44 avril 4456 {ap.
JfsMfin, 4455). — Henri donne à l'abbaye de Notre-Dame-de-
Ghâge une rente de sept sous sur le péage de Coulommiers
pour acheter Thuile nécessaire à l'entretien d'une lampe.
Ed. T. du Plessis, Hist. de l'église de Meaux, II, 44-45.
32. — Pont-sur-Seine, du 27 mars 4455 au 44 avril 4456
{ap. Pontes, 4455). — Henri abandonne au prieuré du Sainte
Sépulcre de Samblières, aujourd'hui Yillacerf (Aube), son
droit de sauvement et d'avouerie sur les hommes de Cha-
pelle-Vallon (Aube).
Original, Arch. de l'Empire, F. du Saint-Sépulcre.
33. — Provins, du 27 mars 4455 au 44 avril 4456 (ap.
Pruvinum, 4455). — Henri donne à l'abbaye de N.-D. de
Soisy , soixante sous de rente sur le salage de Provins, et
confirme d'autres acquisitions.
Original, cabinet de M. Michelin, de Provins. — Copie,
Bibl. Imp., Coll. de Champ., t. 436, p. 424-422. — Mention
Gall. Christ., XII, 429 A; Opoix, Hist. de Provins, 2* éd.,
p. 80.
34. — Troyes, du 27 mars au 44 avril 4456 (ap. Trecas,
4455). — Henri exempte de sa justice Guillaume l'Anglais
pour tout le temps que ce dernier résidera dans la maison
des religieuses de Foicy, à Bar-sur-Aube.
Original, Archives de l'Aube.
35. — Troyes, du 27 mars 4455 au 44 avril 4456 (TrecU,
4455). — Henri fait une donation à l'abbaye d'Oye.
Arch. de l'Aube, Cari. d'Oye, fo48ro.
36. — Vertus, 4, 44, 48 ou 25 avril 4455, 2 ou 9 avrU
4456 (Yiriuti, 4455, mense aprili, die lune). — Henri rend
— 332 —
un jugement entre l'abbaye d'Oye et Jean, seigneur de
Pleurre.
Arcb. de l'Aube, Cart. d'Oye, foi,
37. — Montier- la -Celle, 26 février 4456 (4456, mense
februariOf 26 die ejusdem mensis, die daminica exisieniej
€um missa matutinalis a monachis cantaretur). — Henri
donne & Tabbaye de MontieMa-Gelle un p&turage voisin, et
fait un règlement sur son droit de procuration.
Copie, Arch. de l'Aube, Inv. de Montier-la-Gelle, f«45p.
38. — Cb&teau de^Meaux, du 45 avril 4456 au 30man
4457 (4456, Meldis in castello meo). — Henri abandonne an
chapitre de Meaux ses droits sur plusieurs serfs.
Bibl. de Meaux, Cart. de l'église de Meaux ^ H, 42 ; III, 34.
39. — Sézanne, du 45 avril 4456 au 30 mars 4457.—
Henri constate l'ascensement du moulin de Gùlari, fait par
l'abbaye de Montier-la-Celle à Dreux de Provins.
Copie, Arch. de l'Aube, Inv. de Montier-lii-CeUe, fo48T*,
49 ro.
40. — Troyes, du 45 avril 4456 au 30 mars 4457 (445$,
Trecis). — Henri renouvelle les privilèges accordés par son
père aux Lorrains établis k Vassy.
Copie, Bibl. Imp., Coll. de Champ., t. 436, p. 405-4M.
— Ed. Ordonnances, VI, 344.
41. — Du 45 avril 4456 au 30 mars 4457 (4456). — Henri
constate des donations faites à l'abbaye de Jouy, par Pierre
de Castello, beau-père de Greofroi l'Eventé, et par MUon ii
Vaudo.
Copie, Bibl. de Provins, Ythier, Hist. ecclésiastiqtte^rii
68-69; Arch. de l'Empire, K 492, no 264.
42. -^ Du 45 avril 4456 au 30 mars 4457 (4456). — Henri
donne à l'église de Notre-Dame de Verzelo un droit d'ioage
dans la forêt du Gaut.
Copie, Bibl. Imp., Coll. de Champ., t. 435, p. 264.
43. — Du 45 avril 4456 au 30 mars 4457 (4456).— Henri
- 333 —
donne une charte au prieuré de l'abbaye de Fontevraut à
Dormans.
Mention Gall. Christ., IX, 497 B.
43 bis. — Du 45 avril 4456 au 30 mars 4457 (4456). —
Henri confirme les donations de son père Thibaut au prieuré
de Fontaines.
Copie, Arch. de TËmpire, K 492, no 260.
43 ter, — La Crête, le 4 4 septembre 4456 {Diefesti exal-
tationis S. Crucis ap. Cristam, 4456). — Henri donne à
l'abbaye de La Crète une forge et un droit d'usage dans la
forêt de Vassy.
Copie, Bibl. Imp., F. Français, 4660, fo43.
44. — Château-Thierry, du 34 mars 4457 au 49 avril
4458 (4457). — Henri dispense l'abbaye d'Igny de payer sur
sa terre aucun droit de travers, de vente ou d'achat.
Bibl. Imp., Cart. 79 {Cart. d'Igny), fo436vo-437ro.
44 bis. — Château-Thierry, du 34 mars 4457 au 49 avrU
4458 (4457, ap. Castrum Theodorici). — Henri décharge de
tous droits de tonlieu les moines de l'abbaye deVauclair.
Copie, Arch. de l'Empire, K 492, n© 94.
45. — Provins, du 34 mars 4457 au 49 avril 4458 (4457).
— Henri donne à l'abbaye de Saint-Quiriace de Provins l'é-
glise Saint-Laurent et le terrain autour de l'église Saint-
Thibaut, libre de toute justice.
Original, cabinet de M. Michelin. — Copie, Bibl. de Pro-
vins, Ythier, Eût. eccL, VII, 450 ; Arch. de l'Empire, K 492,
Qo 66. — Mention Bourquelot, Hist. Provins, 1, 375 ; Opoix,
Hist, de Provins , 2e éd. , p. 358 ; Bibl. Imp. , Coll. de
Champ.y U 485, p. 57.
45 bis. — Provins, du 34 mars 4457 au 49 août 4458
(4457, Pruvinio). — Henri donne au prieuré du Mets-la-Ma-
deleine, près de Provins, les aubaîns , droit de justice, et
confirme les précédentes acquisitions de ce prieuré.
Copie, Arch. de l'Empire, K 476, no 4 (4).
— 354 —
46. — Troyes, du 34 mars 4457 au 49 avril 4458 (4457,
ap, Treeas). — Henri donne à l'abbaye de Glairvaux ane
forge à Vassy.
Arch. de TÂube, Cart. de Clairvaux^ pièce cotée Comi-
tutn CampanieMii*. — Mention Bibl. Imp., Coll. de Champ.,
t. 435, p. 265; Etudes sur les abbayes cisterciennes, p. 3<S.
47. — Troyes, du 34 mars 4457 au 49 avril 4458 (4457,
Trecis). — Henri fonde Téglise collégiale de Saint-Elieime
de Troyes.
Bibl. Imp., F. Bouhier, 42 bis (Cart. de Saint-Etieime de
Troyes), fo I. — Ed. Camuzat, Pramptuariumj fo 334 r©. —
Traduction, Desguerrois, Saincteté chrestienne^ f> 294f»-
295 yo. — Mention Art de vérifier les dates , II, 624, col. 4;
GalL Christ,, XII, 529 A.
48. — Du 34 mars4457au49avril4458(4457). — Henii
confirme une donation faite à Tabbaye de la Chapelle-aox-
Planches, par Olivier, chevalier de Drônay.
Ed. Annales Prœmonstratenses^ I, pr. col. cccLvn.
49. — Du 34 mars4457au49 avril 4458 (4457). — Béori
donne quelques vignes et d'autres biens à Tabbaye deb
Ghapelle-aux-Planches.
Extrait, Bibl. Imp., Coll. de Champ,, t. 435, p. 259.
50. — Du 34 mars 4457au 49 avril 4458 (4457). — Henri
donne à Tabbaye de Saint-Martin de Huiroo la moitié de
Talleu dlsson.
Ed. E. de Barthélémy, Diocèse ancien de Chdlons-'Sitr'
lons-sur-Mame, 1. 1, p. 359. — Mention ibid., II, p. 328.
51. — Bar-sur-Aube, du 20 avril 4458 au 44 avril 4459
(4458). — Henri donne à Tabbaye de Boulancourt la mou-
vance du casement que Milon de Maizières et Gautier de
Valentigny tiennent de lui ad Bordas.
Extrait, Bibl. Imp., Coll, de Champ,, t. 435, p. 256.
52. — Ghâtillon-sur-Mame, du 20 avril 4458 au 44 avril
- 336 —
4459 (4458, ap. Castellionem), — Henri constate un achat
parTabbaye d'Igny.
Bibl. Imp., Cart. 79 {Cart. d'Igny), fo437ro.
53. — GMteau-Thierry, du 20 avril 4458 au 44 avril 4 4 59
(4458, ap. Castrum Theodorici) — Henri a rendu à Arcbam-
baud de Sully cent vingt livres de Provins de rente données
en flef au même Archambaud, par Thibaut II son oncle, père
d'Henri. De plus, Henri a reçu d'Archambaud un gage valant
cinq cent cinquante livres de Provins.
Cart. de M. de Thou, Bibl. Imp., lat. 5992, et Bibl. de
Troyes, ms. 22, p. 447. — Copie, Bibl. de Provins, Cart. de
Caillot f fo242ro. — Ed. Chantereau, Preuves, p. 4.
54. — Meaux, du 20 avril 4458 au 44 avril 4459 (4458,
apud Meldim). — Henri constate qu'André de la Perte a re-
noncé au droit de procuration qu'il réclamait sur le village
de Templum Villare, Ce village appartenait au prieuré de
la Celle, qui dépendait de Marmoutier.
Copie, Bibl. Imp., lat. 5444, p. 58.
55. — Troyes, du 20 avril 4458 au 44 avril 4459 (Trecis,
4458). — Henri donne des serfs à Tabbaye de Montiéramey.
Bibl. Imp., lat. 5432. (Cart. de Montiéramey), fo53vo;
lat. 5433 id., fo 266 vo-267 ro.
56. — Troyes, du 20 avril 4458 au 44 avril 4459 (4458,
ap. Trecas). — Henri donne à Téglise Saint-Bernard de
Hontjou, rhôpital Saint-Bernard de Troyes.
Original, Arch. de TAube, F. de THôtel-Dieu Saint-Ber-
nard. — Ed. Camuzat, Promplttarium, fo 404 v». — Traduc-
tion, Desguerrois, Saincteté chrestienne, P>297 vo.
57. — Troyes, du 20 avril 4458 au 44 avril 4459 (1458,
ap. Trecas). — Henri déclare que Pierre, son sergent, pos-
sédera librement, à titre héréditaire, une maison ante ormes.
Original, Arch. de TAube.
— Du 20 avril 4458 au 44 avril 4459 (4458). -^ Henri
— 336 —
fiiit avec Tabbaye de Saint-Lonp de Troyes an échange de
serfs et de redevances.
Cart. de Saint-Loup, appartenant à M. de la Porte, ^42.
59. — Du20avriH458au44avriH459. — Henri donne
à l'abbaye d'Igny un emplacement à Vassy pour établir une
forge, Tautorisatlon d'extraire du minerai, et le droit de
prendre dans la forêt le bois nécessaire.
Original, Arch. de TAube. — Bibl. Imp., Cart» 79 {Cart.
d'Igny), fo^37ro.
59 bis. — Du 20 avril 4458 au 44 avril 4459 (4458).-
Hcnri constate que Milon de Gastins a donné à Tabbaye de
Jouy une rente de quatre setiers de froment.
Copie, Arcb. de TEmpire, K 492, no 202.
60. — Troyes, 4«r février 4459 (TrecU Kal. febmarii,
4458). — Henri exempte de sa justice et de ses redevances,
sauf réserve, un four et six hôtes de l'abbaye de Saint-Loap
de Troyes ; il donne à la même abbaye un bras de la Seine,
depuis le moulin de fiaire jusqu'au lieu dit ArMiietus.
Original, Arch. de TAube, P. de Saint-Loup. Cart. de
Saint-Loup^ appartenant à M. de la Porte, fo 40.
61. — Vers 4458. — Henri fonde l'abbaye de Champ-
Benoît.
Mention Gall. Christ, XII, 493 A.
62. — Bar-sur-Aube, du 42 avril 4459 au 26 mars 4 4M
(4 459). — Henri reconnaît que son vassal Simon, Ois de Sen-
son le Fort, condamné par lui à réparer des dommages caur
ses à l'église de Langrcs, ne les a pas réparés. En conséquence
le comte, qui s'était constitué caution de cette réparation,
donne au chapitre quarante sous de rente sur les revenus
des foires de Bar-sur-Aube.
Arch. de la Haute-Marne. Cart, du chapitre de Langres,
fo46ro. (Cf. GaU. Christ, nov. IV, 4 8 B, 424 G.)
63. — Bar-sur-Aube, du 42 avril 4259 au 26 mars 4460
(op. Barrutn super Albam^ 4459). -— Henri renonce à toate
— 337 —
prétention sur les biens des religieuses du Val-d'One à Bar-
sur-Aube.
. Original, Arch. de l'Empire, P. du Val-d'One, n« 4 .
64. — Maincy (Seine-et-Marne), du A2 avril 4459 au 26
mars 4460 {ap. Minciacum^ 4459). — Henri fait un échange
avec l'abbaye de Sainte-Gemme.
Original, Arch. de l'Empire, F. de St-Martin-des-Ghamps.
65. — Provins, du 42 avril 4459 au 26 mars 4460 (4459,
ap. Pruvinum), — Thibaut II ayant donné sept marcs d'argent
aux Templiers, Henri ajoute trois autres marcs, total dix;
puis, aux lieu et place de ces dix marcs, donne une rente de
vingt-quatre livres de Provins sur les foires de Troyes.
Arch. de l'Empire, S. 5462, no 25 (Cart. de la comman-
défie de la Croix-en-Brie)^ p. 39. — Mention BibL de VÉc.
des chartes, 4« série, t. lY, p. 484.
66. — Provins, du 42 avril 4459 au 26 mars 4460 (4459,
op. Pruvinum), — Henri renonce à la prétention de forcer
l'abbé de Lagny à lui bâtir une tour, et confirme les acquisi-
tions faites jusque-là par l'abbaye.
Bibl. Imp., Cart. 474 (Cart. de Lagny), f>25vo. — Ed.
Martène, Anecd. I, 447; Brussel, p. 380 note. — Analyse
Gall. Christ., y n, 497.
67. — Provins, du 42 avril 4459 au 26 mars 4460. —
Henri renonce au tonlieu qu'il percevait sur les maisons du
prieuré de Saint-Ayoul de Provins, et donne à ce prieuré la
pêche sur son étang, absque rete et sagina, la veille de la
Saint-Ayoul.
Extrait, Bibl. Imp., Coll. de Champ,, t. 435, p. 250.
68. — Provins, le 42 avril 4 4 59 au plus tôt, Troyes le 27
septembre 4459 (actum Pruvini 4459, data TreeisVo Kal.
oetobris). — Henri, ayant transféré à l'hôpital Saint-Jacques
de Provins les chanoines réguliers de Samt-Quiriace, les
confirme dans leurs biens et y ajoute.
Copie, Bibl. Imp., Coll. de Champ., t. 435, p. 278-279. —
Ed. Gall. Christ.^ XII^ Instr. 43. — Mention Bourquelot,
— 338 ^
Hiit. de Provini, I, 4 23-424 ; Opoix, Hiit. de Provim, S» éd.,
p. 356.
Une confinnatiOD par Thibaut Y, comte de Blois, se tnmw
dans la Coll. de Champ,, t. 435, p. 280; nne antre pv
Etienne, comte de Sancerre, dans le Gall. Christ., XII, imtr.
44 G.
69. — Saint-Florentin, du 42 avril 4459 an 26 mais 4460
(4459, ap. S. Florentinum). — Henri donne au prieoré de
Saint-Florentin une partie de la justice de la foire da preinto*
lundi de carême.
Copie, Bibl. Imp., Coll. de Champ.^ t. 436, p. 284-282.
— Ed. Quantin, Cart. de l'Yonne, II, 404-402.
70. — Troyes, du 42 avril 4459 au 26 mars 4460 (4459,
Trecis). — Henri accorde divers privilèges aux hommes atta-
chés à un four qui dépend du chapitre de Saint-Etienne de
Troyes.
Bibl. Imp., F. Bouhier, 42 bis {Cart de Saini-Etieime
de Troyes), f© V vo-VI r».
71. — Troyes, du 42 avril 4459 au 26 mars 4460 (4459,
apud Trecas). — Henri déclare avoir pris sous sa garde la
grange de Yaudeurs dépendant de Tabbaye de Dilo.
Ed. Quantin, Cart. de l'Yonne, II, 97.
72. -— Eglise de Saint-Loup de Troyes, du 42 avril 4439
au 26 mars 4460 (Trecis in ecclesia beati Lupi, 4459).—
Henri décharge de toute redevance et exempte de sa juste
le maire de l'abbaye de Saint^Loup de Troyes h Luyères.
Original, Arch. de l'Aube; Cart. de Saint^l/mp, de H. de
la Porte, fo 40.
73. — Troyes, du 42 avril 4459 au 26 mars 4460 (4459,
Trecis). — Henri, ayant fondé l'église collégiale de Saint-
Maclou de Bar-sur-Aube, constate comment ont été réglés
les droits respectifs de cette église et du prieuré de Sainte-
Germaine.
Ed. Gall. Christ, nov. lY, instr. 476-477; ffiampignoD,
Hist. de sainte Germaine^ 207-208.
— 339 —
74. — Du 42 avril 4459 au 26 mars 4460 (4459). — Henri
rappelle les donations foites par son père au prieuré de Foissy,
et en ajoute d'autres.
Original, Arch. de l'Aube.
75. — Franchevault, 6 juillet 4 4 59 {apud Libérant Vallem
4459, die octava apostolorum Pétri et Pauli,) — Hugues,
archevêque de Sens, constate qu'Henri présent à la fonda-
tion du prieuré de Franchevault, a donné à ce prieuré une
rente de cinquante sous et décharge pour l'avenir du droit
d'amortissement.
Ed. GalliaChrUt., XII, iftstr. 42-43, etQuantin,(7arf. de
l'Yonne, 11,99-404.
76. — Eglise Saint-Etienne de Troyes, 22 novembre 4459
(4 4 59, decimo Kalendas decembris ante ait are beati Stephani
in capella mea). — Henri s'engage à ne plus faire à l'avenir
de donation ni accorder aucun privilège au préjudice du
droit de salage que l'abbaye de Montier-la-Gelle possède à
Troyes.
Copie, Archives de l'Aube, Inventaire de Montier-la-Gelle,
fo 45 ro.
77. — Orléans, du 27 mars 4460 au 45 avril 4464 (4460,
ap. Aurelianum). — Robert, comte de Dreux, s'engage envers
Henri à n'achever les fortifications de Savigny que d'une
manière déterminée. De plus, cette forteresse sera rendable à
Henri si Robert a guerre avec qui que ce soit.
Cart. de la comtesse Blanche, Bibl. Imp., lat. 5993, f»
vii^nivo; Cart. de M. de Thou, Bibl. Imp., lat. 5992,
Bibl. de Troyes, ms. 22, p. 75 ; Reg. Princip. I, 269 r» vo,
Bibl. Imp., 500 de Golbcrt. — Ed. Brussel, p. 382 note.
78. — Ba>sur-Aube, du 27 mars 4460 au 45 avril 4464
(4460, ap. Barrum). — Henri énumëre les biens qu'il a don-
nés à l'église collégiale de Saint-Madou en la fondant.
Original, Arch. de l'Aube. — Extraits Blampignon, Hist. de
sainte Germaine, p. 208-209; Yallet de Viriville, Arch. hist.
de l'Aube, p. 430.
— 340 —
79. -- BaN8ur-Aube, da 2Ï mars 4460 au 45 aTril 4464
(4460, ap. Barrum). — Henri constate une transaction où
l'abbaye de Molesme est partie.
Arch. de la Gôte^'Or, 2« Cart. de Molesme^ f» 84 v».
80. — Meaux, du 27 mars 4460 au 43 avril 4460 (Meliis,
4460). — Henri donne au trésorier de Tabbaye de Lagoy
vingt sous de rente sur le péage de Goulommiers pour entre-
tenir une lampe sur le tombeau de son père.
Bibl. Imp., Gart. 474 (Cart. de Lagny)^ f» 24 vo25 r». —
Ed. Mabillon, De re diplomat,, 648. — Mention GalL
CAm^., VII, 496-497.
81. — Provins, du 27 mars 4460 au 45 avril 4464 (Pm-
vini, 4460). Henri donne à Tabbaye de Saint-Jacques de Pro-
vins tous ses droits sur la maison de Grimaud de Bray.
Extrait, Bibl. Imp., Coll. de Champ., t. 435, p. 280.
82. — Provins, du 27 mars 4460 au 45 avril 4464 (4460,
ap. Pruvinum). — Henri constate des donations faites par
Mathilde, sa mère, aux abbayes de la Pommeraye, du Para-
clet et de Soisy.
Gopies, Archives de l'Aube, F. duParaclet; Bibl. Imp.,
Coll. de Champ., t. 435, p. 297-298 ; Arch. de l'Empire, K
492, no 250. — Ed. Quantin, Cart. \de l'Yonne, II, 448-
449.
82 bis. — Provins, du 27 mars 4460 au 45 avril 4461
(4460, ap. Pruvinum). — Henri constate une donation de
serf faîte par le comte Thibaut, père du même Henri, à l'ab-
baye de Jouy.
Gopie, Arch. de l'Emph'e, K 492, no 203.
83. — Palais épiscopal de Sens, du 27 mars 4460 au 45
avril 4464 {Senonis in palatw nostro , 4460). — Hugoes,
archevêque de Sens, fait connaître à l'abbé de Saint-Jacqnes
de Provins les conditions auxquelles son abbaye a été trans*
férée de Saint-Quiriace à Saint-Jacques.
Analyse, Bibl. Imp., Coll. de Champ., U 43J(,p. 279-280.
— Ed. Gall. Christ., XII, instr. 46-47.
— 341 -.
84. — Troyes, du 27 mars >H 60 au 45 avriH464 {Treeis,
4-160). — Henri, par amitié pour son très-cher Maître Nico-
las, prieur de Saint- Jean-en-Châtel, exempte de toute rede-
vance et de sa justice la maison de Masceline^ dans le mar-
ché de Troyes, maison qui appartenait au prieuré de Saint-
Jean.
Bibl. Imp., lat. 5432 (Cart. de Montiéramey), foSe-Sl.
— Vidimus de f 577, Arch. de l'Aube, F. de Montieramey. —
Copie, Bibl. Imp., Coll. de Champ, , t. 436, p. 497 (voir plus
bas, nos ^29 et 484).
85. — Troyes, du 27 mars 4460 au 45 avril 4^164 {ap.
Treccu, U60). — Henri réglemente son droit de procuration
à Rumilly-les-Vaudes, Vaudes et Corgénes,
Arch. de la Côte-d'Or, 2* Cart. deMolesme, fo37vo.
86. — Du 27 mars 4 4 60 au 45 avril 4464 (4460). — Henri
constate une transaction entre les moines de Pontigny et
Seguin de Saint-Florentin, ausiyet delà forêt Saint-Pierre de
de Venizy.
Ed. Quantin, Cart. de l'Yonne, II, 447-448.
87. — Du 27 mars 4460 au 45 avril 4464 (4460). — Henri
confirme la donation de l'étalage du pain et du poisson, faite
par Mathilde, sa mère, au prieuré de Saint-Nicolas-de-Gha-
lautre.
Copie, Arch. de l'Aube, Inv. de Montier-la-Celle^ fo 44 v».
88. — - Vers 4 4 60. — Henri fonde l'Hôtel-Dieu de Provins.
Mention Bourquelot, Hist. de Provins, I, 404; Opoix,
Hist. de Provins, 2* éd., p. 76.
89. — Maincy, du 46 avril 4464 au 7 avril 4462 (4464,
apud Minsiacum). — Henri donne à l'église N.-D. de Châ-
tillon-sui>Marne huit arpents de terre à Chàtillon et un droit
d'usage dans la forêt de Vassy.
Copie, Bibl. Imp., lat. 5444, p. 427.
90. — Payns, du 46 avril 4464 au 7 avril 4462 {ap. P»-
anftum, 4464). — Henri confirme l'abbaye de Saint-Loup de
Troyes dans ses possessions et dans ses pivilèges.
— 342 —
Ed. Gamuzat, Promptuarium, fo307 r<^308 r». — Anftijfse,
Desguerroîs, Saincteté chrestienne, f>298rovo.
91. — Palais deProyms,du 4 6 avril 4464 au 7 avril 4 462
{Pruvini in palatio nostro, 4464). — Henri accorde dire»
biens et privilèges à l'église Saint-Quiriace de Provins.
Copie, Bibl. de Provins, Cart. de Cailloty 259 ro-260v;
Ythier, Supplément à Saint-Quiriace, p. 4-3; Arch. de
l'Empire, K 492, no 67. — Ed. Gall. ChrUt., XII, instr.
47-48. — Mention Bourquelot, Hist. de Provins, I, 429.
92. — Provins, du 46 avril 4 4 64 au7 avril4462(Pnmiit,
4464). — Henri accorde à Tabbaye de Saint-Jacques de Pro-
vins ft'anchise de toute redevance et exemption de justice
pour la terre qu'elle possède entre les anciens et les noo-
veaux murs de Provins, et autres privilèges.
Copie, Bibl. de Provins, Ythier, Hist, eccL III, 48-24. -
Analyse, Bibl. Imp., Coll. de Champ., t. 435, p. 282-283.
— Extrait Bourquelot, Hist. de Provins, I, 426-427.
93. — Provins, du 46 avril 4464 au 7 avril 4462 (4464,
ap. Pruvinum). — DietdeTraînel, ayant donné ce qu'il avait
à Bernières à l'abbaye de Yauluisant, Henri, comme suzerain,
approuve cette acquisition..
Bibl. Imp., Cart. 452(Caft. de VauluUant), fo99vo.
94. _ Troyes, 48 avril 4464 (4464, Trecis décima quarto
Kal. maii). — Henri rappelle des donations qu'il a faites à
l'abbaye de Saint-Loup de Troyes et un échange qui a eu lien
entre lui et la même abbaye.
Original, Archives de l'Aube ; Cart. de Saint-Loup, appar-
tenant à M. de la Porte, fo xl.
95. — Troyes, du 46 avril 4464 au 7 avril 4462 (4464,
Trecis). — Henri constate que Philippe, médecin, a acheté
à Yilletard des prés chargés d*un cens qui appartient à l'ab-
baye e Saint-Loup.
Copie, Arch. de l'Aube, Inv. de Montier-la-Gelle, f»47r».
96. _ Troyes, du 46 avrU 4464 au 7 avril 4462 (4464,
— 343 —
Treeii). — Henri renonce au service féodal dû par l'abbaye
de Saint-Martin-ès-Aires pour la moitié de l'eau de la Seine
entre le moulin de Sainte-Maure et le gué de Saint-Benoît.
En revanche, les moines se rendront en procession à l'église
Saint-Etienne de Troyes, à la fête de l'Invention du corps de
ce saint chaque année, et à l'enterrement des chanoines de
cette église.
Original, Archives de l'Aube, F. de Saint-Martîn-ès-Aires.
97. — Troyes, du 46 avril 4464 au 7 avril 4462 {Trecù,
4464). — Henri constate une donation faite au prieuré de
Saint-Jean-en-Châtel de Troyes, par Adam deFossis.
Original, Archives de l'Aube; Bibl. Imp., lat. 5432 (Cart.
de Montiéramey) , f© 4 4 4 r®.
98. — Du 46 avril 4464 au 7 avril 4462 (4464). — Henri
donne aux frères de l'hôpital de Chrivileium une rente de
deux charriots de foin à prendre dans ses prés deMariolo,
Original, Arch. de l'Empire, F. de Saint-Jean de Jérusalem.
99. — Du 46 avril 4464 au 7 avriï 4462 (4464). — Henri
donne à l'abbaye de la Pommeraye, pour l'âme de son père,
et pour celle de sa mère inhumée en ce lieu, une rente de
froment et de tramois sur le minage de Bray, etc.
Mention GalL Christ., XII, 490 E; Quantin, Cart. de
l'Yonne, II, 449.
100. — Du 46 avril 4464 au 7 avril 4462 (4464). — Henri
met en ban une partie du cours de la Barse qui appartient à
l'abbaye de Larivour.
Original, Arch. de l'Aube, ibid, Cart. de Larivour, pièce
cotée De sede abbatie, XP.
101. — Du46avril4464 au 7 avril 4462 (4464). — Henri
(ait diverses donations à l'aumônerie et à l'abbaye de Mon-
tier-la-Celle.
Original, Arch. de l'Aube, pièce cotée Lépine, no 4. —
Copie, ibid, Inv. de Montier-lorCelle, f» 44 r© v».
101 bis. — Du 46 avril 4464 au 7 avril 4462 (4464). —
~ 344 —
Henri constate une donation faite à l'abbaye de Jouy par
Eudes Pilecbien.
Copie, Arcb. de l'Empire, K 492, n» 205.
102. — Rebais, 23 octobre 4464 (Xo Kal.
Resbaci, 4464). — Henri ayant reçu des reliques de Tabbaye
de Rebais, donne en échange une rente de soixante sous sur
le péage de ce lieu.
Ed. du Plessis, Hist. de l'église de Meaux, II, 50. — Ana-
lyse, Gall. Christ., YIII, 4683 B, et Bibl. Imp., Coll. de
Champ., t. 435, p. 308.
102 bù. — Provins, du 8 avril 4462 au 23 mars 4463
{ap. Pruvinum, 4462). — Henri constate une donation faite
à Tabbaye de Saint-Quiriace par Robert , fils d'Herbert le
Grand, dit Burda.
Copie, Arcb. de l'Empire, K 492, n» 68.
103. — Troyes, du 8 avril 4462 au 23 mars 4163 (4462,
Trecis). — Henri constate qu'Eudes, prieur de Radonvilliers
a engagé au chapitre de Saint-Etienne de Troyes, moyennant
mille sous, tout ce qu'il avait à Chalette, sauf le charniage.
Arcb. de la COte-d'Or, 2c Cart. de Molesme, f© 94 r».
104. — Troyes, du 8 avril 4462 au 23 mars 4463 (4462,
Trecis). — Henri constate une transaction entre la mala-
drerie de Troyes et les héritiers d'Henri d'Avant.
Original, Arcb. de l'Aube, F. de Saint-Lazare de Troyes.
— Cart. de la Maladrerie de Troyes, au même dépôt. — Ed.
Mém. de la Soc. d'agr. de VAube, 2» série, I, 523 (4).
105. — Eglise Saint-Loup de Troyes, du 8 avril 4462 au
23 mars 4463 (in ecclesia beati Lupi, 4462). — Henri Hait ua
(i) Toates les pièces conoeniant U nuiUdrerie des DeazrEaax, cm lëpnnrit
de Troyes, publiées dans les Mém. de la Soc. d'Agric. de i'Avhe, ont été
extraites par M. Harmand da dutulaire oonserré aux ardÛTes de fànbt.
Noos croyons donc inutile de renouTeler à l'avenir la mention de 00 cntn-
laire.
— 345 —
échange de serfs avec l'abbaye.de Saint-Loup de Troyes, lui
remet une redevance, etc.
Original, Arch. de l'Aube, Cart. de Saint-Loup^ apparte-
nant à M. de la Porte, fo 40-44 .
106. — Troyes, du 8 avril 4462 au 23 mars 4463 (4462,
ap. Trecàs), — Henri confirme, comme suzerain, des dona-
tions faites à l'abbaye de Gheminon, etc.
Ed. Gall, Christ,, X, Instr, 473-474.
107. — Du 8 avril 4462 au 23 mars 4463 (4462). — Le
doyen et le chapitre de Senlis informent Henri d'une tran-
saction intervenue entr'eux et leur évéque.
Cart. de la comtesse Blanche^ fiibl. Imp., lat. 5993,
fovni«viiivo. — Cart.de M. de Thou^ Bibl. Imp., lat. 5992;
Bibl. de Troyes, ms. 22, p. 80 et 470-474. — Ed. Mar-
tène, Ampliss, Coll., I, 863; Gall. Christ. y X, instr. 244-
245.
108. — Du 8 avril 4462 au 23 mars 4463(4462). — Henri
confirme à l'abbaye de Saint-Thierry la possession des dîmes
de Ventelay.
Mention Gall. Christ., IX, 489E.
109. — Du 8 avril 4462 au 23 mars 4463 (4462). — Henri,
sur la demande de Willenc, abbé de Molesme, décharge Ru-
milly du droit de procuration.
MenUon Gall. Christ, nov., IV, 734 G.
110. — 28 juillet 4462 {Die tercio post festivitatem s.
Jacobi que est in mense julio, 4462). — Henri constate des
donations faites à Tabbaye de Montiéramey par Eudes de
Vendeuvre.
Bibl. Imp., lat. 5432 (Cart. de Montiéramey) ^ f» 50 vo; lat.
5433 (id.),f» 254 vo.255ro.
iH. _ Troyes, 25 février 4463 (4462, Trecis, Vo Kal.
martii). — Henri donne à l'abbaye de Saint-Loup de Troyes
4* la redevance dite fresingas^ due à Rouilly-Saint-Loup ;
2o les hommes qu'il avait à Lusigny.
sa
— 346 —
Original, Arch. de l'Aube; Cart, de S&inULoup, appiN
tenant à M. de la Porte, fxui.
112. — 4463 au plus tard (testes sunt : dammu Hugo
abbas Quinciaci cujus tempore hoc factum est...). — Henri
approuve une donation faite par MUon d'Ervy à l'abbaye de
Quincy, donne aux moines droit de pâturage dans toute la chl-
tellenie d'Ërvy, et la propriété du ruisseau de Survanne.
Vidimus de 4342, Arch. de l'Aube.
112 bis. — Saint-Menge de Ghâlons, du 24 mars 4463 an
44 avril 4464. — Henri, se trouvant à Châlons avec le roi
Louis YII, accorde diverses franchises à un maire de l'ab-
baye de Saint-Mcnge.
Ed. Soc. d'Agric. de la MamCy année 4855.
113. -fe- Lagny et Meaux, du 24 mars 4463 au 44 avril
4464 (actum Latigniaci 4463^ traditum Meldis). — H^
donne à Hugues, abbé de Lagny, maresium de Leschis.
Bibl. Imp., Cart. 474 (Cart. de Lagny), fo25r*. -^Ana-
lyse, ibid. Coll. de Champ., t. 435, p. 297.
114. — Palais de Provins, du 24 mars 4463 au 44 arril
4464 (inpalatio Pruvini, 4463). — Henri déclare libre pen-
dant la durée de la foire de la Saint-Martin la maison d'A-
braham, dis de Pierre Bursand. Il décide en outre qu'on ne
pourra vendre de la futaine ailleurs avant que cette maison
ne soit pleine.
Copie, Bibl. de Provins, Cart. de Caillot, fo 54 vo et 260 ^;
Arch. de l'Empire, K 466, n© 48.
115. — Troyes, du 24 mars 4463 au 44 avril 4464 (4463,
Trecis). — Henri a donné à Garnier, fils û!AmatriuSy David
le Lorrain, qui paiera à Tcglise Saint-Etienne de Troyes douze
deniers par an, et appartiendra à cette église après la mort
de Garnier.
Bibl. Imp., F. Bouhier, 42 bis (Cart. de Saint-Etienneie
Troyes), f ii v©.
116. -— Troyes, du 24 mars 4463 au 44 î^vril 4464 (4463,
— 3*7 ~
Trecis). — Henri donne au prieuré de l'Abbaye-sous-Plancy
un droit d'usiige dans le bois du Gaut.
Arch. de la Gôte-d'Or, 2« Cart. de Molesme, fo 92 vo.
117. — Troyes,du 24 mars 4 4 63 au U avril 4464 (4463,
Trecis). — En échange de droits cédés par Tabbaye de Mon-
tier-la-Geile à Tabbaye de Bricot, Henri donne h la première
vingt sous d^ rente sur le precursus nundinarum equorum
à la foire Saint-Jean de Troyes.
Copie, Archives de TAube, Inventaire de Montier-la-Celle,
fo^3vo-44ro.
118. — Troyes, du 24 mars 4463 au 4 4 avril 4464 (4463,
Trecis). — Henri constate une transaction entre le prieur et
le seigneur de Villacerf (Aube).
Ed. Gamuzat, Promptuarium^ fo 352 vo-354 ro.
119. — Vitry, du 24 mars 4463 au 44 avril 4464 (4463).
— Henri conOrmc les acquisitions faites par Tabbaye de Mon-
cets qui vient d'être fondée par Anselme de Moncets.
Ed. Ann. Prœmonstr.^ t. II, p. cxcvii-cxcvm ; E. de Bar-
thélémy, Diocèse ancien de Châlons-sur-Marne, I, 366. —
Mention GalL Christ., IX, 975 C.
120. — Igny, du 42 avril 4464 au 3 avril 4465 (4464,
Igniaci). — Henri constate la donation de la terre de Perren
faite à Tabbaye de Saint-Bemy de Reims par Eudes et Guiter
de Sarceio^ à charge d'une pitance de 30 sous le jour de
l'anniversaire d'Eudes, d'une rente de douze setiers de grain
aux héritiers de Guiter^ et d'emploi du reste des revenus au
luminaire de l'église.
Bibl. de Reims, 4»^ Cart. de Saint-Remy^ f» 403 v».
121. — Igny, dij 42 avril 4464 au 3 avril 4 4 65 (4464, ap.
Igniacum). — Henri consent que, hors le cas de sa présence en
personne, le prieuré de Ventelay ne doive aucun droit de gîte.
Copie, Bibl. Imp., lat. 5444, p. 376. — Mention Marlot,
4reéd.II, 86.
122. — - Meaux, du 42 avril 4464 au 3 avril 4465 (4464,
Meldis). — Henri approuve une donation à l'abbaye de
'■I
— 348 —
N.-D. de Gh&ge, et y ajoute un droit d'usage dans la forêt
de Mant.
Copie, Bibl. Imp.^ ColL de Champ. ^ t. 435, p. 258 ; Arch.
de l'Empire, K ^92, no 254. ■— Ed. du Plessis, HUt. de Végl
de MeauXy II, 52.
124. — Palais de Provins, du 42 avril 4464 au 'S avril
4465 (Pr%winiin palatio meo, 4464). — Henri r^lemente
la foire de mai de Provins.
Original, Bibl. de Provins. — Copie, Bibl. Imp., ColL de
Champ., t. 435, p. 280-282.— Ed. Bourquelot, Hùt. de
Provins, II, 386-389. — Mention ibid.,I, 446.
125. — Du 42 avril 4464 au 3 avril 4465 (4464). —L'é-
vèque de Troyes constate, qu'en présence d'Henri à Provins,
transaction a eu lieu entre l'abbaye de Yairiuisant et Girard
de Nogent-sur-Seine.
Bibl. Imp., Cart. 452 {Cart, de Vauluùant), fo 403ro-vi>.
126. — Troyes, du 42 avril 4464 au 3 avrU 4465 (4464,
Trecis), — Henri décide que les chanoines de Saint-?(ico-
lasdeSézannene pourront sans le consentement du chapitre,
vendre ni engager les biens qu'ils ont reçus ou recevront du
comte.
Original, Arch. de la Marne. — Traduction, Desguerrois,
Saincteté chresiienne, f© 300 ro.
127. — Troyes, du 42 avril 4464 au 3 avril 4465 (4464,
ap. Trecas). — Henri donne un emplacement pour rebâtir
l'abbaye du Reclus, plus, droit d'usage et de pâturage dans
la forêt de Vassy, et la permission à ses hommes d'entrer en
religion dans le monastère.
Ed. Camuzat, Promptuarium , fo 378 v©- 379 r*; GalL
Christ.^ XII, instr. 270. — Traduction, be^guerrois, Sainc-
teté chrest,, fo 300 vo. — Mention GalL Christ., IX, 882 D.
128. — Du 42 avril 4464 au 3 avril 446^(4464). — Henri
constate différentes acquisitions faites par les Templiers.
Notamment il leur a donné à Provins le tonlieu de la laine,
du filet, des couvertures et des coussins.
— 349 —
Arch. de l'Empire, S. 5^62, n© 25 {Cart, de la Comman-
derie de la Croix-en-Erk), p. 37. — Mention E. Lefèvre,
les Eues de Provins^ p. 73 ; Bourqiielot, Bibl. de VEc, des
Chartes, 2e série, t. IV, p. 486.
128 bis. —Du 42avriH464 au 3 avril 4465 (4464). —
Henri constate un échange entre Tabbaye de Jouy et Milon
de Gastins.
Copie, Arch. de TEmpire, K 492, no 207.
129. — Eglise Saint-Etienne de Troyes, le 24 juillet 4464
{Trecis in vigilia heati Jacobi apostoli in ecclesia beatissimi
prothomartiris Stéphanie 4 4 64). — Henri renouvelle la charte
n* 84, en faveur de Nicolas, prieur de Saint-Jean-en-Châtel
(voir plus bas no 484).
Original, Arch. de TAube, P. deMontiéramey; Bibl. Imp.,
lat. 5432 (Cart. de Montiéramey), fo 446 vo-447 ro.
<.
130. — Igny, du 4 avril 4465 au 23 avril 4466 (ap, Ignia-
cum, 4465). — Henri donne à Bernard de la Grange, en aug-
ment de Qef, les droits dus par une maison située à Provins
dans la vallée de Saint-Ayoul.
Arch. de TEmpire, S. 5462, no 25 {Cart. de la Comman-
derie de la Croix-en-Erie), p. 9. — Mention BouTquelot,
BibL de VEc, des Chartes, 4e série, t. IV, p. 473; E. Le-
fèvre, les Eues de Provins, p. 76.
131. — Palais de Provins, du 4 avril 4465 au 23 avril
4466 {inpalatio meo Pruvini, 4463). — Henri ne fera ni ne
laissera à l'avenir imiter la monnaie de Meaux.
Copie, Bibl. Imp., lat. 5485 F. (Cart. de Vévêché de Meaux,
fo II). — Ed. Martène, Ampliss, Coll., I, 873; Brussel,
p. 493 note; D. Bouquet, XVI, 702. — Mention Ducange,
au rfot Alleviare,
132. — Provins, du 4 avril 4465 au 28 avril 4466 (Prti-
vini, 4465). — Henri règle les droits des usagers de la forêt
de Jouy.
Cart. de la comtesse Elanche, Bibl. Imp., lat. 5993,
fo MII^VIII vo ; Cart. de M, de Thou, Bibl. Imp., lat. 5992,
_ 350 —
et Bibl. de Troyes, ms. 22, p. ^44 ; Reg. Prineip.^ 1,^0)1.
Imp,, 500 de Golbert, 56, P> 449 ro vo ; Cart. de Caillot à la
Bibl. de Provins, fo 237 vo.
133. — Provins, du 4 avril 4465 au 23 avril 4466 (Pnh
viniy 4465). — Henri règle les droits des usagers de la forêt
de Sourdun.
Original, Arch, de V Empire, J 203, n© 4 . — Cart. de M.
de Thou, Bibl. Imp., lat. 5992, et Bibl. de Troyes, ms. 23,
p. 448; Reg, Prindp. I, Bibl. Imp., 500 de Golbert 56,
fo 448 vo 449 ro; Coll. de Champagne, t. 436, p. 8.
134. — Troyes, du 4 avril 4465 au 23 avril 4 4 66 (TVeof,
4465). — Henri confirme la fondation du prieuré deFoiçy
par son père.
Original, Arch. de l'Aube. — Ed. Gamurat, PrompH^
rium, fo 334 ro. — Analyse, Desguerrois, Saincteté ckreh
tienne, fo 304 ro.
135. — Troyes, du 4 avril 4465 au 23 avril 4466 (Treeii,
4425, lisez 4465). — Henri donne divers privilèges aux habi-
tants de Ghaource.
Vidimus de 4442, Arch. de Ghaource, éd. Voyage paUo'
grahique, 69-74.
136. — Troyes, du 4 avrU 4465 au 23 avril 4466 (4465,
Trecis), — Henri confirme les donations de Jean de Possesse
à Tabbaye de Montier-en-Argonne.
Bibl. Imp.jGart. 444 (Cart. de Montier-en^Argonne)^ f> 47
ro-vo; Gopie, Goll. de Chafnp., t. 436, 8 ter. — Mention Pi-
thou. Coût, de Troyes, éd. de 4628, p. 785; E. de Barthé-
lémy, Diocèse ancien de C/tâlons-sur^Mame, II, 426-427.
136 bis. — Troyes, du 4 avril 4465 au 23 avrir4466
(4465, Trecis). — Henri constate les donations feites aux
Templiers par Jean et Hugues de Possesse.
Ed. £. de Barthélémy, Diocèse ancien de Chàlons-tur'
Marne, I, 402.
137. — Troyes, du 4 avril 4465 au 23 avrU 4466 (4465,
.- 351 —
Treeis). — Henri a donné une serve pour femme à Maître
Normand, il luia cédéenméme temps l'avoir de cette femme,
lui a donné à Troyes une table de changeur qui rapporte
cent sous de rente et que Maître Normand a donné à sa
femme en douaire ; enfin, Normand, sa femme et ses enfants,
sont afiranchis.
Original, cabinet de M. Michelin.
138. — Du 4 avril 4465 au 23 avril 4466 (4465). — Thi-
baut, comte de Blois, confirme le règlement fait par son frère
pour la foire de mai de Provins (voir plus haut, n» 424).
Ed. Bourquelot, Hist. de Provins, II, 389-392. — Men-
tion ibid, 1,403,344, 408.
138 bis. — Du 4 avril 4465 au 23 avril 4466 (4465). —
Henri confirme une donation faite à la maladrerie de Provins.
Mention Bourquelot, Hist. de Provins, 1, 447.
139. — Château-Thierry, du 24 avril 4466 au 8 avril 4467
(4466, ap, Castrum Theodorici), — Henri confirme une do-
nation faite à Tabbaye de Valsery par Pierre de Oisni.
Ed. Ann, Prxmonstr., t. II, p. bcxlix. — Mention GalL
Christ, IX, 497 C.
140. — Sézanne, du 24 avril 4466 au 8 avril 4467 (4466,
Sezanie). — Henri donne des serfs à l'abbaye de Saint-Remy
de Reims.
Bibl. de Reims, 4« Cart. de Saint-Remy ^ f© 466 ro. — Ed.
Varin, Archiv, admin, de Reims, I, 346.
Ul. — Troyes, du 24 avril 4466 au 8 avril 4467 (Treeis,
4466). -^ Henri constate que, dans sa cour, en présence de
ses barons, Geofroi, fils de Dreux — Strabon de Villemaur, a
abandonné des prétentions sur des biens précédemment
acquis par Tabbaye de Yauluisant.
Ed. Quantin, Cart. de l'Yonne, II, 486.
142. — Troyes, du 24 avril 4466 au 8 avril 4467 (4466,
Treeis). — Henri affranchit de toute redevance .et de toute
— 352 —
justice deux maisons sises à Bar-sur-Aube et appartenant à
cinq particuliers.
Original, Arch. de TAube, F. de Basse-Fontaine, Cart. de
Basse-ForUainey appartenant à M. Cbavance, pièce no 82.
1 42 6*5. — Troyes, du 24 avril ^ ^ 66 au 8 avrU KK^l^KK 66,
Trecis). — Henri constate le résultat d'une enquête qui éta-
blit les droits des prieurés de Gaye et de Saint-Julien de Sé>
zanne sur les dîmes de Sézanne.
Traduction, Desguerrois, Saincteté chrestienne, fo 304 t».
143. — Du 24 avril 4466 au 8 avril 4467(4466). —Henri
sur la demande de Tabbé de Saint-Pierre-aux-Monts, accorde
aux hommes qui habitent dans le ban de Saint-Pierre la libre
faculté d'aller à ses foires.
Mention Gall. Christ., IX, 929 A.
144. — Du 24 avril 4466 au 8 avril 4467(4466).— Henri,
accorde à Tabbaye de Jouy la liberté des lieux et des domes-
tiques.
Copie, Bibl. de Provins, Ythier, Hist. eccl^ IV, 68-74;
Arch. de l'Empire, K 492, no 208.
145. — Du 24 avril 4466 au 8 avril 4467 (4466). — Ma-
rie, comtesse de Troyes, fait un échange avec le chapitre de
Saint-Quiriace, et reçoit de ce chapitre quatre muids d'avoine
de rente donnés par Pierre Bristaud pour sa femme enterrée
dans l'église Saint-Quiriace.
Copie, Bibl. de Provins, Cart, de Caillot^ f» 52 r©. — Men-
tion E. Lefèvre, les Rues de Provins, p. 77. Cf. no 252 (4476).
146. — Dans l'église Saint-Quiriace de Provins, le jour de
la fête, 4 «r mai 4466. — Henri constate qu'avec son consente-
ment le chapitre de Saint-Quiriace a vendu à Tévéque de Meaox
la dime de Quinciaco.
Bibl. Imp., lat. 5485 F. {Cart. de Vévéché de Meauii,
f" uii vo.
147. — Troyes, 29 décembre 4466 {Trecis, die Jovisinr
fra octavam natalis Domint). — Henri constate un jugement
— 353 —
rendu par sa cour sur la demande de Gui et d'Anseau de
Garlande, qui voulaient être mis en possession des biens de
Hugues de Possesse. Cette demande est provisoirement re-
jetée.
Copie, Bibl. Imp., lat. 544^, p. 58-59. — Ed. Revue
hist. de droit français et étranger, VII, 69-70.
148. — Vers ^^66 (sans date). — Henri constate que
Hugues de Possesse lui ayant engagé le château de Possesse,
la somme prêtée a été remboursée par Gui de Garlande et par
Mathieu de Touquin.
Copie, Bibl. Imp., lat. 5444, p. 57.
149; — Mantes, du 9 avril 4467 au 30 mars 4468 (op.
Meduntam, 4467). — Louis VII, roi de France, fait connaître
qu'en sa présence Henri le Libéral a donné le fief de Savi-
gnies à Barthélémy, évêque de Beauvais, et aux évêques ses
successeurs.
Beg. Princip. III, à la Bibl. Imp., 500 de Golbert, 58,
f» 255 ro vo; Coll. de Champ., t. 436, p. 159-460. — Ed.
Chantereau, pr. p. 4-5; Brussel, p. 3 note (voir notre t. II,
p. VI, n« 50).
150. — Troyes, du 9 avril 4467 au 30 mars 4468 (4467,
Trecis). — Henri, ayant reçu des moines de Saint-Pierre-le-
Vif de Sens des reliques de saint Potentien et de saint Altin,
donne à Tabbaye deux maisons à Provins et ce qu'il possé-
dait à Naud.
Ed. Assier, Archives curieuses de la Champagne, p. 420;
Quantin, Cart. de l'Yonne, II, 493-494.
151. — Au chapitre de la cathédrale de Troyes, du 9 avril
4 4 67 au 30 mars 4468 {incapitulo Trecensi, 4467). — Henri
est témoin de la charte par laquelle son frère Guillaume,
évêque élu de Chartres, résigne la prévôté du chapitre de
Troyes.
Ed. Camuzat, Promptuarium, fo 422 vo-423 v©. — Ana-
lyse, Desguerrois, Saincteté chrestienne, 'P> 303 r».
152. — Du 9 avril 4467 au 30 mars 4468 (4467). — Henri
— 354 —
abandonne toute prétention an mobilier de Tévéché pendant
la vacance du siège.
Original, Arch. de TAube. — Ed. Valletde.Vîrivilie,i4fe*.
hist, de lAuhe, p. -109. — Extrait dans Pithou, Coût, de
Troyes, éd. -1628, p. 292. — Mention Gall. ChrUt., XII, 500
E, 504 A ; Desguerrois, Saincteté ckrestienne, i^ 302 v».
153. — Du 9 avril 4467 au 30 mars 4468 (4467).— Henri
constate le bornage de la ligne séparative des territoires de
Bragelogne et de Balnot.
Original, Arch. de l'Aube, F. de Quincy. — Ed. Voyage
paléographique ^ p. 494-492.
154. — Provins, du 7 au 43 janvier 4468 (Pruvtnt, infn
octabas Epiphanie, 4467). — Henri confirme une donation
faite à Tabbayc de Jouy par Aquide de MorUguUlun.
Copie, Arch. de l'Empire, K 492, n» 209.
155. — Chartres, du 34 mars 4468 au 49 avril 4411
(CarnoW, 4 4 68). — Henri fait savoir qu'il a donné à l'abbaye
de Haute- Bruyère sept livres de rente sur ses foires de mai
de Provins.
Copie, Arch. de l'Empire, K492, no 342.
156. — Troyes, du 34 mars 4468 au 49 avril 4469(4468,
Trecis). — Henri confirme un traité entre Hugues de Plancy,
Guillaume de Dampierre, le prieuré de Saint-Just et l'abbaye
de Macheret, au sujet de la forêt de Macheret.
Ed. Ann. Ordin. Grandimontis, 447; GalL Christ. j XH,
Instr.^ 273 D. — Traduction, Desguerrois, Saincteté chres-
tienne, fo 303 vo.
157. — Troyes, du 34 mars 4468 au 49 avril 4469 {Tre-
eiSy 4468). — Henri donne divers biens à l'abbaye de Fare-
moutier.
Ed. T. du Plessis, Hist, de VégL de Meaux, II, 57.
158. — Troyes, du 34 4nars 4468 au 49 avrU4469(446S,
Trecis), — Henri constate Tamortissement par Manassès,
—.355—
comte de Bar-sur-Seine, des biens mouvant de Manassès qui
avaient été acquis par Tabbaye de Pontigny.
Ed. Quantin, Cart. de l'Yonne, II, 204.
159. — Troyes, du 34 mars 4468 au 49 avril 4469(4468,
Trecis). — Henri renonce au sauvement et à la redevance
en gélines que lui devaient les hommes de l'abbaye de Saint-
Loup de Troyes, à Baire.
Original, Arch. de l'Aube. Cart. de Saint-Loup, apparte-
nant à M. de la Porte, f» xu.
160. — Troyes, du 34 mars 4 4 68 au 4 9 avril 4 4 69 (rr^cw,
4 4 68). — Henri ayant acquis par échange de Gilbert, vicomte
de Vesoul, Talletf d'Oudincourt (Haute-Marne), le donne en
augment de fief à Barthélémy, seigneur de Vignory.
Ed. Chevalier, Hist, de Poligny, t. I, pr. p. 325.
161. — Du 34 mars 4468 au 49 avril 4469 (4468). —
Henri fait un échange de serfs avec Tabbaye de Saint-Loup
de Troyes.
Cart, de Saint-Loup, appartenant à M. de la Porte.
162. — Château-Thierry, du 20 avril 4469 au 4 avril 4470
{Castri Theodorici, 4469). — Henri, à la demande de l'abbé
de Saint-Médard de Soissons, établit un marché à Sergy tous
les samedis.
Bibl. Imp., Cart. 4Q6 (Cart, de Saint-Médard de Soissons)^
pièce cotée de Cergy, IX.
163. — Château-Thierry, du 20 avril 4469 au 4 avril
4470 (4469, ap, Castmm Theodorici), — Henri constate que
deux filles de Pierre d'Oigny étant entrées à Tabbaye de Val-
sery, ce dernier a donné à Tabbaye une terre située à Oigny,
et pouvant suffire pour cinq muids de semence.
Ed. Ann, Prœmonstr., t. I, p. dclx; Martène, Ampliss,
Coll. I, 880.
164. — Ghapelaines, du 20 avril 4469 au 4 avril 4470
{ap. Chaplenas, 4469). — Henri, moyennant soixante sous
de rente que lui paiera l'abbaye Saint-Menge de Ghftloni,
. K.
_ 356 — V
exempte les hommes de RouSy, de la taille, de la justice, de
la semonce et des exactions de ses prévôts.
Original, Archives de la Marne. — Ed. E. de Barthélémy,
Diocèse ancien de Châlonssur-Mame, II, 374.
165. — Maincy, du 20 avril 4469 au 4 avril 4470 (4469,
ap. Minziacum). — Henri confirme les biens et les privi-
lèges de réglise collégiale de Notre-Dame-d'Oulchy-le-Ghè-
teau.
Original, Arch. de l'Empire, F. de la collégiale d'Ouldij.
166. — Provins, du 20 avril 4469 au 4 avril 4470 (4469).
— Marie, comtesse de Troyes, avec le consentement de son
mari donne à Téglise Saint-Quiriace, en l'acquit de Dreux,'
son chapelain, et de Laurent, son clerc, vingt et un serfs re-
présentant dix livres de rente.
Original, cabinet de M. Michelin. — Copie, Arcb. de TEm-
pire, K 492, n« 69.
167. — Troyes, du 20 avril 4469 au 4 avril 4470 (rrew,
4469). — Henri donne à la Maison-Dieu de Bar-sur-Aube
cent sous de rente sur l'étalage de cette ville.
Original, Archives de l'hospice de Bar-sur-Aube. — Ed.
Chevalier, Uist, de Bar-sur-Aube, p. 299.
168. — Troyes, du 20 avril 4469 au 4 avril 4470 (4469).-
Henri autorise l'abbaye de Saint-Remy de Reims à acquérir
indéfiniment dans ses fiefs, soit à titre d'achat, soit à titre de
don.
Bibl. de Reims, 2« Cart. de Saint-^Remy, fo 65 v©.
169. — Troyes, du 20 avril 4469 au 4 avril 4470(7V«?«,
4469). — Henri constate qu'Artaud, son chambrier, a
acquis de l'abbaye de Saînt-Martin-ès-Aires un four sis à
Troyes, près de la Porte du Comte, et d'Ebrard, fauconnier,
les oboles des boulangers de ce four.
Original, Arch. de l'Aube, P. de l'Hôtel-Dieu. — Copie,
4« Cart. de VHôtel-Dievrle-Comte de Troyes, P> 20 ^^.
— 357 —
170. — Du 20 avril ^^ 69 au 4 avril 4470 (4469). — Henri
fait une donation à Tabbaye de Gbeminon.
Mention Gall. Christ., IX, 965 E.
171. — Du 20 avril 4469 au 4 avril 4470 (4469). — Henri
fonde Tabbaye de la Charmoye.
Original, Arch. de la Marne (4). — Ed. E. de Barthélémy,
Diocèse ancien de CMlons-sur-Mamef I, 362.
172. — 34 août 4469. — Guillaume de Champagne, ar-
chevêque de Sens, dédie l'église collégiale de Bray-sur-Seine,
dotée par Henri, comte de Champagne, son frère.
Mention GalL Christ., XII, 50 E.
172 bis, — Vers 4469 au plus tard, Henri constate un
arrangement entre Eudes, connétable, et l'abbaye dcMontié-
raraey, au sujet des ferres de Mesnil-Lettre et Avant.
Bibl. Imp. lat. 5432 (Cart. de Montiéramcy), fo30vo.;
lat. 5433 (id.), fo452 vo-453vo.
173. — Fontaines (commune de Douy) et Meaux, du 5
avril 4470 au 27 mars 4474 (Actum ap. Fontes, 4470, datum
Meldis). — Henri donne au prieuré de Fontaines ime rente
de vingt sous sur son moulin de Meaux.
Ed. T. du Plessis, Hist. de l'égl. de Meatix, II, 59.
174. — Provins, du 5 avril 4470 au 27 mars 4474 {Pru-
vtm, 4470). — Henri donne à l'église collégiale de Saint-
Quiriace un bois à Jouy et des terres qui en dépendent, et
règle les droits des hommes qui y habitent et y habiteront.
Original, cabinet de M. Michelin. — Copie, Bibl. de Pror-
vins, Cart. de Caillot, fo 258 vo ; Ythier, Supplément à Saint-
Quiriace, p. 246; Arch. de l'Empire, K 492, n» 70 ; Bibl.
Imp.,CoW. de Champ., t. 436, p. 274. — Analyse, Bibl.
Imp. , Coll. de Champagne^ t. 435, p. 305.
(i) Cette pièce est fausse. Mais elle est peat-étre la copie d*an original plus
ancien. Ce qu'il y a de certain, c*est qu'en 1 183 une charte originale de Gni III,
évèqae de Chiklons, mentionne la fondation de l'abbaye de la Cbarmoye par
Henri.
— 3B8 — .
175. — Provins, du 5 avril 4470 aa 27 mars 4474 (4470).
— Henri fait donation à Tabbaye de Jouy d'une place près
de Saint-Laurent, au château de Provins.
Copie, Bibl. de Provins, Cart, de CaUlot, f» 244 v«; Ythier,
Hist. eccl. IV, 74 .
176. — Provins, du 5 avril 4470 au 27 mars 4474 (4470).
. — Henri donne au prieuré de Fontaines quarante sous de cens
à Ghambry et la liberté de la maison que ce prieuré possède
à Provins.
Ed. du Plessis, Hist. de l'égl. de Meaux, t. II, p. 59.
177. — Provins, du 5 avril 4470 au 27 mars 4474 (4470).
— Henri donne en fief à Girard de Baunesiaco la liberté
d'une maison aux foires Saint-Ayoul.
Bibl. de Provins, Cart, de Caillot, f> 234 vo.
178. — Provins, du 5 avril 4470 au 27 mars 4474 (4470
ap, Pruvinum), — Henri renouvelle les donations et rappelle
les privilèges qu'il a précédemment accordés au chapitre de
Saint-Maclou de Bar-sur-Aube.
Cart. de Saint-Maclou, appartenant à M. Aubertin, f» 4 . —
Copie, Bibl. Imp. Coll. de Champ. ^ t. 435, p. 253-255.
179. — Troyes, du 5 aVril 4470 au 27 mars 4474 (4470).
— Henri constate que Guillaume, son maréchal, a acquis <te
Tabbaye de Saint-Remi de Reims, à charge de cens, le tiers
d'un moulin et un four à Chapelaines.
Bibl. de Reims, 4«'' Cart. de Saint-Remi, fo 348 v».
180. — Troyes, du 5 avril 4470 au 27 mars 4 474 (TVmi,
4470). — Henri donne à la cathédrale de Troyes Odée, fille
d'Eudes, le monnayer, mariée à Simon de Bourges.
Original , Bibl . Imp. , Titres scellés de Clarembaud, vol. 209.
181. — Troyes, du 5 avril 4470 au 27 mars 4474 {Treeis,
4470). — Henri donne à l'abbaye de Saint-Loup de Troyes
une serve et sa famille, à charge de célébrer ranniversaire
du comte Thibaut et de la comtesse Mathilde, etc., ete.
Original, Arch. de l'Aube. — Cart. de Saint-Laup, appa^
tenant à M. de la Porte.
— 359 —
182. — Troyes, du 5 avril ^^70 au 27 mars 4 474 {Treeis,
4470). — Henri, devant au prieuré de Salnt-Jean-en-Chàtel
quinze sous de cens pour Tentreticn d'une lampe devant les
reliques de saint Biaise, se libère en affranchissant de toutes
charges une maison de ce prieuré, sise à Troyes, dans le
marché, rue Hardouin.
Originffl, Arch. de l'Aube, fonds de Monliéramey. — Bibl.
Imp., lat. 5432 {Cart. de Montiéramey), fo92ro. — Copie,
Bibl. Imp., Coll. de Champ., t. 436, p. 498.
183. — Troyes, du 5 avril 4470 au 27 mars 4474 (4470,
Treeis). — Henri donne cent sous de rente en usufruit au
prieur et en nue propriété au prieuré de Saint-Jean-en-Châ-
tel, à condition que les moines assisteront à l'enterrement
des chanoines de Saint-Etienne, et célébreront^ chaque an-
née, l'anniversaire des chanoines décédés.
Bibl. Imp., lat. 5432 {Cart, de Montiéramey),î<^ \\A rov^
184. — Troyes, du 5 avril 4470 au 27 mars 4474 (Treeis,
4470). — Henri renouvelle les chartes no» 84 et 429.
Bibl. Imp. lat. 5432 (Cart. de Monliéramey), t<*h\Zy'''
444 r*.
185. — Troyes, du 5 avril 4470 au 27 mars 4474 (Treds,
4470). — Henri constate les donations faites à l'abbaye de
Larivour par Clarembaud de Ghappes.
Original, Arch. de l'Aube.
185 hU. — Troyes, du 5 avril 4470 au 27 mars 4474
(TreciSy 4470). — Henri constate que Roscelin de Villehar-
douin a donné, au prieuré de Saint-Quentin de Troyes, des
moulins situés sous ceux que ce prieuré possède à Troyes.
Ed. Buchon, Recherches et matériaux pour servir à une
histoire de la domination française^ dans les provinces dé^
membrées de V empire grec, 2« partie, p. 26.
186. — Du 5 avril 4470 au 27 mars 4474 (4470). — Henri
donne à l'abbaye de Mores une maison à Troyes, dans le
faubourg Groncels.
— 360 —
Mentioa Rouget, Recherches historiques sur la ville a le
comté de Bar-sur^Seine, p. 428.
187. — Du 5 avril 4470 au 27 mars 4474 (4470). — Henri
approuve une donation faite au prieuré de Châtillon-sar-
Marne par Gui de Ghâtillon.
Ed. A. Duchesne, Hist. de la Maison de ChMillm^ prcav.
p. 28.
188. — Nogent-r Artaud, du 28 mars 4474 au 4 5 avril
4472 (ap. Nogentum, 4474). — Henri fait connaître un juge-
ment de sa cour, par lequel il a été reconnu que les serfs de
de Tabbaye de Saint-Médard de Soissons, à Damery, doivent
quatre sous de taille deux fois Tan.
Bibl. Imp. , Gart. 4 06 ( Cart. de Saint-Médard de Soissom),
charte cotée de Damery, XV.
189. — Provins, du 28 mars 4474 au 45 avril 4472 (4474).
— Henri fait une donation et confirme divers dons de ses
vassaux à l'abbaye du Paraclet.
fiibl. de Troyes, ms. 2284 {Çart. du Paraclet), charte
no 73.
190. — Provins, du 28 mars 4474 au 45 avril 4472 (Pf«-
vini, 4474). — Henri déclare avoir donné à Tabbaye de Trois-
Fontaines une forge à Vassy.
Original, Arch. de la Marne.
191. — Provins, du 28 mars 4474 au 45 avril 4472 (Pru-
vini, 4474). — Henri confirme plusieurs donations faites
aux Templiers, notamment par Pierre Bristaud.
Original, Arch. de l'Empire. — Môme dépôt, S 5462, m25
{Cart. de la commanderie de la Croix-en^Brie), p. 39. —
Analyse, Bibl. de Provins, Cart, de Caillot, fo 85 r».
192. — Sézanne, du 28 mars 4474 au 45 avril 4473
(Sesanniej 4474). — Henri donne à Thibaut Revelard toutes
ses possessions à Montbàyon, etc., etc.
Bibl. Imp., Registrum principum, I (500 de Colbert),
fo 448 6» ro vo; Coll. de Champ,, t. 436, p. 466.
— 3G1 —
193. — Troyes, du 28 mars i^i au ^5 avril U12
(TreciSy \\^i\). — Henri accorde que tout acquéreur des
terres situées dans la seigneurie de Damery, et qui devaient
des censives à l'abbaye de Saint-Médard de Soissons, paiera
ces censives à cette abbaye.
Bibl. Imp. , Cart. k 06 (Cart. de Saint-Médard de Soissons),
pièce cotée de Damery XXXVI ,
194. — Troyes, du 28 mars ^^7^ au ^5 avril 4^72 (Tre-
ciZy \\T\), — Henri fait connaître un jugement rendu dans
sa cour, entre l'abbaye de Saint-Médard et les habitants de
Damery, au sujet des coutumes de ce lieu. 11 donne à Tab-
baye la garde des bois de Damery.
Bibl. Imp. , Cart. '1 06 (Cart. de Saint-Médard de Soissons),
pièce cotée de Damery XXXV fl,
195. — Troyes, du 28 mars \a\ au 45 avril -H72 {Tre-
ciSy UTi). — Henri donne à Tabbaye de Saint-Martin-ès-
Aires la dîme et la pêche des deux moulins Ursariorum et de
Cbaillouel, à Troyes, et le droit d'y moudre sans redevance
un demi muid par semaine.
Original, Arch. de l'Aube.
196. — Troyes, du 28 mars \\1\ au 45 avril \M2 {Tre-
ciSy Ul^), — ^' Henri fait à la Maladrerie de Troyes diverses
donations, en confirme d'autres.
Ed. Mém, de la Soc. d'agr. de l'Aube, 2c série, t. I,
p. 525.
197. — Vertus, du 28 mars U7i au 45 avril 4472 (Vir-
tutiy 4474). — Henri donne à l'abbaye d'Oye la moitié du
village de Puiz^ notamment douze familles de serfs.
Arch. de l'Aube, Cart. de l'abbaye d'Oye, fo 4 vo, 2 ro.
198. — Du 28 mars 4474 au 45 avril 4472 (4474). —
Henri confirme la donation du Champ-de-Perthes, par Al-
bert de Landricourt, à l'abbaye de Haute-Fontaine.
Mention Pithou, Coût, de Troyes, éd. de 4628, p. 785.
199. — Du 28 mars 4474 au 45 avril 4472 (4474). —
H
— 362 —
Henri donne une serve et ses enfants à Tabbaye de Saiot-
Remy de Reims.
Bibl. de Reims, 2e Cart. de Saint-Remy, f» LXV vo.
200. — Provins, du 46 avril 4472 au 7 avril 4473 (Prur
viniy 4472). — Henri constate que Guillaume T^eo:^ son ma-
réchal, a donné aux Bonshommes d'Aunay deux soudées
de pain de rente par semaine sur sa part d'un four qui est dans
la juiverie (înjudea).
Original, Arch. de FEmpire, P. des Bonshommes d'Au-
nay.
201. — Provins, du 46 avril 4472 au 7 avril 4473 (Pru-
vint, 4472). — Nicolas de Basoche ayant abandonné à l'ab-
baye de Saint-Médard de Soissons tout ce qu'il avait à Sergy,
Henri approuve cette cession.
Bibl. Imp. , Cart. 4 06 (Cart. de Saint-Médard de Soissons^^
pièce cotée de Cergy VIIÏ,
202. — Palais de Provins, du 46 avril 4472 au 7 avril
4473 (in palatio meo Pruvini, 4472). — Henri s'engage,
envers l'abbaye de Pontigny, à ne pas établir de village dans
des limites déterminées.
Copie, Bibl. Imp., ColL de Champ. ^ t. 436, p. 202.—
Ed. Martène,Ark?<î(^., III, 4237.— MentionGaW. Chnst., XD,
443 A B.
203. — Sézanne,du 46 avril 4472 au 7 avril 4473(Sesfln-
wi>, 4472). — Henri exempte les hommes d'Avize de la jus-
tice et des exactions de ses prévôts, plus, de l'host et de la
chevauchée, sauf certaines réserves.
Copie, Bibl. Imp., F. Français, 5379, fo 4. — Ed. Cham-
poUion-Figeac, Doc. inéd. extr. de la Bibl. Royale, II,
2e partie, p. 39-40.
204. — Troyes, du 46 avril 4472 au 7 avril 4473 (Iff-
ciSj 4472). — Henri donne au prieuré de Saint-Jean-en-Chà-
tel le terrain qui séparait ce prieuré de l'église Notre-Dame-
la-Dorée.
Bibl. Imp., lat. 5432 (Cart. deMontiéramey). fo 409 p.
— 363 —
205. — Troyes, du 46 avril 4472 au 7 avril 4473 (Tre-
cis, 4472. — Henri donne à l'abbaye de Montiéramey le gîte
de Pravaux.
Original, Arch. de l'Aube.
206. — Du 46 avril 4472 au 7 avril 4473 (4472). — A la
demande et conformément à la volonté du comte Henri, Gui,
évéque de Châlons, donne Thôpital de Vitry au maître de la
maison-Dieu de Bar-sur-Aube.
Original, Arch. de rhospicc de Bar-sur-Aube. -- Mention
Chevalier, Hist, de Bar-sur-Aube, p. 299 ; Hist. de Bar-sur-
Aube, sous les comtes de Champagne, p. 77.
207. — Du 46 avril 4472 au 7 avril 4473 (4472). — Henri
donne à Tabbaye de Saint-Loup une rente sur le moulin de
la Porte-de-rÉvêque, à Troyes, et un droit d'usage dans la
forêt dlsle.
Cart. de Saint -Loup, appartenant à M. de la Porte,
fo XLI.
208. — Provins, du 8 avril 4473 au 23 mars 4 474 {Pru-
vini, 4473). — Henri constate un traité entre l'abbaye de
Jouy et Raoul et Etienne, fils de Thibaut de Saint-Ayoul.
Copie, Arch. de l'Empire, K 492, no 44.
210. — Troyes, du 8 avril 4473 au 23 mars 4474 (Tre-
dSy 4473). — Henri constate la donation de deux moulins
sis à Coulommiers, faite aux Templiers par Ébrard, cham-
brier, et par Ferry, de Paris. Il a donné lui-môme un serf
aux Templiers de Meaux.
Original, Arch. de l'Empire. — Même dépôt, S 5462,
no 25 {Cart. de la commanderie de la Croix-enrBrie), p. 39.
211. — Troyes, du 8 avril 4 473 au 23 mars 4474 (4473,
Trecis). — Henri donne au prieuré de Saint-Jean-en-Châtel
la justice et la seigneurie d'un terrain situé entre le chemin
de Pouilly et la rue de Preize, à Troyes.
Bibl. Imp., lat. 5432 {Cart. de Montiéramey), fo443vo-
443ôwro.
— 364 —
212. — Troyes, du 8 avril 4473 au 23 mars 4474 (4473,
Trecis). — Henri renouvelle la charte de fondation de Saint-
Etienne de Troyes, en y ajoutant de nouveaux bîenfiûts
(voir no 47).
Bibl. Imp., F. Bouhier, 42 bis (Cart. de Saint-Etienmde
Troyes), fo II v«-Vro.
213. — Troyes, du 8 avril 4473 ao 23 mars 4474 (4473,
Trecis). — Henri donne au chapitre de Saint-Etienne de
Troyes un serf et sa famille.
Bibl. Imp.,' F. Bouhier, 42 bis {Cart, de Sami-Etiemiêde
Troyes), foVro.
214. — Troyes, du 8 avril 4473 au 23 mars 4474 (4473,
Trecis). — Henri approuve la donation de la moitié d'uoe
portion du cours de TArmance, faite à T^baye de Pontigi^
par Milon d'Ervy, et donne Tautre moitié.
Copie, Bibl. Imp., Coll. de Champagne, t. 436, p. 2(H.
m bis. — Troyes, du 8 avril 4473 au 23 mars 4474
{TreciSy 4473). — Henri accorde divers privilèges aux habi-
tants de Maraye-en-Othe.
Copie, Bibl. Imp., F. Français, 4660, fo 44 vo.
215. — Troyes, du 8 avril 4473 au 23 mars 4 474 (TVwu,
4473). — Henri approuve les donations faites à Tabbayede
Larivour, par Clarembaud de Chappes,GaIeran deVcndeovre,
et Erard, comte de Brienne.
Original, Archives de l'Aube. — Môme dépôt, Cart. de
Larivour, fo 5 ro, pièce cotée de situ abbatie XTI.
216. — Troyes, du 8 avril 4473 au 23 mars 4474 (4473,
Trecis). — Henri donne à l'église et aux moines de Lantr,
prieuré dépendant de Montiéramey, tout ce qu'il a à Lanlj.
Original de la fin du xy» siècle ou du commencement do
xvie (pièce fausse), Arch. de l'Aube, F. de Montiéramey.
217. — Du 8 avril 4473 au 23 mars 4474 (4473). —Henri
fait un échange de serfs avec l'abbaye de Saint-Loop df
Troyes.
— 365 —
Car(. de Saint -Loup, appartenant à M. de la Porte,
fo xmi.
218. — Pontoisc, du 23 mars iilA au 42 avril 4475 {ap. t
PontisaramyWl Â), — Henri asseoit, sur le péage de Rebais, ^
vingt-cinq livres de rente qu'il devait à Mathieu, comte de
Beaumont.
Cart, de la comtesse Blanche (Bibl. Imp., lat. 5993),
foVI«IIro.
219. — Provins, du 24 mars 4474 au 42 avril 4475 (Pro-
viniiy 4474). — Henri donne la dîme du Breuil au prieuré
clc Sainte-Foy de Coulommiers.
Ed. Champoliion-Figeac, Doc, incd, extr, de la Bibl.
Royale, II, 2« partie, p. 40-44.
220. — Provins, du 2i mars 4474 au 42 avril 4475 (Prw-
viniy 4474). — Henri autorise les religieux de Thôpital
Saint-Bernard de Troyes à moudre, sans redevance, deux
setîers de blé par semaine aux moulins de THôtel-Dieu-le-
Gomte.
Original, Arch. de TAube, P. de Saint-Bernard, layette 92,
cote B, no 2.
221. — Provins, du 24 mars 4474 au 42 avril 4475 (Prvr
viniy 4474). — Henri approuve la donation de dix livres de
rente sur le péage de Coulommiers à Téglisc de Notre-Dame
de Vertumno ou de VuKurno,
Beffistr. Princip., I (Bibl . Imp., 500 deGolbert,56), fo 4 4 9 vo.
Même dépôt, Coll, de Champ, ^ t. 436, p. 465.
222. — Provins, du 24 mars 4474 au 42 avril 4475 (Pru-
vinù 4474). — Henri constate une libéralité faite à Tabbaye
de Jouy par Eudes de Fonteneto,
Copie, Arch. de TEmpire, K492, no 242.
223. — Provins, du 24 mars 4474 au 42 avril 4475 (Pru-
vini, 4474). — Henri donne à sa sœur Marie, autrefois du-
chesse de Bourgogne, dix livres de rente sur la table de
— 366 —
change qui se trouve placée la première devant la maison
"de Thibaut de Foro, vers l'église Saint-Jean, à Troyes.
Copie, Bibl. Inip., lat. 5480, p. 446 (cf. no 238).
224. — Provins, du 24 mars ^^ 74 au 42 avril 4 473 (M-
viniy WTâ). — Henri approuve le désistement de Robert de
Bernay, qui contestait au prieuré de la Celle en Brie le fief
des Ormeaux.
Copie, Bibl. Imp., lat. 5444, p. 59-60.
225. — Provins, du 24 mars 4474 au 42 avril 4475(/Vii-
vinif 4474). — Henri donne à Tabbaye de Montiérendcr le
tonlieu de la moitié des chevaux et des autres animaux vea-
dus pendant la foire de Bar-sur-Aube. C'est une indemnité
du dommage causé à l'abbaye dans le village de Tilleux,par
Eudes de Vendeuvre, qui a donné à Henri, à titre de répara-
tion, deux fiefs de chevalier.
Original, Arch. de la Haute-Marne. — Mention Bouille-
vaux, les Moines du Der, p. 470.
226. — Sézanne, du 24 mars 4474 au 42 avril 4475 {ap.
Sezanniam, 4474). — Henri constate que divers particuliers
ont confirmé, en sa présence et en celle de son conseil, des
donations précédemment faites à l'abbaye d'Oye.
Arch. de l'Aube, Cart. d'Oye, fo 2 vo.
227. — Troyes, du 24 mars 4474 au 42 avril 4475 {Tre-
ris, 4474). — Henri constate qu'un jugement arbitral a mis
fin à une contestation entre l'abbaye de Montiéraraey et celle
de Larivour.
Arch. de l'Aube, Cari, de Larivour, fo 34-32.
228. — Troyes, du 24 mars 4474 au 42 avril 4475 {Tre-
cis, 4474). — Henri approuve des acquisitions faites par
l'abbaye de Saint-Remy de Reims.
Bibl. de Reims, Cart. de Saint-Remy, fo 595 vo-596n>.
229. — Troyes, du 24 mars 4474 au 42 avril 4 475 (fre-
cis, 4474). — Henri constate une transaction par laquelle
— 367 —
Tabbaye de Larivour donne, à bail viager, une vigne à Ro-
boldc, femme de Robert de Deilon.
Original, Arch. de l'Aube.
230. — Troyes, du 24 mars U74 m \2 avril ^^75 {Tre-
ciSy 4474). — Henri confirme Tabbaye de Saint-Pierre-lc-Vif
dans la possession du poids de Bar et de Troyes. Règlement
à ce sujet.
Copie, Arch. de l'Empire, K 490, no 49. — Ed. Quantin,
Cart, de r Yonne, II, 257-258.
231. — Vertus, du 24 mars 4474 au 42 avril 4475(4474).
— Henri confirme une donation à l'abbaye d'Igny.
Bibl. Imp., Cart. 79 (Cart. dlgny), fo 436 rovo.
232. — Du 24 mars 4474 au 42 avril 4475 (4474).—
Henri constate qu'André Cementarius n'^tn^u^ à l'abbaye de
Saint-Martin-ès-Aires, ses droits sur les moulins de Porta
Ursariorum, à Troyes, etc.
Original, Arch. de l'Aube.
233. -- Du 24 mars 4474 au 42 avril 4475 (4474). —
Henri donne à la collégiale de Bray vingt livres de rente
sur le péage de Bray.
Mention Lepelletier, Hist, des comtes de Champ. ^ I, 307.
234. — Provins, du 43 avril 4 475 au 3 avril 4476 {Pruvini,
4475). — Henri approuve une donation à l'abbaye de Trois-
Pontaines.
Original, Archives de la Marne.
235. — Provins, du 43 avril 4475 au 3 avril 4476 (Pru-
vini 4475). — Henri donne au chapitre de Saint-Etienne de
Troyes le tonlieu des merciers à Provins.
Bibl. Imp., F. Boubier, ^2 bis {Cart. de Saint-Etienne de
Troyes), foVr».
236. — Palais de Provins, du 43 avril 4475 au 3 avril
4476 (4475). — Henri rappelle les donations de son père et
de sa mère à la collégiale fondée à Bray, par Milon de Bray.
Il ajoute de nouvelles donations.
— 368 --
Analyse, Bibl. de Provins, Cart. de Caillot, f» 328 ro-329T*;
Lepelletier, Hist, des comtes de Champagne^ I, 307.
237. — Provins, du 43 avril \\1^ au 3 avril 4476 (Pru-
vint, 4475). — Henri, ayant fondé la Villeneuve-au-Châtclot,
règle les privilèges des habitants.
Copie, Bibl. Imp., Coll. de Champ, ^ t. 436, p. 407. — Ed.
Ordonnances, VI, 349-320; Aug. Thierry, Lettre XIIl str
rjiùt. de France.
238. — Provins, du 43 avril 4475 au 3 avril 4 476 (44751.
— Henri, ayant donné dix livres de rente à Tabbayc de Poo-
tevraud, ajoute dix autres livres sur la prière de Guillaume,
son frère, et en vue de ses sœurs qui étaient religieuses dans
celte abbaye. Ces vingt livres se prendront sur le tonlieu de
Provins.
Copie, Bibl. Imp., lat. 5480, p. 447 (cf. n© 223).
259. — Provins, du 43 avril 4475 au 3 avril 4476 {Prth
viniy 4 475). — Henri constate et approuve racquisîtion de
la moitié de la mairie de Damery, par l'abbaye de Saiot-
Médanl de Soissons, qui a donné en échange à Garin de Da-
mery la moitié du four bannal du môme lieu.
Bibl. Imp., Cart. 406 (Cart, de Saint-Mèdard de Soissonsu
pièce cotée de Darnery XXXV,
244). — Troyes, du 43 avril 4475 au 3 avril 4476 (Trem,
4475). — Henri donne aux religieuses du Val-d'One huit
muids de vin de rente, et affranchit les maisons de ces reli-
gieuses à Bar-sur-Aubc des tonlieu et rentes qu'elles de-
vaient.
Copie, Bibl. Imp., Coll, de Champ, ^ t. 436, p. 406 bis.
241. — Troyes, du 43 avril 4475 au 3 avril 4476 (Frecw,
4475). — Henri fait savoir qu'en sa présence et dans sacotir
un jugement a été rendu en faveur de l'abbaye de Trois-
Pontaines.
Original, Archives de la Marne.
242. — Troyes, du 4 3 avril 4475 au 3 avril 4476 {Trecù,
— 369 -
4475). — Henri constate une transaction entre Tabbaye de
Trois-Fontaines et Erard de Alneto.
Original, Arch. de la Marne.
243. — Troyes, du 43 avril 4475 au 3 avril 4476 {Trem,
4475). — Henri accorde aux religieuses du prieuré d'Ulmoy
droit d'usage dans les forêts des seigneuries de Vitry et de
Larsicourt.
Ed. Pérard, Rec. des pièces, p. 248»
244. — Troyes, du 43 avril 4475 au 3 avril 4476 (Trecù,
4475). — Henri fait un traité avec Tabbaye d'Oye sur le ma-
riage de leurs serfs et le partage des enfants.
Arch. de TAube, Cart. dVye, fo 2 vo-3ro.
245. — Vertus, le 49 ou le 26 avril 4 475, peut-être le 3
avril 4476 {Virtuti, 4475, mense aprili, die sabbati). —
Henri donne au maire de Tabbaye d'Oye, apud Valle Ju-
sania, les privilèges qu'a le maire du comte à Connantrel,
Arch. de TAube, Cart. d'Oye, fo 33 ro.
246. — Du 43 avril 4475 au 3 avril 4 476 (4 475). — Henri
donne à la léproserie de Troyes un serf, frère du curé de
Saint-Remy de Troyes, et qui avait épousé une serve de cet
établissement.
Ed. Mém. de la Soc. d'agr, de l'Aube^ 2e série, t. 1,
p. 525-526.
247. — Du 43 avril 4475 au 3 avril 4476 (4475). — Henri
fait avec l'abbaye de Saint-Loup de Troyes un échange de
sers* es.
Cart. de Saint-Loup, appartenant à M. de la Porte, f» 43.
248. — Du 43 avril 4475 au 3 avril 4476 (1475). — Henri
affranchit Girard de Langres, Humbert Sagnerel et leurs hé-
ritiers de toutes tailles et exactions, de l'host et de la che-
vauchée; décide en outre qu'ils ne répondront en justice
qu'en présence du comte. Eux paieront chacun une rente
de dix sous au trésorier de Saint-Etienne de Troyes.
Copie du xvie siècle sur un vidimus du xiv«, Arch. de
— 370 —
l'Aube, P. (Je Saint-Etienne de Troyes. — Ed. Grosley.
Mém. hist, et crit, paur VHist. de Troyes, II, 457. — El-
irait, Bourquelot, BibL de Véc, des Chartes, \^ série, 1, 292,
qui cite la plupart des auteurs où cette pièce est men-
tionnée. Cf. Vailet de Viriville, Arch, hist,^ p. 423.
249. — 4475 au plus tard. — Henri donne en fief à
Ébrard, son fauconnier, deux muids de froment et deux
muids d'avoine de rente à prendre sur le grenier de Rosoay.
Une copie de cette pièce m'a été communiquée par mon
savant confrère, M. Dclisle, mais j'en ignore la provenance.
Le nom du chancelier Guillaume, qui y figure, prouve
qu'elle ne peut être postérieure à l'année 4475.
249 bis. — 4475 au plus tard. — Henri autorise les lé-
preux de la maladrerie de Troyes à faire moudre gratis àses
moulins de Saint-Julien, près Troyes, quand ils ne pourront
moudre à leurs moulins.
Ed. Mém. de la Soc, d'agr, de l'Aube, 2» série, t. I.
p. 523.
Le nom du chancelier Guillaume y figure comme dans la
précédente.
250. — Paris, du 4 avril 4476 au 23 avril 4477 (Par
risiusy 4476). — Louis VII déclare que, pendant chaque va-
cance de l'archcvôché de Sens, les revenus du marché de
Brienon appartiendront au comte de Champagne.
Begistrum, principum III (500 de Colbert, 58), f® 255
vo-256 ro. — Ed. Chantereau, preuves, p. 5.
251. — Provins, du 4 avril 4476 au 23 avril 4477 {Pru-
vini, 4476). — Henri autorise l'archevêque de Sens à établir
un marché à Brienon. Les revenus appartiendront au comte
de Champagne pendant la vacance de l'archevêché.
Ed. Quantin, Cart, de l'Yonne^ II, 283.
252. — Palais de Provins, du 4 avril 4476 au 23 avril
4477 (Pruvini in palatio m^o, 4476). — Henri renouvelle
les privilèges du chapitre Saint-Quiriace de Provins, et en
ajoute de nouveaux.
— 371 —
Copie, Bibl. de Provins, Cart, de Caillot, fo 467 ro-n3
ro; Ythier, Supplément à Saint-QuiriacCy 7-45; Arcliifes
de l'Empire, K 492, no 74. — Extrait, ibid., Ythier, Hist,
eccL, I, 442. — Analyse, Bibl. Imp., Coll. de Champ,, t. 435,
p. 305. — Ed. Gall. Christ., XII, instr. 53-55; Bourque-
lot, Hist. de Provins, II, 392-403. — Mention, Ibid,, I,
430-434.
253. — Provins, du 4 avrU 4476 au 23 avril 4477 (Prw-
vini, 4476). — Henri reconnaît devoir à Tabbaye du Reclus
huit muids quatre setiers de grain de rente, jusqu'à ce qu'il
leur ait acquis, à Nocroi, la terre nécessaire pour une
charrue.
Original, Archives de l'Empire, J. 497, n© 2. — Beg.
princ., I (500 de Colbert, 56), fo 420 ro.
253 bis. — Provins, du 4 avril 4476 au 23 avril 4477
(Pruvini, 4476). — Henri constate que Boson de Thil et
Ansculpe,. frère de Boson, ont renoncé à différents biens
en faveur de l'abbaye de Larivour, moyennant une rente de
deux muids de grain.
Original, Arch. de l'Aube. — Même dépôt, Cart. de La-
rivour, fo 82 ro yo.
254. — Provins, du 4 avril 4476 au 23 avril 4477 (Pru-
vini, 4476). -T- Henri constate une transaction entre le
prieur de laCelle-sous-Chantemerle et Hugues, chevalier, fils
de mcssirc Sarrasin, au sujet de la justice de Marsangis.
Copie, Arch. de l'Aube, Inventaire de Montier-la-Celle,
fo 48 v«.
255. — Provins, du 4 avril 4476 au 23 avril 4477 (4476).
— Henri constate une transaction entre Guillaume, son ma-
réchal, l'abbaye de la Pommeraie et d'autres propriétaires,
au sujet d'un moulin établi par Guillaume, sur la Vousie.
Mention Quantin, Cart. de l'Yonne, II, 449.
256. — Sézanne, du 4 avril 4476 au 23 avril 4477 (4476).
— Henri donne une serve et ses deux enfants à l'abbaye de
Sâint-Remy de Reims.*
Bibl. de Reims, 2« Cart. de Saint-Remy, fo 66 ro.
- 372 —
257. — Séianne, du 4 avrU 4476 au 23 avril 4477 (aji.
Sezannamy 4476). — Mari€ fait un échange avec l'abbaye
de Saint-Quipiace.
Copie, Arch. de l'Empire, K 492, no 72.
257 bis. — Sézanne, du 4 avril 4476 au 23 avril 4177
(Sézanne, 4476). — Henri réduit à trente-quatre le nombre
des canonicats érigés jusque-lù à Saint-Nicolas de Sézanoe.
Traduction, Desguerrois, Saindeté chrestienne^ f» 865,
258. — Troyes, du 4 avril 4476 au 23 avril 4477 <4476,
Trecis). — Marie, pour compléter la prébende de Laurent,
son clerc à Saint-Quiriace, lui assigne quarante sous de rente
à Jouy.
Original, cabinet de M. Micbelin.
259. — Troyes, du 4 avril 4476 au 23 avril 4 477 {Trecû,
4476). — Henri ayant acheté à Thibaut, son clerc, la terre de
Bonel du Plcssis à Troyes, la donne aux prôtres chargés de
la garde du trésor de Saint-Etienne de Troyes.
Bibl. Irap., P. Bouhicr, 42 bis (Cart, de SainUEtienne de
Troyes)^ fo Vvo.
260. — Troyes, du 4 avril 4476 au 23 avril 4 477 {Trecis,
4476). — Henri accorde divers privilèges à Humbert dcVil-
lehardouin et à Pierre de Verdun.
Original, Arch. de TAube, Cart. de Saint-Loup^ appar-
tenant à M. de la Porte, fo xui.
261. — Troyes, du 4 avril 4476 au 23 avril 4477 (Trecù.
4476). — Henri constate que l'abbaye de I.>arivour.a vendu à
cplle de Vauluisant pour une somme de 650 marcs d'argent
deux maisons à Sens.
Ed. Quantin, Cart, de VYonne, II, 288-289.
262. — Du 4 avril 4 4 76 au 23 avril 4477(4476). — Henri
constate des donations faites à Tabbaye de Larîvour par
Hugues le Sec de Mnrcilly, et par Guiard de Bernon.
Arch. de l'Aube, Cart, de Larivoiàr, fo il f© v».
— 373 —
263. — Du 4 avril au 7 septembre 4476, — Guillaume,
archevêque de Sens, donne à l'abbaye de Sainte-Colombe les
novales de Villeneuve-le-Comtc, que lui avait cédées le
comte Henri, son frère.
Mention Gall. Christ., XII, 52 A.
264. — Paris, du 24 avril 4477 au 8 avril 4478 {Parisius,
4477). — Louis VII fait savoir qu'AnseaudeTraînel tient du
roi la moitié de la forteresse de Villcneuve-sur-Vanne (Ville-
neuve-rArchcvêque), et tient d'Henri l'autre moitié.
Original, Arch. de l'Empire, J 493, n*» 4. — Reg, Prin-
etp. III (500 de Colbert, 58,), fo 256 r*» vo. — Ed. Chante-
reau, pr. p. 5; Quantin, Cart. de VTonne, II, 292.
265. — Provins, du 24 avril 4477 au 8 avril 4478 (Pru-
viniy 4477). — Henri fait savoir au chapitre de Saint-Martin
de Tours que Geofroi de Boy, Engenoul et Etienne, frères de
Geofroi, ont renoncé à toute prétention sur la mairie de Mon-
tois.
Copie, Bibl. Imp., Baluze, t. 77, ^ 236 r« vo.
266. — Provins, du 24 avril 4477 au 8 avril 4478 (/Vm-
vini^ 4477). — Henri fait connaître les privilèges des habi-
tants de la terre de l'église Notre-Dame d'Oulchy.
Original, Arch. de l'Empire, P. d'Oulchy.
267. — Provins, du 24 avril 4477 au 8 avril 4478 {Pru-
viniy 4477). — Henri acquiert par échange la part de Robert
de Mintoi dans le marché et le péage de Méry; il cède en
contre-échange ce qu'il avait à Cortmon.
Reg. Prineip. I (500 de Colbert, 56), 420 vo.424 r«.
268. — Provins, du 24 avrU 4477 au 8 avril 4478 (Pru-
vini, 4477). — Henri donne à Jean Breban, son sergent, di-
vers biens à Provins et aux environs.
Original, cabinet de M. Michelin.—- Mention Opoix, Uist.
de Provins, 2« édition, p. 464.
269. ■— Provins, du 24 avril 4477 au 8 avril 4478 {Pru-
viniy 4477). — Henri exempte la maison-Dieu de Provins de
toute coutume et^e toute taille.
— 374 —
Archives hosp. de Provins, 4«- Cart. de l'Hâtel-Dieu,
P> II ro.
270. — Provins, du 24 avril 4477 au 8 avril 1478 {Pnh
viniy 4477). — Henri constate une transaction entre l'abbaye
de Chemlnon et les hommes de Maurupt.
Original, Arch. de la Marne.
271. — Provins, du 24 avril 4477 au 8 avril 4478 {Pnh
viniy 4477). — Henri rappelle qu'il a fondé l'abbaye delà
Charmoie, et lui donne divers biens.
Copie du xvie siècle, Arch. de la Marne, F. de la Charmoie.
— Ed. Gall. Christ,, X, instr, 474-475.
271 his. — Provins, du 27 avril 4177 au 8 avril 4478
{Pruvini, 4477). — Henri donne à l'abbaye d'Huiron un
serf, la femme de ce serf et leurs enfants.
Ed. E. de Barthélémy, Dioc, de Châlons, I, 359.
272. — Sézanne, du 24 avril \ 177 au 8 avril 1178 {ap. Se-
zanniam, 4477). — Henri constate une transaction entre
l'abbaye de Chemînon et les hommes de Maurupt (voir plus
haut no 270).
Original, Archives de la Marne.
273. ~ Sézanne, du 24 avril 4-477 au 8 avril 4478 (ap.
Sezanniam, 4477). — Henri confirme les donations faites
par les seigneurs de la Pcrté-Gaucher à l'hôpital de ce lieu.
Cet hôpital dépendait de l'abbaye de Molesme.
Arch. de la Côte-d'Or, 2* Cart. de Molesme, fo 404 r©. —
Ed. T. du Plessis, Hist. de Végl, de Meaux^ pr. p. 63-64.
274. — Troyes, du 24 avril 4477 au 8 avril 4478 (Trecis,
4477). — Henri et l'abbé de Montiéramey fondent une ville
neuve à Chaource.
Bibl. Imp., lat. 5433 (Cart, de Montiéramey), p. 304*303.
275. — Troyes, du 24 avril 4477 au 8 avril 4478 (TrecU,
4477). — Henri confirme l'acquisition du village de Villia-
cum, acheté de l'abbaye de Molesme par celle de Longuay.
Arch. de la Haute-Marne, Cart, de Longuny.
— 375 —
277. — Troyes, du 24 avril ^477 au 8 avril U7S (Trecis,
WTJ), — Henri et les autres seigneurs de Méry donnent au
prieuré de Méry la foire qui a lieu tous les ans le jour de
TAssomption, ou, s'il n'y a pas de foire le jour de TAssorap-
lion, la foire immédiatement précédente.
Arch. de la Côte-d'Or, 2e Cart, de Molesme^ fo 94 r© et vo.
278. — Chambre à coucher du comte Henri à Troyes, du
24 avril 4477 au 8 avril 4478 {In thalamo comitis Henrici
apud Trecas, Ull). — Geofroi de Manchon avait prêté à
Henri cent livres moyennant un gage immobilier. Il cède ce
gage aux Templiers.
Cart. de la comtesse Blanche^ Bibl. Imp., lat. 5993 fo xn
ro; Cart. de M. de Thou, Bibl. Imp., lat. 5992; Bibl. de
Troyes, ms. 22, p. 94, 403. -— Ed. Chantereau, pr. p. 6.
279. — Vertus, du 24 avril 4477 au 8 avril 4478 (4477,
Virtuti), — Henri fait transiger le chapitre de la cathédrale
de Meaux et le prieuré de Collinances au sujet d'un four
donné au prieuré par la vicomtesse de Meaux.
Bibl. de Meaux, Cart. de V église de Meaux ^ I, 457-458;
II, 44 ; III, 8. — Extrait, du Plessis, Hist. de l'église de
Meaux f II, 63.
280. — (4477). — Bulle du pape Alexandre III, qui rap-
pelle la fondation de l'hôpital Saint-Esprit de Provins par
Henri.
Mention Bourquelot, Hist. de Provins, I, 423; Opoix,
Hist. de Provins, 2* édition, p. 464.
281. — Château-Thierry, du 9 avril 4478 au 34 mars
4479 (4478, ap. Castrum Theodorid). — Henri, croisé, étant
allé visiter Prémontré , approuve comme suzerain les acqui-
sitions présentes et à venir de cette abbaye.
Vidimus de 4245, Bibl. Imp., titres de Prémontré.
282. — Nogent- l'Artaud, du 9 avril 4478 au 34 mars
4 479 (Nogentum, 4478). — Henri donne, 4» à labbayc de
Val-Chrétien, droit d'usage au Buisson-du-Roy ; 2o aux re-
— 376 —
ligieuses de Sainte-Croix, au-deMus de Dannans, droR d'u-
sage dans le bois dit Watsseium.
Ed. Ann. Prœmonstr,^ t. Il, p. dcxxx. — Mention Coït.
Christ., VII, 939 E.
283. — Provins, du 9 avril 4478 au 34 mars 4479 (Prv-
vini, 4478). — Henri confirme le prieuré de Gourtevroiut
dans la possession du droit de pèche donné à ee prieuré par
la comtesse Adèle.
Copie, Bibl. Imp., lat. 5444, p. 234-235.
284. — Provins, du 9 avril 4478 au 34 mars 4479 fPr«-
vini, 4479). — Henri confirme le prieuré de Saint-Ayoul
dans la possession du terrain où ce prieuré est établi.
Copie, Arch. de l'Aube, Inv. de Montier-la-Celley^ 491^.
285. — Provins, du 9 avril 4478 au 34 mars 4479 (Pr»-
vmt, 4478). — Henri donne à Habran de Provins, son cham-
brier, des étaux où Ton vend les fruits à Provins.
Arch. de l'Empire, S 5462, n« 25 {Carf. de la comtnande-
rie de la Croix-en-Brie) ^ p. 27. — Mention Bonrquelot, BiU,
de l'éc, des Chartes, 4e série, t. IV, p. 474.
286. — Provins, du 9 avril 4478 au 34 mars 4479 f/Vi-
vint, 4478). — Henri déclare que Raoul de Comhellis^ ayant
vendu un serf cinquante livres, sera obligé d'employer ces
cinquante livres en un fief mouvant du comte.
Reg, Princip., I (500 de Colbert, 56), ^ 424 ro vo.
287. — Provins, du 9 avril 4478 au 34 mars 44T9 (Pfih
vini, 4478). — Henri confirme aux hommes du chapitre de
Meaux leur droit d'usage dans la forêt de Mant.
Bibl. de Meaux, Cart, de l'église de Meaux. -II, 44 ; III, 7.
Le m^me cartufeire contient deux copies d'une confirmatioD
de la comtesse Marie. L'une de ces copies est datée de 4479
(II, 44), l'autre de 4490 (III, 45-46).
288. — Provins, du 9 avril 4478 au 34 mars 4479 (4478,
Pmvini). — Henri fait un échange avec le prieuré de Saint-
Loup-de-Naud.
— 377 —
Copie, Bibl. de Provins, Cart. de Caillot, fo 205. — Ed.
Bibl, de l'éc. des Chartes^ ire série, t. II, p. 264.
289. — Provins, du 9 avril ^ns au 3^ mars U79 (Pru-
vini, \M%), — Henri donne divers privilèges aux hommes
des Frères bo^pitaiiers de Saint- Jean-de^Jérusalem.
dopie, Bibl. de Provins, Cart. de Caillot, fr 237 ro ; Ythier,
Hist, eed,, VII, 263. — Analyse, Bibl. Imp.,Co//. de Champ,,
t. 435, p. 262. — Cette pièce est la même que celle qui est
datée de 4n9 dans le Cart. de Provins (Bibl. de Provins),
f» cxGYii ro (voir plus bas np 304).
290. — Troyes, du 9 avril 4478 au 34 mars 4479 {Trecis,
4478). — Henri donne à l'abbaye de Montier-la-Celle les
menues dîmes de Sainte-Savine et de la Rivière-de-Corps.
Copie, Arch. de TAube, F. de Montier-Ia-Celle , pièce
cotée Sainte-Savine, n© 3; Inventaire de Montier-lorCelle,
291. — Troyes, du 9 avril 4478 au 34 raars4479(rrec«,
4478). — Henri donne à Tabbayc de Montier-la-Celle et au
prieuré de Saint-Flavit de Villemaur une partie de ce qu'il
avait en commun avec eux à Surançon.
Copie, Arch. de l'Aube, Inv, de Montier-Ia-Celle^ fo48v<>.
292. — Troyes, du 9 avril 4478 -au 34 mars 4479 (Trecis,
-1478). — Henri, devant au prieuré de Saint-Jean-en-Chàtel
quinze sous de cens pour l'entretien du luminaire devant
l'autel Saint-Biaise, donne à ce prieuré la liberté de la ruelle
Hardouin et d'autres biens, notamment les revenus que feu
maître JNicolas avait à Bar-sur-Aube.
Bibl. Imp., lat. 5432, Cart, de Montiéramey, fo 92 ro vo,
444 vo-442 ro, 443 vo. ^ Copie, ColL de Champ., t. 436,
p. 498.
293. — Troyes* du 9 avril 4478 au 34 mars4479(rftfm,
4478). — Henri donne un serf à l'église de Chûlons.
Bibl. Imp., lat. 5244 A (Cart. de Vévêché de Châlons),
fo 80 vo 84 ro.
— 378 —
294. — Du 9 avril 4478 au 3^ mars 4479 (4478). — Henii
donne et confirme divers biens à l'abbaye d'Igny.
Bibl. Imp., Cart. 79 (Cart. d'Igny), fo 437 vo.
295. — Provins, du 4er avril 4479 au 49 avril 4480(fti-
vini, 4479). — Henri renouvelle les donations qu'il a faites,
les privilèges qu'il a accordés au chapitre Saint-Nloolas de
Sézanne, et confirme les acquisitions que ce chapitre a faites
de diverses personnes.
Copie, Bibl. Imp., Coll. de Champ,, t. 436, p. 453-456.
— Extrait, Carauzat, Auctarium^fo 35 vo-36 v<*. — Analyse,
Desguerrois, Saincteté chrestienne, fo 305 v©.
296. — Provins, du 4er avril 4479 au 49 avril 4480(Pr»-
vini, 4479). — Henri donne à l'abbaye Saint-Martin d'Èper-
nay l'hôpital du lieu.
Copie, Bibl. Imp., Coll, de Champ., t. 435, p. 290 ; t 436,
p. 400.
297. — Provins, du 4«r avril 4479 au49 avril 4480(4479,
Pruvini). — Henri donne à Marquise, parente de la com-
tesse, dix livres de rente assises sur des malsons à Troyes.
Après la mort de Marquise cette rente appartiendra au prieuré
de Poicy.
Original, Arch. de l'Aube, P. de Poicy.
298. — Provins, du 4 «r avril 4479 au 49 avril 4480(PrtH
viniy 4479). — Henri fait savoir que Raoul etGaudier*
Comhellis doivent employer l'un quatre-vingt livres, Taulre
cinquante en fiefs tenus de lui (voir plus haut,'n« 286).
Cart, de la comtesse Blanche (Bibl. Irap., lat. 5993),
^ XIII ro-XIIII ro.
299. — Provins, du 4er avril 4479 au 49 avril 4480f4479,
Pruvini), — Henri constate qu'après avoir plaidé dans sa
cour, Gillebert de Naud a renoncé à un droit de justice qu'il
réclamait sur un terrain et sur un moulin achetés par Milon
de Provins.
Original, cabinet de M. Michelin.
300. — • Provins, du 4« avril 4 4 79 au 4 9 avril 4480 (/Vv-
— 379 —
vini, U79). — Henri confirme une donation à l'abbaye de
Saint-Nicaise de Reims.
Bibl. de Reims, Cart. de Saint-Nicaise ^ fo 43 v©.
I
301. — Provins, du 4er avril 4479 au 49 avriH480 (Prw-
viwi, 4479). — Henri accorde divers privilèges aux hommes
des frères hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.
Bibl. de Provins, Cart. de la ville, foCXCVIIro (voir plus
haut no 289).
302. — Provins, du 4er avril 4479 au 49 avril 4480 {Pru-
vini, 4479). — Henri dote les chanoines de la chapelle Notre-
Dame du château de Provins.
Copie, Bibl. de Provins, Cart, de Caillot, fo 83 vo; Bibl.
Imp., Coll. de Champ., t. 435, p. 260-264 ; t. 436, p. 447 ;
Arch. de l'Empire, K 492, n^ 38. — Ed. Gall. Christ., XII,
instr., S6 B. — M. Bourquelot, Hist. de Provins^ I, 444,
établit que ce chapitre existait déjà en 4478.
303. — Provins et Nazareth, du 4 «'avril 4479 au 49 avril
4480 {Actum Pruvini, data Nazareth, 4479). — Henri con-
firme à THôtel-Dieu de Provins, dix livres de rente données
par Guillaume, archevêque de Reims, sur le tonlieu de Pro-
vins; il ajoute cinq sous de rente sur une table de changeur
aux foires de mai.
Arch. hospital. de Provins, 4e»' Cart. de VHôtel-Dieu,
fo m ro.
304. — Troyes, du 4»' avril 4479 au 49 avril 4480 (Tre-
cis, 4479). — Henri institue une commune à Mcaux.
Cart. de M. de Thou, Bibl. Imp., lat. 5992; Bibl. de
Troyes, ms. 22, p. 464-463. — Ed. Chantereau, pr. 6-8,
272-274; Brussel, p. 483, note; du Plessis, iïw^ de régi,
de Meaux, II, 655-658.
305. — Troyes, du 4er avril 4479 au 49 avril 4480 (Tre-
eis, 4479). — Henri donne en usufruit à Amaury, son clerc,
en nue propriété au chapitre Saint-Laurent de Joinville, une
rente de cinq muids de grain et de vingt sous sur le terrage
du village deVoillecomte.
Kt
1 • . •
Gopiç, Bibl. Imp., Coll. de Champagne^ t. 43^, p. 247.
306. — Troyes, du 4e«- avril 4 479 au 49 avril 4480 {Tre-
cis, 4479). — Henri est associé, par Tabbé et le couvent de
Saint-Sauveur de Vertus, à la propriété de leur moulin à
drap de Bierges.
Ed. GalL Christ., X, instr, 475 B; Ed. de Barthélémy,
Diocèse ancien de Châlons-sur-Mame, I, 356. ^ Mention,
GalL Christ,, IX\ 939 E.
307. — Troyes, du 4er avril 4479 au 49 avril 4480 (7V^
ciSy 4479). — Henri approuve la donation d'une partie du
toiïlieu des futaines aux foires de Bar, faite par Pierre de
Langres à la maison-Dieu de Bar-sur-Aube, et donne à dette
rôàison-Dieù ce qu'il avait lui-même dans ce tonlieu.
Original, Arch. de Tliosp. de Bar-sur-Aubè. — Ed. Cheva--
lier, Hist, de Bar-^sur-Aube, i^. 304.
•
308. — Troyes, du 4«r awil 4479 au 49 ftvril 44»(à (Jw-
ciSy 4479). — Henri constate la donation par GeofroideVeD-
dcuvre et plusieurs autres à l'abbaye de Larivour d'un droit
d'usage dans la forêt de Vendeuvre qu'on appelle Derf.
Original , Archives de l'Aube ; ibid, Gart. de Larivtmr,
fo 28-29.
309.' — Troyes, du 4 «r avril 4 4 79 au 4 9 evril 4 4 80 llmis,
447P). — H^ori donne à lamaladrerie d^ Tipjes la diine des
bains de la ville, une mesure de sel sans redevance dans ^
saunerie, le quart des rognures de la monnaie^ etc. ^
Ed. Mém, de la <Soq. d'agr. de l'Aulne, ^ série, 1, 526. J
3^0. — Troyes, du 4 «r avril 4 4 7? au 4 9 avril 4 4 80 {Trecit, I
4479). — Henri confirme les acquisitions &ite§dans ses fiefii I
et dans ses domaines par l'abbaye 4'Igny- \
Bibl. Imp., Cart. 79 (Cart, d'Igny), fo 436 vo. ;'
311. — Troyes, du 4er avril 4479 au 49 avril 4480 (li-e-
cis, 4479). — Heqri constate un arrangement entre les cha-
noines de sa chapelle h Provins, et l'abbaye de Saint-Jac-
ques de Vertus.
Copie, Bibl. de Provins, Cart. de CaUlot, C® 80 ro >•?.
— 3ÔÎ —
312. — Châtillon-sur-Seine, du \^r avril 4^9 au 49 avril
4480 {ap. Castellionem super Secanam, 4479). -r- Henri fait
savoir que lui et Thibaut de Puligny ont donné à la maison-
Dieu de Bar-sui^Aube le terrain nécessaire poui* une éhar-
ruc, etc.
Original, Arch. de Thospice de Bar-sur- Aube. — Ed. Che-
valier, Hist. de Bar-sur-Aube, p. 309-304.
313. — Dijon, du 4er avril 4479 au 49 avriUlso {Diviàni,
4479. — Henri, partant pour Jérusalem, est acciicilli à l'afi-
baye de Saint-Benigne de Dijon ; les moines le rendent par-
ticipant de leulrs bonnes œuvres : il prend soiis sa gairde le
prieuré de Bétignicourt.
Ed. Pérard, Recueil de pièces^ p. 254 ; Martëne, Anecd. I,
594-592; Brussel, p. 778, note.
»
314. — Jérusalem, du 4er avril 4479 au 49 avril 4480
{Uierusalemy 4479). — Henri ayant été visiter Péglise d'Hé-
bron donne à cette église soixante livres de rente et une
maison à Troyes.
Copie, Arch. de TAube, P. de Saint- Abraham. — Ed.
Mém. de la Soc. d'agr, de l'Aube, 2« série, t. VIII, p. 400-
4 40. — Mention Grosley, Mém. Hist., II, 232".
315. — Sébaste, autrefois Samarié, du 4^ aVril 4479 au
49 avril 4480 (m urbe Sebastièhsi, 4479). — Henri ayant
donné dix livres de rente à l'église Saint-Jean-Baptiste de
Sébaste, les asseoit sur les foires de mai de Provins.
r ' Ed. Morin, Hûloiré du Gdtinais, 344.
316. — Du 4feî avril 4479 au 49 avril 4480 (4479). —
^ Henri donne àii chapitre de Saint-Etienne de Troyes le ton-
^ lieu des merciers de Limoges à la foire de Saint-Jean de
Troyes, en échange dé celui des mêmes marchands à Pro-
- vins.
' Bibl. Imp.^ F. Bouhier, 42 bis {Cart, de Saint-Etienne
^ de Troyes), f> V vo. ■>
317. — Du 4w avril 4479 au 49 avril 4480 (4479). —
*r
— 382 — «
Henri restitue à Tabbaye de Ghemînon des terres données
par le comte Hugues.
Mention Pithou, Coût, de Troyes^ éd. de 4628, p. 785.
318. — Du 4er avrU ii79 au 49 avril 4480 (4479).-
Henri fait des donations à Tabbaye de Scellières, en approuve
d'autres.
Traduction, Desguerrois, Saincteté chrestienne, fo 306 p.
319. — Troyes, du 40 au 46 mars 4484 (Trecis, 4480).
— Henri, atteint d'une maladie grave, prend pour lui et ses
successeurs l'engagement de ne jamais lever plus de deux
cents livres sur les hommes de l'évôché pendant la vacance
du siège.
Original, Arch. de l'Aube. — Ed. Camuzat, Promptua-
vium, fo 476-477. — Traduction, Desguerrois, Saincteté
ckrestienne, fo 307 r» vo. I
320. — Troyes, du 40 au 47 mars 4484 (4480, Trecù).
— Marie déclare la même chose que son époux dans la charte
précédente.
Original, Arch. de l'Aube.
321. — Sans date. — Henri donne à la léproserie de
Troyes la liberté du four qui est au-delà delà porte deCroo-
cels, et accorde divers privilèges aux fourniers.
Original, Arch. de l'Aube, f> de Saint-Lazare de Troyeg.
— Ed. Mém, de la Soc, d'agr, de l'Aube, 2« série, I, 522-
523.
I
322. — Au plus tard le 47 mars 4484. — Henri donne à
l'église Saint-Etienne de Troyes deux serfs et une serve de
Pont-sur-Seine, et les aubains du môme lieu qui, dans l'an
et jour de leur arrivée, déclareront leur volonté d'être hom- i
mes du chapitre.
Bibl. Imp., F. Bouhier, ^2 bis (Cart. de Saint^Etienne de
Troyes), f» VI ro.
% %
■^^
— 383
DEUXIÈME PARTIE.
CAtelogne des metem de la eomieflfle Marie pendant
sa première régenee.
1181-1186.
324. — Provins, du 5 avril \\S\ au 27 mars 4482 (Pru-
viniy 4484). — Marie constate une transaction.
Original, collection de M. Michelin.
325. — Troyes, du 5 avril 4484 au 27 mars 4482 (4484,
Trecis). — Marie rend un jugement entre les églises Saint-
Loup et Saint-Etienne de Troyes.
^ Bibl. Imp., P. Bouhier, 42 bis (Cart. de SainUEtienne),
• fo XXVI ro.
326. — Troyes, du 28 mars 4482 au 46 avril 4483 {tre-
eis, 4482). — Marie, en exécution du vœu de son mari à
saint Mammès , asseoit 30 livres de rente au chapitre de la
cathédrale de Langres, sur la rente de 300 livres que les
hommes de Bar paient chaque année à la Saint-Rem y.
Arch. de la Haute-Marne, Cart. du chapitre de Langres^
fo 46 vo 47 r<*. — Martène, Anecdot., I, 649, a publié une
charie de Guillaume de Champagne, archevêque de Reims,
concernant le même sujet.
327. — Troyes, du 28 mars 4482 au 46 avril 4483 {Tre-
cis, 4483). — Marie constate des donations faites à Tabbaye
de Saint-Loup, par Jacques Roncevel.
' Original, Arch. de TAube, P. de Saint-Loup. — Cart. de
Saint'Loup^ appartenant à M. de la Porte, fo 44.
328. — Bar-sur-Aube , du 28 mars 4482, au 46 avril
4483 (4482). — Marie s'engage envers Tabbaye de Saint-
Remy de Reims à ne pas aliéner Tavouerie de Gondes et de
Darmannes.
Bibl. de Reims, 3e Cart, de Saint-Remy, f> XXI ro.
329. — Provins, du 47 avril 4483 au 34 mars 4484 (4483).
•1
y:
< ■
_ 3M _ •
— Marie approuve la décision du chapitre de Saint-Quiriace,
qui donne une prébende à THôtel-Dieu de Provins.
Archives hospitalières de Provins, \^ Cart,, f» VII y»;
2c Cart., fo XVII vo. — Copie, Bibl. de Provins, Ythier,
Uist, eccL, VI, 48. — Mention, Bibl. Imp., Coll. de Cham-
pagne, t. 435, p. 274.
330. — Du n avril 4483 au 34 mars 4484 (4483).— Ma-
rie fait un échange de serfs avec l'abbaye de Saint-Loup.
Cart. de Saint - Loup ^ appartenant à M. de la Porte,
f» XLIU.
331. — Du 47 avril 4483 au 34 mars 4484 (4483). — Ma-
vm constate que Milon de Nogent-sup-Seine s'est désisté de
ses prétentions sur des biens situés à Bernières , près de
Nogent, et acquis par l'abbaye de Vauluisant.
Bibl. Imp., Cart. 452 (Cart. de Vauluisant)^ fo 402 r».
332. — Meaux, du !« avril 1184 au 20 avril' 1185 (1184,
Meldis). — Marie constate que Tabbaye de Saint-Faroaa
donné à Robert de Milly tout ce qu'elle possédait apud
Buissiacum.
Ed. T. du Plessis, Hist. de l'église de Meaux, II, 71.
333. — Meaux, du Iw avril 1184 au 20 avril 1185 (*W-
diSy 1184). — Marie remet aux religieuses de Fontaine son
droit de vinage sur leurs vignes.
Ed. T. du Plessis, Hist. de V église de MeauSy II, 71-71
334. — Provins, du 1er avril 1184 au 20 avril 118f5 (Pr^
vini, 1184). — Marie constate une transaction entre lé ùOf
pitre de Saint-Quiriace et les héritiers de Mathieu, évéquede
Troyes, doyen du chapitre.
Original, cabinet de M. Michelin. — Ed. GalL Christ. , XII,
Instr. 275 E.
335. — Troyes, du !« avril 1184 au 20 avril 1185 (Tn-
ois, 1184). — Marie déclare qu'elle et son fils Henri ont
donne aux lépreux de Troyes un jour de. foire auf Deux-
Eaux, le premier mai de chaque année.
■4
■ ■ t
Ed. Méfn. de la Soc. d'agr. de V Aube, 2« série, I, 530-531.
336. — Troyes, du Ur avril 1184 au 20 avril 1185 {Trê-
m, il 84)» — ^ îflaric déclare que son fllsrHenri.a donné à la
léproserie des Deux-Eaux Giroard le Tanneur.
Ed. Mém. delaSoc, d'agriculture de /'i4tt6e?,2« série, 1, 535.
337. — Troyes, du 1er avril 1184 au 20 aVrU 1185 (1184,
Trecis). -^ Marie déclare qu'un procès entre l'abbaye de
Saint-Loup et Robert, maire d'Isle, s'est terininé dans sa
cour.
Original, Arch. de l'Aube; Cart, de SainULoup, fo xuiii.
338. — Du 1er avril 1184 au 20 avril 1185 (1184). —
Marie déclare qu'elle et son fils Henri ont donné à l'abbaye
de Saint-Loup de Troyes un serf en échange d'une serve.
Cart, de Saint-Loup, appartenant à M. de la Porte.
339. — Sczanne, du 21 avril 1185 au 12 avril 1186 (1185,
Sezanie). — Marie déclare que bieç^ qu'elle ait couché une
nuit au prieuré de Reuil elle n'y a aucun droit de gîte ; elle
donne aux moines un calice.
Mention et extrait, Bibl. Imp., Coll. de Champagne,t 135,
p. 308.
340. — Troyes, du 21 avril 1185 au 12 avril 1186 {Tre-
ciSj 1185). — Marie déclare que Gautier de Benna, ayant
reçu six livres de la léproserie des Deux-Eaux de Troyes,
abandonne ses prétentions sur la terre de Moirey.
Ed. Mém. de la Soc. d*agr. de VAube, 2e série, I, 531.
341. — Troyes, du 21 avril 1185 au 12 avril 1186(1185,
s Trecis). — Marie donne h l'Hôlel-Dieu de Provins la jouls-
' sanee pendant un an des prébendes des chanoines de sa
. ,chapelle d.e Provins, décédé^.
Arch. hosp. de Provins, 1er Cart. de VHôtel^Dieu^ fo XI r».
»
342. -- Troyes, da 21 avril 1185 au 12 avril 1186 (1185,
Trecis). — Marie et Henri sôti fils constatent qu'Aitard de
AlnetOy mattk^l'de Qhampagtlè, étasVmôrt cxcotiifiiunié,
•
•
:^:
— 386
sa femme et ses frères, réparant ses torts, ont abandonné à
l'église de.Ghâlons-stir-Mame des biens situés à Saint-
Amand.
Bibl. Imp., lat. 5211 A {Cart. de Vévêehé de Chdlmi\,
fogOvo.
343. — Chftteau-Thierry, du 13 avril 1186 au 28 mars
^1187 (1186, ap, Castrum Theodorici). — Marie, du consen-
tement d'Henri, son fils, donne quinze livres de rente à la
cathédrale de Paris où son frère Geofroi est enterré.
Ed. Guérard, Cart, de N.-D. de Paris, I, 296-297.
344. — Troyes, du 13 avril 1186 au 28 mars 1187 {Tre-
ois y 1186). — Marie, avec le consentement du chapitre de
Saint-Etienne de Troyes, donne à la léproserie des Denx-
Eaux une prébende de ce chapitre.
Ed. Mém, de la Soc. d'offr, de l'Aube, 2e série, I, 532.
345. — Troyes, du 13 avril 11,86 au 18 mars 1187 (Tre-
cis, 1180). — Marie déclare que le chapitredc Saint-Etienûe
de Troyes ayant consenti au don de deux prébendes à la lé-
proserie, elle ne disposera d'aucune nouvelle prébende en
faveur d'une église, sauf la prébende de Pierre, son chape-
lain, chanoine d'Hébron, laquelle doit appartenir au cha-
pitre d'Hébron après le décès de Pierre.
Bibl. Imp., F. Bouhier, 12 bis {Cart. de Saint-Etienne de
Troyes, fo XXVII ro.
346. — Troyes, du 13 avril 1186 au 28 mars 1187(1186,
Trecis), — Marie confirme la donation d'une rente de vin,
d'argent et d'avoine faite par Henri, son époux, aux gardiens
du trésor de Saint-Etienne. Henri, son fils, confirmera aussi
cette donation quand il aura un sceau.
Bibl. Imp., F. Bouhier, 12 bis {Cart, de Saint-Etienne de
Troyes), fo XXVI ro.
347. — Troyes, du 13 avril 1186 au 28 mars 1187 {Tre-
cis^ 1186). — Marie constate une transaction entre la lépro-
serie de Troyes et les fils de Lambert dlsle.
Ed. Mém, de la Société d'agr, de l'Aube, 2e série, II, 532.
c/
_ 387 —
348. — Troyes, du 13 avril 118C au 28 mars 1187 {Tre-
ciSy 1186). — Marie et Henri, son fils, constatent que Milon
de Provins, leur chambrier, a fondé Tanniversaire de son
père, de sa mère, de son frère et le sien à l'église Saint-Ni-
colas de Sézanne.
Original, Archives de la Marne. — Analyse, Desguerrois,
Saincteté chrestienne, fo 312 r».
349. — Provins, du 13 avril 1186 au 28 mars 1187 {Pru-
viniy 1186). — Marie constate une donation de quatorze
livres de rente faite du consentement d'Henri, son flto, à
Tabbaye du Paraclet, par Elisabeth de Nogent.
Ribl. de la ville de Troyes, ms. m 2284 {part, du Para-
clet)^ charte n© clxxxxi.
350. — Du 13 avril 1186 au 28 mars 1187 (1186).— Marie'
et Henri, son (ils, reconnaissent que si le comte de Nevers a
laissé le comte de Joigny tenir immédiatement d'eux la
Perté-Louptière, c'est à titre provisoire, et qu'il y a enquête.
Cart. de M. de Thou, Bibl. Imp., lat. 5992, et Bibl. de
Troyes, ms. 22, p. >I45; Reg. Princip.y I, 500 deColbert,
t. 56, f» 454 vo 452 ro; ColL de Champ., t. 436, p. 56. —
Ed. Chantereau, pr. p. 9; Quantin, Cart. deVYonne, II, 378.
351 . — Du 43 avril 4 4 86 au 28 mars 4 4 87 (1 4 86). — Ma-
rie autorise un échange de serfs entre les abbayes de Saint-
Loup de Troyes et de Rebais.
Cart, de Saint-Loup, appartenant à M. de la Porte,
fo xLmi.
352. — Du 43 avril 4486 au 28 mars 4487(4486). —Ma-
rie constate que, moyennant 80 livres, Garin Pournier de
Méry s'est désisté en faveur djB l'abbaye de Montier-la-Celle
de ses prétentions sur la justice de Ruvîgny.
Copie, Arch. de l'Aube, Inv. de Montier-la-Celle, f© 49 ro.
353. — 4486 au plus tard. — Marie, en présence de son
fils, reconnaît qu'elle n'a aucun droit de gîte à Lusigny.
Copie du xvii« siècle à M. le vicomte Grundler. — Ed.
Harmand, Notice sur la Bibliothèque de Troyes, p. 38.
f
TROISIÈME PARTIE.
Catalogne des «eles da eoaile Hearl n, |wm«% la
réfCBce de Hdiie.
1187-1190.
354. — Marayc-en-Olhe, du 29 mars US7 au le avril
US$ {-l-IST, ap. Maraiam). — Henri fait un échange avec
Mllon de Provins.
Original, cabinet de M. Michelin. — Mention Bourquelot,
HisL de Provins, I, -155.
355. — Sézanne, du 29 mars 4487 au 46 avril 4488
(4487, Sezann^), — Henri confirme la donation de 20 livres
de rente sur le tonlieu de Provins, faite à l'abbaye de Fonte-
vraud par Henri le Libéral.
Copie, Bibl. Imp., lat. 5480, p. 447.
356. — Sézanne, du 29 mars 4487 au 4e avril 4488(4487,
Sezanné), — Henri transige avec Haïccde Plancy sur la pro-
priété de cinq serfs.
Cart. de M. de Thou, Bibl. Imp., lat. 5992; Bibl. de
Troyes, ms. 22, p. 440.
357. — Sézanne, du 29 mars 4487 au 46 avril 4488 (Sd-
zann^, 4487). — Henri a obtenu de l'abbaye de Saint-Oyaiid
la cession d'une partie des droits de cette abbaye à Sermaise
où doit être fondée une nouvelle ville.
lieux chartes, 4o une émanée d'Henri, Reg, Princip., lU
(.•>00 de ColberJ, 58), fo 245 \o 246 ro. — Mention dans Pi-
thou, Coût, de Troyes, éd. de 4628, p. 790; — 2© une autre
émanée de Bernard, abbé de Saint^laude, Çart, dé' la èùàr
tesse Blanche, BibL Imp., lat. 59*3, fo VÏII^ Vv*>-, Cariât
M. de Thou;VM. Imp., lat. 5992; Bibl. de Troyes, ma. 28,
p. 90, 4S9. — '• Copie, Bibl. Imp., Coll. de Chanip., t. ISèr
p. 27. — Mention Gall. Christ, nw., IV, 249,
m *
-m-
358. — Saint-Mards-en-Olhe , du 29 mar^ 4487 au 46
avril 4488 {ap. S, Medardum, 4487). — Henri, moyennant
trente livres une fois données, promet aux habitants d'On-
jon qu'il ne Uîs mettra jamais horç de sa main.
Ed. Ordonnanc,es , IV, 254; Vallet de Viriviile, ArcA.
Bist. de l'Aube, 375.
358 bis. — Troyes, du 29 mars 4 4 87 au 4 6 avril 4 4 88 (Tr^
ciSy 4487). — Henri confirme une donation faite à la lé-
proserie des Deux-Eaux de Troyes par Gilon de Torneellis;
il y ajoute un fîroit d'usage dans une forêt.
Ed. Mém, de la Soc. d'agr. de l'Aube, 2« série, I, 534.
359. — Troyes, du 29 mars 4487 au 46 avril 4488 {ap.
Trecas, 4487). — Henri approuve un traité entre Tabbayc
de Cheminon et Adam de Commercy, etc.
Original, Arch. de TAube.
360. — Troyes, du 29 mars 4487 au 46 avril 4488 (4487).
— Henri déclare que son père avait engagé à JosLert de
Cbaumont Tavouerie de Condes et de Darraanne, que Tab-
baye de Saint-Remy Ta rachetée, et il s'engage à ne plus la
laisser sortir de sa main.
Bibl. de Reims, i^^ Cart. de Saint-Remy, fo 225 ro vo;
2e Cart. de Saint-Remy, fo LXVI ro v©.
361. — Troyes, du 29 mars 4487 au 46 avril 4488 (4487).
— Henri confirme Texemption de péîige, de tonlieu, d'en-
trée et de Fortie des foires, de la justice des prévôts, etc.,
accordée par Henri le Libéral à Purbert l'Epicier.
Arch. de l'Aube, 2« Cart. de l'Hôtel-Dieu-le-Comte de
Troyes, fo i7 \^.
362. — Troyes, du 29 mars 4487 au 46 avril 4488 {Tre-
cis, 1187). — Henri abonne les droits de sauvemcnt et de
gîte que lui doivent les hommes de Luyères.
Original, Arch. de l'Aube.
363. — Troyes, du 29 mars 1187 au 16 avril 4 188 (Treds,
1188). — Henri abandopne à l'abbaye de Saint-Loup le sau-
v^ment et les gelées de Baire.
«i
_ 390 —
Cart. de Saint-Loup, appartenant à M. delà Porte, f> un
(voir plus haut, n» 159).
364. — Du 29 mars 1187 au 16 avril 1188 (1187). -
Henri constate que le prieuré de Saint-Ayoul a donné à ^a^
chevôque de Reims Tusufruit de certains biens situés à Provins
moyennant une rente de cent livres qui se réduira au revenu
ritel, si un incendie, si la guerre avec le roi de France ouïe
comte de Flandres réduit le produit des foires.
Copie, Archives de l'Aube, Invent, de Montier-la-Celle,
f* 65 vo.
365. — Du 29 mars 1187 au 16 avril 4488 (4487). -
Henri approuve une donation faite à Tabbayc de Cheminon
par Hermengarde de Plaiseio.
Original, Archives de la Marne.
366. — Lagny, du 47 avril 4488 au 8 avril 4489 (La/i-
m'acf, 4488). — Marie confirme la donation, faite à la cha-
pelle Notre-Dame de la cathédrale de Meaux par rarchidiacre
Roric, de 70 sous de rente qu'Henri l*' lui avait donnés.
Ed. T. du Plessis, Uist. de l'égl. de Meaux, II, 76.
367. — Meaux, du 47 avril 4 4 88 au 8 avril 4489 [Meldis,
4 4 88). — Henri donne à la léproserie des Deux-Eaux de Trêves
Accline, mère d'Adam, chapelain de la comtesse Marie.
Ed. Mém. de la Soc, d'agr. de l'Aube, 2* série, I, 534.
368. — Provins, du 47 avril 4488 au 8 avril 4489 (4488).
— Henri maintient les talemetiers de Saint-Ayoul dans le
privilège que son père leur a accordé de pouvoir seuls, avec
six autres, vendre au-delà du pont qui est vers Saint-Ayoul,
sauf l'espace de temps qui sépare le jour où les foires sont
criées du jour où l'on dit Haré,
Bibl. de Provins, Cart. de Caillot, fo 79 vo. — Mention
Bourquelot, Hist. de Provins, I, 437.
368 bis. — Provins, du 47 avril 4488 au 8 avril 4489
{Pruvini, 4488). — Henri déclare que s'il a levé une impo-
sition sur les terres du chapitre de Sens qui relèvent du comté
— sol-
de Champagne, c'est à cause de la dîme établie par ordon-
nance du roi et non en vertu d'aucun autre droit.
Ed. Quantin, Cart, de l'Yonne, II, 393.
368 ter. — Provins, du •47 avril AiSS au 8 avril 4489
{Pruvini, 4488). —.Henri autorise la fondation d'un cha-
pitre dans sa chapelle de Vertus.
Ed. E. de Barthélémy, Dioc. de Châlons-sur^Marne, I,
352. — Mention GalL Christ., IX, 98 C; cf. Marlot, II, 439.
369. — Troyes, du 47 avril 4488 au 8 avril 4489 {Trecis,'
4488). — Henri assigne à Eudes, son clerc, et à Eudes de
Luyères, gardiens du trésor de Saint-Etienne, des revenus
à Herbisse sur la censé, et six muids de vin sur son cellier,
en remplacement d'une rente de même valeur à eux don-
née par son père. Il leur promet la première prébende va-
cante.
Bibl. Imp., P. Bouhier, n© 42 bis (Cart, de Saint-Etienne
de Troyes), fo VI vo. — Copies du xvf et du iviii* siècle
aux Arch. de l'Aube.
370. — Troyes, du 47 avril 4488^au 8 avril 4489 l^r^-
ciSy 4488). — Henri donne au prieuré de Poissy un droit
d'usage dans le bois de Ulmoi, le tiers du premium d'une
maison aux deux foires de Troyes, etc.
Original, Arch. de l'Aube.
371. — Troyes, du 47 avril 4488 au 8 avril 4489 (4488).
— Henri constate que la donation faite à l'abbaye de Vau-
luisant par Dreux, père de Bérenger de Villemaur, a été ap-
prouvée par Bérenger et par les fils de Bérenger.
BM, Imp., Cart. 452 {Cart. de Vauluùant), fb 58 v«.
372. — Troyes, du 47 avril 4 4 88 au 8 avril 4489 {Trecis,
4488). — Henri approuve la donation faite à l'abbaye de
Montier-la-Celle par Girard Justin, d'un étal situé devant
la maison de cette abbaye dans la draperie.
Copie, Arch. de l'Aube, Inv. de Montier^la-Celle, fo49ro.
373. — Troyes, du 47 avrU 4488 au 8 avril 4489 (Trecis,
— 3»2 —
i\SS). — Henri Goafirme, A^ la donation de3setiers 4/2 d'a-
voine faite au chapitre de Saint-Pierre de Troyes par soo
père et sa mère, sur le sauvemesit des Grandes-Cbapelles; 2»
les donations faites au même chapitre par Garin de Méry,
Gautier de Châtres, Rembaut, et Thierry de Flacy.
Mention Pidiou, Coût, de Troyes , éd. de 462S, p. ?u.
373 bù. r— Troyes, du n avril 4 188 au S avril 4489(rr^
0i8, 4488). -rr Henri approuve la donation du village de
Dampierre, dit depuis Dam pierre-au-Temple, faite parGue^
mond de Mareuil aux Templiers.
Ed. Ë. de Barthélémy, Diocèse ancien de Chdlons-^ur-
Marne, I, 406.
374. — Du 47 avril 4488 au 8 avril 4489 (4488). — Marie
fait remise à l'abbaye d'Essommes de diverses rentes que
cette abbaye lui devait : quatre muids de froment, neuf sous,
deux setiers d'avoine, etc.
Copie, Bibl. Imp., Coll. de Champ., t. 435, p. 274.
375. — Du 47 avril 4488 au 8 avril 4489(4488). — Marie
constate une donation faite à THôtel-Dieu de Meauxpar Bar-
thélémy de Monthion.
Ed. T. du Plessis, Hist. de l'égl. de Meaux, II, 76.
376. — Du 47 avril 4488 au 8 avril 4 4 89 (4488). — Henri
confirme l£^ fondation do la chapelle du palais de Provins et
îyoute aux dons de son père celui d'une rente de huit muids
de vin.
Ed. Gall. Christ., XII, instr. 56. — Mention Bourquelot,
Hist. de Provins, 1, 4 37; Bibl. Imp. , Coll. de Chamfi., t. 435,
p. 264.
377. — Du 47 avril 4488 au 8 avril 4489 (4488). — Henri
confirme deux donation3 faites à l'Hôtel-Dieu de Provins,
4o par Guillaume, archevêque de Reims, dix livres de rente;
2q piir Henri le Libéral, cinq sous de rente.
Archives hosp. de Provins, 4er Cart. de l'Hôtel^Dieih
f» II y^.
^
»■
— 398 —
378. — Du 47 avril 4488 au 8 avril 4489 (4488). — Henri
constate que, par suite du désistement de Jacques des
Sièges, les moines de Vauluisant pourront fabriquer du fer
et de la brique dans le bois des Sièges.
Bibl. Imp., Gart. 452 (Cart. de Vauluisant) ^îo^% y o^^xo.
378 bis, — Du 47 avril 4488 au 8 avrU 4489 (4488). —
Henri donne au chapitre de Sens quarante sous de rente
sur le péage de Bray aux foires de mai pour Tanniversaire
de son père.
Mention Quantiu, Cart, de l'Yonne, II, 393.
379. — Juin 4488, — Le pape Clément III notifie à Henri
des mesures prises pour mettre fin aux divisions des moines
de Grandmont : il lui eiyoint de veiller à l'exécution de
ces mesures.
Ed. Gall. Christ, nov., II, 492-493; cf. JafTé, Regesta
Pontificum Romanorum, p. 874.
380. — Troyes, mars 4489 {Trecis, 4^88, mense martio).
— Henri, en échange d'un tenement à Sourdun, donne à l'ab-
baye de Larivour le droit de faire un four dans la maison de
feu Pierre le Cointe.
Original, Ârch. de l'Âube.
381. — Bray-sur-Seine, du 9 avril 4489 au 24 mars 4490
(J5ran,4489). — Henri constate une vente faite pardevant lui
au chapitre de Saint-Quiriace de Provins.
Original, cabinet de M. Michelin.
382. — Nogent-sur-Seine, du 9 avriL4489 au 24 mars
4490 (Nogenti, 4489). — Henri donne aux bons hommes de
Tourvoye cent sous de rente sur l'entrage des vins de Pro-
vins.
Original, cabinet de M. Michelin. — Copie, Bibl. de Pro-
vins, Ythier, Hùt. eccL, IV, 393.
383. — Nogent-sur-Seine, du 9 avril 4489 au 24 mars
4490 {Nogenti, 4189). — Henri prend sous sa protection le
prière de Tourvoye.
S6
I
.L
— 39* -
Copie, Bibl. de ProTins, Ytiner^Hisi. msel. IV, 388. --h-
trait Bibl. Imp., Coll. de Champ. ^ t. 435, p. 284.
384. — Sézanne, du 9 avril 44S9 au 24 mars 1490(4489).
— Henri approuve la donation à l'abbaye de Saint-Nicaisede
Reims d'un bien situé apud Bussolium.
Bibl. de Reims, Cart. de Saint-Nicaise, f» 43 v».
385. — Tours, du 9 avril 4489 au 24 mars 4490 (4489).
— Henri donne à Téglise et aux frères du Mont-des-Olives
cent sous de rente sur les foires de mai de Provins.
Vidimus d'août 4230, aux Archives de rfimpire,KK40e4
{Lib, Principum)^ fo 269 r©.
386. — Troyes, du 9 avril 4489 au 24 mars 4490 (4489).
— Henri constate une donation à l'abbaye de Saint-Nîcaise.
Bibl. de Reims, Cart. de Saint-Nicaise, fo 43 v».
387. — Troyes, du 9 avril 4489 au 24 mars 4490 {Trecùj
4489). — Henri rappelle les donations faites à l'abbaye de
N.-D.-aux-Nonnains de Troyes, par ses prédécesseurs Hu-
gues, Thibaut II et Henri I^-.
Copie, Bibl. Imp., Coll. de ChampagnCy t. 435, p. 293-294.
388. — Troyes, du 9 avril 4489 au 24 mars 4490(rfani,
4489). — Henri confirme les donations faites par son père à
l'Hôtel-Dieu-le-Comte de Troyes.
Original, Arch. de l'Aube. — Même dépôt, A^Cart,iê
r Hôtel-Dieu, fo46ro. — Extrait, Pithou, Coût, de Tro^
éd. de 4628, p. 27.
389. — Troyes, du 9 avril 4489 au 24 mars 4490 (TVww,
4490). — Henri donne au prieuré de Saint-Jean-eo-ChÀtel
une partie de la vigne de Girard, frère de Milonde Bray
(voir plus bas, no 434).
Original, Arch. de l'Aube, P. de Montiéramey. — Bibl.
Imp., lat. 5432 (Cart. de Montiérainey)^ fo 88 vo. — Copie,
môme dépôt, Coll. de Champ. ^ t. 436, p. 497-498.
390. — Troyes, 4u 9 avril 4489 au 24 mars 4490 (Treds^
4489). — Henri donne au prieuré de Foicy cinquante sous
— 396 —
de renie payables but les revenus de la porte Saint-Hartin
de Troyes aux foires de Saint-Jean.
Original, Ajch. de TAube.
391. — Du 9 avril 4489 au 24 mars 4490 (4489).—
Henri déclare qu'il ne &ra lever ni taille, ni exaction sur le
gardien de la maison que Tabbayc d'Igny possède ^ Bpernay,
pourvu que ce gardien ne soit ni bomme ni justiciable du
comte de Champagne.
Bibl. Imp., Gart. 79 (Cart. d'Igny), fo437vo.
992. — Du 9 avril 4489 au 24 mars 4490 (4489). — Heur
prend sous sa garde THôtel-Dieu de Provins.
Arch. hosp. de Provins, 4«'' Cart. de l'HOtel-DieUy fo II r».
— Extrait, Bibl. Imp., Coll, de Champ., t. 435, p. 274.
393. — Du 9 avril 4489 au 24 mars 4490 (4489). —
Henri donne à Tabbayc de Glairvaux le frère de Guillaume
de Gisors, moine de cette abbaye.
Arch. do l'Aube, Cart. de ClairvaiMO, pièce cotée Comi^
tum Campante XXII.
*394. — Du 9 avril 4489 au 24 mars 4490 (4489).— Henri
confirme la charte de son père en faveur du prieuré de
Saint-Florentin (voir plus haut, no 69).
Mention Quantin, Cart. de l'Yonne, II, 402 note.
395. — Du 9 avril 4489 au 24 mars 4490 (4 4 89). — Marie
constate qu'Eudes de Mancegny a cédé au prieuré de Sainte-
Pov de Coulommiers la dîme de Chaillv.
Ed. Champollion-Figeac, Doc. hisi. inéd., extr. de la
Bibl. 7?., II, 2e partie, p. 42.
396. — Provins , 8 février 4 4 90 (F/o idus febrttaHi, 4 4 89).
— Henri donne à l'Hôtel-Dieu de Provins dix livres de rente
sur Tentrage des vins d'Auxerre et des autres vins étrangers
qu'on amène à Provins.
Arch. hosp. de Provins, K^^Cart. de VEôtel-Dieu, fo IIII vo.
397. — Troyes, du 4«r au 24 mars 4490 (Trecis, 4489,
mense mareio). — Henri déclare que son père a donné à Tab-
— 396 —
baye de Boulancourt cent cinquante jugera aux forges de
Vassy.
Extrait, Bibl. Imp., Coll. de Champ., t. 435, p. 256-257.
398. — Provins, après le 24 mars 4490 (Pruvinif 4490).
•— Henri abonne à six cents livres la taille de la ch&tellenie
de Provins.
Original, Arch. de l'Empire, J, 203, n© 95. — Reg. Prineir
pum, I (500 de Colbert, 56), fo 422 ro yo. — Ed. Brusad,
p. 494-492; Bourquelot, Hist. de Provins, I, 207-208.
399. — Troyes, après le 24 mars 4490 {TreeiSy 4490). t-
Henri confirme les chartes de son père et de sa mère pour
l'église Saint-Nicolas de Sézanne.
Original, Archives de la Marne.
400. — Troyes, après le 24 mars 4490 {Trecis, 4490). —
Henri constate que l'archevêque de Reims et la comtesse
Marie ont été choisis pour arbitres entre lui et le chapitre de
Reims, sur la question de savoir qui est propriétaire de
Vertus, etc. '
Bibl. de Reims, Livre blanc du chapitre, f» 248 r^v^; ^
Livre vert, fo 5 vo-6 ro.
401. — Troyes, après le 24 mars 4490 {Trecis, 4490). —
Henri donne à l'abbaye de Scellières dix muids de froment,
dix livres d'argent et seize setiers de vin de rente.
Ed. Camuzat, Promptuarium, f© 379 ro. ; GalL Christ. XII,
instr. 277. — Analyse, Desguerrois, Saincteté chrestienne,
fo344rovo.
401 bis. — Troyes, après le 24 mars 4490 {Treds, 4490).
— Henri, qui devant se croiser avait reçu trois cents livres
des habitants de Chablis, reconnaît que c'est à titre d'aide et
non de coutume.
Copie, Bibl. Imp., Baluze,-t. 76, fo240; t. 77, fo236vo.
— Ed. Quantin, Cart. de r Yonne, II, 447.
402. — Troyes, après le 24 mars 4490 (4490). — Henri
accorde certains privilèges aux hoirs d'Ërard de la Porte.
Mention Pithou, Coût, de Troyes, éd. de 4628, p. 46.
— 397 —
403. — Troyes, après le 24 mars 4490 (Trecis, 4490).
— Henri accorde aux habitants de Chaumont-en-Bassigny
la coutume de Lorris.
Copie, Arch. de TAube, P. de Clairvaux. — Ed. La Thau-
massière, Coût, de Berry, p. 428 ; Ordonnances, XII, 48-50.
Traduction, dans Jolibois, Hist. de Chaumont, p. 24-34, qui
renvoie aux archives de la ville.
404. — Après le 24 mars 4490 (4490). — Henri conflrme
les donations fhites par son père aux bons hommes qui habi-
tent in nemore de Arvico près dlsle-Aumont.
Copie, Bibl. Imp., Coll. de Champagne^ t. 436, p. 98.
QUATRIÈME PARTIE.
Catetogne des «été* d'Heiirl O et de ntorle de vraaee
pendanl la «eeonde résinée de Btarie*
1190-1197.
405. — Vézelay, 4490 {ap. Verzelaium, 4490). — Henri
donne à l'abbaye de Chemin on, sous réserve d'usufruit, ce
qu'il avait à Cheminon, etc. (voir plus bas, n» 436).
Original, Arch. de l'Aube.
406. — Vézelay, 4490 {ap.Verzelayufn,i 490).— Henri per-
met à l'abbaye de Pontigny d'amener et de vendre à Troyes
deux cents muids de vin sans payer de droits.
Ed. Quantin, Cart. de l'Yonne, II, 426. — Mention Bibl.
Imp., Coll. de Champ., t. 435, p. 298.
407. — Gorbigny, 1490. — Henri donne à l'abbaye de
Saint-Germam d'Auxerre une maison dans la ville de Troyes.
Mention Gall. Christ., XII, 384, CD.
408. -- Marseille, '4 4 90 (ifom/ie, 4490). — Henri déclare
— 3WB —
qu'il a donné à l'Hôtel^ieu de Troyes, à titre d'échange,
une rente de vingt sous.
Archives de l'Aube, 4«r Cart. de VHâM^IHeVf4e-(kimity
(• 29 vo.
409. — Marseille, 4490 (Massilie^ 4490). — Henri ap-
prouve une donation faite à THôtel-Dieu de Provins par
Geofroi l'Eventé.
Arch. hosp. de Provins, 4^ Cart. de VHôtel-Dieu^ f» Vr».
410. — Marseille, 4490 {Massili^, 4490). —Henri dé-
clare que si les usagers de ses forêts des environs de Pro-
vins le permettent, les pauvres de THôtel-Dieu pourront y
aller chercher du bois.
Arch. hosp. de Provins, i^rCart. de l'Hôtel-Dieu, f» H, r».
411. — En Palestine, au plus tard le 43 avril 4494 (4490,
trans mare). — Henri donne à la léproserie de Troyes un
serf, sa femme et son héritage.
Original, Arch. de l'Aube, F. de Saint-Lazare de Troyes.
— Ed. Mém. de la Soc, d'agr, de l'Aube, I, 584.
412. — Provins, au plus tard le 43 avril 4494 (Prwwjii,
4490). — En exécution d'une disposition d'Henri, Marie as-
signe à un chapelain de Saint-Quiriace une rente de dii li-
vres, moitië in ^o^^e/Zi^ à l'octave de Saînt-Remy, moitié sar
l'entrage des vins à l'octave de PÀques.
Original, cabinet de M. Michelin. — Copie, Bibl. 4e Pro-
vins, Cart, de Caillot^ f© 267 ro.
415. — Au plus tard le 43 avril 4494 (4490). ^ Marie
constate que Hélie et Hugues, chevaliers, de Monthion, ont
donné trente arpents de terre à Tabbaye de Ghambre-Fon-
taiiie.
Ed. T. du Plessis, Hist. de Végl. de Meaux, II, 78-79.
444. -- Au plus tard le 43 avril 4494 (4490). — Marié
fait savoir que son fils, partant pour Jérusalem, a donné à
l'abbaye de Pontigny dix livres de rente sur les foires de
TVoyes.
- 399 —
Extrait, Bibl. Imp., Coll. de Champ.j t. 435, p. 298. —
Mention Quantin, Cart, de l'Yonne, II, 426.
415. — Au plus lard le 43 avril U9A H 490). — Marie
nomme à une chapellenie que son fils Henri, partant pour
Jérusalem, avait fondée à Saint-Etienne de Troyes, et dotée
de dix livres de rente.
Bibl. Imp., P. Bouhier, 42 bU {Cart, de Saint-Eitenne),
fo XXV vo.
416. — Montereau, février U9i (Musterioli^ 4490, mense
fehruario), — Marie constate qu'Heîiri a donné en usufruit à
Pierre, orfèvre, droit d'étalage dans un emplacement qui
appartient à Saint-Etienne de Troyes.
Bibl. Imp., F. Bouhier, 42 bis (Cart. de Saint-Etienne),
f> XXVI ro.
417. — Devant Acre, du 44 avril au 43 juillet 4494 (in ob-
sidione Acconensi, 4494). — Henri confirme les privilèges
accordés aux Templiers par Thibaut II et par Henri I".
Reg. Principum, I (560 de Colbert, 56), f»»422 vo; Coll. de
Champ,, t. 436, p. 465-166, 243; Cart. de M. de Thou,
Bibl. Imp., lat. 5992 ; Bibl. de Troyos, ms. 22, p. 202-203.
— Mention Bourquelot, Bibl. de Véc. des Chartes^ 4* série,
t. IV, p. 174.
418. — Du 5 avril 4492 au 27 mars 4493 (4492). — Ma-
rie donne au prieuré de Fontaine vingt muids de vin de rente
à Lagny, dont ce prieuré n'entrera en jouissance qu'après
le décès d'Isabelle de Plancy.
Ed. T. du Plessis, Hist. de Végl. de Meaux, II, 80.
419. — Du 5 avril 4492 au 27 mars 4493 (4492). —Marie
constate une donation de serf au prieuré de Méry.
Arch. de la Côte-d'Or, 2* Cart. de Molesme, f© 94 v».
H9 6if. — Da 5 avril 4492 au 27 mars 4493 (4492). —
Marie confirme un accord entre les Templiers et Anselme de
Garlafide.
— 400 —
Mention E. de Barthélémy, Diocèse ancien de Châtùni-
sur-Marne, I, 440.
420. — 4 août 4492 (IIo nonas augusti, 4492). — Marie
déclare avoir donné à la cathédrale de Meaux quarante sous
de rente pour Tanniversaire de son mari.
Bibl. de Meaux, Cart. de l'église de Meaux, II, 44. —
Mention, Bibl. Imp., Coll. de Champ., t. 435, p. 294.
421. — Du 28 mars 4493 au 9 avril 4494 (4493). — Marie
approuve une donation, ou plus exactement, une vente faite
aux Templiers de Provios par Henri .Bristaud.
Arch. de l'Empire, S. 5462, n** 25 (Cart. de la commande-
rie de ta Croix-en-Brie), p. 38. — Mention Bourquelot,
Hist. de Provins, I, 439, et Bibl. de l'école des Chartes,
4« série, t. IV, p. 475.
422. — Du 28 mars 4493 au 9 avril 4494 (4493). — Vbr
rie autorise l'abbaye de Prully à défricher le bois de Prully.
Mention, Bibl. Imp., Coll. de C/iamp., t. 435, p. 304.
423. — Du 28 mars 4493 au 9 avril 4494 (4493). — Ma-
rie constate que maître Jacques, fils d'Haymon de Vitry, a
donné à Tabbaye de Trois-Fontaines, sa maison sise àVitry,
près de la Maison-des-Pauvres.
Original, Arch. de la Marne.
424. — Octobre 4493 (4493, mense octobri). — Gui, aN
chevêque de Sens, consttite qu'à sa prière et à celle de h
comtesse Marie, l'abbé de Montier-la-Gelle et le prieur de
Saint-Ayoul se sont désistés de leurs poursuites contrt les
Bénédictines de Ghampbeno^, établies dans un champ qui
relevait de leur censive.
Ed. Gall. Christ., XII, instr,, 64.
425. — Du 40 avril 4494 au 4 er avril 4495 (4494). — Ma-
rie déclare qu'elle a donné à l'abbaye du Paraclet un empla-
cement situé au marché de Provins, et où l'on ne pourra
établir que des étaux mobiles.
Original, Arch. de l'Aube. — Bibl. de Troyes, ms. 2tt4
— 401 —
{Cart, du Paraclet), charte n» LVII. — Copie, Bibl. Imp.,
Coll. de Champ, y t. 435, p. 295; Bibl. de Provins, Cart, de
Caillot, fo 250 ro.
426. — Du \0 avril Ud au ^er avril M95 (4494). —Ma-
rie constate une transaction entre Tabbaye de Montiéramey
et Lore de Buxeuil.
Original, Arch. de TAube.
427. — Du 40 avril 4494 au 4er avril 4495 (4494). — Ma-
rie déclare que Pierre de Touquin a cédé aux Templiers,
moyennant une rente de grain, son moulin à rentrée du
château de Goulommiers.
Arch. de TEmpire, S 5462, n© 25 {Cart. de la commande-
rie de la Croix-en-Brie)^ p. 39.
428. — Du 40 avril 4494 au 4er avril 4495 (4494). — Ma-
rie constate que Marguerite, veuve de Robert de Sablon-
niëres, a cédé aux Templfers ce que son mari lui avait donné
à titre de douaire dans la banlieue de La Ferté-Gaucher (voir
plus bas, no 434).
Arch. de TEmpire, S 5462, no 25 {Cart. de la commande-
rie de la Croix-en-Brie)^ p. 39.
429. — Du 40 avril 4494 au 4*' avril 4495 (4494). —Ma-
rie constate une donation, à titre d'usufruit, faite à Gui de
Dampierre par l'abbaye de Saint-Loup de Troyes : elle
ajoute qu'elle garantira cette donation tant qu'elle tiendra la
'terre de son fils.
Original, Arcb. de l'Aube ; Cart. de Saint-Loup, f© 54 v».
430. — Du 40 avrU 4494 au 4er avrfl 4495 (4494). —
Thomas, abbé, et le couvent de Moiremont, ont accordé à
Marie et aux comtes de Champagne une rente de douze de-
niers, d'une geline, et de deux quartaux d'avoine sur chacun
de leurs hommes de Moiremont et de MalTrécourt.
Copie, Bibl. Imp., Coll. de Champ., t. 436, p. 92.
431. _ Juillet 4494 (4494, mense Julio). —Marie con-
state que Thibaut, abbé de Montiéramey, a acheté des en-
_.^
w.
fanU de Girard, frère de Milon de Bray, le reste de la
donnée au prieuré de Saiat-Jean-ea-Gfa&tel par Henri II, «
4489 (voir plus haut, no 389).
Original, Arch. de TAube; Bibl. Imp., lat. 5432 {Cart. di
Montiéramey)^ fo 442 ro.
432. — 5 mars 4495 (4494). — Marie déclare qu'elle
avait acheté cinquante-cinq livres la vigne de Simon CAdw-
derij mais qu'elle a été obligée de céder cette vigne à Si-
mon, clerc de Ponte^ qui a exercé le retrait lignager.
Bibl. de Meaux, Cart. de l'église de Meaux, II, 44.
432 bis. — Joîgny, du 2 avril 4495 au 20 avril 4496
(Jogniad, 4495). — ^ Marie constate une donation faite par
Gui d'Arcis à Tabbaye de Sainte-Colombe de Sens.
Ed. Quantin, Cart. de l'Yonne, II, 470.
433. — Du 2 avril 4495 au 20 avril 4496(4195). — Marie
constate une transaction entre Gumeland de Troyes et les
Templiers, au sujet de' maisons, d'un verger, et d'une place,
sis à Troyes, près la maison du Temple.
Arch. de l'Aube, Cart. du Temple, fr CGLXXXVII r* v».
434. — Du 2 au 30 avril 4495 on du 4«r an 20 a>Til 4496
(4495, mense aprili). — Marie constate le désistement d'une
sœur de Robert de Sablonnières, laquelle attaquait la dona-
tion par Robert, aux Templiers, de ses biens dans labanlieiK
de La Perté-Gaucher (voir plus haut, n© 428).
Arch. de l'Empire, S 5462, n» 25 {Cart. de la commaiiA-
rie de la Croix-en^Brie), p. 34-35.
435. — Provins, mai 4495. — Marie déclare garantir
une vente, sous forme de donation, Bute àTabbaye deScel-
lières.
Original, cabinet de M. Michelin.
436. — Acre, août 4495 {Aoeone, 1495, mum§e augmte^.
— Henri donne à l'abbaye de Chcminon tout ce qu'il s'était
réservé à Cheminon dans sa donation de l'année 4490 (voir
plus haut, n** 405).
Original, Archives de l'Aube.
_ M3 —
4S7. — Meaux, aoùm95(i!feWw, ii^^^mense augusto).
— Marie approuve, comme suzeraine, une donation faite à
l'abbaye de Chambre-Fontaine, par Barthélémy de Monthion.
Ed. T. du Plessis, Hist, de l'église de Meaux, II, Si .
438. — Mars U96 (-HOS, mense martio). — Marie con-
, State une transaction entre la léproserie des Deux-Eaux de
Troyes et Eudes Joslain.
Original, Arch. de l'Aube, P. de Saint-Lazare de Troyes.
— Ed. Mém. de la Soc. d*agr. de l'Aube, 2« série, I, 533.
439. — Du 24 avril -HQÔ au 5 avril 4^97 (H96). —Marie
désigne des religieuses du prieuré de Fontaine qui joui-
ront du terrage de Chambry.
Ed. T. du Plessis, Hist. de l'église de Meaux, II, 82.
440. — Du 24 avril 4496 au 5 avril 4497 (4496). — Marie
met l'Hôtel-Dieu de Donnement sous l'obédience de THôtel-
Dieu-le-Comte de Troyes.
Original, Arch. de TAube. — Môme dépôt, 4« Cart. de
l'Uôtel'Dieu-le-Comte, fo 400 ro. — Ed. Ph. Guignard, An-
ciens statuts de l' Hôtel-Dieu ^ p. 96.
441. — Acre, 4e>^ octobre 4496 (Accone, 4496, kalendis
octobris). — Henri donne à THôtel-Dieu de Provins la pre-
mière prébende vacante dans la chapelle du palais.
Copie, Bibl. de Provins, Ythier, Hist, eccLy Supplément,
p. 44 ; Bibl. Imp., Coll. deChamp,, t. 435, p. 26.
442. — Décembre 4496 (4496, mense decetnbri). — Mtafe
constate plusieurs donations faites à l'abbaye de Saint-I^p
de Troyes par Geofroi, clerc, d'Esternay, dit l'Allemand.
Original, Arch. de l'Aube.
443. — Janvier 4497 {mense januario, 4496). — Marie
déclare quelles sont les coutumes de Fay et de Chamoy re-
connues devant elle par Pierre de Saint-Phal.
Original, Arch. de l'Aube, F. de Notre-Dame-aux-Non-
nains.
444. — Octobre 4497 (4497, mense oeiobri). — Marie
i- n
— W4 —
constate une donation faite à Tabbaye du Paraclet par Haie
de Villemaur, veuve de Milon de Provins, maréchal.
Original, Ârch. de TAube.
445. — 4497 au plus tard. — Marie approuve la fonda-
tion de l'église collégiale de Notre-Dame-du-Val de Provins.
Elle se réserve la nomination à la moitié des prébendes et des
dignités, sauf celle de doyen.
Copie, Bibl. de Provins, Ythîer, Hist. eccL, II, 54-52;
Bibl. Imp., ColL de Champ., t. 435, p. 292. — Mention
Bourquèlot, Hist. de Provins, I, 435.
»
I
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
SUITE (0.
LXXIV.
Charte eu ceaito WÊogm^m jfmur PablMiye de Holi
wmmâmUmk eu prieuré dfsle-AvaieBi*
1097.
Notom ait omnibas tam fotaris, qaam presentibus, qvod ego
Hugo, cornes Trecen., dedi Deo et Sancta Marias MoUsmensis
ecclesi», nec non et Sancto Theobaldo, ubi mansioDem habebaot
monachi Molismeoses, secus ecclesiam in honore sancti Theo-
baldi (2) fundatam, terram citra et ultra viam que vulgo vocatur
Chîminus, in circuitu cum appendiciis suis, in latitudine quidem
Qsque ad arborem, que vocatur Pirus Mirilellus, ubi est quasi
terminus et divisio via que ducit ad prata ; in longitudine vero
ab eadem via versus Grandem Boscum et triginta perlicas; cujus
loci et terre donationem per circuitum ita liberani et quietaui
dedi, sicuti et ego libère possederam et quiète, conccdens ut nec
ego, nec beredes mei aliquam ibi ulterius consuetudinem habeant
▼el justiciam, nil omnino michi vel heredibus meis ibi retinens.
Qninetiam de silva mea dedi ad usus monacborum in loco dicto
maneniium, quantum scilicet in posterum eis opus fuerit, sive ad
hospitaodum, sive ad calefacièndum. Dedi quoque eisdem monachis
pro anima mea molendinum ibi prope, et terram de Campo Baonis,
sicuti eam jnssu meo diviserunt Rainaldus prepositus et Roberlus
de Insulis, quam iterum Theodoricus, prepositus, et Roberlus- di-
viserunt ministrariis de Rumiliaco(5), presentibusGisone, Dodone,
(0 Voir notre Tome I, p. 439-616;
(a) Saint-Thibault, Anbe, arrondissement de Troyes, canton de Bonilly.
(8) EiuniUy-lea-Yaadet, Anlie, arrondinement et canton de Bar-enr-Seine.
— 406 —
Ermodo, Rojoldo, quia ad potestatem de Ramifitco pan ^indeB
terre pertinebat, et pan ad potestatem de Insnlis (i), que diviso
facta fuit per locum ubi aunt trea quercaa. Dedipe eif iuntom
de TruDculo» lient eam ealenua quiète powedeiaiM, Aiihvc aoioi
Yolens eorum augere bénéficia, ocmaentiente oxore mea GooHaa-
tia, Philippî illustris régis FraBCoram filia, com consilio banmoi
meorum terram Dominice Culture, que fuerat hacteous jm
comitissarum Trecensium, ioter fluYinm Sequanam Gafttmmqie et
iDSulis interjacentem, eis dedi perpétue possidendam. Itenai
bonestatis eorum inluitu ipsos a prefato looo Sancti Theobaldi
removi, ponens eos in loco bonorabiliori, in Castro scilicet lun-
larum, in ecclesia sancti Pétri, ad nanendum. Dedi etiara eîi
molendina duo, eidem çastro proxima, secns Tiam publieam, ii
una area sita, nichil omnino micbi super hiîs retinens. Sane io
terra Montis Ausberti (2) talem eis in posterom contuli libertafien,
ut, si quando alienigene quilibet, quos albanos vulgariter nanei-
pant, locum jamdicti montis inbabitare voluerint, dummodocoa
ministrariis meis pactum nullum inierint, sicut liberi venenint,Be
monachis memoratis serviant, et, si secum alîqaid addoxeriat,
aut ibi acquisierint, salvum sit, et absque meomm inquietodias
permaneat. Similiierct de propriis consuetudinariis concessî^vt
si qui eorum, aliquid causa salvationis ad memoratum locum ad-
ducentes attulerint, salvis consuetudinibus et redditibus me»,
integrum et a servientîbus meis illesum existât. Denavi preterei
sepedictis monacbis ad piscandum sibi omnes aquas meas com
piscatore, et terram super aquam Maogniam (5), quam quidan
Arnerius excolebat, et sextarium unum frumenti de arpeolo
vinee, a quodam Wineberto pro ûlio suo, inibi monachando, po-
blice ipsis ac sollempniter concesso, com bomine uno, Amamico
Domine, et terra sua, cujus donationem, quamvis ad menm pitH
▼eniret feodum, laudare non recasavi. AddidI etiam eis aolsa
meam, liberaliter donans, et aream, ubi sita est, cum propria ca-
méra mea. Concessiquc eis iibere ac quiète in perpetuum possi-
dcrc universa, que de meo fuerint feodo eis collata in postennu,
vel ipsi qnibuslicet modis justeque sibi potemnt acquirere. Im-
davi nichilominus donationem cujusdam Roberti supradictis mo-
nncbis publice factam, quem in suum recepennt monachon,
(1) Isle-Anmont, Aube, arrrondiuement de Troyes, canton de Bonilly.
(2) Montabert, Anbe, arrondissement de Troyes, canton de Loiifny,
maiie de Montanlin.
(a) La Mogne, rivière.
— *or —
qvam etiam frater ejus, nomîne Walterios, Robertasqne, aepos
ipsius, coDcorditer laudaverant, terrain videlieet de Spîneto, ter-
rain de Dmeio, terram quoqoe de Monte Ausberll, et qnamdam
graneriam ultra liaogniam citra ulmos, pratnm qnoqne de Espe-
cheyo, corn Tineis sais de Bullîaco (1), et Gunnollam (2), qnemad-
modam ipse eum tenueral. Item concessi eis habere in eastro de
Insolis proprinm furnom bannaleni, sicat ego et antecessores meî
ibidem hactenus haboenmt, ita videlicet at nemo alimn in eodem
eastro de Insolis deinceps fornnm babeat, nec aliom in loco eis
eontiguo ad gravamen eomn nllo modo constraere présumât,
loeuper dedi ipsis piseatores dnos, WiHelmirai scilieet et Alsendnm
de Corjoleniis cnn filiis eorom omnibus et filiabus, et micbi aut
heredibus meis nicbîl exinde retinui omnino.
Hec itaque universa, sîcut per ordinem diligenter conseripta
habentur, et tam a me ipso, quam a dictrs bominibus meis sol-
lempnîter coUata sont sepedietîs monacbis, ut magis în postenim
rata permaneant et inconcussa, sigilli mei autentiea et publica
impressione euraii diligenter et soHempniter confirmare. Hujus
reî testes existant, Willelmus, venerabilis episcopus Gathalanensis,
Gosbertus Rufus, senescalcus meus; et muUi alii.
Actum boc et publiée confirmatom anno ab incamatione Domi-
ui M*»xc*vno.
(Arch. de la Côte-d'Or, 2* Cart, de Molesme, f» 86 v« 87 r».)
LXXV.
dmrte dn cMnie Hiicves pour TablMiye de (MUnt-lioiip
de Tr«yefl.
Au plas tard 1100.
In nomine sancte et iudividae Trînitatis.
Ego Hugo, Dei gratla cornes Trecasinus, cum Pbillppo, fraire
meo, Gatalaunensium episcopo, et cum uxorc mea, notum volo
Bcri omnibus Xpisti famulis presentibus eorumque succcssoribus,
patrem meum, vidclicet Teobaudum comitem, ob remedium
animœ suae et uxoris iiecnon et fiiiorum suorum sanct» Dei geoi-
trici virgini Mariœ et sancto Liipo confessori atque canonicis ipsi
( 1 ) Boailly, Anbe, arrondissement de Troyes.
(a) ComcMt, Aube, arrondûsemeiU de Troyei, etntOD et Boailly.
— «w —
famulantibus perdonasse omnes oonsoetadines Till», qiut foeatir
Ralliaca (i), omniumque meiibronim ei adjacentîuin, quasnûmi-
tri ipsius juste vel injaste aolebant in eadem Tilla sopradicta et îb
menbris ejus accipere, excepto salvameato et galUna presentiafiter
nno denario empta. Quod actam est eo tenere, nt in seconda et
sexta feria a canonids sancti Lupi in eoclesia ipsinaproremedto
anim» su» et uxoris atqne filionim suonim miasa caelebreto
omni tempore, et eo etîam tenore, nt omnl amno in festi^tate
sancti Ândre» unaaquisqne villanus, qui assidue in predieta vilh
manebit, babens unum bovem ant plnres arantes, comîti Trecasao
nnam fresingam, ut ita dicam, aut duos solidos persoWat. Extn
autem potestatem si qui manserint, et boves non habuerint, anam
fresingam aut predictum precium inter duos persoivant Hoe aa-
tem ita constitutum est, ut nullus comitis minister predioam
villam et menbra ejus adeat ad aliquid capiendum, nec Justifi'eaa-
dum, aut judicandum, exceptis illis qui gallinam et salvamentom,
sicut predictum est, accipient. Nec etiam quisquam ipsius minister
in tota potestate illa aliquid accipiat, nec justitiam aliquam in ea
faciat. Idem vero ego Hugo, cornes Trecasinus, et frater mens
Philippus, Gatalaunensis episcopus, atque uxor mea approbamna,
et, ne qua ambiguitas nec contentio de consuetndinibus perdona-
tis ulterius oriaiur, sic ipsas distingui precipimus : Omnes liberoi
bomines et libéras feminas, et quicumque vel quecumque ex aliis
locis in vîllam supradictam et in menbra ejus causa morandi Te-
nerint, atque consuetudines eorum quas ministri nostrorum pa-
trum, nostri etiam solebant accipere sive juste siye injuste in villa
dicta Ruiliaca et in menbris ipsi adjacenUbus, omnino, sîtc acci-
perentur in locis sîlvestribus, sive in campestribus, sive in aquis,
sive in pratis, sive in servis, sive in ancillis, sive in liberis ibi mt-
nentibus, vel eu m prius ibi mansissent inde alio recedentibos,
omnino, inquam, ego Hugo, comes Trecasinus, et frater meoi
Pbilippus, Gatalaunensis episcopus, et uxor mea perdonamos
sancts Dei Genitrici Mariae et sancto Lupo et canonicis ipsios,
excepta gallina preseniialiter uuo dedario empta, et excepio su-
vamento et fresinga, vel precio ipsius, solidis scilicet duobus. Si
quis autem hoc statutum infregerit, sit maledictos et ab ornai
consonio Xpistianorum submotus, sicut Datban et Âlûron, quoi
terra deglutivit.
Signum comitis Hugonis : f .
Signum Philippi, episcopi Gatalaunensis civitatis : f .
Signum comi lisse Gonstantiœ : f.
(i) RoniUy-SaiDt-Loap, Anbe, arrondiitcment de Troyw, caoloa de Pinqr.
— 409 —
Hii $unt testes istius cartae : iDgelranous, episcopus Laudunen-
sis; Pbilippps, TreccDsis episcopus; Girardos, Sancti Pétri archi-
diacoDus et Sancti Lupi prepositus; Petros, archidiaconus ;
Goscelmus, archidiacoDus; Odo, cantor Sancti Pétri; Drogo, ma-
gister; Odo, cantor Sancti Lupi ; Galterus, cambérars S&ucli Lupi ;
Galterus Tronellus; Galterus Vespertilio; Teodericus, canonicus;
Teobaldus, Sancti Lupi canonicus; Hugo...., Sancti Pétri cano-
nicus.
De laicis : Milo, cornes Barri ; Pontius de Ponto ; Hugo de Paen-
dis; Dudo de Mareiolo ; Berengarus de Romeiolo; Gaufridus,
dapifer, etOtrannus ejus filius; Gosbertus de Villa Moriis; Dudo,
filius Havini; Hugo, filius Goslini; Boto, filius Baidrici; Milo Par-
vus ; Hilduinus, miles de Curia.
De servientibus comitis : Ingelmarus, prepositus ; Grimaldus,
vîcecomitis prepositus ; Lambcrtus, Gislebertus, et Leboldus, ne-
gotiatores; Walo, filius Fromundi Clari ; Hugo, pincerna; Renaldus
; G[au]debertus, frater Ingelmeri prepositi ; Wineber-
tus, filius Radulfi ; Setmarus, filius Démentis ; David, marescallus
comitis; Wandenbertus et Wiscelinus frater ejus; Leudardus.
Servientes Sancti Lupi : Petrus, Radulfus.
(Original, Archives de l'Aiibe.)
LXXVI.
Cluurte eu 6— le Hoi^efl pour Pabbaye de Moiitlèrttiiiey.
In nomine summe et individue Trinitatis.
Omnibus Xpristi fidelibus tam futuris quam presentîbus notum
fieri volumuSy quod Hugo, excellentissimus comes TrecassinsB ci-
viiaiis, interpellatus a domno Ottone, Arremarensis monaste'rii
abbaie, donavit et in perpetuum obtinere concessit beatis apostolis
Petro et Paulo monasterii Arremarensis pro anima patris sui
Theobaldi et matris sue Alaidis, necnon et pro animabus fratrum
suorum Stepliani videlicel atqueOdonis et pro sua anima, justiciara
ville ^aneti Martini (i), quae villa juxta nuiros Trecassiuae civitatis
sita est, et omniaquac in ipsa villa sive juste sive injuste tam ipso
quam omnes predecessores sui comités capere solebanu
(i) Saint-Martio-ès-Vignes, Ai&e, commune de Troyes.
«7
.<:
— 410 —
Âctum est boc publiée apud Treeas in aola îpsias comilis, anno
ab incarnatione Domini M^. C^, indiclione VIIU, pontificatus an-
tem domini Pasehalis papae secundi anno III, tempore Philippi régis
Francorum, Pbilippo, episcopo, Trecassinae dvitatis poalificiaffl
obtinente.
Hujus rei testes suDt : Gaufridus, filias Otranoi ; Boyo, filius Bil-
drici ; Alberieus de Vitriaco : Robertus, filius Hogonis de Porta;
Gaufridus, filius Wkerude, mouetarius ; iDgelmerns, prepositos;
Deodatus, filius Achardi; Fredericus de Rnmiiîaco; Winebertoii
filius Radulpbi; ex familia Sancti Pétri : Goboldos, Tillicus; Bil-
duinus, Rainardus (1).
( Coll. de Champ., 1. 136, p. 900, impiimé en partie
Camnzat, Prompt., t» 286 t«.)
LXXVII.
Charte do eomto Hucnes pour rakbsye de BIol<
1100-1101.
""é MoDumenta rerum gestarum priores labore litterario, quo peri-
tiores, eo argutiusmemoris commendaverunt, posteronim notitia
boc exemplari inculcantes, ne si quid dignum memoria futurii
temporibus succederet, ignaviter preterirent. Nos vero utilitati
nostrae et succedentium proridentes, dum, principio eognito, qài
rerum finis sit, ignoremus, ne boue et pie acta obliYÎone transitin
confundantur, bec virilibus scriptis in memoriam revoeare proca-
remus. Et quoniam liberalitate [if^iorum priocipum viguii usqoe-
quoque et crevit ecclesia, quantum bis quoque nostris temporibus
per Uugonem, Trecensium comitem, MoUsmensis profecerit ecd^
sia, necessarium duximus subscribere.
His enim bonae indolis cornes, perpendens quanta predictom
cœnobium benignitate parentes sui et frater piae memoriae cornes
Odo, cujus bic bereditario fungebatur consulatu, fOTerint, et r^
rum suarum largitione interdum sustentaverînt, recogitans etiam,
quia quisque propriam mercedem accipîet secundum suum labo-
rem, deliberare apud se cepit, quid prefat« aecdèsiae quod ^Bte^
num suum memoriale esset, conferre valeret. Tandem suoron
et nobilissûne conjugis, régis Pbilippi Francorum filiae, devenit
(1) Voir U suite plas bas, p. 4i8, Pièce LXXXV.
l.
— 411 —
animo dare quîcquid consuetudinarie in cocmptione salis j^rren-
sis (1) oppidi, quod super Albam fluvium sitom est, hactenus posse-
derat, redditus qaoque et joslicias pro commerlio salis factas.
Verum quoniam exilus rerum prudentia metitur, prefatus cornes,
prudenti usus consilio, convocatis a se in eodem Barrensi Castro, '^' i<
quibusdam secclesiae personis, priore scilicet Adam Domine, Lis- *'-;:
celino, camerario, nec non et Hugone elemosinario, in presen-
lîa quorumdam magnatum saorum sollempDi datione facta, per
manus ipsoram aecclesiae jure perpetuo habendam contradidit.
Sane si quispiam in posteram varietate ministrorum, levitate
principum, verbosiiate obloquentium , molimine fraudulentum,
violentia rapacium buic tam sollempui scripto obviare temptaverit,
veridicorum quampluriam iestium nomina subterinserimus, quo-
rum visa et auditu refellitus, testimonio confusus, verbis repulsus,
coDgregatio perpetuo gaudeat de bene ordinatis sibi rébus.
Testes vero hi sunt : Philippus Catalauneusis episcopus, frater
comitis hujus ; Dudo, vicedominus ; Gaufredus , filius Otranni ;
Wido Guannonii Rivi; Olricus de Risnello; Evrardus, vicecomes,
Gosbertus Rufus; Rainerus; Milo, frater ejus; Gerardus Delicatus;
Paganus.
Idem qaoque donum Âdcla, comitissa, régis Anglorum filia, et
ejos très filii Willelmus, Teothbaldus et Stephanus concesserunt.
Inde testes sunt : Gervasius de Monte; Hugo de Liseio; Stepha-
nus, Carnotensis vicedominus; Ileldierus, agaso vel marescalcus.
Haec autem concessio facta est apud Columbarium II nonas apri-
lis. Signum Adelaîdis comitissae : f . Signuni Willelmi, ejus filii : f .
Signum Teothbaudi : f . Signum Stephani, eoram fratris : f .
(Arch. de la Côte-d'Or, ler Ckirt, de Molesme, p. iS-19.)
LXXVIII.
Cbarle du comte Ha^aetf pour Tablmye de nolemne.
Vers ilOl.
Notandum, et raemoriter retinendum, quod comitissa Adela cum
quodam tempore esset apud Sparnacnm, Hugo, comes Trecensis,
ciim sua conjuge Constantia, ad eam visitationis et conlocutionis
gratia'adve|iit. Quibus utrisque predicta comitissa pro amore quem
r
(i) Bar-snr-Aiibe, Aube.
â
— 412 —
erga Ifolitmensem ecclesiam non modicam babebant, el pndyM
pro beneficio poteslaiis Rumiliaci (1), qaam sand» Harûe in nli
sua dimidiam et post mortem totam contuleraot, aadîenle G»
fridOy filio Olranni, magnas gratias retnlit, et bonum, qood cèpe
rant, nt in melius perCcerent, multis precibus exoravU. Ipso aetoi
die domnus abbas Robertos prefat» eomitissaB locnUinii apid
Sparoacom advenit, et îienun coram eo et sais monachis îd ot
Odone, Uugone, Hatbone, snpradictam donationem ipsa grataals
laudavil, et etiam qnicquid donare relient iideliter conœssit. Ikm
quoque donum Adela comi tissa, regis'Angloram filia, et ejnstNi
filii Guilelmos, Teotbaldas et Stepbanus concesseront.
Stepbaous eliam vicecomes inde testis est; Bortardos etiaB k
Liseio; Ânsulfus de Claromonte ; Hugo, ûlius Rainaldi; Folos Fv-
vus; Gualerannus de Feritate ; Rainaldus de Escaiferias.
Usecaatem concessio facta est apud Cohimbariom II imiub
aprilis.
Signom Adelae comitissae f. Signum Gailelmi ejos filii f . &
Teoibaidi f . S. Stepbaûi eorum fratris f.
(Archives de U C6te-d*0r, 1» Cartul. de Moletwu, p. iHi)
LXXIX.
Cluurto da e^aite Hasee« pour FakbAye ém
nos.
Majonim auctoritas et ratiooîs ordo soadet, ut, si qaid buinatt
sollertia firmum fore ratamque disponit, ut in tempora proro^
valeat, officio litterali memoriae commendciur. Post presentiia
igitur DOticiam future posteritati intimatum curavimust <Pm4
Hugo, cornes, et venerabilis axor ejos Gonstantia, Philîppi repi
FrancoruDi filîa, cui idem prefatus rex paler suùs Atiniacum fl
villam dcderat, capellam sanctae Walborgis (3) pro suarum remeA
animanim sanctae Maria; de Molismo et ditioni monacboram ej»
dem loci coutradiderint, et quicquid ad eandem capellam attim
lege teslamentali concesserint. Veruih quia cardinales clericiinK
(1) Ramîlly, Aube, arrondissement et canton de Bar-snr-Sein»
(2) Attigny, Ardennes, arrondissement de Yooziers.
(3) Saint-Yaaxboarg, Ardennes, arrondissement de Voosiers, canton d'il
tigny.
— 413 —
canonias obtinebant, sapradictis monachis qaod juris erai alterius
tibi vendicare pertimescentibus, hoc actum est industria tîomitîs
et comitissae, ut in manu domni Manasse, archiepiscopi, clerici illi
canonias suas deponerent, et ab his sese omnino emancîparent.
Memoratus itaque cornes et uxor ejus in presentia ejusdem archi-
episcopi sepenominatis fratribus predictam capellam cum omni-
bus ad eam periinentibus, archiepiscopo laudante et annuente,
coDlulit, et perpetuo tenendam concessit.
Quicquid autem tam in dono comilis, quam in asseosu archi-
episcopi actum est, predicli régis atque Ludovici, filii ejus, favore
constat esse firmatum ac perpétua sanctione munitum. Ne qnis
autem improbus contra banc manumissionis paginam aliquando
oblatrare valeat, signis eam ac probabilium personarum testimo-
Diis corroboravimus.
Signum Manasse, archiepiscopl. S. Gervasii, archidiaconi.
S. Manasse, archidiaconi. S. Rodulfi, prepositi. S. JofTridif de-
caui. S. Richerii, cantons. S. Elberti, Odalrici, Lamberti, presbi-
terorum. S. Fulchonis, Rainoldi, Gerardi, diaconorum. S. Isem-
bardi, Bartholomei, Milonis, subdiacononim. Signum Ludovici
filii régis. Signum Uugonis, comitis. Signum Gonstantiae, uxoris '
ejus.
Actum Remis, anno incamati Yerbi millesimo C^ 11^, indictio-
ne X, archiepiscopatus domni Manasse anno yil>«. Fulchradus,
cancellarius, scripsit et subscripsit.
( Arch. de la C6te-d'0r, i«r Cart, de Molesme, p. 18.)
LXXX.
Charte de ëa^uïb iri ponr l'abbaye de
1102.
Ego LudoTicus, Phllippi régis Francorum^ fliius, Dei gratia rex
designatus, volo notum fieri omnibus tam presentibus quam futu-
ris, quod concedo et sigillo meo corroboro illud douum quod soror
inea Gonstantia dédit ecclesie saucte Marie de Molismo, scilicet
ccclesiam sancte Walburgis, justa Attiniacum sitam, et omnia crc-
menta, que postea dédit. Testes sunt : Symon de Meiflo, Paganus
de Gisorz et mulii alii.
(Arcb. de la C6(e-d'0r, a« Cart. de Moiesme, P» lOSro.)
• •
— 414 —
LXXXI.
ém eMMte ThIkMU n pour VtMtmje é» n
ii09 (?)
' Gam de bono religionîs odore in ecclesiis Deî suaviter redolente
fidèles aDîversi seroper in Domino gaudere debeant, ego Theobal-
dus, Trecensîum cornes, specialiter religiosonim Molismensis mo-
nasterii monachonim et precipue reverendi yiri Roberti priini
eonim abbatis emulalor exisiens, tam futurorum quam presen-
cium noticie duxi fideliter commendandum quod, ad preces et
instanciam ejusdem veuerabilis abbatis et nobilium Tirorum ho-
minum meorum Guidonis scilicet comitis de Barro super Sequa-
nam Galteriiquoque deBemon et Jofridi Furnerii, dicte Molismeosi
ccclesie pro mea et antecessonim meornm sainte id libertatis in
potestate mea Trecensi habereeljure perpetuo possidere deceino:
statuens et concedens ut ejusdem ecclesie homines si ad eaodeiD
potestatem meam, ut inde sibi de feminis meis ducant uxores, ?e-
nerint, quiète cas secum adducant et libère et deinceps tam ipse
quam carum liberi absque ulla beredum meornm in posterum re-
ciamatione dominio prefate ccclesie et servitio, sicut ceteri bo-
mines sanctuarii, per omnia subdantur. Hujns itaqne libertatis D^
morate ecclesie a me soUempniter collate testes exislunt milites
et homines mei Andréas de Baldimento, Rocelious de Vendoperio
et multi alii. Acium hoc publiée meoque est sigillo confirmaton
annoincarnati verbi M**. Q^. WMV*.
(Arch. de la Côte-d'Or, 2« Ctut. de Moiesme, fl^ 83 f«,
83 ro) (t).
LXXXIL .
Moilce de donations faites à l-abbaye do Salnt-niehcl de
Tonnerrof par les comtes Thibaut 1» et Unsoea.
1118.
m
In nomine sancteet individuc Trinitatis.
Notum sit omnibus tam futuris quam presentibus, quod cornes
Teobaudus Blesensis concessit ecclesie Sancti Ilichaelîs Tomodo-
(i) Sar cette charte, voir notre t. II, p. 375.
— 415 —
rensis cenobii pro remedio anime sue et animanim suorum an-
tecessorum, quod nullus monachus ipsius ecelesie, neque aliquis
clericus ei deserviens in eodem cenobio aliquam consuetudinem
in nundinis aut in foris terre sibi causa regeudi a Deo commisse
persolveret. Hoc aulem donum confirmavit Hugo, cornes Treca-
rum et Gampaniae, suus filius, dum rediret de Vizeliaco apud
Ternodorum : quicumque autem istud infregerit, anatbema sit,
iiisi resipuerit. Cartula ista facta est anno ab incarnatione Domini
M. C. XIII, Ludovico rege Francorum régnante féliciter V<* anno.
Hajus rei testes existunt ipsemet cornes Hugo Teobaudi filius,
Willelmus Nivemensium cornes, Milo cornes Barri super Sequanam,
Hilp de Erviaco et filius suus, Wauterius de Moutegnio, Henricus
frater ducis Burgundie, etc.
(Blbl. Imp. Coll. de Champagne, t. TiUy (Topo-
graphie), p. m).
LXXXIII.
è
Cliarle du eemte Mogvefl pour Tabbaye de noii41ei^l»*Celle.
In nomine sancte et individue Trinitatis.
Quoniam patrum nostrorum precipit institutio et firmat aucto-
ritas, quia bénéficia que dantur ecclesiis, ut firma et rata perma-
Deant, debent assignari monumentis litterarum ut sic tradantur
memorie posterorum, ideo ego Hugo, comes Trecensis, mores
patrum sequens, beneficium et libertatem que ecelesie beati Pétri
Insuie Germanice pro remedio anime mee et predecessorum
meorum contuli, harum litterarum notulis assignare curavi.
Omnibus igitur scire volentibus innotesco, quod, quando Hicru-
salem proficisci vellem, totum theloneum omnium pecorum sive
pecudum, que in cunctis nundinis Trecorum venderentur, prêter
ejusdem tbelonei decimam, quam jam antea ecelesie Sancti Se-
pulchri dedcram, et prêter asinorum theloneum, quod mei juris
non erat, cenobio Sancii Pétri Insuie Germanice ex jure proprio
Dieo me concessisse, atque ut ad hoc theloneum suscipiendum
abbas et monachi ministros suos eligercnt, qui de hac elemosina
per exactionem justicie nisi per manum monachorum nemini
responderent. Quod si inde illis aliquis injuriam faceret, et clamor
inde oriretur, ministri monachorum haberent capitale suum, et
josticie medietatem, servientes vero mei aliain. Sed, si absque
— 416 —
clamorc de injaria thclonci concocdia fieret, iode prorsus nichil
minisler meus acciperel. Goncessi praeterea in singulis nandinis
Trecorura XV solidos ad calciamcnta fratnim Cellensiam de
theloneo coiiorum, quos persolvet thelouearius eorumdem co-
riorum. Sed et libertatem prefate roDtali ecclesie ut bomines sui
ubicumque essent, sic omuem mercem suam Trecîs liberaliter
auferrent et in foro sive extra forum ita venderent, qiiod mioistri
mei inde nullam exactionem vel auferendi, vel vendendi, sive cre-
dendi sibi illis inde facerent. Et quicumque liberi homines ad
villam Monasterii Celle venei^int et ibi roanere voluerint, ecclesie
monasterii suut. Iterum si Trecas ire volucriiu, eis ibi morari et
itenim ad Monasterium Celle reverti licet. Et quicumque in airio
Sancte Savine manserint, per bannum meum vinum vendere licet
Servicntes aniem de pane ecclesie viventes Trecas ab omni cod-
suetudine liberi sunt ; et, si ibi forisfecerint, et in ipso facto de-
prehensi non fuerint, non justiciabuntur nisi per Cellens<dn
eoclesiam. Omnes omnino consuetudines cum tota justicia a ponte
de Valsa usque ad Bugnonem Cellensis ecclesie su a t. Salagium,
sicut Renaudus vicecomes babuit et prefate ecclesie contulit, sci-
licet hancias et boisscllos tam in foris quara in nundinis Trecanin
concedo et conûrmo. Villa que dicitur Javemant ita libéra ei>i,
quod servientes mei manum apponere non possunt, nisi aj mooa-
clium qui custos ville ilHus erit clamoreni fecerint. Similiter quo-
que Pruneium et Mouasterlolum ville ita libère, barberdo
Francorum ab omni consuetudine cum justicia liberum est.
Reliacum cum justicia et villa que dicitur Chattcum cum justicia
ecclesie prenominate sunt. Et quidqaid ecclesia prefata tempore
predecessorum nostrorum apud Ruviniacum possedit aui juste ibi
vel alibi poterit adquirere concedo libenter et confirmo. In villis
que Brullicurtis et Fonlanetum dicuntur nullas consueiudioes
babeo, nisi quod in festo sancti Remigii quotanuis illi homines
de Fontaneto qui sunt Sancti Pétri de Cella XII denarios michi
debenty qui vero sunt cenobii Sancti Bercharii II solidos.
Igitur ne hec aliquid temporum vetustate mutari vel infringi
possint, sigilli mei impressionc conlirmavi. Hujus autem rei testes
suDt qui inlerfuertinl : Philippus, Trecassine civitatis episcopos;
item Pbilippus fraler meus/Cathalaunensis episcopus ; Radulfus,
monasterii Celle abbas ; Alberlus et Dudo, capcllani mei; Kilo
vicecomes Treconsis; Dutio, Maroli; Erardus, cornes Brenie; Gaa-
fridus, fllius Otranni ; de sorvicnlibus meis : Bordinus, preposilos;
Eujormerus ; Criniaudus ; Robertus Aurelianensis. Âcta sunt hcc
publiée Treois anno incarnallVerbi M*. C«. Xllll*, Ludovico, rege,
strenue regni Francorum gubernacula modérante.'
- 417 —
Collation lie la copie cydevaiil iranscriptc a cs^é extraictc des
deux cens dix hiiictei dix neuf feuilletz du martirologe de Pabaye
de Monsticrlacelle lez Troyes, ledit martirologe estant en deux
cens cinquante cinq feuilletz en parchemin sain et entier escritz
et cottes, par moy Augustin Vignardet« sergent roial privilégié
demeurant a Troies soubzsigné, commissaire en ceste partie, en
présence de H" Vincent Petilpied, adjoinct ordinaire au bailliage
et siège présidlal de Troyes, et ce en vertu de certaine commission
ponant pouvoir de compulser, esmanée de la chancellerie du
Palais à Paris en date du XV«. jour du mois de mny mil six cens
trente deux Cejourdhui troislesme juin mil six cens
trente deux. Ce fait Toriginal rendu.
Signé : Vignardet, Petitpied.
(Ârcb. de rAabe, Fonds de Montier-la-Celie. Pièce
cotée Montier-la-Celle, n<* 2.
LXXXIV.
Charte du comte Hafpicii pour l'abbaye de Snlat-Martln
d'Kpemay.
lllii.
Fiium atque ratum teneal fidelium eccicsia, atque tam futuro-
mm quam prcscntium novcrit solertia, quoniam Hugo, comes
Campaniee, suo tempore venerabilis atque sibi subdilis pius et^af-
fabilis, cuin ob suorum vcniani pcccaminum in Jérusalem iturus
esset, pluribus ecclesiis pro sua suique patris atque genitricis ani-
mabus multa bona contulit, atque sibi suppositis multas consuctu-
dines condona\it. Apud Sparnacum autem castrum quod jure
quieto possidebat, quia de sua3 matris tiote fuerat, consuetudiuem
avenae qua; summata dicitur et nummos placili generalis perpc-
lualiter induisit média quadragesima, anno ab incarna-
tione Domiui uiillesimo ccntesinio decinio quarto.
(Bibl. Imp. CoU. de Champagne, t. 135, p. 370).
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— 418 —
LXXXV (1),
€;iuurle du eMMte Hiisves pour TaMbaye (
fer février — Qayril ilSl.
Seqaenti qaoque tempore vir oobilissimus Rainaldas, Trecas-
sinae civitatîs vicecomes, rogatus a domiao Gaaterio, abbate,
prsfati abbatis Ottoois successore, donavit ei perpetualiter conoes-
sit memoratis apostolis Petro et Paalo Arremareosis monasterii pro
anima palris sui Milonis et roatris sae Letuidis et proaDîmafratris
sui Milonis et pro sua anima partem snam de justîcîa ville Sandi
Martini, que, ut diclum est, juxtamurosTrecassinae civitatbpoàta
est, et omnia omnino que in eadem villa jaste vel injuste tan
ipse quam antecessores sui vicecomites suniere solebant. Et boc
fecit in presentia domni Hugonis predicti, comitis, et lande atipie
voluntate ipsius.
Actuiu est hocTrecis coram venerabili Pbilippo, ipsius civitatis
episcopo, in curia ipsiiis episcopi, et coram domino Hugone comité,
domino Gauterio abbate présente, et Theoderico monasterii Sancd
Jobannis priore, anno ab incarnatlone Domini M**. C^. XX*', con-
currente un in bissexto, epacta nulla, indictione XIFII*, pontifica-
tiis autem domini Calyxti secundi pape anno III"*, régnante Uido-
vico rege Francorum.
Hujus rei testes sunt: Bovo de Sancto Sepulcbro; Otrannus,
Glius Gaufridi ; Odardus de Volenissa \ Pontius de Capis ; Robertiii
et Johannes de (nsulis; Ânselius, filius Fromundi; Theodericus,
panetarius; Gualo, magister pelliciorum ; et Gualo Nisiardos;
Ingelmerus, filius Tebaldi; Symon, tune prepositus vicecomitis;
Ëvrardus, exactor; S. Lucernis; Bonellus de Venna; Willelmus;
Ansellus; Erfredus; Constautius,rrater Dumi ; Otto de Porta ; Ayri-
cus, eminarius; ex parte Sancti Pétri : Petrusde Mareio, archidia-
conus; magister Fulcho; Guillelmus, filius Ingelmeri; Ayricus,
villicus Saucti Jobannis ; Belinus, filins Jobannis Gasatiani ; Oge-
riiis et Siephanus de Parvo Masnilo ; Rogerius, decanus.
Si quis auiem inimicus ecclesiœ banc donationem et hanc liber-
tatem aliqua subreptatione molestare temptaverit, nisi condigoa
(1) Voir plus havt, p. 409, Pièce LXXYI.
\
— 419 —
satisfaclîone correxerit, a corpore et Bangoine Xpisti sit segrega-
tus, et anathemate pereulsus, a corpore etiam totius sancte ecclesie
separetur. Amen I Amen! Fiat! FiatI
(filbl. Imp. Coll. de Champagne, L 136, p. aoO-901.)
LXXXVI.
Cbarie dn comte nagneii ponr le prieuré de fMaki^emM"
eB-Châtel.
9 octobre iiSS.
In nomine sanctae et individue Trinitatis.
Omnibus Xpisti fidclibus notum fieri volamus quod domnus
Hugo, ciceilcniissimus comes Trccassinus, dum secunda vice Jbe-
rusalcm pergeret, apud Eduam civitaiem in die festivitatis sanc-
torum Symonis et Judae dédit et perpetualiter obtinere concessit
beatis apostolis Petro etPaulo Arremarensis roonasterii et aecclesiae
Sancti Jobannis Baptisioe de Gastelio^ quae infra mures urbis Tre-
cassinae sita est, et monacbis eis famulantibus, domno videlicet
abbati Gualterio et successoribus ejus sextarium fnimenti, sexta-
rium vini, panem unum et spatulam porci, qus omnia singulis
annis monachi Sancti Jobannis de Gastello soliti erant dare ad
portam civitatis, quae versus abbatiam Arremarensem posita est.
Cum vero a sancto dominico Sepulcbro isdem comes rediit, dom-
nus abbas Gualterius presentiam ejus adiit cumque humili prece
rogavit, ut, quod apud Eduam fecerat, boc coram famulis suis et
coram legitimis lestibus Trecassinae urbis faceret et concederet.
Quod bénévole et omicabiliter fecit.
Actum est boc publiée apud Trecassinam urbem in clausiro
Sancti Jobannis Baptistae de Gastello VII idus octobris, id est in
die festivitatis Sanctorum martyrum Dyonisii, Rustici et Eleu-
thefii anno ab incarnatione Dpmini M». C*. XX^. 11°.; concurrente
W"', epactaXXII; pontificatus domniCalyxti secundi^-papae, anno V;
indictionel.; régnante Ludovico, rege Franconim; primo anno
pontificatus domni Attonis, Trecassinae urbis episcopi. Hujus rei
testes sunt : Manasses de Villamauri ; Gaufridus, filins Otranni ;
Bovo de Sancto Sepulcbro ; Robertus, miles Aurelianensis ; Atto
de Moueta ; Salo, frater ejus ; Falcbo de Linais ; Drogo de Villa
Mauri; Herbertus, clericu», de Rosnaio; Girardus, clericus, de
Brienna; Rôbertus de Insulis, tune prepositus comitis; Johannes
— 420 —
de losulis; Lebaldus; AgaDOD, filiusejiis ; Lebaldus, nepos Leinldi
difilîs; RobertiisDiat)olus; Willeluius de Porta ; Hvrardos, Teeriiu;
ex parte Saocli Peiri : Gilduinus, ncpos ipsius donini abbatis (inai-
tcrii; l^celinus, mouetarius; Herbertusde Ârbrosello; Beroardos,
famuliis abbatis; Alardus; Herbertus; Arnulfus, DeposWilleboldi;
Odo de Sancto Marlioo; Heiniuaricus ; Abel ; Petnis, filius Goen;
Todericus de Gadusia. Si quis aiilem inimicus occlesiae banc dotia-
tionem aliqua siibreptione violare lemptaverit, nisi condi{i(Da satis-
factione correxerit, a corpore et sanguine Xpisti sit segregatus, et,
anatheinaie percussus, a corpore eliam totius sancis ecclesidî se-
paretur. Amen ! Aiueu ! Amen! Fiat ! Fiat I Fiat!
(Original. Axch. de l'Aabe. — Cette charte a été déjà imprimée
en partie. Voir notre tome II, p. 132.)
LXXXVIl.
Charte da eomte Hogiaeii poar Tabbaye de iHaraioiitler.
4148.
Erclesia Xpisti longe lateque per orbem diffusa lacrimosiii su»-
piriis cos, qui in sccuiari habita vivunt, colidic ammouel, etdicil:
Venite, filii, audits me; timorem Domini docebo vos, et noiite
speraro in iiicerto divitiarum, ne similes ei sitis, qui^ cum in ho-
nore csset, non iulellexit, et idco comparatus est jumentis et si-
milis factus est illis. Hoc et nlia multa scrîpturarum testimonia,
quibus jubemur de transitoriis ad etema, de terrenis ad celestia
transire, ego Hugo, cornes Trecensis, aadiens et mente perirac-
tans, amicos michi facere de mammona iniquitatis juxta precep-
tum dominicum volo, ut, cum defecero, recipiaut me secum io
eterna tabemacula. Quuii si omnibus Del servis prodesse oequco,
saltem cis, quos religiosiores et aflQoiores, immo ab aDtecessori|)us
meis plus aliis bonoratos esse cognovi, videlicet Majoris Monaste-
rii monacbos, nunc et in futuro ab omni infestatione et inquiéta-
tione omnium hominum pro posse meo defendo, et ea, quae a me
vel ab hominibus meis data sunt, vel donanda, eidem monasterio
pro mea meorumque saiute, tum pro reverentia beati confessons
Xpisti Blartini, tum pro amicitia et familiaritate, quam in me ba-
bent, et ego in eis, cartulae hujus uotulis conflrmo, et sîgilli mei
impressione consigne : qaatinus présentes et futuri cognoscant,
quod paro et simplid corde boc faeio, et ut servi Def supradicti
■ *
• .t
— 421 —
monasterii monachi, qui in comltatu meo saot, vel eniDl, quiète
Dco serviant, et pro mea et antecessonim meorum aeterna salate
Dei Dostri misericordiam die nOclnqne letius implorent. Et ut lu-
cidius et brevius ea que supra concessi maaireslem, omuia, quœ
de fcBVo meo supradicli Majoris Monasterii monachis dabuntur, vel
data suDt, aut quolibet modo juste poterunt adquirere, ut a me
▼cl a quoqaam successorum meorum auctoramentum ulterius non
queratur, do, volo et confirmo.
Actum anno ab incarnatione Domini millesimo GXVIH, Ludô-.
Tico sceptrum tenente in Francia^ Philippo autem Trecensium
episcopo.
Et ni hoc monumentum meae donaiionis et concessionis inviola-
tum permaneat in sternum, subterscribi jussi eos, qui interfue-
runt : Andreani, comitem; Gosbertum, dapifemm; Guidonem de
Donmo Petro; Arnaldtim de Domno Petro; Tetbaldum, preposî-
tum; Ariebaldum Goriardum; Arlcbaldum de Duvione; Odonem
Grossum; Bovonem de Magna Curte, et filium ejus Macharium;
Dodonem de Capa ; Gausfredum, miliiem Arlebaldi ; Goscelinum ;
Stephanum, prepositum; et Stepbanum, majorem; Constantium,
majorem; Albertum, capellanum, qui sigillavit : Hugonem, caroe-
rarium,Gausfredum, priorem; Stepbanum, secretarium ; Ulricum,
juvenem ; Galterium, majorem nostrum ; Gamerium, cocum ; Mar-
Unum, puerum.
(Original, Ârch. de l'Aube.)
LXXXVIII.
Charte ém comte Hogues peur FaMbaye de BloleMne.
1119.
Ego Adela, Blesensis comitissa, et Tbeobaldus, filîus meus, no-
tum fieri volumus tam futuris quam presentibus, quia feriam nos-
tram de Sezennia, que est ad festum sancti Nicbolai , ex integro
concessiinus ad vestiendum pan pères Xpistimonacbos Béate Marie
Molismensis ecclesie, in remissionem peccatorum nostrorum et
salutem animarum noslrarum necnon et antecessorum nostrorum
et ut anniversaria nostra in prefata ecclesia in eternum celebren-
tur ; ila tamen quod inde persoWant singulis annis sexaginta so-
lîdos monachis Sancti Pétri Kesbacensis ecclesie.
Huic dooo interfuerunt Guido, Molismensis abbas; et donmus
}^,^
— 422 —
Garaerus, Resbacensis abbas, et multi alii. Et ut hoc ratum habea-
tur, sigillis nostris firinavimus.
Facta est autem bec caria anno ab incamatioDe Domiai M*. O.
XDL».
(Arch. de U Côt»-d'Or, 2« Cart, deMolesme, P 97 r<>.)
LXXXK.
€;iuurle du eeaite Magma pour le chapitre de la eaikédnde
de Troyes.
Aa plus tard 1125.
Quooiam sanctomm patrum precipit instituclo et firmat aacta-
rîtas, quia bénéficia que dantur ecclesiis, ut firma et rata permi-
néant debent assignari monumeutis lilterarum ut sic tradaûtor
memorie posterorum,ideo nos, morem patrum seqaentes, bénéficia
que HUGO cornes Trecensis ecdesie Beati Pétri Trecomm pro
redemptione anime sue contulit harum lilterarum notulis assi-
gnare curavimus, ut sic borum memoria beneficiorum nosiris
commendarelur sequacibus. Omnibus igitur scire volentibus igoo-
tescat, HUGonem, Trecensen comilem, tam veteris quam nofi
testamenti instilutis, que dari rerum décimas precipiuut, insirue-
tum, tocius telonei Trecarum ecclesie Sancti Peiri decimam coa-
cessisse. Sed, quia ministri principum soient res etiam .beae
inslilutas quibusdam versutiis defraudare, timens, ne in futoro
inde orietur impedimentum ecclesie, Deo sibi divinitus inspirante,
quod prius instituerai, in melius ad ecclesie commodum volait
adûrmare. Totum igitur teloneum et justiciam prêter menibrorum
truncationem, que ad clerum non pertioel, dccimi fori, ex quo
in die Veneris inciperet, quoadusque die sabbati terminaretur,
idem eomes prefate contulit ecclesie, qui sue prudencia discre-
cionis, sic islam distinxit elemosinam, ut due partes inpenderen-
tur necessariis ecclesie, tercia vero parte ejusdem ecclesie refice-
rentur officine. Staluit autem, ne qua discussio oriretur de
susceplione hujus eiemosine, quatinus boc beneficium susciperet
minister ecclesie.
Et quia, quod ecclesiœ contulerat voluit testibus confirmare, ad
hujus astipulationem beneiitii isli legitimi testes fuerunt adhibid :
Andréas, comes de Rameruco; Wido de Wangionis Rivo; Gosbe^
tus, dapifer; Airardus, comes Brenensis, et fraler ejus Milo, comes
— 423 —
Barrensis ; Goflredas, filius HotraDoî ; Hotrannus, fllius ejus ; et de
servientihus comitis : Lanbertus, prepositus ; et Falco, Clins En-
germcri ; Evardus, filias Burdini ; Walo, Glius Fromandi.
(Oric^nal, Arch. de rAobe.)
xc.
Cluurte du eomte Thlbant n pour rabbaye de noleMne.
1125.
Ego Theobaldus, Treceosiam cornes palatinus, tam presentibus
quam futaris DOtum facio, quod ego villam de Monceon (1), qae
ecclesie béate Marie Molismensis et monachis ibidem Deo ser-
vientibus in elemosinam data est, in ciistodia mea et in protec-
tione mea pono et suscipio et ab omnibus malefactoribas conser-
vare et defensare spondeo, amore Dei precipue et béate Dei
genitricis Marie, et sancii Desiderii , bac siquidem conditiooe,
quod in prenomînata Tilla singulis annis modium avene ad roen-
suram Trecensem accipiam. Polliceor aatem et statuo, quod
predictnm modium avene et custodiam prefate ville nulli in feo-
dum dabo, nec ego, nec beredes mei. sed in perpetuum in manu
mea et heredum roeoruni permanebit.
Ad memoriam autem hujus facii et hujus conventionis conser-
▼andam presentem paginam sigilli mei impressione corroborare et
confirmare decerno.
Actum est Trecis in aula comitis Theobaudi, anno ab incarna-
tione Domini M^*. G°. XXIIIP., Eugenio papa Romano, régnante
Ludovico Franconim rege.
Hnjus rei testes sunt : Uenricus, Trecensis epîscopus ; Magister
PetrusStrabo; Magister PetrusGomestor; Magister PetrusPotator;
et roulti alii.
(Arch. de U Côte-d*Or, 2« Cari, de Molesme, ^ 68 r»).
(0 Montsaon, Hante-Hâme, «rrondissemeiit et canton de Chanmont.
— 424 —
XCI.
de Thlbaat II en faTeor ée Térêelié dte SieMii.
Vers 1129.
Notum sit omnibus tam futuris, quam presentibas qiiod ef^i»
Theobaldus, Blesensis cornes , habebam quandam consuetadioen
in domibus Meldensis episcopi, banc scilicet quod, defuncto épis-
copo, quicquid mobiliiim rerum in domibus cjas inveniebatar,
meum erat et ad opus meum capiebatur. Hanc itaque consueladi-
nem consilio et suggestione religiosorum virornm intelligens et
rccognoscens esse injustam, et anime mee dampnosam, et etiam
pro remedio anime mee necnon pro animabus patris et matm
mee et antecessorum meorum, dimisi et concessi Barchardo, Met-
densi episcopo, proprias domos, illas videlicet quas habetin orbe
infra ambitum sue curtis, libéras et quietas ab hac consuetodioe
ita peuitus, ut nec ego nec aliquis heredum meorum sive sueceno-
rum ibi quicquam capere présumât. Hoc vero ea lege et ea condi-
tione concessi, ut, sicut episcopus in vita sua disposait, ita eo
mortuo ejus dispositio raia et ûrma permaneat. Si vero, quod di-
▼ina permissione evenire solet, episcopus ÎQtestatus morUros
fuerit, quicquid mobilium rerum in domil)a8 suis inveotum fuerit,
monialibus de Funtanis per manom decani ecclesie SancU Ste-
pbani etarcbidiaconorum detur et distribuatur. Quod si forte loc»
ille de Funtaniis delelus et destructus fuerit, infirmis îd est lepro-
sis Meldensibus, similiter decano et archidiaconis distribuentibos
predictas res episcopi, scilicet totum mobile suarum domonim,
ut prediximus, infra ambitum sue curtis, excepto ligneo omato,
scilicet lectis, scannis, sedilibus, mensis, doliis, commiis, fenes*
tris, et bujus modi donetur. in hac etiam libertate pono et cou*
cedo omnia aniroalia episcopi, ubicumque habuerit, scilicet bofes
et oves, insuper omnia sua quadrupedia, ut nisi episcopus in Tiu
sua aliter disposuerit dentur monialibus vel infirmis. De bac etiia
libertate et concessione ego posui propria manu donum super ai-
tare Sancti Stephaui in die penthecostes.
Ut hoc donum firmum et immutabile esset, mei sigilli imprei-
sione hanc cartam muniri et corroborari feci. Hujus autem doni
testes sunt, etc. «
(Bibl. de Meaax, dut. de t église de Meaux, I, 30,111,9;
imprimé en partie par T. da Plesais, II, 24.)
<^.
=fj(:
— 425 ■—
XCII.
Cluirte ém eMMte ThOiaiii n pour le prictaré de Celle-en^Brie.
1188.
Ego Teobaadus Blesensis cornes existencium presencie et fîitu-
rorum posteritati notum fieri volo, quod Robertus presbiter de
Gella in Bria dédit Deo et ecclesie de Gella ad officium sacriste ad
lamiDare ecclesie pro remedio aaime sue II arpennos vinee et
grangiam suam et torcular, quod est in eadeni vinea. Et quoniam
hoc in presencia mea donatum et concessum fuit, precepi ut bec
cartula sigilli roei auctoritate muniretur, ne alicui deinceps huic
dono tam racionabiliier facto cakimpniam inferre liceret. Hujus rei
testes fuerunt : Radulphus capellanus meus qui banc cartulam si-
gillavit, Stcphanus de Garlanda, G. cornes Brene, Helias de Firmi-
tate, Paganus tune prepositus Goloraarii. Hii prenominati testes
fuenint de dono et concession e facta ante me. Hii vero qui subse-
quuntur snnt testes de l' dono facto apud Gellam : Ricardus tune
prior Gelle , Gillebertus de Garlanda , et Ebrardus major Gelle,
Renaldus de Rillo sororius predicti Roberti presbiteri. Actum est
hoc anno ab incarnatione Domini M?. C*. XXX*. VIII^. régnante
Ludovico, filio Ludovici, rege Francorum.
(Bibl. Imp. lat 6441, p. 61.)
XCIII.
Cluirte €m eomle Thibaut m pour le prieuré de Salnt-llIeelMi
(Aube).
il88.
Existentium presentie et futyroniro posteritati ego Teobaudus
Blesensis cornes notum fieri volo, quod Odo Pilans Ganem vendi-
dit et concessit mooachis S. Nicholai do Gapella totam terram
quam babebat apud prefatam Gapellam de feodo Milonis de
Nogento ; et Odo Pilans Ganem ante presentiam meam iaudave-
runt et concessernnt. Hoc idem laudavit et concessit Margarita
axor Milonis. Ut autem ista venditio ûrma et inconvulsa in perpe-
tuum permaneaty banc cartulam sigilli mei auctoritate corroborari
-m —
precipio. De concessione Biilonis de Nogento ante me facta testes
fueriiDt : Gauterius de Bemon, Stephanus Ridellas, Jobaones
Tyrant. De concessioDe vero Odouis Pilantis Caoem : Petnis de
Castello, Herbertus Grandis, Petnis Bursaudus, Robertas Scandeos
in Celum.
Âctiim est hoe apud Calestam anno Domini miUesÎBio ceotesiaM
irigesimo octavo, régnante Ludovico rege.
.. » '
(Original, Arch. de rAabe. — Ck>pie, ibid., Mvest
de Montier-la-Celie, P 48 t*»).
xcrv.
Charte da comte Thllimit a pour l'abbaye de n
1189.
Existentium présent!» et futuromm posteritali ego Teobaudos,
Blesensis cornes, significari decrevi qood i^olo et in perpeioon
coDcedo Deo et ecclesiae Saneti Pétri Sanctiqae Bercarii Denreosîs
monasterii et monachis ibidem Deo servientibus pro remédie ani-
mae meae meorumque antecessorum, quod, si homines monaebo-
riun prefate ecclesiae roortui fuerint in mea terra vel in mea
justicia sine herede ac sine pare, qui non sit de eodem dofnioîo.
pecuniam hominis eorum mortui vel mulieris habebunt monachi
sine aliqua parte quam michi seu justiciis meis tribuanC, si perse
eam habere potuerint. Si vero per se eam liabere non potueriot
et proclamationem michi vel prepositis sea jusUciis meis iode
fecerint, ego deinceps terciam partem illius pecunie habebo, et
monachi diias partes, ex quo eam per justiciam meam habaerlDt.
Hoc autem laudaverunt et concesserunt Matildis comitissa, uxor
mea, et Henricus, ûlius meus. Hujus rei testes Tuerunt : Radulfus,
capellanus meus, qui banc carbm sigillavit, Hilduinus de Vendo-
pere ; Ânsellus, Trecensis causidicus ; Petrus Bursaudas ; Gaute-
rins de Bemun; Hugo de Montrampon, prepositus Rosnaii;
Droco de Rosnaio; Raginaudus, tune major Rosnaii ; Dominions,
lune prepositus Barri ; ex parte vero monachorum : Odo et alter
Odo, tune prepositi et monachi ecclesie ; et ex laicis : Masceiimis,
Miio frater ejus, Albertus. Actum est hoc apud Insulas, anno ab
incamatione Domini M"" Q" \UJ> V^U^ régnante Ludovico filîo
Ludovici, rege Francorum, Gaufrido Cathalaunensi episcopo exis-
tentc. Signum Matildis comitisse.f. Signum Henrici f •
(Orisinal, Arch. de U Haate-Hune.)
•jî^i
- 487 -
xcv.
Cliiirle do eomie Thllmat il pour le prieuré d'Amllly.
HhO,
Ego Tbeobaldus, Blesensîs cornes, existentium presenUe ei futu-
ronim posterîtati Dolum fieri volo, quod Letbericus de PUiotro
dedh Deo et ecclesie Sancte Marie de Amiliaco et monacbis ibidem
Dea servientibus redecimam tocius annooe sne de Corhoon, qaod
donum Eustachius filias ejusdem Letberici ante presenciam meam
laadaTÎt et concessit. Gauterius quoque de Bemon dédit et cpn-
cessit ante presenliam meam prefatis monacbis pro remedio ani-
me sue redecimam omnis annone sue, quam apud Âmilliacum
habuerit in terragiis videlicet, et in corveis et in carracis, si eas
apud prefatam villam babuerit. Ne autem bec dona ante me facta
ab istis "vel a predecessoribns ecrum disturbari vel quassari pos-
acnt, banc cartulam sigilli mei auctoritate confirmari precipio.
Hujus reî testes sunt de utroque dono : Radulpbus, capellanus
meus, qui banc cartulam sigillavit ; Guillehnus, clericus meus, qui
eamdem scripsit, et multi alli.
Actum est apud Golomarium, anno àb incarnatione Domini
M» C* XL».
(Arch. de la Côte-d'Or, S* Cart. de Molesme, P> 103 r«.)
XCVI.
Ckarie du eimiie. Thiltoat il pour ralilMiye de iHontténuiiey.
idAO.
Yiri discreti et sapientis est pro utilitate anime sue i^ita super-
stite laborare. Quid enim prodest bomini, si mundum universum
l<icretur, anime vero sue detrimentum paciatur?
Quamobrem egoTeobaldus, Blesensis cornes, do et imperpetuum
concedo in elemosimam Deo et ecclesie Sancti Pétri de monasterio
Arremarensi pro remedio anime mee meorumque antecessorum
Costelinam, filiam Bonelli juvenis : quod donum laudaverunt et
concesserunt Matirdis, comitissa, uxor mea, et Uenricus^ dilua
"^ _ 428 -
meus. Ut autem hoc donum ratum et incon^ulsum permaneit,
hauc cartulam sigilii mei auctoritate coofirmare precepi. Hujas reî
testes fuenint : Hilduirïus de Yendopére; Petros Bursandns;
Guîardus, tanc prepositus Trecarum ; Ugo de Colle ; Nichd de
Porta.
Coofirmoetiam abbatielmonachis ejiisdem ecclesieÂrremareuss
emptionem quaodam, factain ab eis,sicutiDrrascriptumest.Âssenio
namque domni Hathonis, Tricassini poQtiflcis, emeruntà Burdino
de Summa Vaile viginli libris medietatem decimaram tam grossa-
rum qiiain miniitarum de Desda (\) et de Sancto Martiiio (2), obU-
tiones Irium festivitatum in anno, et i-ensum quem habebat apad
Sanctum Martiuum, laudamibus Helisabeth, lixore sua, et daobos
liliis suis Jobanne et Andréa, et duabus filiabus suis Anne et Eme-
lina. Sed, qoia abhas Sancti Martini coniendebat, minutas décimas
et oblationes sibi prias datas fuisse : voluntate ipsius Burdini re-
tenta suut ab abbate Ârreiuarcnsi de viginti libris solidi seiaginlt
donec idem miles easdem décimas et oblationes tradat Âiremi-
rensi ecclesie absque ulla calumpnia possidendas. Hoc ita factim
et mea preseniia roboraium sigillî etiam mei auctoritate (irmafi,
posteris transmittendum. Hajus rei tcs^tes fucnmt : Guiardus, pre-
positus Trecarum: Ansellns, filius Fromondi; Jobannes de Insu-
lis; Guillermus, sagitarius. Hii autem testes fuerunt in chostro
Sancti Johannis, qtiaqiÀo Bnrdinus et uxor ejus et filii et filie boc,
quod emptum a monacbis fuerat, super altare Sancti Jobaonis
posuerunt : Hugo Cancer ; Humbertus Baez; Teodericus ad Nasom;
Engermerus de Insulis; Petrus Rabodn; Amator, monetarios;
Falco, Olius Jocelini; Paganus, fiiius Hervei; Guilermus Ingo;
Petrus, fdlus David ; Falco, monetarius ; Nicolaus de Porta ; et de
servientibus Saucii Pétri : Bonncllus Rufus; Fiiipus; Fulco Pariais
de Saçcto îtlartino ; Gualterius, cognatus ejus. Afiuit etiam Goai-'
fridus, frater Burdini, qui laudavit.
Actum est hoc apud Trecas anno ab incarnatione Domioi M<>0
XL^ régnante Ludovico, filio Ludovic!, rege Francorum, Halhooe,
episcopo, Trecensium cathedra résidente.
Guillermus, clericus meus, sigillavit.
Signum Henrici, fiUi comitis Teobaldi Blesensis, et Matildis,
comitisse Blesensis.
(Original, Aich. de l^Anbe.)
(1) Dandes, Âobe, air. Troyes, cant. Losigny, comm. Montaaliu.
;<; (2) Saint-Martin-les-Daades, Aobe, arr. Troyes, caDt. Losigny^ comm. T»>
rtèret.
— 429 — '
XCVII. *
Charte du comte Thllimit n pour le prIcÉré de lUunerapt*
1143.
Exîstentium presentie et futarorum posterîtatî ego Teobaldus,
Bleseosis cornes notum fieri toIo, quod Matîldis, uxor Reîrici, dédit
Deo et ecclesie béate Marie de l^meruco et monachis ibidem Deo
servicntibus totum alodium suum in terris^ servis et ancillis. Quo
comperto Bertrannus, frater ejus, scilicet filius Bertranni Sine
Terra, auferens ipsum alodium diu monacbis iojuriam fecit. Divino
tandem munere taclus, errorem suuiil cognosceQS, cum illis paci-
ficavit. Et quooiam ipsum alodium in multis locis dispersum erat,
monacbis roganiibus, in uno luco, videlicel apud Liciam, novem
quarteria terre de ipso alodio ipsis concessit, Seilendem etiam
uxorem Jobannis de Licia cum Oliis et Gliabus suis et advocatio-
nem, quam habebat in ^redicto Jobanne, id est duos denarios ;
apud eciam Yiiriacum Herveium et uxorem illius; pro quorum
concessione sex libras Cathalaunensis nionete ab ipsis monachis
accepit, affirmans fide sua se bec omnia libère et absquc ulla
calumpnia servatunim et a cunctis boniinibus pro posse dcfensu
rum. Ne autem eidem Beriranno scu beredibus suis buic elemosine
deinceps contraire liceiet, ego Teobaldus, cornes, sicut Berlrannus
eam anie presentiam mcam concesserat, laudavi et concessi, et in
manu mea, quod ipsi irrefragabiliter tenerelur, suscepi, et ob boc
banc cariulam sigiiii mei aucloritale confirmari precepi, audienli-
bus istis tesiibus : Guillernio, abbate Sancti Martini Treccnsis;
Jobanne, priore deRameruco; Lamberto et Rainerio, monacbis;
Teobaido, furnerio ; Oliverio de Droennaio; et Acbardo, fratre
cjus; Hugone, preposiio Rosnaii ; Gauteriode Bemon; Milone de
Maceriis; Gautcrio, Abram, Alberto, famulis.
Radulpbus, capellauus meus, banc sigillavit.
Aclum est bbc apud Rosuaium anno nb incarnatione Domini
M*» C° XL'» IP.
(Original, Arch. de l*Aabe.)
% d
' _ 430 — '
XCVIII.
Charte Ai conto VhIbaHt H pown VaMtmje de €;tof rvans.
■ ■•
iU8.
Existentium presentie et futuronim posteritati ego Theobaldi»,
Bleseogîs cornes, notum fleri volo, quod do et in perpetoum cou-
cedo ecclesie ClarevaHensi et domiois ibideni Deo semcntibas
pro remedio anime mee meonimque antecessorum apud Barres-
villam quandam vineam meam ébm déserta vinea prefate viaee
coDtigua ÎQ Mora Yalle sitam. Et aliam vineam meam qae est io
valte Genou eisdem similiter tribuo, laudaute et concedente Hen-
rico filio meo.
Ut autem hoc stabileet in1*onvolsum deinceps permanoret^ banc
cartulam sigilli mei aucloritate confirmari precipio.
Hajus rei testes sunt : Radalpbus, capellaniis m<.*u$, <;ui haoc
sigillavit; Hylduinus deVendopere; ké^mBroslart; Hugu de Porta;
Robertus, filius Guidonis Âsinarii, tune orepositiis Barri; Lamber-
tus Lingonensis; Stephanus de Concelo; Dominicus; Roberius,
ejus frater; Robertus, filius Rollandi; Consiantius, major de Bar-
resvilla ; Gauterius, filius Doe.
Actum est hoc apud Barrum, anirm ab iiiearnatîone Doirnoi
M**C''XL''iIP, régnante Ludovico, filio Ludovicî, rege Fraoeo-
rum ; Godefrido, tune episcopo Lingonensi.
{CamUaire de Ciairvaux, Fenis, U').
XCIX.
Charte d'Henri le Ubéral pour rabhajre de n«atler4a-Cene.
r»
Henricus, comitis Teobaudi filius, Petro, abbati S. Pétri de Cdb,
et conventui ejusdem ecclesie, dilcctis suis, salutem.
De matrimonio, quod vuliis et conceditis inter Hugonein fratrem
Teobaudi de Bulliaco et Dulciam sororem Gobaudi, serrieniis nos-
tri, grates maximas vobis refero, et rogo ut matrimonium istoff
effectui mancipetis, et Hugo(ueffi] et prefatam Dulciam cum rebai
ft 1
— 431 —
illis que ad eam pertinent booorifice tractari meo amore preci-
piatis. Et, quoniam petilioni mee de hoc matrimonio diligenter
adquievistis, laudo et in perpetnum concedo, quod ecclesia vestra
medielatem infantium, qui de istis exicrint, videlicet de prenomi-
oato Hngonc et Dulcia, libère et quiète deinceps possideat. Hoc
.eliam laudavit et concessit cornes Teobaudus pater meus.
Ut autem hoc ratum et inconcussum in perpeluum permaneret
bas litteras sigilli mei auctoritate corroborari precepi. Hujos rei
testes fueranl : Guillelmus clericus patris mei, Odo de Mo\n]tO'
meTt Matheus frater ejus, Gauffridus Esventé fiiius Gauffridi, Hugo
de Chaumisi ; ex parte vero monacborum : Milo tune prier Sancti
Aygulpbî, Gauterius prepositus monacborum, Falco prepositus et
nionachus, Galo major monacborum, Boneltus ser?iens, Oternius
cocus, Âugerius cementarius.
Actum est boc annô ab incarna tione Domini millesîmo centesimo
quadragesimo quinto.
(A.rchives de TAobp, Inventaire de Montier-la-Celle,
P* 65 v«>, d'après le Cartalaire en parchemin, P i7 v».)
c.
Charte da comte ThllMMit n pour l'ablmye de Clalrranx.
liA5.
Ego Tbeobaldus , cornes Blesensis , notum fieri volo omnibus
bomiiiibus tam presentibus quam futuris, quod Josbertus'de Fir-
mitate, profecturus Iherosdimam, concessit Deo et Sancte Marie
de Clara?aile, quicquid habebat in villa Petrecini, nicbil omnino
retinens, vel sibi vel heredi suo, excepte, quod, si redire^d^ ^^^'
rosolimis,illam partem de communi quam cum aliis tribus ejusdem
ville dominis partiebat, dominationem scilicet in bominibus et jus-
tii iam accipiet, si voluerit, in manu sua, et în vita sua, quamdiu
voluerit tenebit. Post'mortem autem suam redibit et boc ipsum in
mannm et possessionem predicte ecclesie. Reliquum vero totum,
id est quicquid vel in villa vel in finagio in sua proprietate tene-
bat, et noD erat commune cum aliis tribus, sive viveret, sive mo-
reretur, absque ulla retractatione donavit eidem ecclesie perpetuo
possidendum. De bac autem donatione investivlt apud Firmitatem
dominum Bernardum abbatem Clarevallensem, laudante Gertrudc,
more sua, in presentia Godefridi, episcopi Lingonensis, et nostra.
— 432 —
Ego vero, de cujus casamento erat, eandem donationem landiTî
com Hearico filio meo, et înde precepi haoc cartam facere.
Testes sunt hujus donationis ; Hylduinus de Vendopera, Wal-
terus de Bernone, Petnis Bursaldus, milites comitis; nec dod et
Hago, dominus de Bello Monte, sororius ejus; et Rogerius de Or-
giis, et Wiardus de Villa, et Johannes major ejusdem ville.
Factum est hoc apud Firmitatem, anao ab incamatioDe Domioi
1I<^C<^XL<^V^ régnante Ludovico, filio LudoTici, rege FraDCorum.
(Cartnlaire de Clairraiix, Comùum Campanie F^.)
CI.
lïbMrte d^AïuielaM de TnOiiel pour TahlMiye de 0AlBi4itt«p
de Troycfl.
* 1145.
In nomine saocte et individue Trinitatis, ego Anselmos în per-
petuum.
Quia generatio vadit et generatio venit et decedentibas aliis alii
giiceeduDt, facile transcunt, que a traoseuntibus'flant. Inter cetera
vero, que scribi contigerit, diulius in memoria durarc videnlor:
quippe que per recordationem in memoriam posterorum deTeniunt
ne aut invidia pereant aut negiigeutia permutentur.
Noverit igitur mea posteritas vel cujuscunque successionit,
qucyl inter me Anselmum de Triangulo et ecclesiam Sancti Lapi
Trecensis pro liberis mnlicribus, que de potestate mca per cobê-
reotias maritales in jus et dpminationem ejusdem Sancii Lupi tran-
slerant, aliquando querela fuerit, me ab illis servitiiim exigeute»
canonicis e contra dicentibus se talem consuetudinem cum meii
predec^oribus habuisse, ut libéras mulieres de terra mea juncus
hominibiis suis de Riveria Arducei in matrimonio de cetero pos-
sidèrent absque reclamatione. Hanc ego querelam ad precem do-
mini Everardi, abbatis, ccterorumque fratrum pro fructu anime
mee in pace remisi, et feminas, de quibus controversia moveba-
-tur, et quibus tune erat investita, manmnissas ecclesie predicte
concessi. Hoc autem compositionis iuterpositum est, ul deinceps,
consuetudine, qua mihi contraibant, cassata, si qua de prwiictis
cuilibet de hominibus Sancti Lupi nuberet, michi ab eadem sine
offensa canonicorum senritium requirere liceret.
Quod quia pia inteutione non ffaudulenter feeeram, scribi feci;
scriptum vero ne quoquomodo irritum fieret, assenMemibus coa>
— 433 —
juge mea Helisende lîberisque meis ÀnselmOt Garaero, quattinus
sigillis comitum, Theobaudi scîlicet, et bone memorie viri filiique
sui domiDi Henrici, eo adhue tempore juvenis, firmarelur, inipe-
travi.
Actum anno ab îocarnatione Domini M^C^XLY^
{Cart. de Saint-Loup de Troyes, f» XLI.)
cil.
Charte du coMte ThilMUit a pour le prieuré de Bamerapt.
1146.
Existentium presentie, et futurorum posteritatî ego Teobaldus,
Blesensis cornes, notam fieri ?olo, quod Fredebargis, soror Teo-
baldi Garou uxor videlicet Hugonis de Meso, dédit Deo et ecclesie
Saocte Marie Rameruco et monachis ibidem Deo servientibus, pro
remedio aoime sue suorumque antecessorum, in infirmitate llla,
qua et mortua est, quicquid teuebat citra Secane flumea. . . .
elemosinam istam calumpuiatas est mooacbîs ; et hac de causa
ante presentiain meam convenerunt, monachi videlicet et predic-
tus Teobaidus; et ibi ad hoc res deducta est, quod Teobaldus to-
tam elemosinam illam monachis concessit et in pace dimisit, af-
firmans fide sua ante me se garantiam et qujtantiam in curia mea
juste laturum monachis contra omnes heredes, qui calumpniam
inferre de elemosina ista deinceps vellent; et me rogavit, ut in
manu mea caperem illum hoc tenenduiu ; et ita feci. Pro hac i(a-
que conccssioiie monachi ?iginti libras nummorum ei dederunt bis
tesiibus : Johanne, tune priore prefate ecclesie; Buamondo, sa-
crista; Radulfo capellano meo, qui banc sigiUavit; Meinardo, sa-
cerdote ; Petro Bursaudo ; Adam Broslardo ; Ansoldo de Meriaco ;
Berengerio de Baldemento.
Postea Tero Arnulphus de Gapis, quoniam habebat uxorem so-
rorem Teobaldi Garou, prefatis monachis calumpuiam iutulit de
hac eadem elemosina, quem prefatus Teobaldus pro garantia,
quam monachis ferre debebat, ante me apud Insulas adduxit, et
ad hoc illum perduxit, quod elemosinam illam Arnulphus laudavit
et concessit monachis, et Amelinam, uxorem suam , sororem vi-
delicet Teobaldi Garou, et Teobaldum, filium suum,laudare et con-
cédera fecit. De concessione vero Arnulphi apud Insulas fùerunt
• ••
r. •
-=- 434 —
testes : Berénferhis de BaldemeiU; MaorîcÎQS, major losoUnni,
et aKi qaam phircs de coria eomilh et de fosufis. Ûe ooneesskNie
autem Amelîne et Teobaldî filii soi apad Capas foeront teste? a
parte iobannis prioriâ : Bereogerias de Baudement, et Alberliis,
famalus prioris ; ex parte Ameline et Theobaldi, filii snf, ftiermit
testes : Arnniphus de Filers, major prefaii Araalphi de Capis; Ra-
dolphos, gêner illius majoris; Petras de Claré. ^
Similiter anle preseniiam meam Herbertus Heremita de Pams
dédit prefatis monachis de Kameruco hoc, quod babebat in décima
de RamerucOy scilicet daas partes de tercia parte. Haboit eciam
taie pactani monachis, quod noUo modo terciam partem, qoe de
eo tenebatar, dari vel veudi, uisi eis. Pepigit qooqne predictis
monachis, per manum meam se garantiam eis laturam de hac re
contra omnes homines, et habuit decem et septem libras nummo-
rum de caritate prefate ecclesie. Hoc autem laudayemnt et cod-
cesserunt Petrus de Blennieor et uxor ejus Margarita, de qna nxore
movebat feodu illad, et Guido Bordellus de quo totum movebat.
Ut hec quidem firma et inconcassa in perpetuum pennaiiereDt,
banc cartam sigilli mei anctoritate corroborare precepî.
IIujus ultime elemosîne sunt testes ; Johannes, prior ; Larober
tus, monachus; Werricus, arcfaidiaconus Trecarum; Menardos,
sacerdos ; Gauterius, cornes Brene ; Berengeriua de Baldemento ;
Odo, filius Goslcni ; Bovo de Donjone.
Actum est hoc anno ab incaroatione Domini M^C^ XL» VI*.
(Original, Arch. de l'Anbe.)
cm.
Charte da eomte Thilmal n pown le prleoré d« SaIbI-
Sépulcre de 'Wlllaeerff*
il47.
Bsistentium presentie et fulurorum posterilati ego Teobaldos
Blesensis cornes notum fieri volo quod Odo, filius GoslenK Hiero-
solimam pergens, dédit Deo et ecclesie San'cti Sepulchri et mona-
chis ibidem Deo servientibus molendinos suos de Espîncero im-
perpeiuum, et proinde habuit quadraginta libras nummomitl' de
caritate prefaté ecclesie. Et cniu de pcregrinaftlofte sua redieiil, a
Dens cum reduxcrit, inonachi prefaie ecclesie d»bunt ei Yîgiûli If
bras nummorum. Et idiérim monacbi illî (M)lsldebiint funHm
ejosdem Odonis de Treeîs. Gum autem Odo redierit habebit pre-
■ *
— 435 —
«lictas XX libras, ul predixi, et farnum sonin monachi absolnte
restituent. Si vero in via mortaus fueril, postquam certos rumor
nd nos de morte ejus perveneril, monachi persolvent predictas
XX libras uxori ipsius Odonis et ûlius suis et fiirnum similiter eis
absolute reddent. Hoc autem laudaverunt et concesserunt Ame-
Haa uxor ejus et filii ejus Hugo, Petrus, et Johannes, et Baute-
rins de Monteriniaco, gêner ejus, et Comitissa, uxor ejus, hc vo-
cata. Ne autem aliqua controversia super bac re in posterom ori-
retar, factum est in presentia mea et per mannm meam tenen-
dum. Et ut ûrmius teneretur et ad memoriam subsequenlium re-
vocarctur, banc cartam fieri et sigilli mei aucloritate coniirmari
precepi.
Hujus rei testes sunt : Hugo Bellus, Petrus filius David, Teo-
baldus Puilus, Bartholomeus de Wareis, Petrus nepos ejus, Ar-
nulpbus, Arcberins de Gapis.
Âctum est hoc apud Joiacani anno ab incamatione Domini
MoC°XL<> Vil'» eo anno quo Ludovicus, rex Francorum, et Henri-
cus, filius meus, [cum] mullo c|onven]tu baronum et plebis Jhero-
solimam perrexerunt ad domandam Turcorum coutumaciam.
(Original, Ârcfa. de l'Empire.)
civ
€%apt« da comte ThllMMit 11 pour le prieuré de mminUAjQui
de Provlna.
1148.
Existentium preseiitie et futiirorum postcritati ego Teobaudus,
Blesensîs cornes, notum Heri volo, quod Matheus, filius Herberti
Scnis de Pruvino, precentor Senonensis ecclesie, dédit Deo et ec-
desie S. Aygtilphi Pruvinensis pro remédie anime sue quicquid
hiibebat in décima de Curtacon, et in grossa et in minuta et in
eo tamen tenore, quod de carilate prefate eccle-
siobalmit trigiuta et sex libras iiummorum : Ne autem aliqna ca-
liimpnia predicte ecclesie de bac re in posterum oriretur, Symon
ttinc prier iHius ecclesie et predictas Matheus ante presentiam
meam convenerunt, et ibi Matheus per manum meam tenendum
pt'^pîi^'t quod garaotiam ecclesie Sanctî Aygulfl juste ferret contra
omîtes qui buic dono deinceps calumpniam inferre présumèrent.
Et, lit hoc memorie in posterum traderetur, ex petitione îpsorum
banc eartam sigilli mei auctoritate confirmari precepi. Prefatam
— 436 —
vero garaalîam ex petitione ipsius Mathei^s in curia mea pombit
Hoc autem laudavit Robertus frater ejus. Hoc etiam laudaverunt H
conces&erunt Guido Fugansfeaum, Raimbaudus de Maresiis, lU-
daifus Picardus.
Isti sunt testes : Radulfus capellanus meus qui hanc sigillavit,
Odo de Miroaut^ Gauterius de Bemon^ Girardus Faba, Gaulerios
tune prepositus PruTinensis, Aroulfus de Joiaco, Arnulfus Cordeila,
TeodoricusBagîa.
Actum est apud Joiacum aQno ab incaniatione Domioi miliesiono
oentesimo quadragesimo octaTO.
{InventcUre de Montier-la-Celte, f» 4S ro ▼«,
d'après ie Cart. en parchemin, P* 9 r».)
cv.
Charte dn comie Thibaut II en tmwtmr de CIbIII
■on clere*
1148.
Ego Theobaldus, Blesensis cornes, existentium presentie et futu-
rorum posterilati notum fieri volo me dédisse Willelmo, clerico
roeo, quandam donium que michi exciderat de morte Ynqiie, uxu-
ris Girardi de Ciauslro, que domus contigua erat domui domni Ra-
dulpbi capellarii. Hanc autem domum prefatus Willelmus vendidit
X libras magistro Herberto nepoti prenominati Radulû laude et
conecssione mea.
Ut vero Tenditio ista rata et inconcussa in posternm baberetur,
bas litteras fieri et sigilli mei auctoritate corroborari precepi. Hu-
jus rei testes sunt : Hugo, Meldensis ecclesie decanus; predictus
Radulpbus, capellanus; Rericus et Adam, caooaici Meldenses; mi-
lites : Petrus Bursaudus; Adam, tune prepositus Meldensis; Bar-
tholomeus, frater ejus; Aubertus de Lagniaco; Adam de Porta
Sancti Melori; Droco Harens; burgenses : Jobannes, major; Ro-
bertus Hermanni; Giroardus, filius Gauterii roajorîs; Willelmus
olim prepositus ; Falcherius, celerarius. Actum publice io capelia
mea Meldis anno ab incarnatione Domini Miliesimo G^XL^Vill*.
(Bibl. de Meanx, Cart, de téglise 4m MeatL^
I,63,U,ift.) ^
— 437 —
CVI.
Charte dTHeiiii le libéral pour l'aMIttye de clalrrawK.
1150.
Ego Henricus, filias comitis Theobaldi^ notum fieri toIo presen-
tibus et futuris quod in preseotia niea venlilata est querela de ho-
minibus Longicampi qui in finagio Perreceii usuariuin requirebant ;
et fldelissime vestigatum ac certissîme coram me cognitum est ir-
raiionabilem esse querelam eorum et nulhun omino usuarium nec
aliud jus eos habere in finagîo iilo. Unde et omnimodis înterdixi
predictis bominibus Longicampi ne de cetero présumant verbum
aliquod movere de re ista nec aliquîd ultra audeant reclamare vel
îpsi vel heredes eorum. Testes sunt bujus cognitionis, Hernulfus
comesRisneili, Hytduiuus de Vendopera, Josbertusde Firmitate.
Factum est boc in finagio Perrecii per manum meam anno ab in-
carnaiione Domini MoC^'L^, cum jam tenerem dominiom Barri et
toiius terre Ikrrensis iraditum micbi a pâtre meo.
(Original, Ârch. de l'Aube).
CVII.
Charte da comte Thiliaut n pour Tabliaye de Clalrvam.
1150.
Ego Tbeobaldus, Dei gratia Blesensis cornes, et illins meus Hen-
ricus iiotum (ieri volumus posleritali nostre, qnod Walterins, filius
Waiteri Pineti, et Henricus, Tratcr ejus, filius Freerii, laudanteeo-
dem Freerio, pâtre Henrici et vitrico Walierii, dederunt monas-
terio Clarevallensi quicquid babebant in finagio Petreciui absqoe
uUa rctentione. Concesserunt etiam, qnod in tota terra Clareval-
lensi pedagium non acciperent quod apad Petrecinum accipie-
bant. Laudavit boc donum Hugo, vicecomes de Firmitate, de cujus
casamenio movebat, concedente nxore sua Hildeberga, et ambo-
rum filiis ; Eriebaudo, Rorico, Jobanne ; et filiabus : Lancenna,
Ysabel. Nos quoque predictum donum confirmavimus; a quibus
- 458 —
predictus Hugo, vicecomes, tenehaU Statoit et promîsîi idem Hugo
in manu nostra et per mannm nostram, quod, si ab aliqao afiqua
calumpnia de hoc dono exsurgeret, îpse eam poneret in pace. Et
ul hoe firmius staref, rogavit nos ut aeciperemus super uos et
poneremus in lilteris nostris, qnod/ si aliquaDdo iode calumpnia
oriretur, et ipse eam ^on po&set extiogere» nos lamdio reliqoam
casamentum, quod a nobis tenet, manibus teneremus, donec eam
omnino paciûcaret ; quod et fecimus.
Ne autem, quod factum est, aliqua temporum vetustafe aut pra-
vorum hominum iniquitate vel mutaretur, vel penitus deperiret,
sigillis Dostris pariter conGrmaviraus.
{Cartulaire de (Uairvaux, Comitum Campth
nie IIIlK)
CVIII.
Charte du comte ThHMHii II pour l-alilMiye de Ctalrvanx.
Vers 1150.
Notum sit omnibus tam futuris, quam presentibus, quod ego
Theobaldus, Blesensis comes, laudante filio meo Henrico, et reli-
quis fiiiis meis, dedi Clarevallensi monasterio pro remedio anime
mee et antecessorum meorum, quicquid avuncnlus meus Hugo,
Trecensis comes, eidem monasterio contulit de terris suis, et
quicquid de feudo ejus vel de feudo meo adquirere poterunt, quod
ad ordinem eorum pertineat. Ne autem aliqua temporum vetnstate
aut praTorum hominum improbitate vel mutaretur vel deperiret,
sigilli mei impressione firmavi et conûrmavi in perpetaum.
{Cartulaire de Clairvaiue, Comitum Campanie I^\
cix.
Charte da comte Thlbaot u poar l^obhoye de Clalmmx.
1151.
•
NotiOcetur presentibos et futuris, quod ego Theobaldus Blesensis
comes, laudante uxore mea Matildi et ûliis meisHenrico, Theobaido,
Stephano, conûrmo Clarevallensi monasterio, qMlcquîd Hugo, Tre-
censis comes, avuQculus meus dedlt ei, et quicquid ego dedi vel
daiurus suip, quod de casamento meo daium est vel dabitur mo-
- m -
nachis predicti loci, quod ad ordinem et consnetudinem eonim
pcriineat, inter que specîaliter nominamus et conûrmamus : fina-
gium de Petrecioo, quicquid est ibi de feodo nostro, et quod eit
dalum est, vel quod emerunt, vel quod amodo dabiiur, vel quod
emetiir ad opus servorum Dei; viueas quoque Barriville, que uos-
tre erant atque déserte, quas ipsi reedificaveruut. Et terram de
Maliis eis donaTimus et concessimu3.
Ne autem hoc aliqua temporum vetustate vel depereat vel mu-
tetur, sigilli meî impressione si^avi, et sigillo primogeniti filii
moi Heorici, qui jam terre mee partem habebat.
Hujus rei testes sunt Odo de Miroalt^ Josccranus de Pringi^
Odo de Monte Omeri, Odo de Pogeio, Galierius de Bemon, Petnis
Bursaudus.
f SigDum Matildis, Bleseosis comitisse. f Signum Theobaldi..
Signum Stephani frairis ejus.
Âetum est hoc anno ab ioearnatione M^CoL^ lo.
Traditum Sancti Floreutini per manum Gaufridi.
{Cartulaire de CUuryaux, Fenis III»).
ex.
Charte du comte TlUbaot il pour TablMiye 4e i«arlTi>Dr.
1151.
Ego Theobaldus, Blescnsis cornes, omnibus hominibus tam (ii-
turis, quam presentibus notum facio, quod Milo, cornes Barri su-
per Secanam, dédit pro remedio anime sue ea infirmiiaie, qua
mortuus est, dominis de Ârripatorio, quatuor sextaria annone, in
uiolendinis suis de Barro ad festum sancti Remigii annuatim red-
denda, de quibus medietas est frumenti et alia grosse annone.
Hanc equideni elemosinam laudaverunt et concesserunt ante pre-
sentiam meam apud Trecas Petronilla, mater predicti comilis, el
uxor ejus Agnes. Ne vero bec eiemosina ab heredibus predicti co-
mitis deleri vel minui posset, haoc cartam fieri et sigilli mei im-
pressione muniri precepi.
Hujus rei testes sunt Uenricus, Trecensis episcopus; Henricas,
filius meus; Gauterius, comcs Brine; Manasses Trecensis archi-
diaconus.
Âctum est hoc Trecis anno ab incarnatione Domini MoG<>Lo !<>.
(Arcb. de TAobe, F. de Larivoar).
440
CXI.
liM.
Existentiam presentie et faturonim posteriuti ego Theobaldos,
Blesensis cornes, ootum fieri volo, quod Hugo, major de Igniaco,
clamabat jure hereditario queudam furnum apud Dameriacam,
quem Richerius avunculus ejas teouerat, sicat ipse dicebat. Pro
bac itaque querela diu ventilala taodem aote presentiam meam
coDveneruQt Ingrannus, abbas Sancti Uedardi Soessioneiisis, ei
Hugo prenominatus, que querela ad boc ante me deducta est,
quod prefalus Hugo, quicquid io furno prenominato clamabat, ex
toto dimisit et ecclesie Sancti Medardi imperpetuam concessit.
Spopondit etiam et taie pactum preDominaie ecclesie habait, quod
garaotiam juste ferret contra omnes qui eam deinceps de boc furao
iuquietare vellent. Hoc quoque laudai^eniui et coDcesseront Sup-
plicia, uxor predicti Hugonis, et filii eorum Petros, Richerius, Hai-
mardus, et filie He)vydi8,Ermengardi8, Aalet, Ad boc etiam inter-
fuit Henricus filius mens, qui boc laudavit et concessit. Ne vero
prenominato Hugoni seu heredibus aut successoribos suis ecde-
siam Sancti Medardi Tel monachos ibidem Deo servientes pro boc
furno imposterum iuquietare liceret, banc cartam fieri etsigilii
mei auctoritate corroborari precepi.
Hujus rei testes sunt, de concessione Hugonis ante me facta :
Léonins Remensis ecclesie decanus , Adam decanos de Caste!-
lione, Gauterius de Bemon, Petrus Bursaudus, Gaulerius tonc pre-
positus Spamacy, Herluinus tune preposilus Castellionis, Petms
prepositus Dornianni {lege Dormanni), Ursio preposilus Casth
Tbeodorici, Ërnulphus de Orbacho ; mooachi : Robertus de Da-
meriaco, Radulphus thesaiirarius,Philippus de Novnto, Gaafridus|;
servientes de Dameriaco : Rogerius decanus, Hago dictus major,
Tbeobaldus mulnerius, Odo de Soilly, Petrus, frater ejos Petros
nepos eorum. De concessione autem uxoris Hugonis et filionim
et Gliarum eorum sunt icsics : prefatus abbas Ingrannus, et preno-
minati monachi, Gyrardus et Garinus filii Herluini, Robertus Slois-
nens, Odo de Courtemotit, Hagano camerariug mens, et predicti
servientes de Damery et de Soily^ Goslenos Ragiiiaudi.
— Wl —
Actnm est hoc apud Igniacum anno ab incarnatione Domini
MoC^LoI*. Radolphus capellaDoa meus sigillavit, Guillennua
scripsit.
(Bibl. Imp. Cart, S, Medardi Sues*.; d«
Damery XXXFIIl).
cxu.
Ckarte «m •«■«« mima* V 9mm la fftéfciJt 4e m
1152.
Ego Henricus, Treceo. cornes palatioua^notum facio presentibus
et posteris quod universam Yinatîooem quam pater meus.Theobal-
dus illustrîs Blesensium cornes habebat in vineis caDonicoram
Sancte Marie Sanciique Stephani Meldensis ecclesie ob remedium
anime patris mei, cujus memoria in benedictione est, et quinque
solidos, quos famuli mei propter colligendum prefatam vinationem
de senricio habere solebant, prefate ecclesie et canonicis eidem
senrientibus libère et quiète in perpetuum remitto et concedo.
Omnem etiam vinationem quamcnmque habuero in Tineis, que eis
deinceps ex elemosina provenerit eorum qui in lecto mortali fue-
rint, similiter quietam clamo prefatis canonicis hoc tenore, quod
in die anniversarii patris mei, prQpter felicem comitis memoriam,
panis et vini.etcarnisrefectionem ex prefata elemosina annuaiim
habebuntcanonici.
Actum publiée Meldis in ecdesia beati Stephani anno ab incar-
natione Domini MoCoL"®!!*, regni Lodovici régis XX^ astantibus
Manasse Meldensi episcopo secundo, Lamberto abbate de Sancto
Farone, Helia abbate de Cagia, Theobaudo archidiacono, Hugone
'^ ^ecano, Girardo de Cantumerula« pluribusque canonicis; Ânsèllo
et Gamero de Triaçnely Odone de Pogi, Ansello de Dongione. Ne
autem hujus mee elemosine devotionem aliquis in posterum qnas-
sare présumât, eandem sigiUi mei auctoritate confirmo et attestor.
{Catalogue no 3.)
•k-
ua
CXIII.
U58.
Ego Henricas, Treceosiam cornes palatinos, eodesie SanctiAj^
gulfi de Pnivino bona aagere desideraos, canctis ootom fieri ?ole,
qaod in ipsa ecdesîa gisterium nullum habeo, minagiom anteai
de burgo com suis juribus quiète possident monachi S. Aigolpbi el
meosuram bladi ex concessiooe patris mei. Preterea volo, cpiod
Dullua de cetero a riparia Durtani in toto bargo absqoe consenfi
prions predicte ecclesie habeat mensoram ad meDsuraodum bla-
dom vel granum vendendom.vel emendom sub pena confiscadoois
ejusdem mensure et sexaginta solidonim taronensinm ipsi ecde-
aie et michi vel aaccessoribus meis applicandorum. Et quicquid
iidem monacbi pacifice possident, concède et laudo in perpetoom
libère possidendum.
Ut autem ista rata et (irma permaneant, présentes liueras sigilli
mei appensione roboravi. Âctum Pnivini anno Domini millesimo
cantesimo quinqnagesimo tertio. Tradita per manum Guillelmi can-
cellarii.
{Catalogue n» 10.)
CXIV.
Cterto *i coBite Mtmri V pom* rabkaye
4»
ilM.
In nomine sancte et individae Trinitatis. Ego Henricos, Treceo-
aium cornes palatinus, presentibas et futuris notum fieri volo, inter
me et abbatem Sancti Medardi Suessionensis ecclesie Ingrannom
nomine discordiam babaisse propter talliam qnam in Tillis sub-
scriptis feceram videlicet Dammerii, Cergei, SoUei, Augnei,
Rtmvrei, Sauckerei, Marisei, cum appendiliis suis, et Trianges,
Roséel, Grisoleis, Clynum, Ottimehams, et Mongtu qui tamen U-
— 443 —
ber est ab omni consnetudioe. Sed serrientes mei, qui consuetu-
dines meas recipere consaeverunt, de prescriplis villis nullam tal-
liam me babere recognovenini. Qoapropter tallîam in villîs pre-
nomÎDatis relinquo, atque imperpetuum dimitto. Sed tamea io yîI-
lis prescriptis nec ja&, Dec consuetudinem, quam pater meas tem-
poribus sois habuit, dimitCo. In aliis vero villis^ si quas io potestaie
mea habuerint, nec talliam née consuetudinem dimitto.
Hujus rei testes sunt : Girardus de Gantumenila, Matheus Lotha-
ringias, Ursio prepositus de Castro Theodorici, Radulfus Magnus,
Onilfus decaous, Paganus de FUlenthors, Ursio pannetarius, et
Dodo de Ferzelei, Odo de Sosmei, Emmericus, Renoldus Perar-
das ; de monacbis ipsius ecclesie : Radulfus, Andréas, Robertus,
Gervasius. Actum est hoc anno incarnati Verbi MoG» Lo 111°, Lo-
doYico regc Francorum régnante, Ansculpbo Suessionis poutiû-
cante, supradicto Ingranno présente. Tradita apud Gastrum Theo-
dorici per manum Guili^rmi, cancellarii.
{CaUUogue ii« 16.)
cxv.
CiMurie «a eMnto HenH l«r pour V&Mmje dei^Salnf-HaHlM
de Tvarm*
1158.
GhrisUane professîonis et justicîe ratio postulat ut domini vel
principes terrarum sic ecclesiarum jura conservent ne ab eisin-
justa servicia vel indebitas consuetudines exigant, et, si forte
quorumdam dilationibus vel humani sensus ignorantia de bonis ea-
rum aliquid tulerint, cognita veritate, pia sollicitudine studeant
emendare. Hacigiturconsideratione ego Henricus,Trecensis cornes
palatinus, ad presentium et futurorum notitiam pervenire volo,
quod homines Sancti Martini de Montibus presentiam meam adie-
runt, dicentes se probaturos quod pastum sive procurationem,
quam pater meus cornes Theobaldus bonae memoriae diu super eos
acceperat, debebunt michi de propriis redditibusbeati Martini. Ego
vero meorum circumstantium persuasione verbis eorum credens,
precepi ut de propriis rébus canonicorum pastus michi solveretur.
Quod factum.audientes thesaurarius et canonicî reclamaverunt ad-
▼ersum me, asserentes se vel ecclesiam suam nullam consuetudi-
nem pastus michi debere. Insuper et preiatis hominibus, si super
'.^
M4--
Sialoia dia, fmâÔÊ ijfiwiiihm toper pwfcrfoae
deUlectolyOloogHio, qnoë iImmui mIui ^ cnwDid wHi pi»-
tom lîf e pBKimcioiMm ck coiwfiCidiae aiisài débefant, Mf»
IMOri niM debocnol^ jmta pbdlm eonm iwtitai eii qiioiîil
obhoode rabat erritiie cipi fettf», MdMM et tmiiliâ— «
deinceps ia perpeiiuHi pattat ille ab eit eaigaflM^ ?al ea
tiaae reddiloa eonB»etperaolaf ant faqMdiieHtnr. Bl ae ia
teraottaprad&cu acoaptiaae bajaaoMidi Tdobllvioae pratarilaïaB
alîqaod detdmeDtoai sea moitttitia a om Td saooataaiibaff arit
ecoletîa tÎTectaonid paUfeau», pratcntan paglaaa tigV m|
impnstioae momum, «eal io raeo teaqmia ioilafli aat, laïawrii
coauneodare carari.
Hajot rei. tctiat toot : Tbaobtldat aoaiet Bleaoaait, WiHehaii
cornet NivemeosUt Odo ooattabolarioti WiUftUnaa de Daaao V^
tro, Ansellus de Triagaello. Ex parle' eodeiba : Wittabeat Scaa»
Deosis arcbiditeoBott. baodericiu de Traci, Abtalon canoaieB
Sancii Martini, Johaooet major de Chableia, Raimbandos, Milt^
tenrientet Sancii M aniai de Chableia. Actom est boc aano îaca^
naiionis dondaicelfoCoLoIIK Eogenio papa, tudoTÎoo Fruco-
rom rege.
{Catalogue n» i7.)
cxyii
BtoBff* W'pomf le ptlei'é ée areateiT.
1154-
Ego Henricati Tireeentimn cornet palatinus, preteolibat et Ah
tarianotun fleri volo, qaod Ogerias prior de Teotiliaco ethoni'
net iptîaa fille a Hagone oemite RosdaceDsi, qni els lajariam'ia-
ferebaty michi clamorem feeerant, uode ipsi eomiii diem pladtaaA
ia curia mea Dominavi. Ad qoem tandem non penrenit, et qaia tl*
lam prediciam et borainet ab omni exactione iptius et consoeci*
dîne quam ab eit exigebat libcravi, prior prefatot et faomiaet ip-
siut ville sponle sua de siagolit domibut ad featam t. Reai^
unum textariom a?eiie ratam et ad octaba» patcbe onam galtinaai
et VI denarios Prnvinemlt monete miebi et heredibut meiasia*
gulit aaoit in perpetuum reddendos concesserant. Eo tameo ta-
nore bec coataelado mkbi et beredlbot meit, qai boariaiam Bt^
-^ 445 —
ciacensis comitis habèbant, concessa est, qiiod nolli dari poteril
nisl eccleaie S. Martiai Majoris Monasterii. Quapropter homînct
ab omnibas eos inqnietantibus, nisi a propriis dominia suis, quo-
rom sunt de corporibus, defbndam et manutenebo ; nec licet eis
ipûus TÎlle priori de aliqua iojuria aibi vel bominibus sais illata,
nisi micbi vel senrieotibiis meis perdamationem facere, que, si
emendata fueril, terciam partem iode habeb^ et ministri eccle-
sie alias daas. In prefata utique villa nnllas alias coDSuetudiDes
habeo prêter gasteium et eaefcîtus ia expeditlonibos mels. Est
aatem bec eadem villa de elemosina mea et aotecessoram meonim
in qua prier babet villicuin et jadicem et decanum ob emnl eon-
saetudine libères. Licet eoim priori omnemjasticiaiii in preaerîpia
villa exercere si per se poteret.
Et De boc aliqua tempomm velustate Bwtari posaet, sigllli mei
impressione confimiari precepi. Hujus rei testes sunt : Teobaldus
de NutriacOyCermundos de Marrollo, Nivelo de Gathalauno, Haîmo
de Marolio, Girardus de Fimis, Paganus prepositas, Herluinus do
Gastellione, Lambertus de Castellioue. Hoc autem factum est anuo
ab iocaroatione Domini Mo O» Lo IIIIo. Tradita est apud Castel-
lionem per manum GaiUelmi cancellarii. Guillelmus notarios
scripsit.
{Catalogue, n» ».)
CXVII.
€?haHc un Bi— le Henri i«r poor le priewré de selej.
ii55.
Ego Henricos, Trecensium cornes palatinos, presentibus et fu«
turis notum fleri volo me GuilleUno Anglico, predbus Helisendis
priorisse et sanetimoBialion de Fusiaco conoessweai, ul, qvaadîu
ipse in domo, quam sanctimouiales predîcte apud Bamim possi«
dent, manxerit, a preposito meo, neque a servientibus meis nulla-
tenus se justificabit.
El ut ïkoc ratum permaneat, sigillo meo eonfirmavi. Bujiit rei
testes sunt: Ansellus deTriangulo,etGuamerius, fraier ejus; Hugo
de Lisiaco; magister Herricus. Hoc autem factum est anoo iucai^
nati Verbi M» C« L» Y«. Tradita est apud Trecas, per manam Gnii-
lelmi, cancellarii.»
{CauUêgm n* U,)
— 446
CXVIII.
Ckarte ém «Mate Meari V **ar rabhaye «e H
et le prtoanré 4e ■>l»»lWBele« (Aake)«
Sézanne 1156.
Ego Henricus, Trecensis cornes palatîauSy presentibas et fotoris
notum fieri volo Petnim abbatem de Cella toiios capitali saî assensu
Drogoni de Pnivioo et heredibus suis in presentia mea dédisse in
perpetunm possidendum et concessisse, quicqaid inoDachi de
Sancto Nicholao Trecis in moleodino de Gislart habebant, pro
quinqne sextariis annone lalis, qnalem molendinom lacratum erit,
siogulis annis reddendis, conventione siqoidein tali, quod Drogo
et heredes sui rem illam nemini vendere vel invadiare poteriot,
dum prefata ecclesia predicto Drogoni ve! heredibus suis tantoo
dare voluerit, quantum alii sibi ofTerrent.
El ne hoc aliqua temporum vetustate mutari possit, sîgillo meo
coniirmavi. Hujus rei testes sunt : Petrus Bristaudus, Gaufridos Es-
veniatus, Galterius marescalius, Josbertus nepos ejus, Robertos
Labord^. Hoc autem factiim est anno incarna ti Verbi millesimo
centesimo quinquagesimo sexto, Ludo?ico Francomm rege ré-
gnante. Tradita est apud Sezannam per manum Gallielmi cancd-
larii.
{Catahgue n» S8.)
CXIX.
CAuu^ ûm CMBte Henri po«r le prtearé 4e
1157.
In nomine Patris et Filii et Spiritus sancti, Âmen. Quia nraltim
multorum liabundavit iniquitas et omnium omni (podo pietas re-
frigit, attentione dignum esse judicavi, ut, quod mihl placuit e^
clesie Béate Marie Magdalene de Meso juxta Provinom et moni-
chis ibidem Deo servientibus in elempsinam dare, ego HenricB,
cornes Trecensis, Deo auctore sigillo et etiam signe debeam coa*
— 447 —
firmare. loprimis ergo notum sit unîTerse postetiutî, quod pre-
dictc ecclesie de Meso pro sainte patris mei et anime mee reme-
dio et antecessonim meorum dedi atque in perpetuum concessi,
at omnes homines ejas qui aubeni vocantur, si causa morandi
apud Mesum juxta Pruvinum vel in tota terra B^ate Marie Magda-
lene de Meso veniant, si ipsi homines volunt remanere, poterunt,
ad jus et dominium Béate Marie Magdalene '^e Meso pertinentes.
Preterea concedo predictis monachis de Meso, quicqnid ipsi pro
Dei amore |dono| vel emptione acqaisierunt in toto feodo meo. Et
in terra Béate Marie Magdalene de Meso que sita est juxta aquam
que diciiur Vousia ?olo et concedo ut ipsi libère et pacifiée possi-
deant ex utraque parte aque, et in perpetuum inde altam et plena-
riam habeant justitiam, sicuti latronem et sanguinem et falsam
mensuram et omuia alla que possunt ad justiciam pertinere.
Quod ut ratum permaneat litteris annotavi et sigilli mei impres-
sioneconGrmavi. Âctum publice sub multis testibus, Nicolao capel-
lano meo, Hugone de Planciaco, Manasse, Gaufrido, Petro Bur-
saut, Gervasio marescallo, Drogone Bristardo, Âimèrico clerico,
aono ab incarnatione Domini millesimo centesimo quinquagesimo
septimo. Tradita Pruvinio per manum Guillermi cancellarii meil
{Catalogue n« 45 bis.)
cxx.
Charte ûm iiiia KenH X«r pour l'aMlAye de Clalrri
1157.
Ego Henricus Trecensium cornes palatinus existentium memorîe
et futurorum posteritati notum fieri volo me ob remçdium anime
mee et antecesorum meorum et precibus frairis Galcherii et fra-
tris Rainaldi quamdam fabricam apud Waisseium ad faciendum
ferrum cum usuario eidem fabrice necessario dominis de Clara-
▼aile liberam in elemosinam perpetuo possidendam dédisse; et ne
lioc aliqua temporum vetustate mutari vel infringi possit, scripto
commendari et sigilli mei autoritate confirmari precepi.
Hujus rei et confirmationis testes sunt : Ansellns de Triangulo,
JohannesHurupelluSyGaufridusi^roftors, Âmilo Flandrensis,Her-
bertus filius Grimaldi, Gaufridus marescallus. Actum est hoc anno
incamati Verbi M'^C^LoYII». Ludovico rege Francorum régnante,
BtYSone Cathalaunensium episcopo existente. Tradita est apud
Trecas per manum Guillermi, cancellarii.
{Catalogue n» 46.)
us —
CXXI.
duurie ûm eanto Mevrl X« pmw ra»f c de
Troyes 1158.
Ego HenricQS, Trecensium cornes palatinos, noliuB &cîo pre-
seniibus et faturi^, quod ego Odieniam et Odeleidam et Bmceli-
nam sororem eanim, qae de terra Waisseii apud Mooasteriiim A^
remareose veneront, et Glarieiam axorem Oberti de Parvo Mais*
nillo juxta Mooasteriam Arremarense, que Clarida Yenit de FaO'
nai, et ConstaDcium et Adam fratrem ejas, qui de terra Vîtriid
veneruat, cum flliis et filiabus eorum omnium^ intoitu Dd H
ainore dilectorom fratrum Arremarensium, titolo perpétue elemo-
aine Sancto Petro ArremareDsi donayi. Qaod ui ralam et incon-
cussum maneal sigilli mei impressioae roboravi. AffueroDt aaicn
hujus rei testes dominus Aosellos de Triangulo, Garoems frater
ejus, Hugo de Planceio, Willelmus marescallus, Deimbertus de
TemantiSi Artaudus, camerarius. Actum Trecîs, anno mcamati
Verbi millesimo centesimo quinquagesimo octavo.
* {Catalogue o» 6ft.)
CXXII.
ClMurte ûm eomie HenH W pour raMIaye d^I^my.
1158.
Ego Henricus, TreceDsium comas palatinns, presentibus et fa-
turis notum volo fieri quia fratribus ecclesie béate Marie Yonia-
censis in nemore meo secus loca monasterii Delveosis et in filla
que dicitur Wausiacum locum unum fabriferrariis Decessariuffi
terramque fodiendam ad ferrum faciendum et liogna ex eodem
nemore ad operandum sine contradictione habere et possidere in
perpetuum concessi.
Hoc autera ne aliqua temporum vetustate deleretar sigilli mei
robore confirmari precepi. Hujus rei testes snnt Petms Bursaudos,
Girardus Esvenlatus, Baudoinus de Aciaco, Nicolaus capellanus.
Actum est hoc anno Verbi incamati MoCoLoVHIo.
{Cataiogue no M.)
— U9
CXXUI.
Cluu^ 4« emato Henri !•' pour raMMij e 4e l|fapjl-l.eap
de Treyea.
i» féTrier 1158.
Id nomme saDCte et individne TrinitaUs.
Ego Henricas, Dei gratia Treceosium cornes palalious, ootum
facio presentibus et fu taris, quod ecclesiae Beati Lupi furnvm, qui
est juxta eandem ecclesiam iotuitu pacis et quietis pro fructu
animâe meaB predecessorumque meoram liberum coDcessi, sciiicet
Btsex (lospites cam familiis suis, in habitantes sex mansiones ejiis-
dem farni, de cetero nullam justiciam, oullam consuetudinem ml-
chi Tel meîs persoWant, nec in jus nisi per submonitiones vel ab-
bâtis vel canonicorum veniant, nec alicui super aliquo négocie
respondeant. Quod si quis etiam predictorum sex bospilum meus
sit, non licebit ministris meis propter eum prêter licentiam abbatis
vel canonicorum furnum violare, aut infra furnum ipsi vel rébus
ipsius vim facere. Sciendum tamen, quod exactiouem, que vulgo
tallia dicitur, propter libertatem furni de homine meo non per-
dam, et quociens extra furnum inventus f uerii, libère de eo meam
exercebo justiciam. Prêter boc ad refectionem fratrum totam
aquam, que interjacet, a molendino de Baira usque ad locum qui
dicitur Arziletus, ecclesiae predicte donavi, quatinus in ea nemini
liceat prêter abbatis vel canonicorum jnssionem qoocumque modo
vel arte piscari.
Âctum publice Trecis in ecclesia Beati Stephani. Quod pie fac-
tum causa majoris iirmitatis scribi precepi ; scriptum vero legiti-
marum personarum testimonio sigillique mei impressione com-
muniri. Hujus rei testes sunt ex parte mea : Manasses, decanus ;
Bonellus, Girardfls, Andréas, Micbael, sacerdoies; Rainaudus,
Uerbertus, Rericus, diaconi; Rainerius, Guirricus, Galterus ca-
merarius, Guiardus, Teobaldus, Petrus, subdiaconi, canonici Sancti
Stephani; Odo, conestabuins ; Herfredus, prepositus; Petrus Ble-
seosis; Lambertus, ûlius Everardi ; ex parte Beati Lupi : Guiterus,
abbas; Teobaldus, prier; Herbertus, subprior. Data Trecis per
Willelmi, cancellarii, manum, kalendis febroarii, anno M^CoLVlIf*
abincamatione Domini, Ludovico régnante, Henrico catbedre Tre-
censi présidente.
{Cataiogue n» 60.)
— 460
C3CXIV.
Charte ém esnite Henri i» pevr lei
ii59.
Ego Hcnricus, Trecensium cornes palatinus, Um presentibos
quam futuris notum facio, quod pater meus booe memorie comei
Tbeobaldus VII marcas argeotî fratribus de Templo in elemodiUB
dédit. Ego aalem pro salute anime ipsias et mee 111 marcai ar-
gent! eisdem fratribus in elemosinam dedi, et pro istis X mardi
argenti XXIIII libras pruvinensis monete in telonio meo Treca-
rum, in nundinis Sancti Remigii XII libras, in nandinis ^octi
Jobannis XII libras, eis assignavi et perpetuo posûdendas ood-
cessi.
Et ut hoc ratum et inviolabile permaneat, scripte commen-
dari et sigilli mei impressione corroborari precepi. Hujas rei tes-
tes sunt : Ifatbeus Senonensis ecclesie precentor, Renaldns ecde*
sie beali Quiriaci Pruvinensis tbesaurarius, Ansellos de Triangnlo,
Matbeus Loiboringus, Petrus Bursaudns, GuillelmoSy marescallos,
Drogo de Pruvino, Simon de Ventelaio. Acium est hoc anno inea^
nati Verbi M**C« Lo IX». Traditum apud Pravinum per manumWii-
lelmi cancellarii.
{Catalogue vfi 66.)
cxxv.
Cluu^ ûm ceMte Heurt l«r peur faMIeye ém
1159.
In nomine sancte Trinitatis.
Ego Henricus, Dei gratia Trecensium palatinus cornes, DOtom
fieri Tolo presentibus et futuris, quod ecclesie beati Lupi Uberta-
tem majoris sui, quem babet in villa, que Lueriis Tocatur, in ele-
mosinam donaverim. Concessi igitur, ut predictus major, quisqois
ipse sit, secundum successionem temporum a salvamento et a pro-
curatione et ab omni justicia mea de cetero liber sit et émancipa-
tus et Trecis nullam consuetudinem michi persolvat, neqne pr»-
— 451 —
posito meo, ueque miDisterialibos meis in aliquo nisi per josticiam
abbatis et in cnria Sancti Lupi respondeat. Qui tamen si gravioa
aliquid, quod ante memet ipsum judicem debere[t] corrigî, forte
peccaverit, abbas, inde submooilus, eum meo successoniniqne
meorum judicio respoDsurum presentabit.
Hoc autem quo ratum maneat et îllibatum sîgillo meo confir-
mari precepi. Uujus rei testes sunt : Peiras, abbas de Cella ; Joce-
linus, prier Sancti Aygulfi, et Thomas, mpoachi ipsius; VillermoSi^
canceilarius ; Rainerus de Brena ; Guirricus Buceps ; Petrus Bor-
saudus; Herfredus, prepiositas; Petrus, filius David.
Acmm Trecis in ecclesia Beati Lupi, anno ab .incarna tione Do-
mini M« €• quinquagesimo nono.
{Catalogue d9 7S.)
CXXVI.
dÉarte dn e«mte Henri X«r povr l'afcfcayc de HeleMae.
1160.
Ego Henricus,Trecen8ium comes palatinus, notum fieri volo me
concessissel^iienco venerabili abbali Molismensis ecclesie totique
capilulo, quod nemo hominum meorum, neque miles, neque deri-
CU8 nec aliquis de servientibus meis ullo modo hospitaretur neque
comederet ad villam que Tocatur Rumiliacus et ad Waudam et ad
Corgènes/m usque adMolismensem ecclesiam pertinentes et ad po»
testatem Rumiliaci, exceptis illis qui mecum in istis villis ventent,
et qui cum els qui exercitus meos vel expeditiones meas duxerint
ambulaverint.
Ck)ncessi etiam hominibus earumdem villarum et ad potestatem
illarum pertinentibus proprios usus nemorum in omnibus suis ne-
cessariis excepta venditione.
Hujus rei testes sunt Renierius de Brena, Rericusde Meldis et
multi alii.
Traditumapud Trecasper maimmGuillelmi, cancellarii, M«G*LX*
annoVerbi incamati.
{Catalogue n« 86; cf. ii« 109.)
4Jtt —
cxxvn.
CiMirte ûm eanto Kcnrl X« povr rabksye de
1101.
In nomine sanctœ eliodiviiiii» Tnaitalis. Ego Heiiricia,Ti
gîuin cornes palatious, notum fado preseatibas et fmum qood
ecclesia Sancii Martini de Trecis, medietatem aqn» a oMileodiaii
Sanctae llaurae usque ad vadum Sancti Benedicû a diebos patris
mei lenebat, et qnia de feodo meo erat, et dengnatum pro ea ser-
vi tium designatis roichi terminis exhibebat. Haoc aqaam pro as!-
mabus patris et matris meae Jacobo, abbati, caeterisqne canonids
Sancti Martini in perpetuum habendam concedo et confirmo, et il
libertatis plenitudinem quicqiiid jastttiae, quicquid serritîi pro feodo
aquae micbi debebatur eis nunc et semper condono. Verom p^^
dictus abbas et soi, ne appareant ingrat!, ut pote non reddeotes
gratiam pro gratia, concédant ecclesiae nostre pro priml martiris
honorificentia et gratia roea se visitare ecclesiam oostram qootao-
nis, et in augusto festum bonortie diem in tali qoali processione
sua. Addunt etiam pro sua deyotione liberali alias processiones
magis, vtaiunt,suaB convenientes tenuitati : bocest in exequiis ca-
nonicorum Beati Stephani, quoties aliqiiif eorum ex hac vita ni-
graveriu
Utautem h»c coneessio et confimatSo scripto tradlta ad hoa»-
rem et utilitatem partis atriusque rata et intemerata coDBÎilat,
consequenter sigilli mei presens coomunit et consignât attotoritai
Hujus concessionis et conflrmatioms testes sunt ; Johaaaes, aa-
tor; Haitius de Planceio, Rainaldus de Pruvino, canoiiîeî Siocti
Stephani; Drogo Brisiaudus; Josbertus de ProTino» tonc picp^
situs Trecensis; Herfredus de Trecis; Garious Barbeta; Thoiaas
Pullus; Petrus, gêner Otranni divilis; Engelmenua, ÛUiis Falcba*
nis; Gislebertus de Clauso; Karolus de Qauso; Aremberti» dt
Ungione : astante tune temporis in palatin meo, Ganfrido Jofit
ville, dapifero meo; Odone de Pogeio, constabulario ; Anadlo ds
Trjangulo, buticulario; Guillelmo Rege, marescallo. Âctum est hoe
anno ab incarnatione Domini milleslmo G* sexagesimo primo, Lq-
dovico in Fradcia régnante, Henrico in Trecassino episcopante.
Tradita est baec carta Trecis per manum Gailleûni cancellaiii.
(Catalogue oP M.)
ji
M3
cxxYin.
Ego Henricus, Trecensium palatinus cornes, oottiin fieri folo
prfesentibns er fàturis, ({uod ego dedi Deo et monasterîo Sancte
Marie de Ripatorio, ut aqua Basse a vado Walevrie usque ad prln-
cipium Forestelle, que est ultra Ripaiorinm, que et monachorum
est, in banno mt, ut nemo ibi amplius piscari.audeat et debeat prê-
ter monaobos, et cui ipsi preceperint.
Ne autemhoe donum vel mutaretur vel dëperiref, lliteris meia
et sigillo ineo studiii conOnnare. Hnjas rei testes sunt : episcopus
Autissiodorensis; Petrus^ abbas Cellensis; Magister Nicbolaus,
prier Sanoti Jobannis ; Guillelmus, cancellarius, per cujus manum
tradlu est^ amio incamati Verbi Mo G» LX<> I^
{CauUogue n9 lOO.)
CXXIX.
duurte dn coatte Hlnarl IP* eoBcenuuiS la fbrêi ée S^mj,
1165.
Ego Hearicus,. Trecensium palatious cernes, omnibus servienti-
bus meis et universis qui presens scriptum videriut notum facio
quod in foresta de Joyaco quercum, fagum, pomuro, pirum, es-
culum, alierium, et corberium proprie defensionis mee et proprii
juris ita habeo, quod nemo nisi illi soli quorum nemora fuerint ad
predicias arbores manum apponat. Illos vero ad solum berberga-
gium suum eas oportet accipere. Si quis vero alîus eas attemptare
presumpserit, non solum pecunie sed et menbrorum reus erit.
Quod ut noium pernianeat et îHibatum, litteris annotari et si-
giili mei impressione Grmari precepi. Datum Pruvini anno incar^
nati VerbiM*GoLXo quinto, per manum Gulllélmi cancellarU.
{Catalogue n» 133. La charte de la forêt de SonTdan
n» 183, est aemblable à ceUe-ci.)
454
CXXX.
Chmwim &n eowmim Henri W paar FaMbAje dta
1108.
In Domine sancte Trinitatis.
Ego Henricas, Dei grati9 Trecensium cornes [Mdatinos, notom
fleri volo presentibus et futuris^ quod avenam, quam habiiatorei
terre beat! Lupi, que conjacet apud Baîram, pro salvamento michi
debebant pro fructu anime mee et pro remedio anlmarum patris
mei pie memorie Tbeobaldi et matris mee Mathildis, necnonetce-
terorum predecessorum meonim, ob redemptiooem temporis, quia
dies malî sont, fratribus in ecclesia prefati beat! Lapi Deo servien-
tibus in perpetuum donavi. Et ut omnis occasio nocendi mallToUt
exinde toileretur consuetudinem galUnamm, qaas mei serrientesa
prediclis hominibus accipere et singulis nummis singulas compa-
rare solebant, eidem ecciesie similiter in elemosinam concessi.
Hoc autero ne diutnrnitate tempormn, seu malig;nitale perrer-
sorum possit in postenim depraTari, ordinem rei geste scribi pr^>
cepi, scriptum quoque sigilli mei impressione, testiomque snb-
scriptione communirL Testes hujus rei sunt Andréas sacerdoi,
Teobaldus scriba, canonici beati Stepbani; Goillennus, marescal-
lus; Petrus Brisiaudus; Herfredus, prepositus.
Actnm publiée anno ab incamatione Domini M» G* LX» YIII% re>
gnante Ludovico rege Francorum, Henric^ episcopo cathedre Tre-
censi présidente. Data Trecis per manum Guillermi cancellarii.
{Catalogue d9 IM.)
CXXXI.
duurle eu coMte Heurt l«r povr l'aMlAye 4e
1168.
Ego Henricus, Trecensium comes palatinus, universis presenti-
bus et futuris noturo facio, quod Jacobam filiam Hugonis de Cnr-
cellis abbati et ecciesie Sancti Lupi donavi maritandam fllio Belini
M
— «B —
de Submuro, propter quam îpse abbas michi dedh in excambio
filiam predicti Belini maritandam cnilibel bomiDum meorum.
Quod ut ratum permaneal, sigilli mei impreasione precepi cod-
finnari.
Actnm aoDO iDcaraati Verbi Mo G* LX* Yllfo.
{Catalogue n» i6i.)
CXXXII.
dywte ém Mmte Henri l«r pour rabkaye de Satel-Hédard
1109.
•
EgoHeDricuSyTreceDSîum cornes palatinuSyUDÎversis presentibus
et foturis notum facio, qiiod ad precea lograoni abbatis S. Me-
dardi Suessionensis et bominuin de Cer(|[yaco foram constitai apud
Cergiacum, videlicet die sabbati. Est autem inier me et abbatem
aoper eodem foro talis cooTentio, quod de ibeloneo et de aliis red-
ditibus fori alterain medieiatem habebo ipsa die fori, et de homi-
nibus qui foris venerint medietatem justicie. Homines vero ejus*
dem ville, quantum ad me spectat, liberi remanebunt, sicut priua.
Omnes etiam, qui ad forum venerint, eundo et redeundo in ipso
foro erunt in conductu meo.
Quod ut ratum permaneal, litteris annotatum sigilli mei im-
pressione firmavi. Sunt autem bujus rei testes ex parte abbatis :
Galterus prepositus Essomensis, Gervasius prepositus de Dame-
ryaco, Guido capellanus abbatis, Hugo, Pbilippus, monachi ; ser-
Tientes : Hugo de Cergiaco, Hugo de Marisy^ Petras de Chivrei;
ex parte mea : Manasses prepositus Beati Stepbani Trecensis, Jo-
hanncs capicerius, Âncellus de Triannello, Hugo de Planceio, Wil-
lermus Rex marescallus, Artaldus camerarius, Odo prepositus Cas-
tri Theodorici, Paganus de Filentotis,
Âctum est hoc Castri Theodorici anno incarna tiVerbi MoC''LX*IXo.
Data per manum Willelmi cancellarii.
{Cataiogue n» 162.)
H^.
J.Si. «iM.' -.i^. -•_ J
456
cxxxni.
Charte ém cMité Heul !•'
1109.
Optime coosoetadiais usas apud majores nostros inolefit, ntié
compescendas malignaotium calumpnias ea que inter ecdesiasti-
cas secularesf e personas justo fine contraherentor fidei coIlUllitt^
rentur litteraram. Eapropter ego Henricas» Treceosium palatioef
cornes, uuiversis tam presenlibus quam futaris presentî acripto do-
tum fieri Tolo, quod Jacobua, SaBCti Martini Trecensis abbas, ei
totua ejusdem ecclesie coDventuSy laudamento pariter et asieosa
ommum canoDÎcorum suoruin furoam suum qui est jaxta portas,
quae Gomitia appellatur, Ârtaldo, camerario mec, vendidenmL
Hoc autem légitime factam ne teroporum vetiistate Tel succedeo-
tinrn personarum novitate posset obliterari, rogantibus ipsoabbate
el capituloy litteris annotatum sigilli mei coDsignatione et legiii-
monim testium aubscriptione confirmare dignum duxi.
Sciendum etiam quod obolos paniQcom, quos scîlicel obolos
Ebrardua falconarius de munere meo in eodem fumo habebit,
eidem Ârtaido, recepta ab eo recompensatione, asaensif meo resî-
gnavit. Et ego eoadem obolos ipsi Ârtaido laudavi et c«Dcessi io-
perpetoum.
Âffuerunt igitar bujus rei testes : dominus Ansellns de Trit-
gnello, Drogo de Pruvino, Deymbertus de Ternantis» Girardns
Eventatus, Herfredus, Tbomas Strabo tune temporis preposîtai
Trecensis, Girardus de Pmvino, Robertus major Insularom, Pe-
tms Blesensis, Odo Figura, Nicbolaus de Sezannia. Actumestboe
Trecis anno incarnati Verbi MoG^'LX*» VIIH*. Data per maoïui
Willeimi, cancellarii.
{Catalogne n« 109.)
CXXXIV.
Charte du comte Benrl i«r pour rahheye de nentténMMy.
1409 an pins tard.
Ego Henricus, Trecensium palatinus comes, notnm facio et pre-
sentibus et futuris, et ex utraque parte in manum accipio pactio-
— 457 —
nem «t eonstitutionem que inter Galternm, Arremarensera abba*
iero, laudante capitulo suo, et Odooem, conestabulam meum, eo«
dem Odone su^ier hoc fidem suam dante, uxore sua Uelisabeth et
filiis Kainaldo et Henrico laudantibns, de villa Manilli Letranni et
de Feloncort et de hominibus Arremarensi^ ecclesie apnd Aven-
toni commorantibus proTenit. Justiciam et talliam honiioam de
MaiêfUl Lêtran et de Feloncort et horninum ecclesie apud Arett-
tiftii, quoeumque modo proveni^t, monachi et conestabiilus com-
miMaem habebunt, et comrauni consilio atroruraque partîum fiec.
Qiwd dî homiDeft Sancti PetrI in prefatis locis moranies aliquid fo-
lisfecerint in tota terra Odonis conestaboH, similiier cnm mo-
nachis Arrenarensîs ecclesie justicia parcietur. Si vero quidpfam
non partitujii conestabulus fortoitu acf eperit, infra quindecim dies
pofttqnam abbas Arreinarensis illud predicio conestabuk) notum
fecerit, medietatem per omnia ecclesie restitnet, qoandin ambo
coDsensejrlnt. Unus major eril amborum, qui fidelitatem faciet et
conestabulo et abbati. Gum vero duos habere voloerint, non pre-
cedet unus alterum in submonitionibus et justiciis faciendis, sed
communi consilio facient, et per médium parcientur. Ompes reddi*
tus de Maisnil Letran prêter justiciam et talliam Arremarensis ec-
clesie erunt. Quicquid autem adquirere poterunt in bac pactione,
per médium accipient et ement per médium. Uterque major erit
liber quandiu major erit.
Hoc autem ut ratum sit et inconcussum teneatur sigilli mei im-
pressione firmavi, sed et Henricus, venerabilis Trecensis episco-
pus, et Galterius, Arremarensis abbas, hoc pactum sigillorum suo-
rum auctoritate confirmaverunt. Hujus autem rei testes sunt : Ma-
nasses archidiacoous de Villamauri, Manasses frater ejusdem
Odonis oonestabuli, Johannes Uumpellus, Witterius ejusdem
Johannis frater, Burdinus et Aymo monachi Arremarenses, Hatto
Trecensis, Gislebertus de Maisnil Idetran et Johannes villici mo-
nachorum, Jacobus de Sanctn Martino, Rainerius de Lantagio,
Herbertus de Bussuis.
{Catalogue nfi 172 bis.)
cxxxv.
Clunrte da comte Henri l«r pour le priearé de MUiit-tf eoa-
eii-€liâiel«
1170.
'Ego Henricus, Trecensium palatinus comes, notum fieri volo et
presentibos et futuris quia ego dedi dilecto meo magistro Nicbo-
80
— 458 —
lao, priori Sancti Jobannis de Gasiello C solidos in aoniiis reddî-
tibus in ecclesia Beati Stepbani, L solidos in nnndinis Sancli Jobaa-
nis et L in nnndinis Sancti Remigii. Dedi etiam post mortem ejn
propter amorem ejus prefatum redditum ecclesie Beati Johanob
de Gastello, ut illum imper petaum babeat cum omni integriiate,
ita tamen quod mooacbi Sancti Johannis in obi tu canonlconun
Sancti Stepbani ad sepulturam eonun venient et pro mortnis ca-
nonicis ejnsdem ecclesie semel in anno générale anniversarium
perpétue facient. Ne autem hoc vel temporum vetustate vel alicu-
jus bominis penrersitate aut mntaretur aut deperiret, litteris mets
et sigillé meo confinnavi. Hujus rei testes sunt Manasses de Tille-
mauro, Trecensis arcbidiaconus et decanns Sancti Stepbani, Ma-
nasses de Pogeio, prepositus Sancti Stepbani, Haicios, snbdeca-
nus ejnsdem ecclesie ; de laicis irero ; Guillelmus marescalcus,
Altaldus camerarius, Daimbertus de Temant. Âctum est hoc anoo
ab incarnatione Domini M« G"* septuagesimo. Data Trecis per ma-
num Guillermi, cancellarii.
{dUaiogue n» 183.)
CXXXVI.
Charte du comte Henri !•' pour le prieuré de Wini-ji
Mt-CIOMel.
il70.
Ego Henricns, Trecensium palatinus cornes, notam fieri toIo
presentibus et futuris, quia ego dedi Ârremarensi ecclesie ut do-
mus Masceline cum auvento quod ante est, que est in foro Tre-
ceosi, et que propria est Sancti Johannis de Gastello, libéra sitab
omni consuetudine et theloneo et justicia; et ecclesia Sancti Johan-
nis, que cella est monasterii Arremarensis, imperpetuum babeat
quicquid ego ibi habebam cum omni libertate et securitate, eo
autem tenore, ut mercatores, qui ibi fustanios, pannos et alias
merces vendere voluerint nunquam alibi vendere cogantur prop-
ter donum quod ego alteri faciam , si ipsi mercatores noluerint.
Homines autem, qui in eadem domo habitabnnt, et mercatores,
quandiu ibi erunt, liberi erunt ab omni justicia et non responde-
bunt alicui nisi priori Sancti Johannis. Hoc autem donum proprie
et specialiter feci predicte ecclesie pro amore carissimi mei ma-
gistri Nicbolay, prioris Sancti Johannis, ut ipse in vita sua, vel
— 459 —
quaodiu volnerit, ubicumqae sit, redditns de domo illa habeat,
qaantum ad partem meam pertinebat, cum omni integritate. Et ne
hoc donuDi aliqua temporum velustate, aut alicujus hominis per-
Tersitate aut mutaretur aut deperiret, litleris meis ûrraavi et si-
gillî mei impressione signavi. Hujus rei testes sunt: ManassesVil-
lemauri Trecensîs arcbidiaconus et decanus Sancti Stepbani, Ma-
Dasses de Pogeio prepositus Sancti Stephaoi, Rainerus de Brena,
Rainaldus de Pruvino ; de militibus : Guillermus de Domni Petro,
C^illermus Rex marescallus, Hugo de Planceio, Drogo Bristaudus.
Data Trecis per manum Guillelmi cancellarii anno ab incarnatione
DominiM^C-LXX*.^
{Catalogue n» 184.)
CXXXVII.
Charte da comte Henri l«r pour l^abkaye de MUiit-Hédard
de SolMMiiui*
1171.
Ego Henricus, Trecensium cornes palatinus, notnm facio pre-
sentibus et futuris, inter ecclesiam Sancti Medardi Suessionensiset
Milonem de Vendolio contentionem fuisse, quod videlicet idem
Milo asserebat homines de Dameryaco qui sub ipso apud Yendo-
lium vénérant a tallia Sancti Medardi quietos esse cum terras ejns-
dem apud Dameriacum tenerent, memorata vero ecclesia reda-
mabat homines qui terras Sancli Medardi apud Dameryacum tene-
rent taliiam debere quocumque irent, si terras vellent retinere.
Tandem ventilata fuit bec questio in curia mea et a legitimis ho-
minibus recognitum, sancitnm et per jusjurandum conûrmatum
fuit, quod homines quicumque terras dicte ecclesie apud Dame-
ryacum tenent, talliam debent bis in anno, utramque taliiam us-
que ad quatuor solides nisi inde aliquid remissum fuerit.
Hoc autem ut notum permaneat et inconvulsum teneatur litteris
annotatum sigilli mei impressione flrmavi. Âffuerunt autem hujus
rei testes : Ansellus de Triagnello, Symon de Enchra, Dembertus
de Ternentis, Guillermus mareschallus, Gyrardus de Dammeryaco,
Guarinus frater ejus, Hugo decanus, Theobaldus molendinarius.
Actum apud Nogentum, anno incarnati Verbi M"" G» septuagesimo
primo. Data per manum Guyllermi, cancellarii.
{Catalogue n» 188.)
460
H%%
U7i.
E|^ Bmîcos, TrecQMnm cmms paistiaM, wMvcnit prcieatî-
ktt el fotom ootam hâa^ qood toUndecuuaUmrionmietde
Bokadioif de Ckallooel Deo el eedene R. IbrtiBi Treeensit el
fratribos ibidem Deo semeoUbvs am oouii întegriute posaideft-
dam io perpétua ekaonoa donaTi, rolenie el eoncedente Andréa
Cementario, qui in eisdem moleadinis tertiam partem babdiat
CoDcessi elUm prasfate ecdeai», ot fratrea in ea Deo serrienlesin
predictis molendinis singnUs bebdomadis molere possinc libère
el sine moltara dimidinm modinni firamentî, vel cajosiibei alterios
annonae; aqnam etîam el piscariam eonnndem moientGnorom, si-
cal alTens prolenditnr, ab iniroiln de Jallart vsqie in aqnam de
Oriot^ liberam, abaqne cemni et omni alia consnetndine nicbilo-
minos eis donaTi, annnente ipso Andréa, qni memoralam aqnam
de me snb annno censn X solidomm pm^inensinm lendMl, et
banc censom eis omnino remisi.
Haec anteci ol nota permaneanl et inconenssa leneantnr, liiie-
ris annotata, sigilli nostri impressione fâma?i. Affnemnl aotem
faajns rei lestes Nicolans, capellanus ; Hngo, capellanns; Roberios
ChaureU; Tbeobaldos de Flmiis; Ansellos de Trianelk>; VniUe^
mas, constabnlsrins; YuiUelmns, marescalius ; Arlaldus, camera-
rins ; Manasses de Clanzo ; Micolaos de Sesannia. Acinm Treds,
anno incaroati Yerbi M» 0» LXXo !•. Diu per mannm VnUleimi
eancdlarii, nota YniBelmi.
iCatmlogme no isS.)
CXXXK.
i17S.
Ego HenricnSyTrecensiam palatinus cornes, notnm fim ▼^ pr^
sentibos et futcris, qnod ego emi a magistro Petro, ilio Theodo-
rici Clamatii canonico Sancti Lupi, totam terram el vineam et yiri-
darlam que erant jaxta ecdesiam béate Marie Deanrate jaxta
— 461 —
ofBcinas Sancti Johannis de Gastello, que eum jure hereditario
cootingebant. Ego autem pro remedio anime mee et patnim meo-
mm, et pro axore mea et liberis meis, ni Deus eos in bonitate et
felicitate conserve!, dedi prefatam terram et vineam et yfridariom
beatîssime Dei genitrici et beato Johanni Baptiste» precursori Do-
mipi, per manum carissimi mei magistri Nicbolay prions Sancti
Johannis, jure perpétue et in perpetuom possidenda, ita tamen
qaod ecclesia Béate Marie Deaurate amplius non cadet et mona-
chi de cetero non per communem plateam ad servicium ecclesie
ibunty sed infra claasuram soam serricinm ecdesie tient solebant
et melius qoam solebant facient Virgini gloriose. Ne autem hoc vel
temporis vetustite vel alicajus hôminis perversitate aut mutaretur
aut deperiret litteris meis et sigillé meo studui confirmare.
Hujus ret testes snni : Bocardus Dunelmensis arcbidiaconns,
Herbertus cantor Sancti Stephani, Johannes Havetot, Symon fie
Ânchora, Glarembaudus deBrecis, magisier Philippus de Sezannia.
De laicis vero Guillelmus Rex marescalus, Ertaudns cameraridà,
Blathetts de Jonvilla, Deimbertus de Ternantis, Jacobus Barbetè,
Théobaldus Revelardus, Lupus Chautes, Roberlus Trecensis pre-
{>ositus, Jacobus Rucevele major de Insulis. Actum est hoc Trecis
vigilia ascensionis Domini, anno ab incamationé ejus miliesimo
céntesimo septuagesiko secundo. DataTrecis per itiànum GuUlermi
cancénariî, nota Guîllenni.
[ÇataiogiM n<> âo4.)
(XL.
Cluurle du comte Hemi !•' pMir Takteye de KOBltémBiey»
1179.
Ego Uenricus, Trecensium cornes palrtinus, netum facio pre-
sentibus et futuris» quia ego ad preces dilecti familiaris mei ma-
gistri Nicholai Deo et monasterio Arremarensi gistium de Frede-
valle quietum clamavi in perpetuum : ita quod neque ego neque
heredes mei gistium in eadem villa accipiemus, vel pro gistio vil-
lam illam talliabimus.
Ut autem hoc ratum et illibatum permaneat, litteris meis et ri-
gillo meo confirmavi. Hujus rei testes sunt ; Johannes Havetot, et
Symon de Anchora, Glarembaudus de Brecis, derici; de laicis
vero : Guiilermus, marescalcus; Daîmbertus de Tenumtls ; Ertaa-
ÉÉl».
— 462 —
dus, camerarius. Âclum esl hoc Trecis anno ab incaroatione Do-
mini millésime centesimo septuagesimo secundo. Data Trecis per
manum Goillermi caDcellarii, nota Guiliermi.
{Catalogue n^SOS.)
C3CLI.
Charte da comte Henri I«r pour raMbsye de
1172.
Ego Henricus, Trecensium palatinus cornes, universis preseoii-
bus et fiituris noium facio, quod Trecis, in inolendinis de juxta
portam, que dicitur episcopi, dimidium modium frumenii et di-
midium modium molturensis annone ecclesie Beali Lupi Trecensis
pro fructu anime mec in perpetuum donavi, et eidem ecclesie pro
necessitatibus suis usuarium nemorum de Insulis ad duas bigas
sine quoeumque pretio, solo tantum respectu Dei, similiter in per-
petuum concessi.
Quod pie factum ne valeat in posterum depravari sigilli mei im-
pressione et subscriptorum testium subnotatione firmari precepi.
Âctum Trecis anno incaruati Verbî M* G* LXXIIo.
{Catalogue n» 307.)
CXLII.
cnbarle du comte Henri l«r pour itm Imbitonto de naraye-
eiHOthe.
1173.
Ego Henricus, Trecensium comes palatinas, universis tam pre-
sentibus quam futuris nolum facio me cum hominibus apud Ma-
raiam manentibus banc habere conveneionem quod quicumque in
predicia villa manseril et terram cum animalibus sive cam ani-
mali excoluerityXII denarios et minam unara avene per annum per-
solvet. Qui vero nuUum animal ad terre culturam apposueril, duo-
decim tantum denarios annuatim reddet. Hanc etiam prefatis ho-
minibus contuli libertatem quod n tallia et ab omni exactione per-
manebunt immunes, nec theloneum nec pedaginm qaod mmimaît
— 463 —
in terra mea donabuot. Âd hoc foresfactum de LX sol. quinque
solidis terminabitur, et illud de quÎDque solidis XII denariis com-
plebilur. Clamor quoque quatuor denariis emandabitur {sic). Con-
cessi etiain prefate ville hominibus quod si quis iode abire ?o-
laerit, venditis domibus et pennis ceterisque rébus propriis quiète
poterit abire. Haoc iiaque conveutionem omnibus qui in prefata
villa manserint a me et heredibus meis firmiier et perpetualiter
observandam depastus {sic) sum.
Et, ut bec nota permaneant et inconvulsa teneantur, litterisan-
notata sigilli mei impressione firmavi. Affuenint aotem hojus rei
testes : donnus Vilalis abbas B. Martini Trecensis, dominus Hay-
thius de Planceio, dominus Ancellus de Triagnello, Demberius de
Temantîs, Girardus Eventatus, Gnillelmus Marescallus, Ertardus
camerarius, Hugo de Valencenis tune temporis Maraîe prepositus,
Hato de Fillemor, etWemaus. Actum Trecis, anno incarnat!
Verbi MoCoLXXIIIo. Data per manum Guillelmi caucellarii.
{Catalogue n» 2i4 bis.)
CXLIII.
?
€;iiarie do eomte Henri pour rhdpltal Salnt-lBeniard de Trayez.
1174.
Ego Henricus Trecensis {sic) cornes palatinus, notum facio tam
futuris quam presentîbos, quod ad preces domini Tarentasiensis
archiepiscopi fratribus domus Dei Trecis in foro ad molas site in
elemosiuam perpetuam concessi, ut singulis ebdomadis duos sex-
tarios bladi absque omni mollura et libère possint molere ad mo-
léndinos alterius domos Dei que est ante ecclesiam Beati Ste-
phaqi, qui scilicet molendini siti sunt, qna itar ad vivarium Théo-
baldi scribe Trecensis.
Quod ut notum permaueat et ratum teneatur, litteris annotatum
sigilli mei impressione firmavi. AfTuerunt autem hujus rei testes :
Ansellus deTriagnello; Guillelmus, marescallus; Ertaldas, came-
rarius; Matheus Trecensis; et Manasses.
Actum Pruvini, anno incamati Verbi Mo G» LIXIIIP''* DaU per
manum Guillelmi, cancellarii, nota Goillelmi, scribe pruviniensis.
{Cataiogtu§a9 390).
— 464 -
CXLIV.
Chwrto du CMito Meari l«r peur raMbaye «c
1174.
Ego Henricus Treceusium cornes palatinus notum facio presen-
Ubus et fu taris, quod Marie, dilectissime sorori mee olim ducisse
Borgundie, X^b. îq aonais redditibus assignavi Trecîs in meosa
cambitoria, que prima si ta est ia ordine roensaram aliarom ante
doDiam Theobaldi de Fore versus ecclesiam Sanclî Johannis. Quod
si forte contigerit, quod mcnsa superdicta remota fuerit, vel ex-
iode X jam dicte libre sorori mee reddi non potueriut , in aliis
mensis cambitoriis eas ex integro reddi precipio. Reddentur au-
tem priori de Foiseio vel mandato ipsius. De his X libris G solidos
accipiei in nundinis S. Hemigii et G solidos in nundinis S. Joban-
nis, et bas X libras annuatini babebit in vita sua. Post decessum
autem ejus ecclesie Fontis Ebraldi... remanebunt propter anniver-
sarium ipsius sororis mee faciendum.
£t boc ut ratum teneatur, sigilli mei impressione finnavi. AI-
fuerunt autem bujus rei testes : comitissa axor mea, donodnus An-
sellus de Triagnello, Robertus de Milliaco, Willelmus marescallus,
Matbeus frater ejus, Habrannus de Pmvinoi Ertaudos camerarius,
et Petrus Ungonensis. Âctum Pinvini anno incarnati Yerbi M"* G*
LXXo nixo. Data per manum Guillelmi cancellarii, nota Goillehni
pruvinensis.
{Catalogue n9 SS3.)
C3CLV.
Cluurte du comte Henri l«r pour rakteye de Meattéwder.
1174.
Ego Henricus, Trecensis comes pdalinus» notum facio présent!*
bus et futuris, quod Deo et ecciesie beati Pétri Dervensi^t monas-
terii medietatem telonii equorum et aliorum aniinalium, que Barri
in tempore nundiuarum venduntur, «x integro conceasi perpemo
possidendum, ut, Ji^i eadem ecclesia per Vil primos nnndi-
narum dies teloneum equorum de dono comitis âogonis possidet.
— 465 -
privilégie ipsias confirmatum, iia prima ebdomada et per alios
dies, quamdiu nundinae duraveriat, medietaiem telonei omnium
aDÎmalium habeat ex integro et ad illud recipiendum servientem
suum ei liceat apponere. Sciendum aolem me prefate ecclesie pre-
fatum contnlisse teloneum in recompensatione prede hominum
quam Odo de Vendopera cepil apud Tilleolum, qaam eciam Rei-
—iialdus ipsius ecclesie abbas quitam clamavit. Et ego propter hoc
ab ipso Odone duos feodos militum habui.
Hoc autem ut notnm pcrmaffeat et ratum teneatur, litteris an-
notari et sigilli mai impressione firmari precepi. Âffuerunt autem
hujus rei testes dominus Garnerus de Triangnello ; Guillelmus, ma-
rescallus; Ertaudus, camerarius; Minutus de Sancia Margarita;
Ainalrieus de Barro; Petrus, cocos abbatis ; Mariinus de Pultariis.
ActumPruvini anno ab incarnatione Domini M?0* sepluagesimo
Ilir""- Data per manum Guillelmi, cancellarii, nota Guilielmi scribe
pruvinensis.
{Catalogue n9 295.)
CXLVI.
Charte du comte Henri !•>' poar le prieuré de la (Jelle-MiwiH
ChanteoÉerie.
1176.
Ego Henricus, Trecensium cornes palatinus, nolum facio pre-
sentibus et futuris querelam quondam fuisse inter priorem de
Cella Cantumeruie et Hugonem militem, filium domini SarracenI,
de juslicia de Massengi, que tali modo^ ipso Hugone et pâtre ejus
Sarraceno, necnon et Gaoterio priore Cellensi laodantibus, pré-
sente domino Gcrardo venerabiîi abbate Cellensi et iacobo pre-
posito, pacificata est : videlicet quod prier medietatem communis
justicie de Massengy per omnia in perpetuum possidebit et aliam
medielaiem similiter dominus Hugo et hères ejus in perpetuum
habebit; homines et hospites quos habet prior in eadem villa ad
sommonitionem prions in curiam suam ad Gellam venient, et pré-
sente dicio Hagone vel ejus majore de legé cujuscùnque fortefoctl in
dispositione prions erit, ita plane quod pro quolibet forisfacto non
minus quam duodecim denarios acciplet et inde per omnia me-
dietatem habebit dominus Hugo, nec de parte Uugonis nisi cum
laude ejus quicquam prior condonare poterit. Similiter homines et
hospites Hugonis ad aummonitiooem cjut ad curiam suani ad
— 466 —
Massengi vel ad Corcemain ibont nec alibi eos sammonere pote-
rit, et présente priore vel majore suo de lege forisfactomm in £s-
positione Hugoois erit, ita tamen quod minus quam duodedm d^
oarios de forisfacto non accipiet. Et inde per omnia prioi* medi^
latem habebit, nec condonare quicquam hominibus sais de parte
prioris nisi cum laude ejus poterit. Proinde Tillicus prions semper
in principio villicationis sue fidelitatem Hagoni faciet; et TiUiets
Hugonis similiter priori. Statutum est etiam qaod in villa de Ma^
sengy, dictus Hugo domum firmam edificare non poterit, nisi tan-
tummodo planam et absque muro cum fosseo unius jacture. Farom
bannalem prior cum qulbusdam partidpibus suis in eadem villa ba-
bet, nec alium in villa dictas Hugo facere poterit. Hoc domini»
Sarracenus pater Hagonis tenendum flduciavit et ipse Hugo jora-
vil. Si autem aliquando aliquis borum, prioris TÎdelicet vel Hngo-
nis, bujus concordie violator extiterit, usquead quintum decimon
diem per sapientcs viros, maxime per JacobuoA prepositum et do-
minum iMilonem de Sancto Quintino se concordare poterunt. Sio
autem, post quintum decimum diem nipti federis preseotis scripti
pactio rupta ûet, et quicquid quisque eorum ante concordiaffl
possederat, iterum possidebit. Hujus rei testes sont de parte Hu-
gonis Sarracenus pater ejus, Jobannes de Marcelli gêner ejns,
Stephanus Bichemers, Frcdericus, Gauterias de Moncel, De parte
monacborum : Hugo de Flavini, Petrus Cellensis, Arnulfus la-
crista, dominas Milo de Sancto Quintino, Hugo de Granges; de
famulis : Falco villicus , Ingerbertus Rapina» Bonardos famaiu
prioris.
Quod etiam ut notum permaneat et ratum teneatur, litteris aa-
notatum sigilli mei impressione firmavi. Hujus autem mee conûr-
mationis testes affuerunt : Willelmus marescallus, Jobannes He-
rupellns, Hugo Raige, Ertaudus camerarius; Milo de Pruvino. Â^
tum Pruvini anno incarnaii Verbi millesimo centesimo septaage
simo sexto. Data per manum Stepbani cancellarii, nota WillelmL
{Catalogua no 354.)
CXLVII.
Charie do comte Henri l«r pour TaMbaye de — iat-liOf-
Troyes, 1176.
In nomine sancte Trinitatis.
Ego Henricus, Dei graiia Trecensium comes, notam fieri vo)o
presentibus et futuris, quod ego ad precem Guiteri, abliaiis Saadi
— 467 —
Liipi Trecensis, querelam, quam ad?ersus Humbcrtum de Villa
Harduini pro doino sua de burgo Sancti Jacobi habueram, in pace
reroisi. Concessi eliam, quod ueque prepositiis meus, neque quili-
bet alius serviens cundem H. de cetero justificabit, sive vexabit;
sed, si questio mola fueril adversus eum, micbi tantum per abba-
lem Sancti Lupi, sive per priorem Sancti Jacobi in cujus burgo
manet, respondebit. Ipse vero H. micbi per singulos annos in cena
Domini V solidos de censa pro bac iiberlate donabit. Hoc ipsum
eodem tenore filio ipsius Huraberti Radulpho post ejus decessum
concessi.
Petrum quoque de Virduno, et quicquid in ipso reclamaTeram,
divini limoris et amoris inluitu prefate ecclesie Beat! Lupi in pacc
dimisi.
Concessi nicliilomious, ut prcdicius abbas Sancti Lupi sex ar-
penta praii faciat et habeat ad usus domus sue in pascua sua,
juxta sedeni molendiui, qui Pasturellus vocabatur, si nemus ad
eadem prata facienda incisum non fuerit.
Hoc autem totum ne malignantium perversitate depravetur vel
immutetur in posterum, scribi precepi, scriptumque sigillo meo
subscripiorumque testium subnotatione communivi.
AfTuerunt autem hujus rci testes : dominus Ânsellus de Tria-
guello; Hugo de Planciaco; Guillermus, marescallus; Ertaldus,
cainerarius; Milo de Pruviito, et Johannes frater ejus.
Data Trecis per manus Stepbani cancellarii, anoo ab incarna-
tione Domini nostri Jbesu Xpisti M'^C'LXX® Vr, nota Guillelmi.
{Catalogue ja9 260.)
CXLVIII.
Charte du comte Henri !•' poar réalise Retre-Daine d'Oalchy.
1177.
Ego Henricus, Trecensium cornes palatinus, notum facio pre-
seutibus el futiiris ecclesiam béate Marie de Ulcheio (alem ab anti-
qiio optinere libertatem, quod in terra ecclesie illius, ubicuroque
sil, sive in hospites nemo manum mittere debeat absque consensu
et licentia prions vel canonicorum vel ministri ejusdem ecclesie.
Quod si de aliquo hospite ejusdem ecclesie pro aliquo forisfacto
clamorem fieri contigerit, ad nullam prepositi vel etiam alicujus
ex parte mea summonitionem venire debebit sed in curia ecclesie
jusiiciam exequetur. El si forisfacti testis non pamerity immunis
- 4©8 —
erit; si autem testis paruerit et ille negiyerity Uuic solâ se mm
purgabity nisî mercator fuerit, excepUs illis qui in Tillis moranttr.
Qui si terras meas coluot, consuetudines qaas terre iHe débat
eo8 reddere oportebit. Et si de terrai béate Marie abiciinHpie «t,
querela emerserit, unde radia duelli dari debeant^ Vadia itta it
curiaecclesie deducentur, et ad quemcaiN|ue finem dereoeriBt,ii
arbitrio et iu potestate emnt ecclesie. Si aatem mercator fnérit
bospes ecclesie, ad summonitioDem prepositi Teniet, et io cnia
ipsius placitabii ; et si super boc, quod ei objectum faerit, tcslei
apparueriot, si ille tamen negaverit, septima se mana piirgalf|L
Quod si mefcimoDio renuDciaverit et ïn foro Ulcbeii emere et t^^
Tendere desierit, sub lege reliqaorum bosplton erit. Taoïen qte-'
cuDque viclu suo et familie sue necessaria fuerint, sicut alii bomi-
nes iu foro émet, et quecunque siTe de agricultura soa sive de
nutrimentis, sive de omnibus que propriis maaibus vel somptibis
adquisierit, ita tamen quod non emat ut revendat, secure ei Ten-
dere licebit. Omnes autem homines et bospites predicte ecdesie
Beaie Marie de omnibus quecunque emerint Tel vendiderint io tota
casiellaria Ulcbeii tbeloneum nullum solvent, nullam etiam tallian
debent, exceptis iUis quos prenotavi et ea causa qoa predixL Si
vero aliquis cxtraneus apud Uicheium devenerit, et ecclesie beaie
Marie bomo esse roluerit, infra annum advenios ejns ecclesie
eum in bominem recipere licebit ; et, quandiu in castellaria Ulcbeii
morabitur, in libertate reliquorum hominum ecclesie erit. Sdea*
dum etiam est, quod hospites prefate ecclesie in exercito sbe ni
aliquam expeditionemi nisi ad ultimum bannum, ire non debeaL
Cum vero eos ire contigerit, per summonitionem ministri ecdeâe
cum conductu meo ire debent. Sed neque captlvos vel incarceratos
custodire, vel nuntium alicubi portare cogi debent. Hospites aa-
tem, qui in terra béate Marie apud Bnnolium et apud F^akn
manent, plus quam septem solidos et dimidium de tallia per aa-
num unusquisque eorum solvere non débet. Hospites quoque de
Bunolio plus quam bis per annum in vectura mea ire non debent.
Hec autem predicta omnia in castellaria Ulcbeii intelligenda sont
De cetero volo non ignorari, quod ex stabilimento coAltis Le-
Tolfi et Hildiardis, cûmitisse, in anniversariis ipsonim annnaliB
debentur duo pastus canonicis prefate ecclesie cum omnibus de-
ricis» quicunque et undecunque advenerint ad officium anniveni-
riorum. In utroque pastu illo ex consuetudine tria fercula detat
apponi plenarie. In primo pastu primum fereulum sit ex came
porcina, secundum ex anseribos, tercium ex pollis coin ovis et
sagimine paratis. In secundo vero primum ferculam sit ex canie
viceiBay cetera vero fercula sicut in primo pasto. Sero aotem poit
.■>-
— 469 —
Yigilia3 in ôtr^oe anniTersario îllo debetnr canonicis dimidius
TÎni sextarius. Vinum qaoque quod in illis pasUbus bibitur neque
de pejori neque de meliori esse débet. Et omnis expensa pastuorn
iUorQm ex theloneo accîpitur.
Hec ilaque ut nota permaneant et rata teneantur litteris anno-
lata sigilli xnei impressione firmavi. Hujus rei tesiis est Willelmus
Remensis arcbiepiscopus qui et bec sigillo suo conftnnavit. AfiFae-
mnt etiam bujus mee conQrmatîonis testes : Dominus Ânsellus
deTriaogulo; Willelmus, marescallus; GirardosEvcntatds; Delm-
bertus de Terpantis; Artaldus» camerarius ; Petriis Liogonensis;
Mîlo Braibannus.
Aeiam Pruvini, aono incarnati Yerbi M'^CP UUi:«VII«. DaUper
■ iQ9jium Stepli^i, caiM^Uaiii» notal^iUelmi.
(Qii9iogqan»siaL)
GXLIX.
CiMMrle do CMMte Henri !•>' pMu* Pakteye de WÊuMérmmmf*
Gognoscat generatio presens et populo qui nasoetnr ignotescat,
quoniam ego Henricus, Trecensis cornes palatinus, et abbas nm-
nasterii Arremaren^ls assensu totius capituli villam novam fecimus
apnd Cadusiam et apud Mansuro Roberti sub hiis conditiosibus :
In eisdem villis dictus abbas babebit omnes furnos et alias décimas
et terram ad opns unius camice liberam ab omni solntîone terra-
gii. Décimas et prala, que ibi prius abbas et monachi habebant, et
terras et vineas et prata que in posienim adquirere poterunt,
libère et absque solutione terragii, census, décime possidebunt et
pasnagium porcorum propriorum extra partem meam. Nec aliquis
poterit habere furnum in eisdem viilis nisi monachK Et quoniam,
quicquid ego apud Cadusia^ et apud Mansum Roberti teneo, ab
abbate et monacbis Arremarensibus habeo, concessi ut omnes fumi
eorum e^ domus proprie quas in prefatis tîIHs babebqnt libère sini
ab omni Justicia et violentia prepositorum Gadusie ; et famuli et
ancille in eorum domibus commorantes, sub nullius potestate vel
justicia redigantur, nisi sub potestate abbatis et monachorum. Si
anlem fur vel quipplam, qui aliquam ii^uriam fecerit, in domum
eorum confugerint, non ibi capientur ab aliquo; sed abbas et mo-
nacbi de eis in euria sua justiciam fadent, prout debuerint. Infra
dausuras Tero domorum eorum nemo aliquid per Tiolentiam acci-
♦>
"!>•
— 470 —
pere presomat. In aliis autem exîlibas sive redditibus Gadosiect
Mansi Roberti et consuetudinibus et jasticiis, ego Dnam medieta-
tem habebo et abbas alteram. Concessi aatem, quod liane meui
partem nulli darc potero nisi eeclesie ÂrremareDSÎ. Propterbaoc
?ero societatem et homines de Pargues liberos esse concessi a
summoniiionibus servientium meonim, sicut sunl illi de monas-
terio Ârremarensi. Et dicte ecclcsie groeriam de Pargîs remis!. Id
prefatis autem villis novis nulli de bominibus ipsius abbatis yd
de bominibus Duranni de Insulis retinebuntnr, DÎsi assensu ipsios
abbatis sive Duranni. Preterea statutum est, quod prepositus meos
et prepositus abbatis terras simul tradent et jasiicias et emeoda-
tiones simul difBnicnt, nec aller sine allero id facere poterit
Sciendum etiam, quod, si quis de bominibus militom de potesta-
tibus Trecarom. Insularum, Erriaci, Sancii Florentin!, C^paron
eiiam eiVillemauri apud Cadusiam mansuri venerint, simillier do-
mini eorum, si tercia manu militum et per qnatuor alios legitimos
boraines jurare poterint quod sui bomines sint de corpore, in viBi
deinceps non retinebuntur.
Hec autem omnia ut nota permaneant et rata teneantur, litteris
annotata sigilli mei impressione firmavi. Fuerunt autem hujos rà
testes dominus Ancellus de Triangnlo, Garnerus f rater ejus, Ho^o
de Flaneeio, Willelmus marescallus, Dembertus de Temanlis, et
Artaiidus camerarius. Âctum Trecis anno incamati VerbiM'C'*
LXXVIIo. Data per manum Stepbani, cancellarii, nota Willelmi.
{Catalogue n9 374.)
CL.
€liM*te eu cMBte Henri l«r pour VtMtmje de HoK
U77.
Ego, Henricu8,Trecensium comes palatinus, notum faciopreseo-
tibus et futuris, quod ego et alii domini Meriacenses, Goarinus îi-
delicet Seoex, Garinus Furnerius, Petrus filius Galcberi, etl^
trus de Saron, ecclesie et raonachis béate Marie de Meriaco fo-
rum unum apud Meriacum dedimus et concessimus siugulis an-
nis habendum die assumptionis béate Marie, cum illud eadiee^
contigerit. Cum vero illud ea die esse non contigerit, primum fo-
rum quod ante diem illam erit babebunt cum omni integritate red-
dituum ad forum pertinentium excepta justitia.
— 471 —
Qnod ut notum permaneat ei ratum tencatur, lUteris annotalum
sigilli niei impressione firinavi.
Âdfuerunt autem hujus rei testes : Engerbertus, abbas Molis-
mensis; Haicius de Pianciaco, et mulli alii.
Actum Trecis anno incarnali Yerbi M» O LXXo VIP.
{Catalogue n» 277.j
CLI.
Charte da cMote Hemi l«r pvuar Tmhhmje ém
1178.
Ego HenricuSy Trecensium cornes palatinus, notuoi fado pre-
seDtibus et futuris, quod, cum domui et fratribus de Premonstrato
terrain Pétri de Curcellis laudassem, postea, signo dominice crucis
assumpto, cum eosdem fratres et domum eorum visitaturus illuc
venissem, eis laudavi quicquid apud Cis et in poiestale de Cis et
apud Domnum Medardum et apud Ru et apud Praellam dono sive
elemosina sive eiiam emptione possent acquirere. Eorum etiam
que acquisieriut consuetudioes, si quas ibi habuero, tam in terra-
giiSy quam in censibus et vinagiis, eis concessi ; et quicquid ibi-
dem de feodo meo acquisierint, unde hominium non amittam,
laudavi.
Quod ut notum permaneai et stabile teneatur in perpetuum, iit-
teris annotatum sigilli mei impressione firmavi. AÏFuerunt autem
hujus rei testes Henricus comes Grandis Prati, Gaufridus fréter
ejus, Willelmus marescallus, Theobaldus Révelarz^ Ertaudus ca-
merarins, et Milo de Pruvino. Actum anno incarnati Verbi M» O*
LXX» y\\\^. Data apud Caslrum Theodoricî, |ier manum Stephani
cancellarii, nota Guillermi.
{Catalogue n» 881.)
CLIl.
Charte da comte Henri I«r poar Tahliaye de SalB^niartin
d^Épemay*
1179.
Ego Henricus, Trecensium comes palatinns, notum focio presen-
tibus et futuris, quod domum Dei hospitalem de Spamaco cum om-
- 472 —
iiihos ttftis sois, pntis, ^seis et aliis reédltibiis ad eam pertbMi-
tîbos, cum iisetiam, quae Hago Faber ibidem superedificarît, fd
acqoisivit, caDonids eeelesiae Saneti Martini SpamaGensts in de-
masinam perpetao obtinendam tradirfi adeo liberani de bis qnsad
me pertioeDty ut nollas deinceps aliqnam eis de ea molestiio in*
ferat aut giaTameii, abbas vero Sparnacensis de coocilio capitofi
sui uni de fratribus suis canonicis vd conrersis magisterinm et pn-
videntiam ejusdeni domus eommittat, qui paupenim hospitom ci-
ram gerat, et de coaunissa donif ebediens respoodeat
Bec autem ot nota permaneant et rata teneaoUir, litierit anno-
tata ngiUo née emiflrmsvr, teatMns ? Ancallo de Triangoto; Gnil-
lelmo, marescallo; Adamo Trudena; et Jobanne de Gregnate Uwe
temporis Sparnacensi preposito. Actum Pmvlni aimo incanati
Yerbi millesînio centesimo septuagesimo noao. Data per nanuB
Stepbani, caocellarii.
cuu.
Ckarie ém la f—tw mmHm
de SateiHBtteBBie 4e n»ye«.
1186.
Ego Maria, Trecen. comitissa, ei Henricas fiJios mens noiiB
facimus preseniibus et futuris, quod, cum pie recordatîoois do-
minus nosier Henricus cornes duobus presbiteris custodibos (ht-
sauri beati Stepbani Trecensis pro custodia ipsius tbesauri VI mù-
dios vini in cellario Trecensi annuatim reddendos et G solidus et
LX sextarios avene apud Villeros in annuis redditibus assignafe-
rit^ nos redditus istos Odoni clerico nostro et Odoni cognato ip-
sius dicti thesauri custodibus eonimque successoribus custodibos
ejusdem thesauri laudavimus et teneiidos confirmavimus. Goncesâ
etiam ego Henricus, quod, quando sigillum habebo, id îpsum é&
carta et sigillo meo confirmabo.
Teslibus : Ludovico de Arselia, l(aoharia de Gathalauno, Ferrico
de Vienna, Gilone de Tomeello, Artaldo camerario, et Milone de
Pruvino. Acium anno incarnati ¥8ibi MGLXXXVI. Data Trecis per
manum Haicii cancellarii, nota Willelmi.
{Cataiogue n» SM.)
— 478 —
(XIV.
duwte ém ema/kie Henri a pour les hmwiea de Miwyèree*
fi«7.
Ego HenricDS, Trec. oomes palatinos, D«4iun fiido presentîbus
et faturis, qood, cum homines 4e Lueriis de salyamento et gistio
meo se nimis gravari conquererentiir, voleDS eos retinere, et aile-
Tiare, ascenam eis salvamentum meum et gistium hoc modo :
De sahamento reddent michi aDouaUm de unoquoque equo
trahenle trea miDaa avene; de uaoquoqae bove trahente sextarium
avene, et de unoqaoque asioo minam avene. Illi aotem, qui hujua
modi animalia noa hiabent, de labore manuum suarum viventes,
singuli quartarium avene michi reddeni annaatim. De gistio aatem
sex libras michi annaatim persolvent, nec plus inde reddere tene-
buntuTy salvo jure scriptoris. Et si forte in ipsa villa jacere vo-
luero, eo anno, quo ibi jacebo, quitli erunt ipsi homines a sex li-
bris. Ad salvamentum autem talliandum mittam servientem meum,
quem voluero, in cujus presentia et cujus testimonio tallia fiet. Ad
talliandum autem gistium neminem mittam, set ipsi homines pro
voluntate sua illud talliabunt, et sex libras micbi reddent. Ad gis-
tium autem apponent omnes homines ipsius ville, exceptas illis,
qui inde liberi sunt per carias patris mei. Nummos autem de gis-
tio reddent singulis annisin octavis sancii Remigii.
Hec ut nota permaneant et rata teneantur, litteris annotala si-
gillo meo confirmavi. Actum Trecis anno ab incarnatione Domini
H^G^tXlX septimo. Data per manum Guidonis, cancellarii,
nota Willermi.
{Catalogue v9 ass.)
CLV.
ClMWle dn eonle Henri n peur le» luriMtMite de Halre»
Bainl-IiOap.
1187.
In nomine sancte Trinitatis.
E0O Henricus, Dei gratia Trecensiiim cornes palatiaus, notum
fieri volo presentiboa et foturiSy quod avenam, quam habitatores
terre Beati Lupi, que conjacet apud Bairam, pro salvamento mi-
chi debebant, pro fructu anime née et pro remédie animamm avi
8i
— 474 —
mei pie memorie Theobaldi et avie mee Mathîldis, nec dod et <^
terorum predecessoram meoram, ob redemptiODem temporis, qnb
dies mali suni, fratribas in ecclesia Beati Lupi Deo servientibos io
perpetuum donavi. Et ut omnis occasio Docendi malîvolis exinde
tolleretur, consuetudinem gallinarum, qnas mei senrieetes a pn-
dictiâ bominibus accipere et siogulis nummis singulas comparare
solebaot, eidem ecclesie similiter la elemosiDam concessi.Concessi
etiam memoratîs fratribus, ut possiot Trecis albanos recipere, et
sicut alios homines suos in eadem villa sine contradictione libère
retinere.
Hoc igitur ut ratum teneatur, litteris anuotatum sigilli mei im-
pressione firmaTi : testibus Ferrico de Yienna, Gilone de Torneel-
lo, Milone de Pruvino. Actum Trecis anno ab incaroatione Domiiu
M^^C^octogesimoseptimo, nota Willelmi.
{Catalogue n» SSS.)
CLVI.
Cbarie da eMBl« Henri a pour les sardle«s ûm twémmr
de Satet-Kllenne de Treyee.
1188.
Ego Henricus, Trecensis comes palatinus, notum facio presenii-
bus et futuris, quod, cum piaB memoriae comes Heoricus, pater
meus, duobus presbiteris, ad custodiam thesauri in ecclesia Beati
Stepbani Trecensis deputatis, in annuis redditibus centnm solides
et quinque modios aven» ad mensnram trecensem assignasset,
postea ego redditus istos Odoni, clerico meo, et Odoni de Lueriis
ejusdem thesauri custodibus commutavi et concessi, et eosdeia
redditus eis apud Herbissiam assignavi; ita sciiicetquod deceosa,
quam in eadem villa habeo, sive de aliis redditibus ejusdem ville,
si censa tantum non valuerit, centum solidos in festo sancti Mar-
tini récipient per manus ejusdem villas majoris, et sex modios ave-
nae ad mensuram trecensem in festo sancti Remigii similiter ré-
cipient, quam, qui debuerint, Trecis adducent, sicut Sezaonis ad-
ducere solebant. Praeterea sex modios vini in cellario meo tr^
censi eisconcessi singulis annis, sicut a praedicto piae recordationis
pâtre meo comité Henrico eis collati fuerant. Hos antem redditas
tenebunt, donec prœbendam integram in praefata ecclesia unot-
quisque habeat, et inde fructus rcjcipiat.Concedo antem eis primam
praebendam, quae michi vacabit in eadem ecclesia post illas, qaas
jam aliis dedi. Et carU mea confirmavi, ut uterque iniegretur. Et
cum illam habuerint, dicti redditus ad me revertenuir.
— 475 —
Quod ut ratum teneatur, litteris aDDOlatum sigillî nostri impres-
sioDe finnairi. Âctum Trecis anno ab incaraatione Domini M^O
LXXX** octavo, Dota V^illermy.
{Catalogue n» 369.)
CLVil.
duirie da comte Henri U pour le prieuré de aalwi^j
eii-Clifttel.
1189.
Ego HeDricus, Trecen. cornes palatînas, notam facio preseDtibus
et futuris, quod intuitu Dei et iotervenieute gralia Theobaldi, di-
lecli hospitis mei, prions Sancti JohannU in Castello, dedi eccle-
sie Sancti Johannis parteni quendam vioee Girardi, fratris Milonis
de Braio, que erat ad capud dicte ecclesie, de assensu et volun-
tate dicti Girardi, iridelicet, ocioginta pedes in latitudine, et longi-
tudiueni vero a termino mari civîtatis usque ad viam que de Saucto
Quiniino ducit in civitatero.
Quod ut notum permaneat et ratum teneatur, litleris annota-
tum sigillo meo confirmavi. Âcium Trecis anno Yerbi incarnati
M* C* LXXX IX^*. Data per manum Haicii cancellarii, nota Pétri.
{Catalogue n» 889.)
•CLVIII.
Charte da eemte Henri n pear le prieuré de Voley*
1189.
Ego Henricus, Trecen. comes palatinus, notum facio presenti-
bus et futuris me Deo et ecclesie de Fuissiaco pro remedio anime
mee in perpetuam elemosinam dédisse quinquaginta solidos an-
nui redditus, in nundinis sancti Johannis reddendos et In porta
Sancti Martini assignatos : viginti videlicet solidos pro filio V^iardi
Morehierj quam domine predicte ecclesie in sororem receperunt,
et viginti solidos in escambio cujusdam platée sue, quam domui
Dei ante Sanctum Stephanum dedi pro atrio benedicto faciendo;
residuos Tero decem solidos eis dedi pro oleo altaris Sancti Johan-
nis de Fuissiaco.
Quod ut notum et ratum permaneat , litteris annotatum sigillo
meo confirmayi. Actum Trecis anno Verbi incarnati M*G<*LXXX<^
Dono. Data per manum Haicii cancellarii, nota Pétri.
{Catalogue no 890.)
— 476
CLIX.
in nemore de Arvico prèp d^Isle-Anm^Bt.
U90.
Ego HenricuSy cornes Trecensis |>alatinus, notam fado Um pre-
sentibas quam faturis, quod bone memorie pater meus cornes
Uenrlcua dédit Peo et béate Ifarîe et boniç bofpÎQibas io peaore
dft Arvico habitaji^tibus, Graoïdiuiionteasis or^iais, qaiaqiiafi^iUi
niiPriîof Tjpi de prima gutt^ pede pressa In p^rpetnaipi elano-
fifimf^ ÎD dedma de BolUiaco. Et, $i forte predicti h ipipdu tiiû
in p^redict^ décima non pe^sint invepiri, de primo YÎn^ davfi
comîtis supr^dicte iriHc predictis bonis bominibii$ animatiip «i|^
plçbqntMT tempore vind^mi^mm. Preterea dédit predîctis ipr
tribus centum ulnas burelli, ad vestiendum fratres idoDei, in p^
dagio poriarum Trecensium annuatim a8$|gq¥(ta&, elannis ^îpgiMû
i^ nandinis çancti Remigij prçdjctis fr^Jlribua reddeadas. Dedil
etiam prenomii^atis fratribus apiifd In^nla^ i^ pyerpeliivi^ rienoÂ-
nam qujAque §p]lid^$^ panis singulis duabns dominiciSy qaas ma-
jor de Insulis tenetur reddere de redditibus ejosdem TÎile. Dédit
eliam et concessit jamdictis fralribas, ut, quotiescumque ipsom
coutigerit apud Trecas venire et apnd Insulas morari Tel remanere
per unam noctem, toties pretaxati boni bomines semper babe-
bunt tam a se quam ab beredibus suis viginii solidos de elemosina
sua. Donayit yero predictis boi^^ bominibus totam aquam que to-
catur Foresta, que est juxta Sanctum Theobaldum, et omne jus
ejusdem aque, ut faciani in ea et de ea, qiiecumqae facere ▼olil^
rint.
Ego Tcro attendons devotionem et amorem quen karissiinai
pater meus gerebat erga bonos bomines prenominatos, dono et
concède predictis bominibus, ut semper habeant asum saom et
eorumdem fratrum bomines per totum nemus meamdeEnriaot;
et omnes supradictas elemosinas ob remedium anime mee et ka-
rissimi patris mei et antecessorum meorun prenominalis fratribu
imperpetuum habere concède et sigilli mei munimine d roboro et
confirme.
Actnm anno MoCoXG*. Data per manum Haidi, cancetlarii,
nota Pétri.
{Cataiogue no 404.)
— 477 —
CLX.
Màrto dN ééiÊÊÊt if «MM It fènr Ml Ttmphtutu.
UH.
Ego H., Trecensinm comM palatinus, notum faciô omnibus tam
pfefiéDtibus, qoam foturîs, quod ego pro sainte anime mee et om-
nium parentnm et antecessorum meonim domui milicie Templi in
omni libertate habenda iu perpetaam concedo et sigilli mei muni-
mine conQrmo omnia que bone memorie comes Th., atus meus,
et dominus pàter meus Henricus Trecensium comes palatinus me^
morale milicie Templi contulerunt. Preterea universa que in omof
potestale mea eadem domus milicie Templi possidet, libère possi-
denda concedo et in protectione mea suscipio. Indulgeo etiam
dicte domui banc libertatem, ut qtlicqnid elemoiina vel emptione
yel alterius modi aequisicione acquiret, libère et tranquille possi-^
deai. Excipimus tamen, quod sibî civitatis ant castri dominium in
terra mea obtinere non possint.
Hoc autem ut noium permaneat, litteris annotatum sigillo meo
confirmo. Actum in obsidione Acconensî, anno 11° G» nonagesimo
primo ab incarnatione Domini, nota Radulphi.
[Catalogue n» 417.)
CLXI.
Charte de la remleiMie marie pour Tabbaye da Paraelet.
1194.
Ego Maria, Trecensis comitissa, notum facio presentibus et fu-
turis, quod ecclesie Paracliti contuli in elemosinam plateam quan-
dam, siiam Pruyini juxta doMun^, quam eadem ecclesia in mer-
cato Pruvini dinoscilur possidere, ita quod in platea illa aliquis
non faciet aliquid, nisi de assensu et voluntate dicte ecclesie, et
ecclesia illa plateam illam semper in plateam retinebit, pretèr-
quam stallos currentes ibidem facere poterit.
Quod ut ratum teneatur sigillo meo confirma^i. Actiim anno
Yerbi incarnaii M*^ C^ nonagesimo quarto. Data per manum Galte-
rîi cancellarii, nota Theodorici.
[Caealùgue n» 4SS.)
— 478 —
CLXIl.
Charte de la eenlesse marte peur l'ahkaje «e 0alal»l«eap.
1194.
Ego Maria, TreceDsis comîtissa, notnm facio presentibos et futa-
ris, in preseotia mea fuisse recognitum et concessum, qood Gaite-
ras, abbas Sancti Lupi Trecensis, de assensu capituli suî, domum,
que fuit Régine, filie Galleri, granetarii, et puerorum îpsius Ré-
gine, et terram ad eaudem domum pertinentem, Goidoni de Dam-
petra tenendam sine censu et quiète concessit, quandia ipse ïi-
xerit, et in habitu permanserit seculari ; et, post ejusdem Goido-
ois decessum, domus illa ad ecclesiam Sancti Lupi reTertetur.
Ipse autem Guido, collati non îngratus beneûcii, pro remedio
anime sue, quidquid in predicta possessione superedificaverit,
predicle ecclesie contulit in eleroosinam, et post decessum saam
sinealicujus reclamatione, sine omoicalumpniaconcessit perpetoo
possidendum. Canonici vero illius ecclesie anoiversarium ejas Id
bujus recom pensa lionem elemosine singulis annis celebrabunt.
Si autem super bac elemosina dictam ecclesiam vexare vel mo-
lestare aliquis presnroeret, ego eandem ipsi garentirem elemosi-
nam,qaandiu terram karissimi filii mei comitis Henrici tenerem.
Quod ut ratum teneatur, sigillé meo confirmavi. Actam annoio-
carnati Yerbi M<» nonagesimo quarto. Data per mannm Galterii
canceilarii.
{Cataiogue no 429.)
CLXIII.
Charte de la comtemie Marte poar le prieuré de ftatet-^
en-Chfttel.
JniUat 1194.
Ego Maria, Trecensium comi tissa, nolum facio presentlbus et fo-
turis, quod, cum karissimus filius meus comes Henricus partem
quamdam vineœ, que Girardi fratris Milonis de Braio fuerat, de
assensu ipsius Girardi ecclesie Sancti Jobannis in Castello conlih
lisset, sitam ad caput ejusdem ecclesie, babentem in latitudine oc-
toginta pedes, in longitudine vero a termine mûri civltatis usque
ad viam que de Sancto Quintino ducit in civitatem : yir venerabi-
— 479 —
lis Theobaldus, Monasterii Arremarensis abbas, parlem iliain vinee
io planam terrain redactam et aliaip parti unculam terre, a cameris
privatis usque ad Secanam durantem, a pueris predicti Girardi,
scilicet Garnero, Hugone, Milone, Emelina, laudante et coDce-
dente maire ipsorum, postmodum comparavit, et XXI libras de
beoeficio ecclesie Saocii Johanois eisdem pueris inde donavii. Ven-
dagium autem istud dicii pueri laudaveront^ et iterum laudabaot
quando ad annos discretionis pervenerint, et id ipsum ab univer-
sis heredibus suis laudari facient, et inde constitueront plegios
Gaufridum de Afaissiaco, Garneruro de Maissiaco, et Salonem de
Corgeseniis, et Garnernm de Villa Memel.
Quod, lu preseniia mea ordinalum, ut ratum teneatur et notum
permaneat, litteris annotatiim sigilli mei testimonio confirmayi.
Actuni anno Yerbi incarnati yi9Qp nooagesimo quarto, mense ju-
lio. Data per manum Galterii cancellarii.
{Catalogue n» 43 1.)
CLXIV.
Charte da roule Henri H pour l^ahhaye de Chemlnon*
Août 1195.
Ego Henricus, Trec. cornes palalinus, notum facio universis
presenlibus et futuris me, anieqiiam lerram iherosolimitanam
adiisem (sic.), abbatie Cheroinuni et universis monacbis et fratri-
bus ejus loci in liberam et perpetuam elemosinam erogasse quic-
qu'rd babebant apud Cheminum Villam post decessum meum ha-
bendura, exInde exceptis corporibus hominum ejusdem ville, jus-
ticia quoque et banno. Super cujus donatione mea ejus loci abba-
tem cum fralribus carta mea munivi. Nunc vero idem, quod jam
memoravi, videlicet quicquid habebam apud predictam villam, ex-
ceplis biis que jam excepi, supradicti loci monacbis et fratribus
pro salutc anime mee et parentum meorum, tam in vita mea,
quam post decessum meum atque in perpetuum concedo et trado
libère possidendum. Quod ut raium permaneat, présentes litteras
sigilli mei munimine ipsis confirmo.
Actum Accone, anno Dominice incaroationis M^G^XC«V% mense
augiisto.
{Caialague no 4M.)
— 480 —
CLXV.
Charte dn emnle HenH n poor mêtel-MMi de 1
ier Oetobre ii9ft.
Notom sit omnibas tam presentibus quam fàtaris, qood ego
Henricas, TreceDsîs cooies palatinos, dono et coocedo pro reme-
dio aoime mee et predecessorum meorum domui paapenini Pro-
Yînensîam primam prebendam vacantem in capella palatii mei
PruTinensis in eternum habendam, ita quod eam deserrient.
Datum Accone, anno ab incarDatione Domiai M<*G<*LZXXX<*?P,
Kalendis octobris.
{Catalogue m9 Ul.)
CLXVI.
Charte de la cemteMie Harle fixant les evutmammm #e Vay»
et de Chamoy.
JanTler 1196.
Ego Maria, Trecen. comitissa, ooium façio preseotibiis et foto-
ris, qaod Petrus de Sancto Fidolo, filius defaneti MîIodîs pie re-
cordationis domini Sancti Fidoli, La presentia mea recogooyit pa-
trem sunm, dictum Miionem, ob remediam anime sue consneta-
dines, quas predecessores sui et ipse postea in terra ecdesie Béate
Marie Trecensis antiquitus tenuerant et habueraat, videlicet ap«d
Fay et apud Chammay, ad peticionem sancUmonialîwn dicte
ecdesie l>ona fide recognovisse. Recognovit autem easjamdictM
Milo sic quemadmodum subscripte sunt :
I».
§ i . Ecclesia Béate Marie Trecensîs habet omnem jnsticiafli in*
fra villam que dicitur Fay : ita tamen quod, si homines ejnsdeni
irilie domino Sancti Fidoli aliquid forefecerint, idem dominns ab-
batissc dicte ecclesie vel majori suo de horoinibus de Fay elamo-
rem faciet ; abbatissa i^ero vel major ejus eos pro jure exeqnendo
ad locum qui dicitur Fosseavoir addncet. Si vadia dnelli ad Foê-
seavoir adducantur, abbatissa bominum snorum vadia babeblt, et
dominus Sancti Fidoli vadia suorum habebit; habcblt etiam vîc-
tum dominus Sancti Fidoli. Si autem major domini Sancti Fidoli
majori Béate Marie damorem fecerit, major Béate Marie vadia ha-
bebit. Preterea, si dominus Sancti Fidoli homines de Fay de ali-
— 481 —
qoo crhnhie accosaverit, nec înde eos coDYincere Yolaerit, coram
ipso per quintam manam homines se purgabnnt. Extra villam de
Fay domhiBs Saneti Fidoli totam babet jasticiaro.
§ 2. BomiDes de Fay In nemoribas de Perehoi et de Bayse ha-
bent omne asuarium et nemus mortuum ; si voluerint, in lignis
Trecis ad irendendam ducere poteraDt. Abbatissa simîliter in ds-
dem nemoribus osum ^nm habet ad ardendum. Sciendnm ta-
men, qnod alicnî bominum de Fay scmdere non licebit neqae fa-
gum neque qnercnm majoris grossitudinis, quem mana claudere
possit, nis» pro roarremio faciendo aut ad edificationen domuum
suarum avt ad reficiendiun. Née boc etiam ipsis licebit, nisi boc
prius majori yel forestario domini Saneti Fidoli dixerint. Si bomo
de Fay in dictis nemoribns besanas apinm inveneril, ecdesie
Béate Marie erant. Porci de Fay in Perehoi et in Bayse pasna-
gioro non debent.
§ 3. Si latro apad Fay captns fuerit, abbatissa eum, si yoluerit
pro forisfacto sno, si forisfacttim tanlam sit, damnare poterit ; sin
autem, domino Saneti Fidoli reddetor.
ir.
Consuetudines de ChammcU he sunt :
§ 4. Sicut bomines de Fay pro justicia exequenda ad Fosse-
avoir per abbalissam, vel per majorera snnm adducantur, eodem
modo homines de Chammai et eodem jure ad Pissend ire teoen-
tur. Dominns Saneti Fidoli, vel aliqnis ex parte sua infra moncel-
lum de Chammai in aliquem manom non apponet, nisi précepte
abbatisse vel majoris soi, nisi in présent! forifacto seditionis, îd est
mesleie inventas fnerit. Si major domini Saneti Fidoli clamorem
fecerit majori abbatisse de Chammai de bominibas de Chammai
vel de Fayy major diem dabit in cnria sua, et, si duellnro penre-
nerit, major abbatisse vadia duelli babebit.
§ 5. Mensura blad! et vini in predicto moncello de Chammai
esse non poterit, nisi per manam utriusque majoris. Si mensura
falsa inventa fuerit, forisfactnm domini Saneti Fidoli erit.
§ 6. Si furtum in villa de Chammai l^ctum fuerit in terra Béate
Marie, major Béate Marie, et major domini Saneti Fidoli sîmul
villam exquirant. Si latro infra Chammai vel moncellum de Cham-
mai capiatur, domino Saneti Fidoli reddetur, et sous erit, et pro
iatrone reddet abbatisse vel majori suo XX^ denarios et spolia la-
Ironis.
§ 7. Homines de Chammai usuarium suum habent in neinore
fVevre exceptis quercu, piro, pomario, et fago.
— 482 — .
§ 8. Si domioas Sancli Fidoli bannam posuerit apud Chammai,
horoines Beaie Marie el hospîtes terre ejiis libère veodcre pol^
mot. Si auiem aliquis extra liberiatem de Chammai, dam bao-
nom eititerit, Yinom detolerii, forisfactum domini Sancti Fidoli
erit.
§ 9. Abbatissa liabet apud Chammai ires homines libères sob
sua jnsticia tanlummodo, excepte quod, si domious Sancti Fidoli
de eis abbatisse clamorem fecerit, abbatissa de eis apud Pisenci
justiciam exbibebit.
Uec autem ut nota permaneaut et rata teneaotur, sigillé meo
conOmiavi. Actum mense januario, anno iocarnati Verbi millesi-
roo ceutesimo uonagesimo sexto. Data per manum Galteri, cao-
cellarii, nota Thedorici.
{Cataiogue no 443.)
CLXVIi.
Charte de to comtoMie Marie poar Im foiMlAtieM du C^hapltre
de Moire-Daiiie da irai de
1197 an plus tard.
Maria, Trecensis comitissa, omnibus clericis pruvinensibus do-
▼as prebendas fundaiuris salutem et dilectionem.
De consilio Willeimi, fratrls mei, domini Remensis Arcbiepis-
copi, et fideiium meorum, née non ad petitionem domini Seno-
nensis arcbiepiscopi, in prôposito, quod de ecclesia vestra cod-
struenda et de fundandis prebendis in ea geritis, nieum vobis fa-
Yorem presto liberaliter et assensum, salvo tamen jure meo a Tobis
mihi in eadem promisse ecclesia, scilicet quod raedietatem pre-
bendarum et personatuum donabo, excepte solo decanatu, qai
per communem capituli eleciionem solet et débet in ceteris ec-
clesiis assignari. Sciatis itaque, quod tos et universas res ecdesie
vestre cum ipsa ecclesia in mea suscipio proiectione et tutela cl
meum de cetero vobis impendo efficaciter concilium et juTameo.
Universis etiam qui ecclesie vestre bénéficia contulerint grata te
nebor et admodum obnoxia, ita quod quidquid beneficii eidem ec-
clesie coUatum fuerit michi factum specialiter reputabo.
{Catalogue n» 445.)
CORRECTIONS ET ADDITIONS.
TOME II.
Page 6, ligne 6, au lien de a été faire, lisez : a été défaire.
Page 75, ligne 46, an lien environ deux francs, llsex : environ à deux francs.
Page 105, lignes 2 et s, an lien &efaut-ii que d'ordinaire, lisez : faut-il d'ordi-
naire.
Page 408, ligne 41, an lien de Mous, lisez : Mons.
Page 423 note, ligne 8, au lieu de Montrouge, lisez : Montrampon.
Page cxxi, note 8, au lieu de Puiseux, etc., lisez : Poix, Ardennes, arrondissement
de Mèzières, canton d'Omont.
TOME m.
Page 9. De ce que nous disons an sujet de la naissance d'Henri le Libéral, on peut
rapprocher une charte de Thibaut n, datée de la même année 4427 et du mois de
décembre k Vitry, où Thibaut « pour la naissance du fils que lui a donné Mathilde,
i> son épouse, » affranchit uu serf, sa femme et ses enfants. — E. de Barthélémy,
Diocèse ancien de Chdlons-sitr-Iéame, II, 578.
Page 26, lignes 4 , 2. Nous disons qu'Henri jouit probablement de la seigneurie de
Vitry du tivant de son père. Cette probabilité est changée en certitude par une
charte de l'année 4449, où Henri prend le titre de comte de\itry. — E. de Barthé-
lémy, Diocèse ancien de Chdlons-sur- Marne, I, 377.
Page 26, lignes 5, 6. Nous disons qu'Henri, du vivant de son père, ne prit jamais le
titre de comte. Nous venons de citer un exemple on il se qualifie de comte de Vitry.
Page 82, note 4, ligne 2, au lieu de 244, lisez 258.
Page 444, ligne 7, au lieu de du progrès, lisez : de progrès.
Page 4 49, ligne 6, an lieu de des dieux, des, lisez : des dieux des.
Page 156, notes, avant-dernière ligne, au lieu de 1475, n® 245, lisez ; 4464, no 424.
Page 453, ligne 4, au lien Ae péages, lisez : péagers.
Page 460, ligne 9, an lieu de dépositions, lisez : dispositions.
Page 479, ligne 6, enlever : 4457, n» 50.
Page 484, ligne 4, au lieu de soumis, lisez : soumise.
Page 193, note, nous avons traduit aureos par monnaies romaines ou mérovingiennes.
On nous a fait observer avec juste raison que ce terme pouvait désigner des besans.
Page 200, ligne 23, après le mot ami, placer un point et virgule.
Page 210, notes 2 et 8, suppléer Feoda Campanie.
Page 224, note 4, ligne 5, après 1187, ajouter : et 1193.
Page 267, lignes 15 et 14. Nous traduisons par graisse le mot sagina cité en note.
Notre savant confrère M. L. Delisle nous a fait observer qu'au lieu de sagina, on
devrait sans doute lire sagena, seine, sorte de filet.
— 484 —
Page 170, dernière ligne, page 274, ligne première. Sur le sens ï attribuer k cette
expression « l'aToine des bois dlsle, » on nous a proposé deux explications:
|o cette a?oine pouvait être une redevance payée par lès coBccs&ionnaires d*iiB
droit de 'pâturé ; ^ dans certains pays rasage existe embtê d'ensemencer ee
avoine chaque coupe après Tenlèvement du bois.
Page 284, note 2. L'expression census nundinarum peut désigner d*ane manière
générale les revenus des foires.
Page 802. Nous laissons entendre, sans le dire formellement, qu'an moyen-âge on o'a
pas connu le genre de documents désigné aujourd'hui en France par le mot budget.
Depuis que ces lignes sont imprimées, nous avons appris que notre confrère
M. Boutaric prépare la publication d*nn document qui présente les principaux ca-
ractère d'un budget, et qui remonte au temps de Philippe le Bel.
Page 526, ajouter :
2 hit, — Châlon»-sur-Marne, 49 mars 4453 {Cathalauni, Itl idtu martu,
1163, ep, XI f, coneurr. If). — Henri constate une donation de dîmes faite
à l'abbaye de Toussaints-en-llsle de Châlons-snr-Marne.
Ed. E. de Barthélémy, Diocèse ancien de Chdlons, n, 409.
6 bis. — Epernay, du 50 mars 4452 an 48 avril 4453 (4452, Spanuui). -
Henri approuve une transaction entre les Templiers et Goermond de Mareail,
au sujet de la seigneurie de Neuville-an-Temple.
Ed. E. de Barthélémy, Diocèse ancien de Chdlons, I, 400.
Page 528, art. 44, ajouter : Ed. E. de Barthélémy, Diocèse ancien de Chàlons,
II, 407-408.
Page 549, ligne i, au lieu de p. 75 ; Bourquelot, lisez : p. 75. — Ed. Bourquelot.
Page 54M), art. 494, ajouter : Ed. Bourquelot, BibL de Vie. des G*«rr«r» 4« séné,
t. IV, p. 487-488.
Page 425, Pièce justificative XCIII, ligne 5, au lieu de Nogento; et Odo Pilons
Canem, lisez : Nogento ; quam venditionem MUo de Nogtnto et Odo Pi-
iam Canem.
Page 484, Pièee justificative CXXY1, ligne 6, an lieu de laçue, lises : iiê qme; eu
an lien ée pertinentes, lisez : pertinent.
tMAMAMA'
TABLE DES MATIÈRES.
-^r
Piget.
PRÉFACE 5
LIVRE VI. -- HisTOiM p'Q^NRi l**» DIT LE Libéral,
DEPUIS SA NA|«^NCE JUSQUE SON
AVÈNEMENT AU COMTÉ DE CHAMPAGNE. 9
Chapitre I^. — Les premièrçi^ années d'Henri ; sa
première croisade ; 1127-1152 . 9
Chapitre H. — Observations sur les diplômes d'Henri
le Libéral, antérieurs à son avé-
nemtfot au comté de Champagne. 26
LIVRE VU. — Histoire politique d'Henri le Libéral,
DEPUIS SON AVENEMENT AU OOMTÉ DE
Champaqnç jusûu> ^ MonT ... 29
Chapitre I*'. — Premières guerre^ de l^ouis VU,
roi de France, et d'Henri U, roi
d'Angleterre; Mariage d'Etienne
de Sancerre; Affaire do la com-
mune de Véïelay; Assemblée de
SoissoDs; 1152-1161. ... 29
Chapitre U. — Schisme, et lutte du p^pt Alexan-
dre UI contre rempereqr Frédéric
Barberousse; Rôle d'Henri le Libé-
ral dans cette grande aflaire, 1159-
im 47
Chapitre III. — Luttes d'Henri le Libéral avec l'épis-
copat champenois, 1 1 62-1 1 7} . 72
— 486 —
Chapitre IV. — Mariage d'Henri le Libéral ; Seconde
affaire de Vézelay; Nouvelles guer-
res entre le roi de France et le roi
d'Angleterre; Partqu'y prend Henri
le Libéral, 1164-1175. ... 82
Chapitre V. — Légende d'Anne Manier; Seconde
croisade et mort d'Henri; 1175-
1181 100
LIVRE VIH. — Administration de la Champagne socs
Henri le Libéral 113
Chapitre I*'. — Considérations générales sur l'his-
toire administrative de la Cham-
pagne 113
Chapitre II. — Administration générale; Personnel
administratif. 122
Chapitre UL — Justice 135
— IV. —Culte 170
— V. — Lettres, instruction publique. . .184
— VL — Guerre 209
— Vn. — Servage, institutions communales . 215
— VHL— Foires et Marchés 226
— IX. —Industrie 240
— X. — Etablissements hospitaliers ... 242
— XI. — Monnaie 245
— XII. — Troyes et Provins, capitales; travaux
dans ces deux villes 249
— XIII. — Domaine corporel du comte ... 263
— XIV.— Domaine incorporel 281
— XV. — Recettes et Dépenses 302
— XVI. — Observations diverses sur les diplô-
mes d'Henri le Libéral. ... 307
APPENDICE. — Histoire posthume d'Henri le Libéral. . 311
— 487 —
CAtuxmob Dif kcruM D'Hmi u LnteAL, dk Mabii, sa vimn»
R I>*HbIIBI Ily SOH VIM.
l'*Parlie. — Catalogue des actes d'Henri le Libé-
ral, 1152-1181 ...... 325
2* Partie. — Catalogue des actes de la comtesse
Marie, pendant sa première r^nce,
1181-1186 383
3* Partie. — Catalogne des actes d*Henri II, jusqu'à
la seconde régence de la comtesse
Marie, 1187-1190 388
4< Partie. — Catalogue des actes d'Henri U et de la
comtesse Marie, pendant la seconde
régence de Marie, 1190-1197 . . 397
PIÈCES JUSTIFICATIVES. (Suite, 1097-1197) ... 406
Corrections et additions. 483
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